RÉSUMÉ GÉNÉRAL
56/|. 1^1 premièro et la plus importante conséquence à tirer de l'en* RMiible de nos recherches sur le territoire Pontiu, est la possibilité de renfermer, dans des canaux réguliers, toutes les eaux qui inondent ce sol infortune, et de leur donner une issue libre et facile à la mer.
La description circonstanciée du bassin pontin , contenue dans la première section de cet ouvrage , et tous les détails locaux, tableaux de nivellements . etc.f qu'on trouve dans les autres sections, ne doivent plus laisser aucun doute à cet égard. On a vu qu'à l'exception d'une très-petite lisière, placée près du rivage, et qu*on peut regarder comme un infiniment petit par rapport à la surface totale, le terrain était généralement plus élevé que la siirface de la mer. L'irrégularité de la déclivité de ce terrain, depuis les sources des courants, ou les origines des torrents, jusqu'à In mer, rend délicate et même difficile la composition du système des tracés, des peu les et des sections des canaux émissaires; mais ce» obstacles ne sont point invincibles, et Tobjet principal de nos travaux a été de déterminer les meilleurs moyens de les surmonter.
Quant à la petite lisière submergée , dont nous venons de parler, et dont rinflucncc sur la salubrité serait insensible, si le dessèchement du reste était opéré , on a la ressource très-aisée d*en faire un étang, ou petit lac, dont les eaux, continuellement rafraîchies, se tiendraient à une hauteur à peu-près constante; on peut aussi, en y mettant le temps nécessaire , l'exhausser , par la méthode des colmates.
56:i. Nous avons fait voir que cette méthode des colmates, dont Tapplication a des résultats si heureux dans plusieurs contrées de l'Italie , n'offrait pas, dans les marais pontins, d'assez, grandes ressources, pour être employée autrement que comme un moyen accessoire et subsidiaire. Le comblement du golfe immense , qui a dû exister autrefois, autour du monte Circeo, et qui est devenu le sol Pontin, a épuisé ce qu'on pourrail appeler la chair des montagnes et ne leur a laissé que Vossaiure. Noas avons cité les faits incontestables qui viennent à Tappui de cette aasertion : on a vu que des eaux, sur lesquelles leur teinte fortement colorée faisait concevoir de grandes espérances, ne les ont pas, à beaucoup près , réalisées; ces eaux sont chargées d'une espèce de terre, dont une très-
petite c|uantitë suffit pour détruire la transparence de fluide qui la tient en suspension.
Cependant nous avons proposé cette méthode des colmates , dans toute.s les circonstances , et pour toutes les localités , où elle nous a paru susceptible d'une application utile; et voici quelques^ observations sur cette matière, que nous croyons propre à tranquilliser ceux qui mettent une grande importance aux colmates , et à concilier différentes opinions qui seAiblent être en dissidence.
566. On rend à Fagriculture un terrain inondé ou en exhaussant le sol, ou ert abaissant les eaux, 'ou en employant ces deux moyens ensemble; le premier moyen est indispensable , lorsque le sol à dessécher est inférieur au niveau le plus abaissé des eaux du récipient, dans lequel les eaux d'inondation doivent être ultérieurement versées. On peut citer, entre autres exemples de campagnes assujetties indispensablement a ce mode de bonification , celles qui sont situées sur les rives du Pô, près de Tembouchure de ce fleuve, dont les eaux limoneuses opèrent des colmates, aussi promptes que faciles, lorsque les opérations sont bien dirigées.
Il y a encore un cas^ qui rentre dans le précédent, et qui a lieu lorsque le sol k dessécher, quoique plus élevé que les eaux du récipient, ne Test cependant pas assez pour que les eaux d'inondation puissent être abais* sées, avec la double condition de se trouver assez inférieures au sol pour ne pas nuire à la végétation , et assez supérieures au récipient , pour avoir des déclivités d'écoulement convenables.
Dans toutes les circonstances, où les deux conditions dont nous venons de parler pourront être remplies , l'écoulement immédiat des eaux d'inondation , par un système de canaux bien combinés, sera toujours le moyen le plus expéditif d'arriver à un bon dessèchement.
Il y a plus ; si , dans ces mêmes circonstances, on veut employer la méthode des colmates , soit comme moyen principal , soit comme moyen accessoire , il n'en faut pas moins établir un système de canaux , d'une dépense à peu-près équivalente à celle qu'exige l'écoulement immédiat: et on a, de plus, la dépense résultante des travaux , que comporte la matiœuvredes colmates ; en effet, il faut recueillir les eaux supérieures des torrents ou des courants d'eaux limoneuses dans des lits réguliers , aux* quels sont adaptés les ouvrages d'art, nécessaires pour la répartition de ces eaux, aux surfaces diguées. qu'on veut attérir; et il faut ensuite, dès qu!elles ont déposé leur limon , pouvoir les lâcher et les faire parvenir au récipient général , dans le moins de temps possible. Or, comme la
quantité de fluide, qui doit arriver k ce récipient, pendant une année, est la même , soit qu*on fasse ou qu'on ne fasse pas usage de colmates , il est manifeste que le travail et la dépense des émissaires sont à peu-près les mêmes dans les deux cas.
Ajoutons que , dans ces deux cas, les déclivités, les sections , etc. des canaux émissaires doivent être combinées de manière que l'eau ait , dans ces canaux, une vitesse telle qu'elle n*y dépose pas le limon qu'elle entraine ; cela est évident pour les canaux supérieurs qui doivent fournir Teau limoneuse, destinée à opérer les colmates, et cela est nécessaire pour les canaux inférieurs , destinés à conduire cette eau dans le récipient, i*' parce que cette condition favorise la prompte évacoation qu'il faut donner aux eaux claires ; 3^ parce que la durée de l'opération des colmates devant avoir un terme , il faut s'assurer que, lorsque cette opération sera terminée , et que les eaux troubles ne devront plus sortir des canaux émissaires, ces canaux eux-mêmes ne s'obstrueront pas par les dépôts. Nous avons, dans le midi de la France, un exemple remarquable de travaux dispendieux qui avaient des colmates pour ^bjet , et où le seul attérissement qu'on ait obtenu a été celui du canal destiné à conduire les eaux limoneuses.
Si on a la mer pour récipient immédiat, il faut, d'après ce qui vient d'être dit, et ce que nous avons établi dans l'ouvrage, avec beaucoup plus de développement, réduire, autant qu'il est possible, le nombre des embouchures, pour augmenter la force du courant sur chacune d'elles, et prévenir leur obstruction.
567. En rapprochant les vérités que nous venons d'exposer, on voit que , pour appliquer, avec succès , la méthode des colmates, il faut un système de canaux conducteurs qui amènent l'eau trouble, dans le moindre temps possible, sur les terrains à colmater, de manière que le dépôt du limon ne se fasse pas en chemin , et un système de canaux àe fuite ou canaux émissaires qui conduisent l'eau clarifiée au récipient général , aussi dans le moindre temps possible, afin qu'on puisse répéter l'inondation un plus grand nombre de fois dans un temps donné et accélérer la bonnification , en se procurant, pendant une saison, toute l'épaisseur de colmate que comporte la quantité de sédiments tenus en suspension dans l'eau.
Or la réunion de ces deux systèmes de canaux compose précisément le système total qu'il faut former sur un sol, déjà élevé au-dessus des eaux du récipient, lorsqu'on veut le débarrasser des eaux d'inondations; ainsi ,
dans un sol pareil, toutes le$ dispositions , qui peuvent procurer Técoulemenl iinmétiial, doivent précéder celles qui .sont relatives aux colmates, et , si Icspoir qu on fondîût sur ces dernières , ne se réalise pas , on perd , sur Topaisseur de terre végétale qu'on voulait se procurer; mais la campagne n'en est pas moins délivrée des eaux.
568. I/npplication des observations précédentes , aux marais pontins « est manifeste. On a vu que le soi de ces marais est généralement élevé au-dessus de la mcr^ et que, dans des parties sujettes aux inondations les plus désastreuses, telles que les Campi di Piscinaray Télevation était suffisante pour qu'on put y creuser des canaux , ayant toute la déclivité d'écoulement nécessaire, et, dans lesquels , cependant , leau se tiendrait assez abaissée pour ne pas nuire à la végétation ; or, dans celte même partie^ [que nous citons pour exemple, le système de canaux que nous avons proposé, est combiné de la manièje la [plus favorable pour fnire , quand on voudra , des essais de colmates , et nous ne pensons pas qu'on eût dû disposer ce système autrement , si on avait eu les colmates pour premier et principal objet ; en eftet , on y trouve des lignes de biefs, disposés par étages , et séparés par des chutes qui traversent longitudinalement les campagnes inondées, avec des déclivités et des sections remplissant, quant au mouvement , les conditions exigibles ; on a donc le moyen de procéder à l'opération des colmates avec toute la régularité possible , en dérivant l'eau des biefs supérieurs, pour la répandre dans ^es enceintes diguées, et la jetant, ensuite, dans les biefs ou canaux inférieurs. L'arrivée et le départ du fluide , dans les Intervalles de temps convenables , seraient parfaitement assurés , et il .serait très aisé de faire de premières expériences dans le quadrilatère, compris entre les canaux orientaux et occidentaux des eaux supérieures , et la dérivation de Tun à l'autre canal par le Fosso délie Congiunle et la voie Appia. On a vu que ce terrain est, à l'époque de la crue des torrents, couvert de plus de deux mètres d'eau ; mais l'observation des effets d'attérissement produits par une pareille inondation , a fait connaître que les eaux, qui détachent de la montagne des cailloux et des blocs de pierre, sont , d'ailleurs , peu chargées de limon fertilisant.
De pareilles considérations s'appliquent aux autres parties de notre système de canaux; partout on aura les facilités nécessaires pour dériver les eaux, les répandre et les faire ensuite écouler; nous avons indiqué différentes parties de la campagne , telle que Pantano d' inferno et quelques portions de terrains situés sur la lisière des marais , où nous pro-
te^É
posons, ffoit de continuer les colmates en expérience, soit d'en faire de tiouvelles; mais nous le répétons, ce procédé, qui nous paraît absolument insuffisant pour les marais Pontins comme moyen principal , n'y -est susceptible que de quelques applications locales et partielles.
Nous nous sommes un peu étendus sur cette matière, seulenient pour convaincre les personnes qui , malgré les raisons et les faits que nous avons allégués , pourraient encore y mettre une grande importance , que Tezécution de nos projets, bien loin de contrarier les opérations des colmates, est, au contraire, la préparation qu'il faudrait donner à de telles opérations, pour assurer leur succès, si ce succès était possible.
56g. La formation d'un système de canaux étant ainsi le premier et le principal, pour ne pas dire l'unique objet que nous devions nous proposer , nous nous sommes d'abord rendu compte des principes propres à nous diriger dans nos déterminations , et nous les avons exposés dans l'introduction de cet ouvrage ; mais la baute importance de l'application que nous avions à faire de ces principes, nous faisait désirer dy lier des faits bien concluans et bien adaptés à la nature de nos projets. Les travaux, exécutés par ordre du pape Pie VI , dans les marais pontins mêmes , et auxquels il a sacrifié des sommes immenses, nous ont fourni, à cet égard , les données les plus complètes ; nous avons visité et examiné , avec le plus grand soin , sur les lieux , tout ce qu'il y a fait faire , nous en avons donné une description raisonnée, dans la a^ section de cet ouvrage , et nous nous sommes efforcés de mettre dans le plus grand jour les effets bons et mauvais qui en étaient résultés. Les grandeits et dispendieuses leçons qu'il nous a laissées , nous ont été de la plus grande utilité pour la formation de nos projets, et il y a (out lieu de croire que , si les papes , ses prédécesseurs , lui en eussent laissé de pareilles , notn; tâche se serait réduite à des simples propositions d'entretiens.
A la suite de l'exposition raisonnée et de l'examen critique des travaux de Pie VI, nous avons donné, dans la 3* section de cet ouvrage, la situation actuelle des marais pontins , et fait voir comment cet état actuel se trouvait lié avec les travaux exécutés par Pie VI (i); la même section renferme, outre plusieurs détails économiques sur le cadastre , l'agriculture, etc., l'analyse des principaux projets qii'on a formés, avant l'année i8ii ; ainsi nous avons fourni à nos lecteurs tous éléments néces-
(i) CeUe situation est prUe k l'époqoe du mois d'août iSii ; il y a eu , depuis ceUe cpoqiie, des inondations extraordinaires. Foyez le chapitre XVII de la présente section.
saîres, Tion^-sealenient pour apprécier et juger nos projets » mais pour leuF en substituer d'autres qu ils croiraient préférables.
570. La priDcipale erreur des anciennes déterminations relatives au dessèchement des marais pontins , tenait à l'idée séduisante d'avoir un émissaire unique pour les eaux, tant extérieures qa intérieures ^ qui inondent le sol pontin , et cet émissaire unique devait être le canal Pio qui borde la voie Appia. Nous avons reconnu que le canal, dont il s*agit, jouissait , en effet , des propriétés de la ligne à laquelle nous avons donné le nom di axe principal d'écoulement ^ ^lais' s'il est très-important de ne donner aux eaux qu'un seul débouché à la mer, il est très*dangereux ( et l'expérience de Pie VI l'a bien prouvé ), de cumuler les fonctions des divers émissaires qui doivent aboutir à ce débouché commun. Nous avons assigné les fonctions particulières que doit remplir Vaxe principal d'écoulement y et donné les preuves historiques des fautes graves que Ton commet, lorsqu'on jette sur cet axe, des eaux qu'il ne doit pas porter.
A Les eaux qui inondent le sol pontin et celles, en général, qui forment a les grands marais, doivent être séparées en deux classes, dont )a disa tinction est fort essentielle , savoir: 1^ les eaux, que le sol marécageux « reçoit immédiatement par les pluies, les sources et surgissements divers, a compris dans son périmètre; 2** les eaux courantes, soit torrentielles^ U soit perennes , qui traversent ce sol et dont les bassins et les sources « sont ou hors de sa surface ou sur son périmètre, (art. 368). » Ce sont les eaux de la première classe qu'il faut jeter sur X axe principal d'écoulement ; il faut creuser aux eaux de la a^ classe des cauauz particuliers qui les éloignent, autant qu'il est possible, du centre des marais, et le creusement de ces canaux doit même précéder celui des émissaires intérieurs; ces vérités ont été démontrées avec beaucoup de soins et de détails, dans le cours de l'ouvrage.
571. Pour suivre l'ordre fixé par ce classement , nous nous sommes d'abord occupés de la partie des eaux d'inondation qu'on appelle eaux supérieures y celles qui ont leurs bassins et les origines de leui^ cours du côté de l'extrémité ouest des marais; une grande partie de ces eaux, qui auraient dû être l'objet d'une attention spéciale , dès les premiers moments où l'on s'est occupé d'un dessèchement général et complet, n'a encore aucun lit régulier; nous avons donné tous les détails nécessaires sur la hauteur et l'étendue de leurs inondations , et fait voir les conséquences fâcheuses de l'abandon où on les a laissées.
Rapportant les positions des bassins de ces eaux k un axe , tracé dans
la direction du méridien, du côté de la rive droite de la Niiita, nous les avons divisés en bassins orientaiix et bassins occidentaux; chaque division a un émissaire particulier , celui de la division orientale est Tancien lit de la Ninfa dans lequel nous jetons le torrent de Serraouetla , en y faisant les travaux que nécessite sa nouvelle destination. Cet émissaire se conlinue entre la voie Appia et le Passo S. Donato , sous les noms de canal della Mola et Rio Francesco , et va ensuite à la mer, sous le nom de fiume Sisto et canal délie Volte.
Nous n'avons aucun ancien canal, dans lequel nous puissions jeter les eaux de la division occidentale qui contient la Tepia et d'autres torrents , et il faut en creuser un exprès.
Le tracé , sur le terrain , de ce canal , est une question de la plus haute importance et qui a fort occupé les ingénieurs italiens. On a vu, par l'analyse de leurs projets, que celle des directions proposées, qui paraissait jouir de la plus grande faveur, aboutissait à la mer , à Textrémité d'une immense excavation appcl«?e /fio MartiriOj et nous ajouterons que l'excès de celte faveur a étouffé quelques réclamations d'hommes trèsinstruits sur cette matière , dont nous avons recueilli les opinions écrites. Nous avons fait un examen approfondi de la question , sous les points de vue économique et hydraulique, et nous avons reconnu que la diversion qu'on voulait faire aux eaux supérieures par le Rio Martino serait, à tous égards , une mauvaise opération , et que le seul bon parti à prendre était de les envoyer toutes au débouché général de Badino, par le fiume Sisto et le canal délie Voile, en faisant , aux lits de ces canaux , les agrandissements et les rectifications nécessaires ; nous nous sommes fi>rt étendus sur les motifs de nos déterminations et nous n'avons rien négligé pour en bien faire sentir la justesse.
Ainsi , d'après nos projets , toutes les eaux supérieures réunies dans uu même lit , au passo San Donato, près l'origine du Rio Martino, doivent couler ensemble à la mer , un peu accrues sur leur route par les eaux de la plaine qu'elles traversent. Nous avons explique pourquoi nous ne j)roposions pas de faire la réunion au-dessus de San Donato , ce qui , à laspect du plan des lieux, semble praticable et utile, et nous nous bornonn à faire , sur la ligne qu'onsuivrait dans l'hypothèse où cette jonction supérieure aurait lieu, une dérivation ou canal secondaire dont nous indiquons l'usage.
S7'j. Une des grandes difficultés du projet relatif à la conduite des eaux supérieures^ était l'irrégularité de la déclivité du terrain sur lequel on
devait creuser leurs canaux , déclivité qui, de trèa-forte quelle est vers les origines, diminue assex bru&quenient , dans les parties inférieureî». C'est à cette difficulté qu'il faut principalement attribuer rirrégularité du règlement t\^& pentes, dans les anciens projets dont nous avons donné laiialyse; Técole hydraulique italienne a cependant précédé la fraui^aise dans l'emploi des moyens propres à corriger les effets de la trop grande déclivité des eaux courantes , par des chutes auxquelles les ingénieun italiens adaptaient des conques ou écluses ^ pour rendre praticable et facile la navigation , tant ascendante que descendante (i); les chutes^ étaient, dans ces svstèmes de constructions, ce qui se rapportait spécialement à l*objet que nous avions en vue, et nous en avons fait un des élcmcnt» de nos projets actuels , sauf £t y réunir des écluses par la suite, si ou juge celte addition utile.
Une première détermination, relative k ces chutes, a été celle de la plus petite distance qui devait séparer deux d entr'ellcs consécutives ; cette plus petite distance fwée , géuéralement , à aooo mètres, est, dans nos projets, de aïoo mètres, pour lémissaire des bassins orientaux, et de atî^S pour celui des bassins occidentaux; on a ainsi, d'une chute a l'autre , une longueur beaucoup plus que suflîsante, pour que le régime de vitesse s'y établisse, quelle que soit la hauteur des eaux.
673. Ayant, par les chutes dont nous venons de parler, un moyen assuré et commode de régler, à volonté , les déclivités de fonds, nous avons pu assujettir la formation des canaïkx, à toutes les couditiuns nécessaires pour un bon écoulement des eaux, conditions qu'on trouve énoncées aux art. /|o8 et ^09. La quantité d'eau que chaque partie de canal devait débiter, dans un temps donné, avait été préalablement déterminée, soit d'après les jauges des eaux perennes , soit d'après les quantités d'eaux pluviales qui forment les torrents, en tombant dans des temps donnée, (voyez art. 37, la règle très-simple applicable à ces dernières eaux); et nous nous sommes proposés, d'après ces données, de combiner les sections avec les déclivités, de manière, 1" que la vitesse de feau , dans un canal, n'éprouvât aucune diminution , depuis son origine supérieure jusqu'à son extrémité inférieure; a*" que cette vitesse fût, autant qu'il était possible, indépendante de la hauteur de Teau dans le canal. On a vu comment nous sommes parvenus à remplir la première con-
{\) royn , sur cr point de l'htsloire de Tari hydraulique , l'arlicle 3^8 , et la note joiate à cel ariiclp.
MARAIS POTTTINS rtanle pour pi-évenir les dép
n qui est bien importante potir pi-éveinr les dépôts des matiei'es unes en suspension et entraînées par les e^ux. Ln courbure transversale à (lt>nner à la paroi du eaual , pour remplir rigoureusement la seconde condition, nest pas propusahie dans la pratique, mais nous y avons stjpptéé , autant qu'il est possible, par un proiil transversal compasé de trapèzes» Tua supérieur, Tautre inférieur que Ion creuse dans le fond du premier, en laissant une banquette de chaque côté, prise sur la largeur de ce fond. Toutes les dimensions de ce système de trapèze sont des fonctions de la largeur moyenne du trapèze inférieur, ou eu nette, déterminée de manière à remplir les conditions proposées.
routes les déterminations numériques sont déduites de formules analytiques exposées dans Tintroduction ; ces formules établissent la liaison entre les propriétés géométriques et les propriétés hydrauliques du type général de la forme donnée aux lits des canaux. Nous osons croire que notre travail offrira aux jeiuies ingénieurs un exemple de la combinaison des principes théoriques et des règles déduites de rexpérience et de la pr.'ilique pour composer un projet de grand rtc»cchement.
574. A la suite des projets relatifs aux eaux supérieures, viennent ceux qui concernent les autres eaux extérieures dont les sources et les bassins se trouvent situés du côté de Textrémité orientale des marais. Les deux grands fleuves de cette partie sont TAmazeno et TUffente ; «>n ne les a point négligés comme \eseaux supérieures ^ le lit de TAmazeno a été i^creusé, et dirigé au travers d'un terrain bas et très-marécageux, appelé Pantano d'infèrno, le lit de TUffente a été changé, et ce fleuve, après avoir contourné le Pantano d'infenio , va mêler ses eaux avec celle de i'Amazeno » et celles d'un autre courant appelé la Scaravazza , »aus le poule Maggiore, d'où toutes ces eaux réunies vont se rendre au Portalore qui les conduit au débouché général de Badino.
Obligés de traiter les questions relatives à I'Amazeno , en ayant égard à Tétat où se trouvait ce fleuve et aux travaux qui y étaient exécutés , nous n'avons pu proposer que des améliorations au système de creusement quon avait adopté pour la partie du lit qui est située au-dessus du Pantano d' inferno , et ces améliorations doivent porter, particulièrement, sur les grandeurs relatives des sections transversales , en allant de Tamont à Tavâl. Nos propositions, à cet égard, ont acquis de la force par les obs^ vations, faites sur une grande inondation, arrivée le a6 décembre i8i3. Nous avons rapporté , art. 4tio et suivants , ces observations faites par M. l'ingénieur en chef Scaccia , desquelles il résulterait que, le jour de
rinondatioD, TAmazeno débitait, soas le pont de Fossa nuova , environ .aoo mètres cubes d'eau par seconde.
SyS. Le nouveau lit de ruffenle offre un phénomène bien fficheux et^ bien embarrassant, celui(de renfoncement continuel d'une partie de digue située du côté des marais, sur la rive droite du fleuve. J^s rechargements de cette digue étant inutiles, on a essayé de Tétablir sur une autre base, en infléchissant sa direction, ce qui a fait désigner ct'tte partie de digue par le nom de. ConmçUa^ mais les affaissements ne se sont point arrêtés. L'examen de la hauteur , au-dessus de U mer, du lit de TUffente vis-! à-vis la ÇoroneUa^ et le nivellement général de ce lit, ont fait reconnaître qu'on pouvait, en conservant une déclivité suffisante pour l'écoulement» abaisser le fond du fleuve de manière que ses grandes eaux se trouvassent! encaissées dans le terrain naturel et n'eussent plus besoin de dignes voilà un raoy^n assuré d'empêcher lextravasion des eaux de l'Uffente ;! nous avons comparé ce moyen avec d'autres qu'on pourrait proposer, cl^ il nous a paru préférable. Les motifs de préférence tirés des considéra* lions économiques et hydrauliques, prennent ensuite beaucoup de forceji lorsqu'on voit que l'abaissement des eaux de TUffente donnerait à l'agriculture une grande surface de terrains environnants , qui se trou^veraient asséchés par cette opération.
576. La partie du Ht deTAmazeno, comprise dans le Pantanod*inferno, a été l'objet d*un projet détaillé, présenté par M. l'ingénieur Scaccia, et sur lequel nous avons fait un rapport , au Conseil général des ponts et chaussées, le la octobre i8ia. Ce rapport est transcrit, art. 438 et suivants» et on y voit comment l'Amazeno jeté dans le Pantano d'inferno, en 1787, sans direction déterminée, peut avoir, dans la traversée de ces marais . un lit régulier, offrant toutes les conditions d'un bon écoulement , et n'empêchant cependant pas les eaux du fleuve de se répandre sur la surface du sol , et de continuer à y jeter les matières qu'il tient en suspension, lesquelles, malheureusement, ne sont pas aussi abondantes que la coloration de ces eaux semblerait l'annoncer.
Ce projet doit se Uer h, celui du creusement du Ut de TUffente, dans le Pantano d'inferno, pour lui donner un cours régulier » et substituer un tracé continu au tracé actuel qui forme un coude abrupte à Tun des angles du ,Pantan<^ d'inferoo.. 1. , ,
577. Les directipns des nouveaux , lits de t'Amaxeno et de TUffente , dont on vient de parler, doivent être combinées avec un changement de direction delà Scajtayazza^aux^pprochesdu point commun de confluence
MARAIS POISTINS
des trois courants, de manière à faire disparattre tes irrégularités cho* quantes qu'offre le syslème de leurs eaux en amont de l origine du Portatorc di Badtno , où lentrée de ces eaux aura iicu, de manière à éviter les inconrénients réeullants de Tétat actuel des choses.
Toutes ces dispositions nécessitaient la construction d^un- nouveau pont à substituer au ponte Maggiore «rt: qwi a été constrwt. ( f^oyez lanote de Vart. 556. )
Ainsi les eaux extérieures -de la partie orientale afflueront dans remissaire^ appelé Portatore di Badino , aivec toute la liberté désirable, et iront, à Badino , se reunir aux eaux de la partie occidentale , dites eaux supérieures ^ en un point d'afflnencet;omraun à la mer, où la presque totalité des eaux in t^ienres viendra aussi se rendre.
578. A l'oocasion du projet -de construction d'un nouveau pont , pour remplacer le ponte Maggîope , nous avons donné la description de ce dernier et les dimensions de ses diverses parties. Un radier général , sur leq'uel il 'est établi , n'est quo d'onviï»on un mètre plus abaissé que le niveau de la basse mer, et forme, dans Tétatadtutrl des choses, utie protu- Ijérance sur laquelle Teau ne peut pas exercer l'action érosive, en vertu de laquelle elle établit son lit de régime. Ce fait est lié à des considérations générales sur les phénomènes relatifs au mouvement des eaux courantes, près de leurs embouchures à la mer, dépendants deTabaisseraent du fond de ces eairx au-dessous du niveau de la mer et des protubérances, non susceptihles trérosion > qui-se trouvent sur ce fond.
Nous avons consacré Txn chapitre de l'introduction k ces importantes considérations.
579. î*el est (depuis l'art. 569 ) le résumé des principales parties du projet général que nous proposons «pour leseawx courantes, soit torren^ a tiel/es , soit pt rennes ^ qui traversent lesol pontin et dont les bassins et « les sources sont, ou hors dcéa suilfaceou sur son périmètre, «formant, art. 368 et 670, Tune des deux divisions du classement général des eaux d'inondation ; Tautrc division comprend « les eaux que le sol marécageux « reçoit immédiatement par les pluies , les sources et snrgissemenis divers « compris datis «on périmètre. » Nous attribuons au canal Pio la fonction exclusive.de conduire ces eaux au Portatore dî Badino , fonction qu'il remplira très-bien , lorsqu'il sera délivré des canx supérieures et que son lit a.ara léte perfectionné , Theuretlse position de ce lit le mettant , à peuprès, dans la direction de la ligne que nous avons appelée axe principal tfécaulemûni, et dont nous avons expliqilé les propriétés.
SECTION IV, CHAPITRE XXX. 45i
Le point essentiel , pour tirer tout le parti possible de cet ëiuissaire , est de donner aux eaux des parties gauche et drocte, totitc la Ê»cilité possible pour y affluer; ia partie gauclie ne jouit pas, k beaucoup près, de cet avantage. Deux anciennes fosses destinées à remphr les fonctions de celles que nous avons désignées ( chapitre II de t introduction ) , ^m /bsses auxh' liaires longitudinales^ la Sclcella et la Schiazza avaient été , la t'^ snpprimëe , et la a* mi^e dans un état très- imparfait decouleracnt ; le point d*afflueoce de cette dernière^ dans le canal Pio, était surtout trè^mal choisi; d'après toutes ces considérations , nous avons appuyé les propositions déjà émises , de rouvrir le premier canal , de recreuser le ht du second et de placer son embouchure daiis le canal Pio, au point qui réunit les conditions les plus favorables à Técoulement. La position de ce point est déterminée par une formule ou règle, que nous avons donnée, art. i8, et les dimensions des canaux sontétabhes d après les formules du mouvement des eaux courantes.
5Bo. Le cliangement de Terabouchure de la Schiaxza, dans le canal Pio, a donné lieu à la construction d'un nouveau pont, pour lui faire traverser la voie Appia ; le projet du canal et du pont ont été soumis au Conseil général des ponts et chaussées avec celui de la nouvelle direction de TAmazeno, dans le Pantano^d' inferno, dont nous avons parlé précédemment ^ et nous avons £ait, sur ce. projet, un rapport f;tisaut suite à celui du la octobre i8ia qui est transcrit , art. 438 et cité art 576, cette suite est transcrite art. 499 ^t suivants, pour ce qui concerne le canal» et art. 5i4 et suivants pour ce qui concerne le pont. Ce pont a une particularité qui consiste dans Tévasement de son entrée, disposée pour avoir égard au phénomène de la contraction^ et augmenter le volume d'eau écoulée dans un temps donné. ( Fojez ^ sur les travaux exécutés dans cette partie des marais, la note de Tart. &56. )
53r. La partie droite des marais n'était pas, avant 1810 , dans un état aussi âcheux que la partie gauche; cependant sa bonification ulléheure exige des travaux qui doivent être mûrement réfléchis ; sa principale fosse longitudinale auxiliaire est le canal appelé délia Botte, qui, d'abord , n'écoulait que les eaux de la surface située au-dessous du canal della Mola, ou 5t^ fosse milUaire , et qui ensuite , se trouvant prolongé, au-dessus de celte Si*^ fosse, par le moyen d'une Ifotle ou aqueduc en syphon , n\i plus été capable de porter la totalité des eaux que ce prolongement lobligeail de recevoir. Nous avons donné aux chap. XI et XII de la a" section , Phiftoire des travaux entrepris pour remédier à cet in-
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convénient» travaux dont le succès se trouvait lié au changement d*eai* touchure de la Schiazza, dont il est question à Tarticle précédent; ce succès tenait aussi au choix d*un point d^affluence du canal de la Botte dans la ligne Pio , a substituer au confluent de ce canal, dans le Portatore di Badino, afin de débarrasser une longueur de plus de 8000 mètres , for* mant la partie inférieure du canal de la Botte, du volume surabondant des eaux qui y arrivaient des parties supérieures. Nous avons donné les principes généraux relatifs de ce nouveau point d'affluence ; mais des considérations qui tiennent aux localités , nous ont obligés de modifier les applications de ces principes au cas dont il s'agit ici. On a vu, dans le chapitre XXIII de la présente section , l'exposition des moyens propres à concilier, autant qu il est possible ^ les conditions hydrauliques avec les obstacles locaux.
58a. Nous ne parlons pas , dans ce résumé , de plusieurs autres travaux que nous proposons sur la lisière des marais et qui concernent des toirenls de a* et 3*^ ordre; parmi ces torrents, se trouvent des affluents de rUffente et de la Cavata. Nous indiquons les écoulements qu'ils doivent avoir et de plus les usages, qu'on peut en faire pour boniiier par colmaies , certaines portions de terrain.
383. Si les projets indiqués, depuis Tart. Syi , étaient complètement exécutés, le Portatore di Badino , qui remplit déjà bien les fonctions auxquelles il est destiné et dont Tamélioration actuelle se réduirait à queU ques remuements de terre, s'améliorerait de lui-même par le mouvement des eaux dont Taffluence, dans son Ut, serait devenue plus prompte et plus libre , et dont la réunion avec les eaux supérieures ^ à Dadino, assu* rerait des avantages précieux ; mais ce Portatore et un de ses anciens affluents abandonné, le canal St-Nicolas, doivent encore nous être utiles pour une opération bien importante. On a vu, dans la partie historique de cet ouvrage, que Pie \1, ayant fait creuser le canal de navigation qui va , de l'origine du Portatore à ïerracine , a voulu continuer la voie Appia , le long d'une des rives de ce canal, sur un terrain tellement tourbeux et mobile, que les Romains n'avaient pas osé le traverser et avaient infléchi la direction de la route du côté de la montagne. On>a'VU, aussi, quelles avaient été les fâcheuses conséquences de cette résolution de Pie VI; une partie de la route moderne s'affaisse continuellement , et malgré les rechargements quon y fait, sa surface ne peut pas se maintenir au-dessus des grandes eaux; nous avons rapporté, art. laa, nos obser^ valions sur d'autres mouvements remarquables des terres et du lit entier
du canal , dans cet endroit ; la partie de route dont nous parlons est donc dans un cas comparable à celui de la Corouella de ruOente ; et à un mal semblable, nous avons assigné un remède semblable, celui dal^isser les eaux, lorsqu'on ne peut pas parvenir à élever let> terres. En conséquence nous proposons de recreuser le canal S. Martine, qui se trouve situé vis-à-vts ce point de partage des eaux du canal de navigation , dont il a été question en plusieurs endroits de cet ouvrage , et d'en faire une dérivation qui irait aboutir au Portatorc et k Tenlrée de laquelle on établirait un déversoir arasé un peu au-dessus de la hauteur des eaux d eliage, nous nous sommes assurés , et par le raisonnement e( parle calcul, qu'on pouvait donner, h cette dérivation , des dimensions qui n'exigeraient pas des travaux difficiles , et qui produiraient Teffet demandé, cet effet sera encore plus assuré , s*il est possible , par les travaux projetés pour le port de Terracine , dont il va être question.
584. Après avoir présenté Tensemble des projets dont l'exécution peut assurer le dessèchement complet et pc^rwancnt du territoire pontin , nous avons, dans un dernier chapitre, parlé des moyens d'augmenter et de maintenir la prospérité qui serait la conséquence de ce dessèchement , en donnant au commerce les facilités que les localités rendent praticables. La réunion de toutes les eaux des marais k l'embouchure de Badino , lorsque ces eaux couleront dans les canaux projetés , doit nécessairement reculer et abaisser la barre qui s'est formée à cette embouchure; cet effet, aidé par la construction de deux jetées entre lesquelles la totalité des eaux sera reçue, maintiendra une passe assez profonde pour que les bâtiments de mer, qui ne tirent pas plus de 3 mètres d'eau , puissent entrer dans le canal Mortaccino qui va de Tembouchure de Badino au canal de navigation de Terracine. Le canal convenablement recreusé et muni de gares ou darses, deviendra donc un vaste port intérieur, capable de contenir un très-grand nombre de navires de commerce ; mais la commodité et Tutilité de ce port deviendront encore bien plus graudes, si, avec son issue dans la mer, à Badino , on lui donne une autre issue , aussi dans la mer, à travers le port antique de Terracine, distante de la première de 5ooo mètres. Telles sont les propositions que nous avons discutées dans le chapitre XXVI de la présente section , où Ton trouve des détails historiques et descriptifs sur le port de Terracine.
Nous avons parlé , au chapitre XIV de la a* section et dans d'autres endroits de cet ouvrage, des beaux et utiles monuments que Pie VI a fait élever dans les marais, et qu'il est bien important de conserver et d'entretenir.
585. Lé dessèchement général et complet des marais pontîns étant supposé opéré par les moyens que nous avons proposés, l'entretien du sol , en état de parfaite culture , ne serait ni difficile ni dispendieux ; mais cet entretien devrait étpe suivi avec un soin , une vigilance extrême et surveillé par des agents anlkquels on ne permettrait pas la plus légère négligence ; le moindre relâchement ou dé&ut d'attention pourrait avoir des suites très-graves-
586. Les parois intérieures des canaux étant une fois débarrassées des racines d'arbres et des différents corps durs qui*peuvent s'y trouver , les recreusements de ces canaux se feront avec économie , au moyen des machines dont il est question au chapitre XIX de la présente section ; on a aussi fait dès essais heureux des dragues mues par des machines à feu qu'il faudrait essayer de chauffer avec de la tourbe, si on les employait dans les marais pontins : dans tous les cas, l'usage des machines à ma* néges sera peu dispendieux dans ces marais , où on a des buffles à sa disposition.