‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 75 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Détails histonqiies et antiques sur le Canal de navigation établi depuis Vorigine du Portator^^ aux Macerie, yWya a la mer y au port antique de Terracine, et sur la route qui borde ce canaL — Travaux nécessités par la construction de ce Canal et de cette route ^ pour écouler les eaux de la Tenuta Pio. ( Voyez les planches 4 j 5 et 17. )

339. Il a déjà été plusieurs fois question, dans cet ouvrage, du canal de navigation de Terracine. Avant qu'il existât, la navigation intérieure de Terracine se faisait par le Fiamice//o, dont nous avons parlé, art. j86, dans lexpo&ilion de Pétat ancien des marais Pontins; mais elle était extrêmement imparfaite. Ce Fiumicello entrait dans le port antique et attéri de Terracine, par une ouverture faite au travers du mole placé à droite de la bouche du port, quon suppose vu de la mer; et les fondations, qu'on n était pas parvenu à démolir, formaient, au fond de cette ouverture, un barrage qui ne laissait au-dessus de lui qu'une trèspetite hauteur deau. La navigation du Fiumicello était en général fort end>arrassée et imparfaite.

/?a/;£Wi commença les travaux du nouveau canal en 1788. Il fit d'abord boucher deux ouvertures faites à main d'homme daus l'enceinte aniiquc

du port attéri, Tune desquelles était daua la direction du lit du Fiuniicello; et, comme on avait sur ce port des ]>rojetâ qui ont été abandonnés depiiis, il on fit rélrécir I'ou\eriure, en piolonf^aut , du côté gauche de celte ouvertiue, la partie circulaire de l'euLcinte qui sépare, de la mer, riiitérieiir du port.

On entreprit ensuite le creti<ïemenl du canal, qui fut fait %\it quatre ali^^nemeuts exécutés successivement, en partant de la mer et allant vers le Portatore.

Ive preuuer alignement, dont la longueur est de aôS"", se trouve dans Fintérieur du port antique, le long d'une partie rertiligne de lenceinte, située du cùté des terres, sur laquelle on a construit un très-vaste et très-beau magasin pour les grain.s, et dont Textrémité à la nier formait le ;côté droit de Teulrée. du port (i).

Le second alignement, dont la longueur est de O39", part de l'intérieur du port, traverse la partie rectiligne de lenceinte anti({ue que longe le premier alignement, près du sonniiet de Taiigle quVllc forme avec l'autre partie rectiligne (vojrez la note) par la même brèche anciennement faite pour le Fiumicello, et va se terminer vis-à-vis les jardins en terrasse qui sont au-dessous de la maison de la Bonification.

Le troisième alignement, de 4654" de longueur, va se terminer près des moulins, à l'e&trémité de la partie du canal de navigation établie ans un même alignement avec le canal Pic. On a creusé sur cette troisième partie du canal, et vers son point de jonction avec le second alignement, une darse demi - circulaire pour recevoir les bateaux qui naviguent sur le canal , et les mettre en charge et en décharge.

Le quatrième alignement, qui a 2694°* de longueur, et qui se termine i l'origine du Portatore, est, comme on J'a déjà dit, un prolongement de la direction du canal Pio. Ce prolongement existait déjà depuis les Maccrie on rorigine du Portatore, jusqu'au Poule Scttino, où la direction du tracé antique de la voie Appia sinÛéchissait vers la montagne de

(1) L'enceinte dti pon de Terraeine se enm posait , «lu côté des terres, de deux partiel îtilignes, formant ciiire elles un angle obtas de idj**. L'une de ces parties (celle dont il est irli dans le texte ), aboutissant à la mer, devait être d'environ 300"" du longueur; l'autre en avait 168. Cette dernière se ra<:rordait avec la grande partie combe de renceinte qui achevait la clôture du port du cMé de la mer, ayant un développement de 780" ( de manière te la longueur totale de renceinte était de plus de rioo** ) , el laissant entre son extrémité «t celle de In prcrnlèrr partît' reriili^nc une ouverture de 1 rC". Les diamètres du port, respec- Ûrmtnt pcrpeudiculaires ct}*araUèlcs à cette première partie droite, étaient de 978 et Sgî*".

i84 MABAIS PONTINS.

Terracinc, après s'étrc maintenue en ligne droile depuis les hautetîS

d'Albano et de Gensano, surplus de Goooo" de longueur,

La longueur totale des quatre aliguemeats, depuis les Macene ou Tori gine du Portatore, jusqu'à la mer, est de 8a/|a™i c'est la même longueur totale trouvée à rart.iui , où Ton a considéré les divisions du tracé par rapport au point de partage , au lieu que nous venons de les envisager par rapport aux alignements.

a4o. Kapini aurait voulu démolir les fondements du mur d*enceintc du port de Terracine, dans l'endroit où ce mur était traversé par le canal; mais, vu la difficulté du travail et celle des épuisements, il ne s'est abaissé en ce même cudroit, au-dessous du niveau de la mer, que d'en

viron un melrc,

Il a eu d'autres démolitions très-coùteuscs à faire à Torigine du second alignement, celles d'une partie d'anciens murs et d'tine tour de l'enceinte fortifiée de la ville. Ces démolitions furent exécutées jusqu'à i%57 audessous du niveau de la mer.

Enfin le second alignement a été, vers son extrémité septentrionale, dirigé, sur une longueur de iioo" environ, au travers d'une petite colline ou cmineuce, dont le point le plus élevé est de 5"*a au-dessus ^J du niveau de la mer. ^|

a4t. On a vu , art. a39, que la direction du tracé antique de la voie Appia s'infléchissait, vers la montagne, au pont Settino. A partir de ce point de déviation, les Romains l'avaient conduite à mi-côte par une ligne sinueuse, ( planche 5 ) en lui faisant traverser, sur lePonle ^ito cl le pont cleiie Travi , les courants d'eau venant de la montagne, et désignés ^M aujourd'hui par les noms de Fossa dei venti Palmi et Pechcafa; la faisant " passer au-dessus de l'emplacement actuel des trois moulins, vis-à-vis ceux du temple de la déesse Feronia,et d'un monument, de date postérieure, appelé Torre délie ottofacie^ et la faisant enfin arriver, après d'autres infléchissements, à la porte de Terracine, qu'on appelle Porta Romana^ planche 17, pour sortir de cette ville par la porte opposée, appelée Porta lyapoletana^ à partir de laquelle on descendait par une rampe trèsroide au bord de la mer, où Ton trouvait la continuation du tracé de la route passant entre le rivage et l'escarpement remarquable fait au rocher de Pisco Montana^ dont nous avons parlé art. 88.

Il fallait que les Romains eussent jugé la déviation au Ponte Settino absolument indispensable, pour se résoudre à y infléchir une route qu'ils avaient dirigée depuis Rome sur deux seuls alignements, formant un très-

SECTION II. CHAPITRE IX. i85

petit angle entre eux, et séparés par les montagnes d'Âlbano et de Gensano. Le premier alignement, à partir de la porte S. Sebastien à Rome, était deaoooo"; la courbe, de 4000"; et le second alignement^ aboutissant an Ponte Settino, de 61000": le tout en nombres ronds de milles.

Nous avons dit (art. 1 a») que le pape Pie VI lui avait donnée depuis ce pont jusqu'à Terracine, une direction beaucoup plus belle, en lui faisant suivre celle du nouveau canal, oii il a rencontré les inconvénients graves exposés à Tarticle cité, que les Romains avaient voulu éviter, et qui ont donné et donneront encore lieu à de grandes dépenses.

a4a. Nous avons aussi parlé (art. 100) de la particularité remarquable qu*ofFre le canal de Terracine, d*un point de partage ou de division des eaux au pont de Gianni. On trouve dans le n" 10, tome IV, du Journal de V École polytechnique^ deux Mémoires, l'un de M. <fe Humboldl^ et l'autre de nous, contenant des faits curieux sur des points de partage naturels qui existent en Amérique et en Italie ; mais nous ne connaissons aucun canal entièrement artificiel, autre que celui de Terracine, où il existe un point pareil, à partir duquel la navigation se fasse sans écluse sur la longueur entière de chaque branche. Voici à quoi tient cette propriété.

Le fond' du canal a été établi de niveau sur toute la longueur, à environ sept décimètres de profondeur moyenne au-dessous de la basse mer; et l'eau pérenne qui lalimente lui vient, en presque totalité, de la Pedicata et des trois moulins dont nous avons parlé ( art. 100), courants dont les quatre embouchures dans le canal ont lieu dans un espace de ioa3", et l'on sait (art. lai eta39)que la longueur totale du canal est de 8a4a''. Il est donc naturel que l'eau s'élève à ce point de grande affluence, pour prendre une chute et un écoulement de part et dautre ; et la distribution se fait de manière que la. Pedicata et une portion de la Feronia coulent vers le Portatore, l'autre portion de la Feronia et les ruisseaux entiers de deux dès trois moulins coulant du côté de la mer.

a43. On a, depuis le point de partage des eaux jusqu'au point où une partie de ces eaux entre dans le Mortaecino, une longueur de 3728"; et les hauteurs, au-dessus de la mer, des grandes et basses eaux aux extrémités de cette longueur, sont :

Point de partage ï*994*

Prise d'eau du Mortaecino i,a6o.

Grandes eaux.

Pente absolue des grandes eaux , sur une longueur de SyaS"

iB$ MARAIS PONTINS.

^ Point de partaf^e • . * • ï*634*

Basses eaux ■ t. • j» j « * • ^ k.^

Prise d eau du Mortaccino OjOog,

Pknte absolue des basses eaux , sur une longueur! «5*5 de 3728". j

D'après ces résultats, on a, pour les pénles sur l'unité de longueur de la branche qui coule du côté de la mer,

Grandes eaux 0,000197.

Basses eaux ( m juin 181 j ) 0,0001 4i*

A l'origine du Portatore, on a les hauteurs absolues au-dessus de la basse mer,

Grandes eaux ^"97^'

Basses eaux ( 2 1 juin 1811) 0,609.

On voit que les eaux du canal de navigation doivent en général dominer celles de la Linea Pio ,en aval du Ponte Maggiore , ou à' l'origine du Porlatore; et quelques différences très-légères qu'offrent sur les hauteurs des basses on des hautes eaux des nivellements faits à diverses époques, n'inûrment point cette conséquence. Dans toutes les visites que nous avons faites des lieux, nous avons vu constamment le courant du canal de navigation se porter du pont de Gianni aux Macerie. Cependant, si l'on considère, d'une part, que les crues de la Linea Pio , qui font varier la hauteur des eaux à l'origine du Portatore, sont indépendantes des crues du canal de navigation, et d'une autre part, que les herbes qui croissent dans chacun de ces canaux contribuent singulièrement à soutenir leurs eaux {voyez les observations consignées à l'art. 83), et qu'ib ne sont pas toujours également nettoyés, on verra que, dans certaines circonstances, rares à la vérité, la pente du pont de Gianni aux Macerie peut se changer en contrepente. C'est ce qui est arrivé le i3 avril 1809, d'après une observation que nous a communiquée M. l'ingénieur Scaccia. L'eau de la Linea Pio s'est trouvée, ce jour -là, près des Macerie^ à trois ou quatre décimètres au-dessus des crues ordinaires, et M. Scaccia a vu l'eau du canal de navigation couler, avec beaucoup de lenteur , des Macerie au pont de Gianni.

£n général, Vindépendauce entre l'état des eaux dans la Linea Pio et dans le canal de navigation doit faire varier souvent la pente de surface entre le pont de Gianni et les marais ; mais on a observé que le point

de séparation des deux pentes des eaux du canal ne subissait pas de déplacement sensible.

a44- I^'^pi'ès un nivellement fait en 1786, le fond du canal de navigation était abaissé, au-dessous du niveau de la mer, de i*"a, valeur moyenne. Sept ans après, en 1793, ce fond s'était attérî , de manière qu'il ne se trouvait plus, valeur moyenne, qu'à 0*96 au-dessous du niveau de la mer. Les plus forts attérissements s'étaient formés, de part et d'autre, du point de partage. D'après les profils que M. Scaccia vient de relever (1811), cette profondeur moyenne au-dessous du niveau de la mer s'est encore diminuée, et s'est réduite à o* 7a, ainsi qu'on le verra dans le tableau de lartlcle suivant.

a/|5. Voici les principales cotes des sections transversales du canal de navigation , lequel contient beaucoup d'autres détails extraits du dernier nivellement fait cette année(i8ri), qu'il faut voir sur son tracé graphique ( Planches 4 )• H conserve toujours plus d'un mètre de pronfondeur au-dessous de l'étiage jusqu'à Terracine; mais son débouché à la mer est .obstrué , et c'est un mal dont le remède n'est pas sans difficultés.

ai

particulièremeut indiquées aux art. i6 et suiv. Ces canaul secondaires n'entraient pas, ainsi que nous l'avons déjà dit, dans les projets conçus et présentés par Rapini dès le début des travaux : ce ne fut qu'après douze ans environ, en 1789, qu'il sentit leur absolue nécessité, et ayant reconnu aussi tard riusuffisance du système adopté eu 1777, il ne l'a corrigée que très-imparfaitement, comme nous le verrons.

Le changement du lit de TUffente, terminé en -1809, avait mis à découvert une étendue assez considérable de terrain dans la partie gauche des marais: mais cette opération ne complétait pas, à beaucoup près» la bonification de cette partie ; indépendamment des eaux pluviales et des eaux de sources qu'elle recevait immédiatement, elle avait encore celles du territoire Sezze, qui la domine, territoire sur lequel se trouvent (art. i83) les parties supérieures des fosses de la Selcella, de la Schiazza et délia Torre. En conséquence , Rapini se décida à procurer à ces terrains un écoulement commun; et ayant, dans l'intention où il était de n'en donner qu'un , à choisir entre les différentes fosses qui avaient leurs origines sur le territoire de Sezze , de part et d'autre du Tumuletto dcl Morillo, il fixa son choix sur la Schiazza, qui, en effet, dans l'hypothèse où une seule fosse aurait sufû, était celle qui remplissait le mieux Tobjet proposé.

Il était important, pour donner à l'écoulement des eaux par la npu- Tclle fosse, toute la facilité et l'énergie possibles, de placer son embouchure dans la ligne Pio , aussi bas que les localités pouvaient le permettre; Rapini sentait bien cette vérité, et son opinion écrite était conçue en ces termes : « Li scoli Settini (1) si dovranno spedirc per la via présente « deiruffente, à Capo Selce (a), ove sono due ponti antichi di dueluci « per cadauno , e cio perche la piena del canal Pio ivi avrebbe bassessa s sufficiente , e anche abbondante per riceverli. »

Oq ne conçoit pas , diaprés cette citation , comment Rapini 9*est déter miné à placer Técoulement général et unique des champs Settini k Tcxtrémité de la fosse milliaire 53 , appelée Fosso d'Orsino , située à a94o" en amont de Capo Sclce^ et à 3717'° en amont du point où se trouve Fécou*

(i) Nous avonsdit prccédeniment c|ue les Campi Settini se trouvaient dans la partie gande (les marais traversés par la Schiazza.

(2) Capo Selce est un lieu situé à J*eilr^ité de la fosse milliaire n* 55 , près dn coude tùtmé par ruffeale à Tangle du Paâtano d'Inferno , où ce fleuve commence à longer la voie Appîa.

SECTION IL CHAPITRE X. tgt

l^mëtit du territoire de Tabîo dans la ligne Pio, et a fait ainsi , sur la déclivité de sa fosse, une perte notable, dont nous donnerons tout-à^- Theure l'évaluation.

a/i9 Le travail fut commencé au point d'Intersection de la fosse milliaire n** 53 et de la ligne Pio , continué le long du Fosso d'Orsino jusqu'au lit abandonné de l'Uffente, qu'on Suivit jusqu'au lieu dit la Forceilata, où était l'ancienne réunion de ce fleuve avec la Schiazza, laquelle fut , à partir du même point , recreusée jusqu'au territoire de Sezzc. Les longueurs de chacune de ces parties de travail se trouvent à l'art. ï4a , où elles sont rangées suivant l'ordre descendant des pentes, au lieu que nous les plaçons ici suivant l'ordre de l'exécution du travail qui a été conduit de l'aval à l'amont.

Ce travail a occupé quatre campagnes, et sa grande durée doit être attribuée d'abord à la difâculté des épuisements ; ensuite aux fouilles pénibles qu'on a eues à faire dsins \e siratum àe matières dures étendues sur tout ce territoire, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois, et qu'on croit, avec beaucoup de raison, être le résultat des concrétions formées par les eaux gazeuses qui surgissent du bas des montagnes de Sermoneta, 8ezze et Piperno ; enfin à Timpossibilité de travailler dans d^antres saisons que celles de plus grande sécheresse, et à la difficulté de se procurer des ouvriers , qui sont très-rares dans cette saison , et qui , en général, ne se présentaient plus à ces travaux en aussi grand nombre qu'ils l'avaient fait dans les commencements.

La largeur moyenne de la Schiazza, dans son état actuel (i8i i), est de O^aG, et sa profondeur moyenne au-dessous de* la campagne, de a^ia.

Lorsque le recreusement de la Schiazza fut achevé, on éleva une digue Bur la ligne de séparation du territoire de Sezze et des marais emphy^^ téotiques, qui barra les lits des^fosses Selcella et délia Torre, et leurs eaux furent conduites dans le lit de la Schiazza par le moyen d'un fossé creusé sur le périmètre de ces marais. Nous parlerons bientôt de la nécessité de redonner à la Selcella son ancien cours, et de rendre le^fossé qui conduit les eaux dclla Torre dans .la Schiazza plus favorable au mouve* ment des eaux, et nous allons terminer ce chapitre par quelques considérations générales sur l'avantage qu'on obtiendrait, relativement à la pente des eaux , en plaçant l'embouchure de la Schiazza au point où les eaut de la Tenuta tlel Tabio entrent dans la ligne Pio.

f.^ cours de la Schiazza est à-peu-près parallèle à celui de la Linea Pio, depuis les confins des marais jusqu'à sa rencontre avec le lit abandonné

iga MARAIS PONTINS.

de ruffente , an lieu appelé la Forcellata ; les eaux arrivées à ce poin suivent une petite partie de l'ancien lit de TUflente jusqu'à la fosse niilliaire n" 53, appelée Fossa di OrsinOj et entrent dans cette fosse, qui les conduit à la ligne Pio, sur laquelle elles tombent à angle droit ( vqyex Tart. j^i , déjà cité.)

Il ny a aucun inconvénient à conserver la partie du cours de la Schiazza comprise entre sou origine supérieure et le fossé d^Ûrsino, sauf les élargissements et recreusements qui seront jugés nécessaires; et la question se réduit à savoir quelle est la direction la plus avantageuse à donner au canal, depuis son point de rencontre avec la fosse d'Orsiuo jusqu'à la ligne Pio.

aSo. La condition importante à remplir dans cette détermination, est de donner à la Schiazza, ou canal affluent, une telle facilité d'écoulement (son lit étant d'ailleurs convenablement creusé), que ses eaux soient, dans tous les états où elles se trouveront, assez abaissées au-dessous de la campagne qu'elles traversent, pour recevoir les écoulements de cette campagne.

La Linca Pio, ou le canal-récipient, est constant de direction , et ne doit subir, après le cbangement du point d'affluence , que quelques mo* difications dans ses crues, ducsà ce que l'eau de laffluenl y arrivera avec plus de rapidité, et à quelques autres circonstances; d'ailleurs, la quantité d'eau annuelle débitée par le récipient reste toujours la même.

La même cause (Taugmentalion de facilité dans l'écoulement de Taf- Quent) qui fera hausser la surface des grandes eaux au point d'affluence, fera baisser celle surface au-dessus du point où Ion change la direction du lit de l'afnucnt, et ces divers effets se combinent avec une intumescence ou regoullement des eaux qui a lieu tant dans raffluent que dam le récipient, sur une certaine longueur, à partir et en amont du poiut d'afBucuce.

On .se jetterait dans des considérations très-embarrassantes, si Voa voulait avoir rigoureusement égard à ces diverses circonstances physiques qui compliquent le problème, et Ton a, pour la pratique, des moyens darriver au but plus simplement, parmi lesquels nous comptons celui que four-nit la règle doruiée à l'art. i8, pour déternûner la ligne suivant laquelle il faut changer la direction de 1 ciffluent, pour que cette direction ainsi changée soit la j>lus favorable a Técoulement.

aSi.On trouve, dans l^ipplication de cette règle à la question du changement de rembouchure de la Schiazza, que ce cas particulier se rap-

SECTION II. CHAPITRE X. igj

porte au deuxième de ceux qui sont meutionnés dans la note de l'art. i8 , puisque la ligne des grandes eaux sur la fosse d'Orsino, perpendiculaire à la ligue Pio, et à laquelle on veut substituer un nouveau débouché, est â-peu-près horizontale. Ainsi, abstraction faite des circonstances locales, plus le nouveau point d'affluence sera éloigné du dcbouché actuel d'Orsino, et plus la pente du nouveau canal augmentera, sans pouvoir cependant excéder ni même atteindre une certaine valeur lunite ^ celle de la pente du canal récipient; mais, par des circonstances locales, ce nouveau point d'affluence ne peut pas être placé au-dessous du point de la ligne Pio, où cette ligne reçoit les eaux de la Tenuia del Tabio. En effet, d'une part, à ce point la pente de la ligne Pio change et diminue considérablement, comme nous l'avons fait remarquera Tart. aoi : et de l'autre part, ce même point est le terme du refoulement des eaux occasionné par Télévation accidentelle de la surface delà mer.

Le point de débouché des eaux de la Tenuta del Tabio est donc celui qu'il faut choisir pour y faire aboutir la partie inférieure du canal de la Schiazza, qui doit remplacer la fosse d'Orsino; si, en donnant à ce nouveau lit la section transversale convenable à la quantité d'eau qui doit y être introduite, on recreuse et élargit la partie supérieure, et que de plus on rouvre la Sclcella, la partie gauche des marais recevra incontestablement une amélioration qui ne pourrait être augmentée que par le recreusement de la ligne Pio elle-même, ou la diminution du volume de ses grandes eaux. Nous nous bornons dans ce moment à ces notions générales sur ces divers objets.

Page 1