‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 11 sur 155 · XXVI ^^H- MÉMOIRE · texte numérisé non relu

XXVI ^^H- MÉMOIRE

L élévation a^ce fond antique se manifeste aussi sur d*autres lignes dirigées vers le continent; les diverses espèces de couches qui

« Aapéri«ure de celle ooucke, coinpotée d'uae matière antre que celle de la ccMicbe suivante, u semble avoir ëté la surface du terrain sur lequel on a établi la voie Appia ; et , connrne nous « avons vu précédcmmcot que la compression avait produit un affaisse-ment d'environ 1*20, " il est probable qae le plan de la carapa^ne , en cette partie, ciaii, à ré|>oque de la première « cuiistruciion de la voie Appia^ plus haut que la baise mer d'environ 1^)0; et, commr 1 celle difrérence de niveau sur la loogueur de iSooo'° du canal antique qui avait son dèboucbc ■ i 7orre Olevola , ne pouvait pas sullire pour opérer le dessètheinenl , on doit en cottclure •• que le censeur Jfjpius a construit sa rouie au milieu des marais. On saie d'aillcnrs qoe le

• pnnnier dessèchement fut fait par le consul Ctthcgus^ un siècle et demi après Àppùti\ mais « on ignore l'étendue de cette opération et la durée de ses effets. I^ sol redevint marécageux , "^ et s'est maintenu tel jusqu'au dessèchement de Dec lus ^ sous le rè^ue du grand T/iéoéorù'.

H La couche F est une terre gravdcusc, apportée des montagne» voisines, formant vraisem> •' blablement la levée établie par Appius au travers des marais Pontîns pour servir de base a

• la roUle. £n effet , on voit au-dessns le« deux f^andes files de bordures de pierres calcaires «qui (levaient contenir Xempicrrcment intermédiaire. Au niveau de celte coiiclie et sur le

• flanc delà route « se sont trouvés de gros troues d'arbres couchés , et très-bien conservés ■

• qui sait si ce ue sont pas des abattis faits à l'époque de la première consLmciion de la voie •« Appia !

.^» Au-dessus, se trouve le massif de pierres et caillootage noté G, dans lequel on voit en-

• Core cucaslrés deux autres rangs de bordures pins grosses que les préo^dentea, et qui leur

• sont supérieures d'environ un demi-ntétrc. La poftîilou cxncic de cba<fue rang osC indiquée et parles nombres marqués au proiil , et donnés parle tableau deiùveUcmcntque j'ai joint pour - plus de clarté. Les largeurs et hauteurs des bordures sont aussi marquées. (Les côtes de ni- « vellement sont écrites sur le dc»sin gravé , plamcke 14.)

• Je conjecture que les bordures supérieures ét;iient celles qui restaient apparentes lors de la » premicre conslruclion de la voie Appia, et que l'empierrement qui recouvre cti bordures a est dà aux recliargemtsnts successif^ faits par les consuls et les empereurs , jusqu'à dfèrva et " Trojan inclusivement, pour maintenir la voie Appia dans les marais , lorsque , par suite de « SCS affaissements, elle était surmontée par les eaux et rendue imprationblc. En vain m'oppo- •' sertit-on que, si -cela était vrai, on devrait voir les restes des premiers pavés (dalles) au niveau

• de CCS bordures; je répondrais qu'aucun ancien historien ne dit qn'-^/?f»ffijait pavé (dalle) sa « route : on a dtl prévoir , dès l'origine , le besoin où l'on se trouverait de la rehausser dans la > travttscc des marais, et en conclure rinutilité d'un pavage ( dallage). £n ef£ct, une ins- ■ criplion trouvée au Foro Appio dit e:tpresscmcntque Ne/va commença et que Ttftjan aclieva 1 de paver (daller) , depuis Tre Ponti jusqu'au Fora Appio, la route , qm d'aburd était de ««atlloui ou gravier (ej-^/tj/ral ; et il est probable qu'il en était de m^mc du «-irt c/i/«>wffw,4|iie n Trujan releva et recouvrit de grosse* dalles polygonales, encnstrces entre des bordures de

• pierre calcaire. On en voyait les restes avant la restauration de cette roule faite par P/e /^-à

« l*«poque de laquelle on enleva les bordures pour pouvoir faire la plantation d'ormes , et oiT

SUR LES MARAIS PONTINS. xxvn

doivent leur formation aux eaux , diminuent d'épaisseur , à me* sure que le terrain s'élève du côté de Cisterna et de Velletri : on retrouve, entre ces deux villes, les dépôts volcaniques qui couvrent la presque totalité du sol romain , dépôts vomis par des volcans dont les cratères sont devenus ensuite des lacs. Enfin tous ces divers apports reposent, ou immédiatement, ou avec une couche d'argile intermédiaire, sur une base commune, calcaire et primitive, à laquelle tiennent la chaîne des Apennins et tous les pics et pitons qui traversent les couches de formation postérieure (i).

L'ensemble des phénomènss qui ont concouru à la formation des marais Pontins, présente donc à l'esprit, d'une part, des fleuves et torrens tombant dans le golfe antique que couvraient les îles de Circé, Zanona, Ponza, etc. , entre le cap d'Astura et la pointe de Terracine, et y jetant la chair des montagnes dont ils déchiraient les flancs , d'un autre côté, la mer formant, sur la limite de ce nouvel appendice du continent, deux bandes de dunes : l'une, qui est la plus ancienne, composée d'un double rang; l'autre, beaucoup plus récente, qui a fini par fermer la dernière communication de la mer, au large, avec le golfe intérieur, entre le mont Circeo et Terracine. C'est au travers de cette dernière bande que se trouve la seule issue des eaux Pontines à la mer, placée près de la tour de Badino^ d'où le canal émissaire a pris son nom de Portatore di Badino ; et cette

« cassa les dalles pour en former rempierrement , qui fut recouvert par du gravier apporté de ■t Terradne.

* Dans toute cette coupe de la voie Appia , il n*y a aucun vestige ni de ciment ni des diverses • couches de maçonnerie horizontales décrites par Bergier, et distinguées par les noms de •I statumen , rudus , nucleus. H s'en trouverait pent-^tre dans d'autres parties de la voie Appia ; « cependant , si Ton n'a pas usé de cette précaution sur le sol des marais , il n'est guère pro- « bablc qu'elle ait été employée sur des terrains solides. On pourrait, pour satisfaire les an- < tiqnaires, faire des fouilles dans la partie de la voie Appia qui n'est plus frayée; celle, par >< exemple, qui est comprise entre le tombeau de Cecilia Metella et le territoire d'Albano, ou « dans la partie voisine de Terracine qui vous est bien connue. »

(i) J'ai parlé, en plusieurs endroits de mon ouvrage, d*nn stratum de matière fort dure qui couvre une partie du sol des marais, et qui est peu enfoncé au-dessous de la surface actuelle du sol. Il en sera question ci-après.

XXV m

MÉMOIRE

issue, avant le comblement entier du golfe, a dû être long-temps une passe navigable. On verra, dans l'ouvrage, les moyens que je propose pour la rouvrir et former un port.

Ces apparences font déjà connaître les principales causes du séjour des eaux sur le sol Pontiu : il eu est plusieurs autres exposées dans le cours de l'ouvrage; je me bornerai à en citer deux. L^une est la prodigieuse activité de la végétation des plantes arj^uatlques; quelles que fussent mes données antérieures sur cet objet, je n'aurais jamais pu en conclure ce que mon séjour sur les lieux m'a appris : ainsi le faucardemcnt (coupe des herbes) du fond d'un canal a fait baisser ses eaux d'un demi-mètre; mais, bientôt après, ce canal s'est trouvé presque aussi obstrué qu'auparavant, l'emploi de la faux ne faisant que rendre plus active la cause du mal.

On conçoit, d'après cette expérience, combien la végétation abandonnée à elle-même doit favoriser l'inondation sur un terrain d'une faible déclivité.

Une autre cause du séjour des eaux sur certaines parties du sol, est la combustion de ce sol, qui est un effet, ou de la négligence, ou de la malveillance ; on cite aussi quelques exemples de combustions de terrains occasionnées par la foudre. Le lecteur verra, par le tableau -cadastre que je donujL» dans la troisième section de mou ouvrage, combien sont fréquents ces accidents funestes. La profondeur d'une couche brûlée peut aller jusqu'à un mètre; la cavité formée se remplit d'eau : il s'écoule plusieurs années, avant que son fond s'exhausse et qu'elle redevienne propre à la pâture ou à la culture.

Quand on a reconnu la grande influence de l'action des fleuves et des torrens descendus des montagnes, sur la formation des marais Pontins, le premier expédient qui se présente à l'esprit pour en opérer le dessèchement, est d'employer ces mêmes courants d'eau chargée de limon, pour exhausser le terrain par des dépots et des attérisscments successifs et régulièrement formés. Cette méthode des dessèchements par colmates est employée en Italie avec beaucoup d'adresse et de succès, et l'on en a fait de fort heureuses applications , dans le Fal di Chiana^ sur les terrains qui avoisinent le bas Pô et

SUR LES MARAIS PONTINS. xxix

ailleurs; malheureusement elle n'offre, dans les marais Pontins , qu'une ressource secondaire et d'un effet très-lent : la chair des montagnes est presque épuisée; les eaux n'en détachent plus, en général, que des graviers, des cailloux et des blocs de rocher. Cependant l'Amazeno prend, dans ses crues, une teinte assez forte qui fait paraître ses eaux chargées; mais cette teinte est due à des matières ocreuses, dont une petite quantité sufBt pour produire une coloration sensible (i). Il y a environ trente ans que ce fleuve est assujéti à étaler ses eaux dans un bay-fond voisin de Terracine, qu'on appelle Pantano dUnfemo (le marais d'enfer), et il en a exhaussé le sol d'environ 3 centimètres par année. J'ai reconnu que le plus grand produit de colmate qu'on pouvait se procurer sur d'autres parties de la plaine, était à peine la moitié de celui qu'on a obtenu de l'Amazeno; cette méthode des colmates n'offre donc ici qu'un moyen auxiliaire : la grande et décisive ressource, pour opérer le dessèchement des marais Pontins, consiste dans la formation d'un bon système de canaux; car les projets fondés sur l'emploi des machines hydrauliques.

(i) Voici, 8ur ce point de fait, la traduction d'un passage digne de remarque, \\té du Mémoire on Rapmif ingénieur de Pie VI, expose les projets qu'il a formés, par ordre de son souverain, pour le dessèchement des marais Pontins; ce passage est cité en originale Tarticle aaS de mon ouvrage :

« Ayant entendu exalter la quantité de sédimens qu'ils (les fleuves Pontins) contenaient, « je remplis un vase d'eau dans le PortatorCy au point de confluence de l'Amazeno; cette eau « paraissait à la vue extrêmement trouble, parce qu'elle était chargée d'une teinture forte et « rouge, que je fls remarquer au commissaire pontifical, M. l'abbé Sperandini , eikà!ii\x\tts t personnes présentes. L'ayant laissé reposer pendant plusieurs semaines, afin que les parties « terreuses se séparassent des parties fluides, et qu'on pût évaluer leurs proportions respectives, " nous vîmes finalement que la matière colorante qui faisait paraître l'eau si trouble, s'était n réduite à un voiie si mince {in un vélo tanto sottile), qu'on ne pouvait pas même la com- K parer à l'épaisseur d'une feuille de papier. Les mêmes observations furent faites sur l'eau de

« la Cavala ï

« Remarquant encore que la nature du terrain couvert par l'eau et celle du terrain découvert « sont les mêmes , je suis porté à croire et à me confirmer dans l'opinion que la surface du sol « n'éprouve pas de grandes altérations par les dépositions des fleuves. »

Rapini ne dit pas sur quelle hauteur verticale d'eau s'est faite la précipitation dont il parle ;. ce qui rendrait son expérience peu concluante, si des observations faites très-en grand, et suiTies depuis 1788, n'avaient pas confirmé ses résultats.

xxK w ^ MEMOIRE

que quelques spéculateurs ont mis en avant, ne méritent aucune a tentioa : les auteurs de ces projets n'avaient pas la plus légère cou naissance des localités et des causes d'inondation

Malgré Tinsuflisiince de la méthode des colmates dans le cas don! il s'agit ici , non-seulement je suis d avis de continuer les essais qu on a commencés, mais je propose encore Tusage de cette méthode poui la bonification de plusieurs terrains, auxquels je la crois immédiatement applicable. Enfin, sans rien changer au système de canaux pré« sente dans mon ouvrage, on pourrait s'en servir pour étendre les colmates autant qu'on le voudrait; et je pense même que Texécution de ce système devrait encore avoir lieu, dans Thypothèse où lexte»sion dont je parle ferait espérer quelques résultats avantageux (i). Ces vérités se trouvent étabUes dans le cours de Touvrage.

(i) ha conséquence tie celte assertion, dont la vi^rili!' sera bieu reconnue par tons les ing nienrs qni liront mon ouTrage, est que mes projets necontrarient en rien les idées de ceux qu voudraient faire des cofinates le principal moyen de dessèchement des marais Pontîns. Cet le cas de M. le comte l'ossombroni : ce savant, aussi distingue que respectable, a acifuis un connaissance parfaite des dessèchements par colnaatcs, qui se sont opcrcs avec un grand suce dans le Folfii Chiana^ et a public un Irês-bel ouvrage sur cette matière. It était naturel qu ses premières pensées , iur le saint du sol Pontîa » fussent liées aii\ sujets dr mcdilalion qu t'avaient si nùlemenl occupé; et il a proj>osc, dan-t te Mémoire cite précédemment, l'emploi' des colmates, mais sans entrer (tans les délaiU d'art rirronstanciés qui constituent un projeti susceptible d'une eiéculion immédiate. Or, en suppléant ces détails, on reconnaîtra la nécessité d'un système de canaux dont la furmalion est scnsîblenieut indépendante de Tadoption ou de l'exclusion des colmates. Kn effet, ce système se compose et de canaux d' introductioÊ^ pour amener les eanx troubles sur les surfaces k atlértr, et de canam de fuite pour condnirtl CCS eaux clarifiées au récipient ultérieur et général. L'un el l'antre de ces deux systèmes parlielj doit être disposé pour te plus facile et te plu» prompt écoulement ; car, d'une part, si Ici canaux à'introtluction n'avaient pas cette propriété , ils s'attértraicnt eux-mêmes, et je pourrai* citer des exemple» remarquables de ce fâcheux résultat; et , d'une autre part, il est essentiel que les eaux clarifiéos soient débitées dans on temps égal, nu plus, n celui de leuriutroductiou, aUn quNl y ait correspondance entre les deux effel.s , que les eaux troubles et claires ne soient jamais mêlées» et qu'on obtienne, dans un temps i!onnc, toute la quantité possible de dépôt* Cette condition sera éminemment remplie, si les sections et les déclivités de» canaux de fuit0, sont tellement combinées , que les vitesses de l'eau dans ces canaux ne soient jamais moindres que les vîtfsscs dans les canaux d'introduction, en sorte que les matières tenues en suspension dans ceux-ci pourraient, sans se déposer, continuer leur roule dans les premiers.

Qu'on lie maintenant les canaui iVintrotiuciion aux canaux dt- fuite, on aura un système général , qui est précisément celui qu'on formerait pour l'évacuaiion pure et simple des caux,

SUR LES MARAIS PONTINS. xxxt

Les principales données qu'il faut se procurer pour établir un bon système de canaux d'écoulement, sont la figure et Tétendye, tant du sol entier à dessécher, que de tous les bassins particuliers qui sont répandus ou versent sur sa surface; le relief de toutes les parties de ce sol; les pentes, les déclivités et les directions des divers courants qui le traversent et Tenvironnent; enfin les quantités d*eau, tant pluviale que de sources, qu'il reçoit, et dans une année entière, et dans les diverses saisons de cette année.

J'ai trouvé , à mon arrivée à Rome, des plans et des nivellements du sol Pontin, &its, généralement, avec soin et exactitude; Tingé-* nieur Bapini, appelé de Bologne par le pape Pie YI, pour projeter et faire exécuter le dessèchement des marais, a fait une quantité considérable d'opérations géodésiques que la formation de ses projets rendait nécessaires; ces opérations ont été continuées par AstolB, son successeur; Vici et Passega, qui se sont ensuite occupés de l'écoulement des eaux appelées supérieures^ ont laissé sur la partie des marais infestés par ces eaux des nivellements forts utiles.

On trouvera, dans l'ouvrage, l'exposition détaillée des obhgations qu'on a à ces différents ingénieurs; mais celui qui y est le plus fréquemment cité, et qui aurait eu la gloire d*attacher son nom à la bonification complète du sol Pontin , si le gouvernement français eiît pu achever cette entreprise, est M. Scaccia, gendre et successeur d'Astolfi, également recommandable et par ses connaissances théoriques et par ses talents pour projeter et exécuter les travaux : les

dont il faut tonjonra débiter la même quantité dans une année, soit qu'on fasse on qu'on ne fasse pas des colmates. (yoyeL le résumé ^néral à la fin delà l^' section.)

X>ux qui liront avec quelque attention les projets de canaux présentés dans mon ouvnge, recoaoaitroi(t combien ces projets seraient facilement compatibles avec l'emploi en grand des colmates. Cette compatibilité est surtout frappante dans la partie de mon travail qui concerne les eanx appelées supérieures. On y voit un système de biefs étages, séparés par des cbuies , et remplissant la condition des vitesses croissantes depuis Xts «rigines Jusqu'au dé- Itonchë àiamer.

liCS ^iservationc précédentes s'appliquent pariicnlièrement aux terrains qui se trouvent , comnae les marais Poatins, entièrement élevés au-dessus du niveau de la mer ou du récipient général des eaux. Les terrains abaissés au-dessous de ce niveau «xigeut des.dii^asi;v>o# particulières , dont je »*aî point ki à w*pçcuper.

xxxir

MEMOIRE

preuves de ce que j avance ici, sur son compte, sont re'pandues dans tout le cours de mon traite' (t).

Cependant les nivellements n'étaient pas complets : plusieurs des points importants, qui ne s*y trouvaient pas, étaient places sur la limite des marais opposée à la mer; leur liaison avec les autres points aurait été pénible, longue et peu sûre, par les méthodes ordinaires, surtout dans la saison d'hiver, et c*est peut-être la raison pour laquelle leurs hauteurs n'avaient pas été déterminées. J'ai employé à cette détermination une méthode particulière, exposée dans le chapitre XIII de Tintroduction ci-après, et publiée avec de plus grands développements dans un ouvrage séparé, imprimé chez Firmin

(i) La consulte de Rome a donné uue Irèssërieuse attention au dpssèehement des marais Poniins, qui ont été parcourus et examinés avec détail , en 1809, par une commission crê^ en vertu d'un arr^l<^* de cette consulte, et composée de M. le baron de Gerandu, président et rapporteur; M. le comte deTouriion, préfet; MM, Pficolai, Vici et Scaccia. Le zèle de celle commission a été vivement secondé par M. des Fougères, inspecteur divisionnaire des ponts et chaussées, chargé du déparlement de Rome; cet ingénieur, qui, ainsi que je l'ai dit dans te texte, était membre de la commission de fj'^roliomano^ aredigè lîcs mémoires et des projets pour le dessèchement: il proposait de creuser un canal partant des sources du rUffcnle, coupant transversalement les marais, comprenant, dans son tracé une immense excavation, ou fosse , appelée /fin Mariino ^ et aboutissant à la nier vers rextrL*mitédc cette fosse. J'ai exposé, ilans mon ouvrage^ avec le plus grand détail, tout ce qui est nécessaire pour faire apprécier cette idée sur laquelle il parait que M. des Fougères n'a pus insisté.

J'ai cite MM. le baron de Gerando et le comte de Toumon, comme prenant ua vif intérêt aux marais Pontins , et les avant parcourus et examinés; je dois ajouter que leurs excellentes intentions étaient parfaitement appréciées et appuyées par M. le général comte MioUù. Ces messieurs, animés de la passion du bien, et employant sans réserve, à satisfaire cette noble passion , l'autorité dont ils étaient revêtus, se sont empresses de me procurer tous les moyens désirables d'aplanir les difficultés que jwnvaient offrir mes opérations et mes recherches.

Je citerai aussi, parmi ceux qui ont contribué, soit à me faciliter les moyens de goûter les jouissances qui tiennent à Tamonr des sciences et des arts , soit à adoucir, par un accueil plein de bienveillance, les regrets qu'un long séjour loin de ma patrie devait me faire éprouver, M. le prince Corsini, qui a eu la complaisance de me donner un logement dans son palais; M. le baron /onrr, directeur des finances; M. Morvens rie Montbrtton, directeur de la police; M. le duc Zân/e, M. le baron i1/rïr/<Vi/ Z>a/v, M. le comte Carrttdori; MM. Calandrelli et Comi , directeurs du Collège romain , desquels je liens des données précieuses sur les eanx pluviales, cousignées dans l:i première section de mou ouvrage; M. l'abbé Ntcoiai\ dont j'ai cité l'ouvrage sur tes marais Pontins, et qui en a publié un autre fort éteudu sur la Campagne de Rome ; M. l'abbé Scarpellint\ savant professeur de physique ; M. Jtéstiruani , etc.

SUR LES MARAIS PONTINS. xxxm

Didot (i). On trouvera, dans mon ou\Tage, avec les résultats des nivellements, faits par ma me'thode, une table des hauteurs au-dessus de la mer, et des positions, par rapport à )<> méridienne et à la perpendiculaire deTerrarine, des principales montagnes qui environnent les marais Pontins. J'ai pense que cette table pourrait être agréable aux géologues et aux géographes.

Connaissant bien l'étendue, la forme et le relief, tant du sol Poiitin, considéré dans son ensemble, que des divers bassins renfermés dans son périmètre, et ayant les plans et les nivellements exacts de tous les torrens , fleuves et canaux qui le traversent ou qui l'environnent, il restait à évaluer les quantités d'eau courante que débite chacun de ces fleuves et canaux, et la quantité d'eau pluviale que reçoit le sol Pontin , soit annuellement, soit dans les diverses saisons. Avant de parler des résultats des jauges, il est nécessaire de rappeler que la totalité des eaux n'a que deux débouchés à la mer : l'un au port antique de Terracine; l'autre, au sud et à 5ooo mètres de dislance de ce port, au lieu nommé Badino : mais le volume de l'eau qui s'échappe par le premier débouché, n'étant pas, dans les cas les plus favorables, la vingtième partie de celui qui coule par le second, ce dernier pourrait être regardé comme le seul émissaire de toutes les eaux. Cette circonstance fournissait un moyen naturel et rigoureux de vérifier l'exactitude des jauges partielles faites sur les divers courants particuliers, par la comparaison de la somme de leurs produits avec le produit du canal émissaire général. Or, la somme de toutes les jauges partielles des courans qui se rendent au canal Badino, rapportée 4 l'époque des plus basses eaux, a donné un produit de Sa"' "*^,o5i par seconde, et Ton a eu, par la jauge immédiate du canal émissaire, un produit de 3i'° "'**",335 : la différence n'est que de ~ environ; c'est toute la précision que peuvent

(i) L'avantage de cette méthode consiste en ce que l'observateur, snns sortir de la roèrae station, peut déterminer les positions et les hauteurs d'un nombre de point» arbitraire , dans retendue de terrain visible de sa station ; soit entre eux , soit par rapport à lui. Je l'ai employée, très-aTanlageusement, en naviguant sur le Pô, pour relever avec un cercle de réflexion, des points situés sur le rirage.

Page 1