CHAPITRE VI
Obser\'aiionssurles Travaux décrits dans le Chapît/v précèdent
ar6. It esl manifeste, d*après tout ce qui précède, et pnrliculièremenl d'après la citation que nous avons faite du texte de Bapini^ que Tcxistence actuelle du canal Sisto n'est due qu'à la force des circonstances:^ aiuisi les travaux de ce canal n'ont-ils, pour ainsi-dire, jamais été trailcs^^ que comme des hors-d'oeuvre , des appendices à un système de conceptions auquel ils devaient d'abord être étrangers; ils se sont ressentis, dès l'origine, et se ressentent encore de Tespèce de violence que napini s^st^É faite pour s'en occuper. L'immission dt^ la Ninfa dans le canal Sisto a^^ été motivée, en apparence, par le besoin qu'on avait de ses eaux pour faire mouvoir le moulin de Mesa (qu'on a abandonné, depuis); ce qui
fait donner à la partie comprise entre Tor tre Ponti et rembouchnre de la fosse délie Congiunle le nom de canal délia Mola, que porte aussi le canal dérivé du Sisto, qui conduit leau à ce moulin près de Mesa, et l'on a glifisé très-légèrement sur l'absolue nécessité de cette diversion pour délivrer la ligne Pio, tant d'un surcroît de volume d'eau pour lequel son lit n'avait pas la capacité suQisante, que des dépôts qu'y apportaient les eaux troubles de deux torrents affluents de la Ninfa, le Bio Cieco et la yacareccia. (La Tepia n'avait plus son embouchure dans cette rivière, comme on le verra ci-après. ) I I^ parcimonie avec laquelle furent traités des ouvrages qui offraient
un surcroit à des dépenses déjà rendues, par des circonstances inattendues, beaucoup plus fortes qu'on ne l'avait prévu d'abord, fut, comme ^il arrive presque toujours, une cause d'avaries qui obligea Rapini à re- ^■Tenir sur ce qui avait été fait. On ne tarda pas à s'apercevoir que les HSigues de la rive gauche du canal Sisto étaient insuffisantes et trop basses "pour les crues; que son lit n'avait pas la capacité nécessaire : ou renforça et on éleva les digues; on élargit le lit en faisant ime retaille sur sa rive gauche, depuis le point dit la Marna ^ situé au-dessus et près du sol élevé sur lequel se trouve la Tenuta del Piano , jusqu'à Filo tla Piede. (ès-lors la partie des marais située entre la ligne Pio et le canal Sisto fprouva une amélioration très-sensible, aux bons effets de laquelle le ;anal della Boite , dout il sera bientôt question , a ensuite beaucoup Ijouté.
U17. Cependant le canal Sisto, et en général le syst^m« des travaux riatifs aux eaux, tant de la Niiifa que des torrents qui se trouvent sur sa rive droite, laissent beaucoup à désirer, et doivent fournir matière à des travaux ultérieurs très-importants. Nous avons va, dans la descrip- ^ftion de l'ancien état des marais, art. 176 et suivants, que la Tepia avait ^^on embouchure dans la Ninfa, et, art. 196, que la Ninfa, avec cet affluent ^ ^avait été jetée dans la ligne Pio. Depuis celte immission, la Tepia, ayant ^Kompu ses digues au^essous du pont des due Luci y avait cessé de couler ^dans la Ninfa; ses eaux, divaguant irrégulièrement <lans la campagne,, traversaient la voie Appia en plusieurs points au - dessus de Tor tre Ponti, en passant sons des ponts de construction récente, et se répandaient dans les champs de Piscinara, où la pente du terrain les faisait descendre, avec celles du Fosso de Cisterna et de plusieurs autres torrents» situés dans cette partie, vers le point où le Fosso délie Congiuntc débouîhait dans le Rio Francesco.
MARAIS PONTTNS.
•aiS. D*aprês une Iradiliou qui se conserve à Sermonelle, il parahraii que la Tepia n'a point abandonné d'elle-mcme son ancien lit et son eut- Loucliurc dans la ^'iofa, mais qu*à 1 occasion d'une grande crue, liapiru fit rompre la digue de sa rive droite, à peu de distance et au-dessous du pont des due Luci ^ afin de délivrer la Nînfa d*un affluent aussi dangereux par les matières qu'il charrie. 11 peut se faire que cette rupture de digues ait été opérée dans \c& premiers moments où l'on soupçonna Texliaussemcnt du fond de la ligne Pio. Quoi qu*il en soit, dès que b Tepia eut cessé de couler dans son ancien lit, Rapini ne s'occupa plus de l'y remettre, se réservant de trouver un moyen de conduire ses eaux la mer sans les faire passer par l'intérieur des terres.
aiq. Il est fâcheux que les eaux de la Tepia aient été ainsi abandonné ù elles-mêmes, avant qu'on eût pris quelque parti pour leur donner une issue nouvelle, et même exécuté les travaux nécessaires pour effectuer celte issue. On ne motive point ce défaut de précaution en disant que le* eaux de la Tepia, répandues dans la campagne, exhaussent le sol par les malières qu'elles y déposent, cl quà cet avantage se réunit celui de n'avoir dans le canal par lequel elles sont enfin conduites à la mer, i]uc des enux claires, dont ou ne redoute aucun envasement, et même dont le mouvement est favorisé par leur limpidité. En supposant que les chaxnps couverts parles crues de la Tepia, et qui, dans leurs parties basses, sont élevés de 9 à lo™ au-dessus de la mer, eussent réellement besoi d'ctro colmatés (ce qui formera l'objet d'un examen particulier), ce n gérait pas une raison d'y jeter le torrent en se bornant simplement rompre ses digues : on sait très-bien que les colmates sont assujetties des procédés, à des règles, pour rintreduction , la distribution, le lem de séjour et récouiement des eaux, et que, lorsqu'on ne suit pas ces règles, 1 eau destinée àètre un moyen de prospérité pour les campagnes en devient le fléau. Parmi ces procédés, un des plus importants consiste à faire écouler les eaux à volonté, et dans le temps le plus court, lorsqu'elles ont déposé leurs troubles, afin que la succession des dépôts terreux ail toute la rapidité possible. Ainsi les moyens d'écoulement prompts, bien loin dVtre ineonqiatibles avec les colmates, en sont au contraire des conditions ej- 5entielles. {^Foyez le chapitre XIV de l'Introduction ).
II est manifeste, pour quiconque a la plus légère connaissance des localités, qu'on n'a songé à rien de tout ce que nous venons de dire. Le$ eaux de la Tepia parcourent les campagnes situées k gauche et à droite ^e la voie Appia, en suivant les déclivités naturelles du terrain. Après
avoir traversé cette voie , elles se trouvent répandues sur le sol sîtifé à la rive gauche du Fosse di Cisternay avec les eaux de plusieurs torrents, tels que le Fosso S. PieirOy le Fosso degli Ebrei^ etc. D'autres torrents, tels que le Giunco , le Maschero , etc. , ont leur cours du côté de la rive droite du Fosso di Cisterna; et toutes ces eaux, sans être encaissées ni diguées , arrivent dans la partie la plus basse du sol , sur la rive droite de la Nin& , où une espèce de fosse , qu'on appelle Fosso délie CongiufUe, qui n'est elle -même ni diguée ni -encaissée , les fait déboucher dans le canal Sisto , un peu au-dessus du pont de S. Fecitola , lequel pont est construit sur la fosse délie Congiunte.
Il résulte de cet état de cb(»es , que les moyens d'écoulement des eaux sont tellement disproportionnés avec leur volume dans les temps de crue des torrents, que ces eaux s'accumulent en amont du pont de S. Fecitola « et couvrent une étendue de campagne immense, où elles séjournent pendant plusieurs mois.
aao. On aurait pu , par des travaux faciles et même peu dispendieux, rendre plus prompt l'écoulement des eaux dans le Fiume Sisto : mais le lit dé ce canal et ses digues n'avaient pas été creusés et élevés, dès l'abord, pour ce surcroît de charge; déplus, sa communication avec le canal délie VOlte par la fosse del Petto était et est encore , comme nous l'avons déjà dit, •extrêmement embarrassée. Rapini craignit, avec raison, quel'affluence trop rapide des eaux supérieures dans le Sisto ne causât des avaries , qui auraient eu lieu principalement du coté de la rive gauche: il laissa, en conséquence , «ubsister la difficulté et la lenteur du débouché de ces «aux dans le Sisto; au moyen de quoi, elles n'y arrivent que graduellement, et sans la moindre chance de dommage.
Cependant cet état de choses est incompatible avec la pei^tion des travaux Pontins ; Rapini lui-même ne le regardait que comme un état provisoire , et il a fait des projets pour un mode d'écoulement intérieur, que nous. examinerons.