‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 12 sur 155 · XXXIV MÉMOIRE · texte numérisé non relu

XXXIV MÉMOIRE

comporter de paiÈilles opérations. Quant à leau qui s'écoule par le port de Terracine^ elle cât, e» Ift rapportant aussi aux basses eaux^ de i,533 mètres cubes par seconde. Tel est le minimum absolu de produit; le maximum a été trouve de j8o mètres cubes par seconde^ produit environ sextuple de celui des basses eaux. ( Il s*agit ici d'une évaluation moyenne ; on verra , dans louvrage^ que des eaux , à la vérité extraordinaires et rares, ont tait débiter à l'Amaz«no seul environ 200 mètres cubes. )

En rapprochant ces résiiltats et les combinant iivec d autres données, sur lesquelles, pour abréger, je n'entrerai dans aucun détail, jai trouvé que Téraissaire unique des eaux Pontines avait a débiter: dans une année, aSSaS^SgSg mètres cubes d'eauJ . Il restait à savoir quelle poition de ce volume total d'eau était due aux pluies tombant sur la surface des mamis*, et cette recherche m'a conduit à des résultats remarquables; MM. Calandtvlli et Conti ^ astronomes du collège romain , m'ont fourni les tableaux de vingt ans d observations de la quantité de pluie et d'évaporation faites, chaque jour, dans ce collège, avec de très-bons instrumens; et ce n'est pas la seule obligation que j'aie à ces savants respectables. La quantité annuelle moyenne de pluie répond à une couche dco",8r d'épaisseur, et c'est o'^^Sa de plus qu'à Paris , oii l'épaisseur annuelle moyenne de la couche d'eau pluviale n'est que de o",47- Mais une circonstance particulière au pays Romain, et qui constitue une des grandes difficultés de la disposition des travaux hydrauliques <le dessèchement, est l'extrême inégalité de la répartition de l'eau annuelle, pendant les différents jours de Tannée; on ne verra pas, sans beaucoup d'étonnement , dans les tableaux de mon ouvrage, que dans un seul jour, le 6 avril 1797, et pendant une pluie d'orage de dix-sept heures, il est tombé 0^,126 d'eau, environ le quart de la quantité moyenne de pluie observée pendant une année à Paris Ce nombre vraiment extraordinaire me faisant soupçonner quelque faute de transcription, j'ai voulu le vérifier dans les registres originaux de MM. Calandrelti et Conti, qui, d'ailleurs, m*ont donné, sur l'observation de ce phénomène, des renseignements si positifs, que je n'ai aucune raison de le révoquer en doute.

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Voici maintenant un autre fait qui est également dignd d'attentiou. J'ai pu conclure de toutes mes données 8ur la (piaijtitë de pluie et sur Tévaporation , le volume d'eau pluviale qui devient courante et s échappe annuellement par Témissaire unique des inaraift ; ce volume est de <)3oû64o4o mètres cultes d'eau: or, en le comparant avec le volume total de l'eau effectivement débitée par le canal de fiadino, on trouve que Teau de pluie propre au sol Pontin mf donne pas la UKiitié de Teau totale dont il faut que ce sol soit déiivi^é tous les ans. Je m'attendais bien à trouver un excès; mais je n'aurais pas soupçonné, à beaucoup près, qu'il fut aussi considérable, et j ai mis beaucoup de .soins dans la vériHcatîon de mes calculs. Pour 6e rendre raison dfi ce résultat remarqual>le , on- a dabord les produits de ioute de neige , qui n'entrent pas ou n entcejit que tri^s-im* parfaitemeîit dans l'évaluation des eaux pluviales; e^isnite ilfaut considérer que la limite extérieure ou visible d'un bassin dififlre , en général, plus ou moins de sa limite eucliée ou souterraine; cette dernière dépend de Tétendue des couches imperméables sur lesquelles s'arrête l'eau pluviale, et dont les déclivités déterminer>t la marche souterraine de ce fluide; or, si ces couchos s'étcndont beaucoup au-delà de la li^ne des crêtes ,<les vcrsans extérieurs^ et que leurs déclivités tendent à làire couler leau dans l'espace compris entre ces crêtes , le bassin apparent qu'elles circonscrivent devieht un b^smi poiusùe , qui augmente le produit de ses eaux pluvialef propres du produit des eaux pluviales des bassins apparents qui t environnent. Avec quelque connaissance des localités (voyez la carte générale), on sVperijoit aisément que les marais Pontins sont d^s le cas doat je viens de parler; leur l>assin gét»éml est dominé, au nord , par celui du fleuve Saceo , qui, descendant des sommités de Palestrine, va se réunir au Liri, au-dessous de Ceprano, pour former le Gari^liano, dont rembouchure, dans le golfe de Gaéte^ est voisine des marais de Minturne. Le bassin du Liri, dominé par le lac Celana, ancic^i lac Fuciniis ,est à lest de celui du Sacco ,et l'un et l'autre ont , au nord , te bassin de Y ^inieno , ou Tesmrone. Ces bassins , ainsi sn]>erposés , versent nécessairement, au-dessous du sol, les uns dans les autres \ le bassin Pontin , le plus abaissé de tous , reçoit des autres et né

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leur rend rieni les funestes tributs que ceux-là lui envoient , seront surtout remarquer au pied du revers oriental de la chaîne qui le sépare du bassin du Sacco ; cest de là qu'on voit sortir rUffente^ dont la source, au point où elle surgit du flanc de la montagne^ tait^ tounier des moulins^ au bas desquels arrivent des bateaux. Les principales autres sources sont celles de la Cavata et de la Cavatella: unm partie de ces eaux est fortement gazeuse ; ce qui indique assez le longtrajet souterrain quelles font avant de trouver une issue à la surface du sol. Un affluent de la Cavata , alimenté par une des sources d'eau gazeuse, a le nom de Fiiime Coperto , parce qu^on y voit surnager des concrétions, résultats tle la précipitation ou du rapprochement des molécules qui y étaient tenues en dissolutioin^ Il parait que a eaux gazeuses ont , à des époques reculées , couvert une grande partie des marais , et y ont laissé, dans lem* retraite, des concrétions: de l'espèce de celles dont je vieus de parler, qui forment une croûte' très-dure à percer, lorsqu'on veut creuser des canaux ou faire des fouilles quelconques.

C'est ainsi qu'en réunissant aux différentes pièces qui m'ont étë communiquées les résultats des opérations géodésiques et des observations diverses que j ai faites pendant mon séjour dans les marais Pontius, et ceux des nivellements, des sondes et autres travaux que M. Scaccia a eu la complaisance d'exécuter pour moi , je me suis procuré, pour mes projets de dessèchement des marais Pontins , un système de données et de matériaux beaucoup plus complet que ceux d'après lesquels on avait établi les projets précédents ; les progrès récents de la science des eaux courantes me fournissaient encore des moyens que n'avaient pas eus mes prédécesseurs : mais tous ces avantages réunis n'étaient peut-être pas équivalents à ceux que je pouvais retirei' de l'expérience des grands travaux exécutés sur le sol Pontin, depuis l'année «777 jusqu'à l'année 1796 ^ par ordre du pape Fie FI , rpii y avait dépensé, ainsi que je fai déjà dit, une somme équivalente à environ neuf millions de francs ; j'ai dû , en conséquence, avant de m'occuper d'aucun projet tiré de mon propre fonds, faire une étude complète et approfondie de tout ce qui avait été fait sous le règne et par les ordres de ce souverain pontife, bien

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connaître les motifs qui avaient détermine , soit les premiers travaux , soit les travaux complémentaires et de correction, et les effets qui en étaient résultés , on trouvera , dans mon ouvrage , une histoire critique très-détaillée de tous ces travaux.

Après ces diverses préparations, j ai formé mon plan de dessèchement, cil je crois , grâce à Tinstruction que j'ai puisée dans ce qui a été écrit ou fait jusqu'à présent sur cette matière , avoir présenté un projet qui satisfait aux diverses conditions que comporte ce célèbre problème. Je vais tenter d'en donner ici une idée , qui ne peut être que bien sommaire et superficielle {voyez, pour plus de détail y la 4^ section)^ et d'indiquer en même temps les principes généraux que j'ai établi^ pour me servir de guide, lesquels composent un corps de doctrine^méorique et pratique nouveau quant à l'ensemble et à la corrélation de ses parties, et aussi quant à plusieurs détails qui ne se trouvent, du moins à ma connaissance, dans aucun des ouvrages publiés avant le mien. {Voyez V Introductiori).

Les eaux qui inondent le sol Pontin, et, en général, celles qui forment les marais de très-grande étendue, doivent être séparées en deux classes dont la distinction est fort essentielle, savoir: 1° les eaux courantes, soit pérennes , soit de torrents , qui traversent ce sol , et dont les bassins et les sources sont, ou hors de sa surface, ou sur son périmètre ; oP les eaux que le sol marécageux reçoit immédiatement par les pluies, les sources et les surgissements divers compris dans l'intérieur de son périmètre. Il faut , pour chacune de ces classes d'eau , •un svsléme particulier de canaux émissaires, et les deux systèmes se rapportent à des travaux séparés et successifs, dont la confusion et la cumulation ont été suivies, sous Pie VI , des plus graves inconvénients. D'après la loi delà séparation des travaux, on doit absolument exclure de l'intérieur des marais toutes les eaux de la première classe, sauf une très-petite portion nécessaire pour donner de l'activité à Timmission des eaux pluviales , rafraîchir leurs fosses d'écoulement, et empêcher les obstructions et attérissements; une autre conséquence de la même loi , relativement à la succession des travau5c, est l'expulsion préalable de ces eaux de première classe, avant de s'occuper des travaux qui concernent les eaux de la seconde, afin de se prémunir contre les avaries et les obstacles de tout genre

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fjuoa aurait à redouter, en creusant les canaux émissaïfës intérieures ou de seconde classe , et d être sur que ces canaux ne recevront rien au-delà des quantités de fluide pour lesquelles leurs pentes et leurs sections auront été calculées.

l-ics canaux émissaires des eaux de pœniière classe sont des canaux d'enceinte qui doivent avoir les pentes et la capacité nécessaires pour débiter toutes les eaux qui y seront jetées, et, de plus, pour ne former de dépôt dans aucune partie de leurs lits; ce qui exige que les vitesses du fluide , aux diûérents points de son cours , soient croissantes, ou du moins constantes, de rorigine supérieure à lembouchure; et cette condition doit être rendue compatible avec des déclivités décroissantes. La difficulté de cette combinaison de conditions a fait échouer ou rendu inadmissibles les projets précédemment proposés pour 1 écoulement des eaux de la partie nord -ouest des marais Pontins, quon appelle eaïui supérieures ; et cette diiGcuIte est augmentée par la nécessité où l'on est, eu égard à dauti'es conditions locales, de tenir les lignes de direction des canaux de ceinture' voisines du périmètre des marais; ce qui ôte la ressource naturelle et ordinaire des développements : aussi les anciens projets dont je viens de parler, n ont-ils fait que substituer des torrents artiflcieU H des torrents naturels.

Je crois avoir satisfait aux conditions embarrassantes du problême, en faisant de me^ canaux émissaires des eaux supérieures une suite de biels consécutifs, dont chacun-, sous une déclivité constante sur sa longueur, mais dilTérente de celle des autres biefs, aboutit à une chute dont le poiiit inférieur est l'origine du bief suivant. Ces chutes remplissent, à certains égards, les fonctions des écluses: mais elles sont infiniment plus économiques, parce quelles sont délivrées de toutes h^s [ïarties de la construction qui concernent la navigation; et cependant, par leur moyen, je puis , sur une ligne de directioa quelconque, graduer, à volonté, les déclivités et les vitesses, d© manière à satisfaire à toutes les conditions exigibles pour le mour vement de leau. J ai fixé le minimum de longueur de chaque biei à 2O0O mètres, afin que leau y acquière et y conserve, sur un# longueur convenable , un régime constant.

Les c^tiaux ainsi formés doivent conduire des eaux ou [>érenu

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où de torrents ; et il y avait , pour ces dernières , un sujet de recherche bien important, celui du maximum de produit quelles peuvent fournir en un jour. Cette détermination exigeait le con- ,oànTê de différentes données, dont les principales sont les étendues et les conformations <Ies bassins où se rassemblent les eaux de torrents "et les plus grandes épaisseurs des couches d'eaux pluviales qui peuvent «y tomber en un jour. Je suis parvenu , en combinant ces données, aune règle applicable au soi Pontinpour calculer le produit du canal émissaire, si simple, que je puis en* donner un énoncé trèsintelligible , sans le secours des caractères algébriques; le voici :« Di- <t viseï par looooooo le double delà surface du bassin du torrent, exa primée en mètres carrés ; et le quotient sera ^ en mètres cubes , le flci volume d'eau qii<^4e canal émissabé doit débiter pendant chaque « secôrtde de teinpâ. » Au moyen de cette formule , il tie me restait plus , pour fixer la déclivité et les dimensions des canaux émissaires ^ qu'à suivre les règles établies dans un ouvrage sur les eaux courantes, que j'ai publié en i8o4-

Pour avoir égard aux grandes variations des t^antités d'eau que ces OEinaux doivent débiter, j'ai combiné les règles dont je viens de parler; avec la composition d'un type de profil transversal, compose de deux trapèzes , et dont les diverses parties ont entre elles des relations assujéties à des lois analytiques ; j'espère que cette composition de profil pourra intéresser les ingénieurs.

Ce que je viens de dire s'applique particulièrement aux eaux appelées supérieures, qui infestent l'extrémité occidentale des marais ; I» partie t)rientale reçoit des courants qui méritent aussi une trèssérieuse attention, et dont les principaux sont VAmazeno , X liante et la Scaravazux : j'ai proposé des améliorations aux travaux considérables qui ont été faits dans cette partie. Le débouché, dans le canal Pib, des trois fleuves que je viens de nommer, est on ne peut pas plus-tnal disposé; on remédiera à cet inconvénient par la conslAniction d\in 'nouveau pont qui remplacera celui qu'on appelle PùHte M^^ggtore (*).

(*) Ce pont a été confttmit depuis la rédaction âù présent mémoire; voyez le cha< pitre XXVn de la 4* section, note de l'arr. 556.

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LXIffente présente, sur une partie de son cours, une difficulté bien embarrassante : la digue droite de cette partie s'affaisse contînuelleraent ; et la nature du sol inférieur est telle, que je suis d'avis de renoncer aux rechargements. Après avoir examiné les ditrérents remèdes à apporter au mal , j'ai reconnu que le seul praticable, et qui présente d'ailleurs beaucoup d avantages pour les terrains riverains, est le recreusement du lit, qui rendra les digues inutiles, en laissant une déclivité dVcouIement très-suffîsJinte.

J'indique, pour ces fouilles à faire dans les lits des fleuves et canaux , remploi des machines dont j'ai reconnu lexcellent usage dans les lagunes de Venise et au port d'Ancône ; machines dont onemplifierait et perfectionnerait le mécanisme. On pourrait , en brûlant de la tourbe, les faire mouvoir par de petites machines à feu; mais il serait beaucoup plus simple et plus commode d y appliquer des bufQes.

Lorsqu'on a pourvu à Técoulement des eaux que j'ai appelées de pr^emière classe, il faut s'occuper des eaux que j'ai rangées dans la seconde classe , colles que ce sol marécageux reçoit immédiatement , soit par les pluies , soit par divers surgissements qui ont lieu sur sa surface. La première chose à déterminer , dans les recherches qui ont ces eaux pour objet, est la trace , sur la surface du sol, d'une ligne ou d'un axe que j'ai nommé axe piincipal d'écoulement. Pour définir cet axe par sa propriété caractéristique , on peut imaginer qu a un instant déterminé toute la surface du sol est couverte d'une couche d'eau dont les molécules, abandonnées ensuite à la pesanteur, viennent d'elles-mêmes, par un mouvement transversal, se ranger sur une ou plusieurs lignes courbes longitudinales , dans la direction desquelles elles continuent leur écoulement. Je dis une ou plusieurs lignes courbes longitudinales, parce que \ axe principal découlenient peut être unique ou multiple , suivant la nature des surfaces ; mais la considération du premier cas suffit pour les marais Pontins. C'est suivant la direction de cet axe principal qu'il faut creuser le canal émissaire des eaux intérieures, que j'ai appelé canal central, mais , eu égard à sa destination spéciale, il faut en écarter soijgneusement les eaux extérieures, sauf les restrictions ci-dessus

indiquées^ et chercher les moyens les plus efficaces de faciliter aux eaux intérieures iapproche de ce canal , à laquelle s'opposent ordinairement divers obstacles provenant du peu de déclivité transversale du sol marécageux , de la végétation, etc. Je remplis cette dernière condition en pratiquant , à droite et à gauche du canal central, d'autres canaux que je désigne par le nom dejbsses auxiliaires longitiulinales , dont le nombre dépend essentiellement des dimensions et de la déclivité transversale du marais , et dont on rend les débouchés dans le canal central aussi favorables qu'il est possible à l'écoulement, par des règles déduites de la théorie et de l'expérience. Je puis encore citer celle qui sert à déterminer Tangle que la ligne de dérivation de \^ fosse aua:iliaire doit faire avec la direction du canal central qui lui sert de récipient : « Divisez la décli- « vite du canal centra! par celle de la ligne de plus courte distance « entre ce canal central et lofasse auxiliaire , au point de dériva- « tion ; le quotient sera la tangente de Tangle que la ligne de dérîn vation doit faire avec la ligne de la plus courte distance. »

Le grand canal Pio, qui borde la voie Appîa , a été creusé dans une direction assez rapprochée de X axe principal cV écoulement ^onv qu'on puisse lui eu attribuer les fonctions ; et il les remplira trèsbien, lorsqu'on aura fait quelques améliorations à son lit, et qu'on n'y jettera que les eaux dont il doit être le porteur. Des fosses, ou abandonnées très mal à propos, ou négUgées, pourront, lorsqu'elles auront été rouvertes, recreusées, etc. , servir défasses longitudinales auxiliaires ; et le mouvement transversal des eaux , tant sur ces fosses que sur le canal central, sera facilité par des fosses perpendiculaires à ce canal , que j'ai appelées milliait*es ^ parce que le pape Pie FI les a fait creuser dans des directions correspondantes aux •emplacements des colonnes milliaires antiques qui indiquaient les distances sur la voie Appia.

Les nouvelles fixations des embouchures des fosses auxiliaires longitudinales dans le canal Pio ont donné lieu à des applications intéressantes de la règle ci-dessus posée; des obstacles locaux n'ont pas permis do Tobserver rigoureusement sur la partie droite des marais.

Toutes les eaux de première et de seconde classe ont un débouché

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commun, k \^ lour cit) Badino : je fais voir, avec beaucoup de détail ^ la$ grands avantageB de cette unité de débouché, et je flémontre les graves inconvénienta de la séparation des enua supérieures, que quelques ingénieurs ont voulu évacuer par la fosse api>elée Fosso Martino; cette immense excavation est, selon toute apparence, le résultat d*une spéculotion que son mauvais succès a fait abandonner.

Le système général d'écoulement des eaux d'inondation étant ainsi établi, je me suis occupé de quelques objets particuliers d*améHotation qui sont d'une grande importance. L'un est relatif à raffaissement de la nouvelle route qui borde le canal Pio , et qui rend la chaussée inférieure aux eaux des crues (i). Les phénomènes de cet abaissement sont pareils à ceux qu'al'fre la digue de TUffente dont j'ai parlé précédemment ; et je suis encore d'avis de ne point chercher à remédier au mal par des rechargements , mais d'abaisser la surface des grandes eaux du canal par une dérivation latérale, en rouvrant un canal abandonné , et prenant d'ailleurs les précautions convenables pour assurer, en tout temps, la hauteur des eaux qui est nécessaire à la navigation.

Un autre projet qui intéresse éminemment la prospérité intérieure des marais Poutins, est celui des établissements maritimes, au moyen desquels les bâtiments de mer pourraient y entrer et même y circuler. 11 parait que le port antique de Terracine a été trèsflorissant; ce port communique avec le débouché général, à la mer , des eaux Pontines, par un canal intérieur ap|)elé Mortaccino, la distance de Tun à Fautre étant d'environ 5ooo métrés: il serait possible et même facile de former un petit port à ce débouché. Si eu même temps on restimrait celui de Terraciue, et qu'en recreusaut le Mortaccino on fît les dispositions nécessaires pour que les petits bâtiments maritimes de commerce pussent y stationner, en entrant soit par l'extrémité de la tour de Badino , soit par le port antique

(i)Uadéjaétê quesUondecet effet remarquable dans l.i note despjgesxvict xtxi ci-dessus. Cetexempled'affai&seoiciii et celui de la digue de rCftente ue sont [>a& les seuls qu'offre le sol Ppnttn; on pourra voir, à la note dcTart. 294 de l'ouvrage , des détails sur uue cavilc ou vaste puits qui s'est formé, en 17S6 , près de Sermonetta , et qu'on nomme , dans le pays * tObico.

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restauré, les avanta^ commerciaux et même militaires qu'on se procurerait, ajouteraient un bien ^and prix à ceux qu'on retirerait de la bonification générale du territoire.

Ce projet de port est traité dans l'avant-dernier chapitre de mon ouvrage, dont le dernier chapitre contient un résumé général.

Je n'ai pas parlé, dans la notice précédente , de plusieurs points de doctrine que j'ai traités lorsque j'avais à m'occuper d'objets qui s'y rapportaient: ceux, par exemple, qui sont relatifs à la répartition des eaux pluviales par l'évaporation , l'écoulement de suiface et l'infiltration , aux effets de défrichements , aux phénomènes du mouvement des eaux courantes dont le fond, plus abaissé que le niveau de la mer, a des protubérances non susceptibles d'érosion, etc. Ou trouvera dans \ Introduction les résalats de mes recherches sur ces divers objets.

Les ingénieurs qui liront mon ouvrage avec quelque attention, reconnaîtront que ceux qui se sont occupés des marais Pontins avant moi , étaient bien loin d'avoir , pour servir de base à leurs projets , un système de règles , un ensemble de faits aussi complets que ceux dont j'ai pu disposer; j'ai fourni, à cet égard, k mes lecteurs, tout ce qui pouvait les éclairer dans leur jugement, en leur présentant une histoire critique et détaillée de tous les projets antérieurs qui méritaient quelque attention, et des données sur les localités , telles qu'on peut non seulement apprécier les vues de mes prédécesseurs ainsi que les miennes, et les comparer entre elles , mais encore formre , au besoin , de nouveaux projets.

J'ose espérer qu'ils concluront des détails historiques et descriptifs dont je viens de parler, que les principes sur lesquels mes projets aoat établis , n'ont jamais été violés sans qu'il en soit résulté de graves inconvénients. C'est dans ces résultats malheureux , objets principaux de mes examens -et de mes études , que j'ai puisé mes plus utiles leçons; je n'ai, je le répète, d'autre avantage sur mes prédécesseurs que celui d'être arrivé le dernier et d'avoir mis à profit leurs. méditations et leurs travaux pour éviter leurs erreurs.

Enfin , quel que soit le jugement qu'on porte des divers résultats auxquels mes méditations m'ont conduit , après une suite de re-

xLiv MÉMOIRE SUR LES MARAIS PONTINS.

cherches et d'opérations faites avec toute l'attention et l'application 'dont je suis capable, on ne me contestera pas d'avoir mis dans la plus gpande évidence cette vérité bien satisfeisante : « que le dessë- «rchement et l'assainissement complet des marais Pontins non-seu- «c lement sont possibles , mais que leur réussite dépend de travaux Vqui, bien dirigés, ne présenteraient pas des difficultés supérieures a ni peut-être égales à celles des travaux, en partie infructueux, pré- <t cédemment exécutés dans ces marais. »

Si jamais cette guerre entre l'art et la nature, qui dure depuis tant de siècles, était terminée par une victoire que je crois assurée lorsqu'on voudra combattre avec les nouvelles armes dont on peut maintenant disposer, il faudrait prendre les mesures les plus propres à maintenir la jouissanee des fruits qu'on eu retirerait ; et si j'avais à concevoir quelques inquiétudes , je dois avouer que c'est sur ce dernier point qu'elles porteraient. Ce n'est pas que l'entretien des* marais, dans l'état d'un dessèchement une fois bien exécuté, ne puisse se réduire à des travaux faciles et peu dispendieux ; mais, d'après l'état local des choses, ces travaux aisés devront être continuels, et exigeront une surveillance de tous les instants, parce que l'ennemi sera toujours prêt à profiter du moindre relâchement : or une persévérance peu fatigante , mais qui n'a pas de fin , est bien plus difficile pour les hommes , que de grands eflbrts qui ont une courte durée. D'un autre côté, la situation géographique du sol Pontin le rend, politiquement, sujet à des chances bien contraires à tous les projets d'amélioration intérieure , chances qu'il a déjà éprouvées tant de fois. Mais j'ai dix, en exécutant la tache qui m'était imposée, mettre absolument de côté ces considérations de catastrophes éventuelles, pour nem'occuper que de •celles qui tiennent aux lois fixes* et immuables de la nature; et je me tiendrai bien récompensé de mes peines, si l'on juge mon nom digne d'être placé à la suite de ceux des ingénieurs qui *, avant moi , se sont occupés du même sujet.

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