‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 68 sur 155 · CHAPITRE VIL Travaux de tAmazeno et de lUffente · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL Travaux de tAmazeno et de lUffente

aai.On a vu, art. 190, que l'introduction de l'Axnazeno et de FUfïente

17a MARAIS PONTINS.

dan^ le Pantano d'Infemo faisait une partie essentielle des premier» projets de RapinL «La confluenza (dit-il) e spandimento di qiiesti fîumr Cl nel Pantano dlnferno, essendo essi piu alti, tolti via gV impedimenti « da' tronchi loro superiori lo rialzerebe (il Pantano dlnferno) nonpoco <r colla deposizione délia terra, che verrebe strappata dai fondi , e dalie ff sponde dei confluenti , in ribassandosi e allargandosi uecessariamente n per la niiova caduta precrpitosa, che darrebesi a qneste acque. »

On voit, avec étonnement, que, pour une des parties du projet général les plus sagement conçues, et dont on aurait tiré d'autant plus d*utîKté qu'elle aurait été plus promptement exécutée, on n'ait mis la maîn k l'œuvre que dix ans environ après le commencenient des antres travstux des marais Pontins; mais on ne doit pas imputer à JRapini la fau-te de ce retard, qui a été la suite des oppositions formées par la famille Gabriellit propriétaire d'une vaste tenuta contiguë au Pantano d'Inferno. Le Gouvernement Romain prit le parti d'acheter cette tenuta^ qui a porté dcpui» le nom de Tenuta Pio, et tous les obstacles furent levés. On commença r au mois de février 1787, par clore l'espace qu'on voulait colmater, en élevant une digue enracinée, d'une part, sur la digue droite de la Scara* vazza (au-dessous de la botte qui sert d'écoulement actuel à la partie de la Tenuta Pio comprise en(re la rive droite de la Scaravazza et le Pantano d'Inferno), et, de l'autre, sur la digue gauche de TAmazeno, à i/|6"* au-dessus du point où Ton devait couper celte digue pour introduire les eaux de l'Amazeno dans le Pantano d'Inferno ; on boucha tint seconde botte dont nous avons parlé art. 1^3, et les eaux du Pantano n'eurent plus d'autre issue que le Ponte Maggiore , placé vers le point le plus bas de sa surface. La digue de l'Amazeno fut coupée, un batardeia construit en travers de son lit au-dessous de la coupure, et deux portions de fosse creusées dans le Pantano, Tune à l'entrée, et l'autre à la sortie de l'eau.

22a. Au moyen de ces opérations, les eaux de l'Amazeno, qui se réunissaient à celles de l'Uffeute au sommet de Tangle occidental du triangle formé par le Pantano d'Inferno, cessèrent de suivre les deux côtés entre lesquels ce sommet est compris, et TUffente continua seul k couler le long du côté parallèle à la voie Appia {voyez la description de l'ancien état des marais, art. 176 et suiv. ). 11 s'agissait de preudre un parti relativement au dernier fleuve, qui a donné beaucoup d'embarras à Eapim^ et qui en donnera encore à ses successeurs. Il voulut d'abord jeten dans le Pantano d'Inferno, et les eaux de l'Uffente, et celles des champs

SECTION II. CHAPITRE VIT. i^i

Settini{\), en élargissant la fosse de Rio Freddo {voyez sur cette fosse l'art. j84 ); mais d'autres réflexions lui firent commencer le creusement d'un nouveau lit, partant du point de réunion de l'Uffente à la Selcella, pour aboutir, un peu au-dessus de Mesa, à la ligne Pio, dans laquelle il aurait débouche par un pont biais à deux arches, qui a été construit. La partie supérieure de ce nouveau lit fut creusée, en 1781, sur une longueur de aSyo", et la fosse qu'on forma subsiste et se voit eiMîore au^ jourd'hui; mais le mauvais fond, la difficulté d'élever des digues stables, iaute de bonne terre, la hauteur des eaux dans le nouveau lit, qui, en temps de crue, auraient dominé celles de la campagne, etc., firent encore abandonner ce projet , et les travaux relatifs à TUffente furent suspendus pendant environ cinq ans.

aa3. Rapiniy après de mûres réflexions, abandonna l'idée de faire couler rUffente dans l'intérieur des marais, résolut d'en faire un canal d'enceinte, e* commença en 1787 l'exécution du nouveau lit, tel qu'il existe à-présent et dont le tracé a été décrit art. i43. Il détermina de mettre les eaux de TUifente en communication avec le Pantano d'Inferno, un peu au-dessous du point où l'Âmazeno y entrait, et de profiter, pour faire tïouler le surplus des eaux de l'Uffente qui n'entreraient point dans ce Pantano (a), du lit abandonné de l'Âmazeno. Ou sait que l'Amazeno et ruffeute coulaient déjà ensemble dans la partie de ce lit abandonné qui longe la voie Appia ; l'excavation fut commencée au point de rencontre de l'ancien et du nouveau lit, et continuée en remontant jusqu'au point de dérivation, pris, comme on l'a dit art. i43, à 337$°' des sources.

aa4- Le torrent de Ceriara (qui s'appelle aussi torrent de 5. Simone)^ et qui charrie beaucoup de gravier, venait rencontrer le nouveau lit de l'Uffente près du point de dérivation. Rapird résolut de supprimer un affluent aussi dangereux, sur-tout relativement à son point d'affluence, et de lui donner en même temps un débouché où les matières qu'il charrie pussent former des dépôts utiles ; il le conduisit en conséquence <hins le lieu appelé Ochio a terra ^ situé sur la partie marécageuse comprise entre le nouveau lit de TUffente et la montagne de Piperno, où se

(i) Le Campo Settino, qui tire son nom de Sezze, est le terrain appartenant à cette «ommune ,' compris entre le fosse du Circomdario , la voie Appia , la Cavatella et les montagnes.

(a) On verra bientôt que , dans Tétat actuel de» choses , c'est le Pantano lui-mâme qui conle dans TUffente , au lieu de recevoir ses eaux.

i^a MARAIS PONTINS.

trouvent aussi le» lacs del P^escovo, de' Gricilliy etc. I^es eaux de la CeriaraV après avoir déposé leurs troubles dans ces marais, devaient retourner dans le nouvel Uffente par les fosses milliaires.

Ce torrent de Ceriara est celui qui a rehaussé la petite plaine com-^ prise entre le pied de la montagne de Piperno et les marais d'Ochio a terra, Gncîliîf etc., dont on vient de parler; phine sur laquelle se trouvent les ruines de CasCel Falentino (i) : mais, une fois digue dans une partie de son cours oii il passait d*une pente très-rapide à une peote très-faible, il eut bientôt rempli cette partie basse de son lit; les digues se rompirent , et Ton a fini par Fabandonner à lui-même.

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