CHAPITRE VIIL
Observations faisant suite au Cliapitre précédent. — Pentes et Sections de ïAmazeno et de lÛJfente.
aa5. Le passage du Mémoire dé Bapini, cité à Tart. aai, sur Futiliïe de répandre les eaux de l'Amazeno dans le Pantano d^Inferno, potzr eà élever le fond par leurs dépositions, semble être en contradiction avec un autre passage, tiré du même mémoire, dans lequel il rapporte des ekpë-^ riences peu favorables au projet d'employer l'Amazeno à faire des colmates. Voici cet autre passage : a Avendo udito magnificare la torbidecsa « loro (de' fiumi Pontini) attinsi dal Portatore alla conflueuza delF Ama- « zeno un vaso di quell' acqua cbe sembrava ail' occbio torbidissima, « perche carica di una tintura forte et rossigna , la quale fecci osserrare « al commissario légale sig. abbate Sperandini, e ai cîrcostanti;'e laacia- « tala per più settimane riposare, perche si separassero le parti solide it dalle fluide, onde se ne potesse ricavare la proporzione, vedentmo c.finalmente che quel colore che faceva apparire cosi torbîda Tacqua',
(i) Cest le Castel Faientino près duquel se trouve une partie des sources g9zea»eê dont il a été parlé art. aoo: il y en a trois principiiles; et Ton trouve, aux eavîroas du même Castel Valentino , des dépôts de la matière dure dont il est question à Tarticle cité, formés au-dessus d*une couche de tourbe fort épaisse. Les plus considérables de ces dén6t», qui ne s*étendeut pas à plus de 3ooo" des sources^ exisient le long du Ut du Matxiochio, canal qui se dirigeait, en ligne droite, du lac de* GriciUi à la fosse délia Torrc del P^escovo laquelle conduisait ses eaux dans rUfTente , comme il a été dit à fart. 184 , dans U description de Tétat ancien des marais.
Nous avons aussi trouvé, dans les mêmes lieux, une autre matière qui ressemble à Al minerai de fer; notre confrère à FAcadémie royale des Scieoccf, M. Fanquelitt^ a iâeft voulu se charger de faire l'analyse de ces diverses znalières.
r SECTION IL CHAPJTRE VIII. r^S
« crasi rîdotto in un vélo tanto sottiIe,.che non si poteva paragonare « neromeno alla grossessa d'un foglio di carta. Lo* stesso fu osservato nelt'
« acqua délia Cavata.'
H Osservando ancora che la quaiita dei terreno sott' acqua è della stessa « natura dello scoperto, m'inducô a credere, e a confermar me nel opi- « nione, che i piani non siano gran fatto alterati per materie deposte « dai finmi. »
3!26. On voit combien il est dangereux de tirer trop promptement des conséquences d'expériences faites en petit; Rapini aura sûrement reconnu, postérieurement à celles que nous venons de citer, Fexistence des dépôts de TAmazeno dans les champs de Piperno, de Soniuo et de la Teuut.'i PiOf et en général dans la partie orientale des marais, quoiqu'il n'en parle pas dans ses Mémoires. Le champ de Sonino est un peu plus élevé que celui de Piperno, parce qu'autrefois l'Amazeno traversait le premier champ dans un lit dont on voit encore la trace et qui forme la l^rtie supérieure de la Scaravazza , entre le pont della Conella et Fossa Nova.
227. Il est vrai que les dépôts dont nous venons de parler sont l'ou- Trage de plusieurs siècles ; mais les terrains colmatés sont aussi fort élevés au-dessus de la mer, l'élévation moyenne du champ de Sonino étant de 8°a5, et celle du champ de Piperno, de 7°47- D'une autre part, il faut considérer que des colmates exécutées par les règles de l'art ont des effets beaucoup plus rapides que celles qui sont abandonnées à la nature : dans ce dernier cas, il y a toujours ime grande partie des ma* tières tenues en suspension par les eaux qui arrive inutilement sur le sot à colmater , ces eaux s'échappànt avant d'avoir eu L- temps de les déposer j et leur vitesse même étant un obstacle au dépôt. Dans certaines circonstances où les eaux ont peu de vitesse, elles occupent une étendue teUe qu'elles ne peuvent pas avoir beaucoup de hauteur au-dessus du 86i, sur lequel elles ne laissent par conséquent qu'une couche de dépôt très-mince.' L'irrégularité de la fc^mation de ces dépôts présente d autres inconvénients, etc.
La simple précaution de fermer par nn barrage la seule partie du Pantano d'Inferno par laquelle les eaux de l'Amazeno , introduites dans ce Pantano, auraient pu se répandre sur les terrains voisins, a suffi pour donner aux progrès des dépôts une marche sensible, mais beaucoup plus lente que celle des cohnates exécutées d;uis phisiçurs partie» de l'Italie. On a reconnu que, pendant vingt-quatre ans, le fond du
Pantano d'Inferno s'est exhaussé de o"75; ce serait o"*o3ra par an, si les couches annuelles étaient d'égale épaisseur : mais celte épaisseur doit diminuer à mesure que le fond s'élève , les hauteurs des eaux, par rapport k un plan de comparaison fixe, restant les mêmes. Ce résultat o"o3ia indique une épaisseur moyenne annuelle, depuis l'introduction de l'Ânaa» zeno , qui , sur la surface entière du Pantano d'Inferno , donne un volume moyen de dépôt de plus de 68000 mètres cubes par an.
aa8. Les eaux de TUffente ne fournissent pas , à beaucoup près, autant de dépôts annuels que celles de l'Âmazeno; les sources de ce fleuve sont de la plus belle limpidité, et les matières qu'il tient en suspension ne lui viennent que des torrents dont il reçoit les eaux, le Brivolco et la Ceriara. Nous traiterons des meilleurs moyens de mettre à profit ces deux torrents , quand nous examinerons l'utilité qu'on peut tirer de la méthode des colmates pour la bonification ultérieure de quelques parties des marais Pontins.
Nous avons promis de parler d'une particularité digne d'attention, relativement à l'état des eaux de TUfTente par rapport à celles du Pantano d'Inferno : dans l'état actuel des choses, ce dernier ne reçoit rien de ruffente, mais coule au contraire dans le lit de ce fleuve par l'ouverture pratiquée à sa rive gauche; nous avons vérifié plusieurs fois le fait par nos propres yenx , et remarqué une cataracte de 1 à a décimètres k l'issue d'un commencement de canal ou fossé qui établit la communication du fleuve avec le Pantano. Cependant, d'après le rapport de l'ingénieur, il n'y a pas encore trois ans que ruflcnte coulait dans le Pantano pendant une partie de l'année, et il est possible que dans l'origine il y coulât toute Tannée. Les changements survenus dans la marche des eaux sont une suite de l'augmentation des obstacles disséminés sur la surface du Pantano d'Inferno et près du débouché du Ponte Maggiore, qui retiennent et font gonfler les eaux dans ce Pantano; les inconvénients auxquels ils. peuvent avoir donné lieu sont compensés, jusqu'à un certain point, parles avantages qu'ils procurent relativement aux colmates, en diminuant la vitesse des eaux et en augmentant leur hauteur sur le terrain à colmater.
aag. Le parti qu'à pris Rapini de se servir , pour faire traverser Ia voie Appia aux eaux de la Scaravazza , de l'Amazeno et de rUffente, d'un pont antique très-solide, le Ponte MaggiorCj était, eu égard aux dépenses considérables et inattendues quon avait faites, un moyen d'économie, dont il fallait profiter provisoirement, en attendant qu'on donnât aux eaux un débouché plus convenable-; car les dimensions de ce pont.,
SECTION IL CHAPITRE VIII. jyS
que nous avons prises avec beaucoup d'exactitude et de détail, le 3 février i8i I , la hauteur de son radier, la manière dont les eaux y arrivent, et sa position par rapport à Torigine du Portatore, ne sont rien moins que favorables à Fécoulement. L'affluence des eaux dans la ligne Pio, suivant une direction perpendiculaire à cette ligne, a produit un affouillement considérable sur sa rive droite, et nuit au mouvement des eaux supérieures de la même ligne.
Nous reviendrons sur ces divers inconvénients avec beaucoup plus de détail, quand il sera question des moyens d'y apporter remède.
a3o. Nous avons parlé, art. 1 43, de l'affaissement de la digue droite de rUffente dans la partie du nouveau lit qui traverse les marais dé Gricilli; cet accident mérite la plus sérieuse attention. Le premier affaisse- * ment s'est manifesté à la portion de digue qui se trouve dans la direction de la 4^** fosse milliaire, sur une longueur de i5o". Après des rechargements inutiles, en ce qu'ils étaient toujours suivis d'affaissements nouveaux, après avoir mis, sans succès, la digue en retraite jusqu'à l'alignement du bord extérieur du chemin de halage, l'ingénieur Bragaglia prit, en Tannée i8oo, le parti de construire une digue en coronella^ ou à-peuprès en demi-ovale , enracinée sur deux points de la partie de la digue en retraite dont nous venons de parler, qui n'était pas entamée, et ayant 225"* de corde ou base, sur 176'* de flèche. Mais, le sol sur lequel cette coronella était établie, n'étant pas plus solide que celui du rivage, elle s'affaissa elle-même, de manière qu'on renonça à la recharger, et l'ingénieur-directeur Astolfi lui substitua , en 1 8o'i , une autre coronella beaucoup plus étendue, ayant ii3o" de corde ou base, 624°* de flèche, et 1911°* de longueur développée, établie comme il suit, savoir:
sur la rive gauche de Tancienne fosse de Mortola 190™
sur la rive gauche du lit abandonné de l'Uffente, jusqu'à un
point situé près de la fosse milliaire 4^ » du côté de la fosse
miUiaire '49 935.
depuis ce point jusqu'à l'extrémité inférieure de la coronella. 786.
LoKGUF.UR développée ^9'ï'
et Fenfermant une surface de 4737 ares. Cette dernière tentative n'a pas été plus heureuse que les précédentes ; les affaissements ont encore eu lieu sur la nouvelle digue, et il se fait une perte d'eau considérable, qui inonde et tient en état de marais une grande étendue de ce terrain. a^i- Avant que la commission de Vagro Romano visitât les marais
Pontins, on av;iit fait, à diverses époques, des sondes aGn de connaître la profondeur à laquelle se trouvait un fond solide et capable de supporter sans affaissement les poids dont on le chargerait; mais, par Tinsuffisnnce des instruments dont on s'était servi, on n'avait pas pu obtenir les résultats qu'on cherchait. M. Fingénieur Scaccia a fait construire à Terracine, au mois de janvier dernier, par ordre de la commission, mie sonde à cuillière, de iS"*, avec laquelle on a trouvé, le la du même mois, les résultats suivants sur la ligne formant la corde ou base de la demièredtgue ou coronella construite par Astolfi. L'origine des distances qui indiquent les points de sonde, est prise à l'extrémité amont de la corde ou base.
Tableau des Résultats des Sondes faites ^ le la janvier 1811 , sur la rive droite de Vllffente, le long de la base de la Coronella construite^ en 1803, à 16000 mètres de distance du poirU le plus prochain du rivage de la mer.
DISTANCES
PROFOW DEURS