‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 86 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

situation actuelle du sol des Marais Pontins (^septembre 1811^.

^^87. Ljf. tableau de Tétat des marais Pontins doit comprendre Tétat du

^Bbl , Tagricvilture, la navigation intérieure, le commerce et la population.

^Bïous commençons par I c'-tat du sol, sur lequel Li lecture des deux scc-

^tîons précédentes a déjà fourni des données importantes, mais dont nous

allons reprendre la description avec de nou\eau\ détails, et sans répéter

ceux qui sont relatifs au système hydraulique, au relief du sol, etc., et

qui constituent les objets spéciaux des divers chapitres où il en est

question.

• a88. Nous commençons par la partie la plus méridionale, située dans Tangle compris entre la rive gauclie du Porlatorc di Hadino et la rive droite du Murtaccino. La largeur du lit de ce Mortaccino est prise sur IVpaisseur du Tumuletto^ et une partie de cette épaissetir cxiîsle encore wr la rive droite du canal. Celte espèce de digue naturelle, indiquée

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par plusieurs' profils longitudinaux ilaliens, sous la dënomination de campagne^ pourrait donner une f;iusse idée de rêlévatîou du »ol qui borde le Mortaccino, si i*on ignorait la circonstance dont nous venons.

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arier.

Ce sol riverain est occupé par le niarai» ou panttuio appelé Pantano dclle Canote^ dont nous avons déjà parlé (art. iG;). Ce marais, dont le fond est à -peu -près au niveau de la mer, et par conséquent toujours couvert d'eau, ne peut recevoir aucune culture. Sa surface inondée est de i 3/|u hectares. ^|

389. La rive gauche du canal délie ï'olte^ qui longe le Tumuletto depuis le Fiume Sislo jusqu'au Portatore , n'est point diguéc. \x sol qui borde cette rive est aussi constamment marécageux, mais généralement phis élevé que le fond du Pantano délie Canete; il renferme les deux territorres désignés sous les noms de Macchie dei Pantani et Masso di Bo^e: ce dernier est planté «n bois qui est d'une assez belle venue; sa surface est de G08 hectares.

290. Revenant à la rive gauche du Portatore, nous trouvons, dam la partie inondée délie Canete, un petit tertre appelé Rota. Il existe un autre tertre beaucoup plus considérable, ou petite colline, appelée S. Martino , à Touest de la Rota, qui a donné son nom k Tancieu canal S. Marlino, abandonné, et que nous proposerons de rouvrir.

Enfin, à l'ouest de S. Martino, et sur la rive droite du Portatore, on trouve la Macchia del Piano , et une petite pari le de terrain comprise entre Tancicn canal Mortola et le canal de la Botte.

Ces quatre tertres sont assez élevés au-dessus du niveau de la bass mer, pour être toujours en plein rapport; ce qui est remarquable, v leur peu de distance de la plage. Mais, comme la ligne sur laquelle ils se trouvent est dirigée, de Test à l'ouest, parallèlement au rivage, uous pensons qu'ils font partie de la dune antique en arrière de laquelle s'est formé le Turnuletto ou dune actuelle, comme se forment aujourd'hui les arrière-dunes qu'on trouve entre la mer et les lacs de Fofjliano^ de Mi naciy de Caprolace et de Paolo. La grande passe, conduisant «le la mer dans le golfe intérieur dont il a élé parlé [ art. 81), devait être à Textrëmité orientale de la Macchia di Piano, et à-peu-près dans iendroit où coule actuellement le Portatore. D'autres petites passes existaient vraisemblableirienl à l'est de la grande, entre filol de S. Martino et la colline traversée par le canal de navigation, laquelle était une continuation de |a dune antique qui allait se rattacher au rocher de Piscu Montana.

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peut remarquer q<ie ces passes sont situées mains ont été obligés <rinflécbir la voie Appia, après avoir reconnu que la continuation de son alignement ex ii;erait, vu la mauvaise qualité du sol, des travaux trop pénibles et trop dispendieux (Voyez les planclies Set 1 8 ). Nous avons exposé (art. laa et ■il\i)les lâcheuses conséquences de la faute qu'on a commise en voulant établir une chaussée sur une hgne abandonnée parles Romains, qui avaient , pour les travaux publics, de si grands moyens d'exécution; et nous indiquerons, dans la quatrième section de cet ouvrage, les moyens de remédier au mal , en conservant l'aliguement moderne.

agi. Continuant la description de l'état du terrain triangidaire compris entre le canal de navigation, le Portatore et le Mortaccino , nous avons, entre le canal S. Martino et le Scolo Pio, une petite portion de terres moins abaissées que celles qui bordent h* Mortaccino et le canal I délie Volte, et cultivables en été. On y sème du maïs, dont la récolte

se fait trois mois après que la semence a été mise en terre. \ A l'ouest de ce terrain est un autre triangle circonscrit par le canal f de navigation, le Portalore et le Scolo Pio : la partie de ce terrain qui borde le Scolo Pio, est submersible lorsque la mer s'élève; le surplus est cultivable en froment et soude.

I,. Une lisière de terrain comprise entre raucicn lit du Fiumicello di Terracina, le canal de navigation et la colline que traverse ce canal, est llevée et cultivable : la colline, très -supérieure à la Macchia di Piano ^ b&t,à plus forte raison» cultivable; cette colline, dont une partie se trouve pu côté de la rive droite du canal de navigation, qui la coupe dans le sens de sa longueur, s étend du côté de la rive gauche jusqu'à l'antique tracé de la voie Appia.

Enfin, on trouve au-dessous de Terracine, vis-à-vîs de Thermitage de S. Salvador, quelques parties inondées de part et d'autre du canal; mais l'état des terrains voisins de Terracine, du côté de Touest, paraît en général beaucoup plus mauvais qu'il ne Test effectivement, parce que l IVnlrelien des fosses d'écoulement n'est pas soigné.

^fc aga. Nous avons indiqué, dans les quatre articles précédents, les ^seules portions de terres des marais Pontins qui, vu leur abaissement, ne peuvent pas être desséchées par écoulement, et auxquelles ia méthode des colmates est difficilement applicable. I^a surface de ces terrains, ainsi inondés, est d'une très-faible considération, par rapport à la surface générale de la bonification. Nous examinerons dans la suite le parti qu'il couvtent de prendre sur ces terrains bas.

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luche de la li^ne Pio et du rnnâl

,'ons enrore , »nr la riv< navigation en-drrà et au-delà du Ponte Maggiore, deux autres parties de terrain qui sont , après celles dont nous venons de parler, les plus a aissées du sol Pontin; ce sont la partie basse de ta Tenuta Pio, formant Â-peu-près un tiers de la surface de cette Tenuta , et le Panlano d'Inferno, dont la surface est de a55 hectares, les deux surfaces ensemble composant 680 hectares. Le fond de la Tenuta Pio est inondé pendant les saisons pluvieuses; mais, dans les saisons sèches, il fournit de bons |kV lurages, sur-tout depuis la construction de la boltequifait passer ses eau sous le canal de navigation et les envoie dans lePortatore par le ScoloPio Le surplus de la snrface de la Tenuta Pio est cultivable toute Tannée.

I^ Pantano d'inferno jouissait à-peu-près des mêmes avantages, avant qu*on 7 eût jeté les eaux de TAmazeno; et maintenant il pourrait en jouir à plus forte raison, son sol ayant été exhaussé parles dépositions du fleuve qui le traverse.

agj. On a, au nord de la Tenuta Pio, les territoires de Sonino et Pi perno, séparés par TAniazeno, qui sont élevés et en pleine culture : I travaux entrepris pour l'élargissenient au lit du fleuve, suivant un profil transversal ihnn il sera question cî-après, ,^ont aux trois quarts exécutes (septembre 181 1), et pourront être terminés au printemps de lâia. Nous avons déjà observé que rexhausscraent des terrains ci-dessus mentionnés était le résultat des dépositions de l'Amazeno, dont les eaux ont pu anciennement divaguer en différentes directions, et que, départ et d'autre de sa direction actuelle, la partie du lit de la Scaravazza, supérieure au pont eleiia Conei/a, est vraisemblablement une des traces antiques qu*ont suivies ces eaux. On a vu précédemment qti'il existait encore en 1777 un dérivation du fleuve au ])oint supérietir de la Tenuta Pio, qui allait^ P^ado Itofto, se réunir à la Scaravazza , sous le pont délia Conella.

Une tenuta a|ij)elée Tenuta Pelegrini on Tenuta dvl Pantano^ située au bas du territoire de Soninô prés de la fontaine del Frasso et de la poste de^ Maratti, et bornée à Test j)ar une roule consulaire, a élé,dès^A long-temps, entourée de digues par ses anciens propriétaires; il est ré-^ suite de cette précaution , fort utile dans le tenips où elle a été prise, que la tenuta n'a point participé à l'exhaussement générai du territoire de Sonino, à l'extrémité duquel elle forme une espèce de flaque. Celte tenuta peut cependant avoir son écoulement dans la î'edicata (1). ^H

(1) L'Italie oCfrc plusieurs eiemplefl de terrain» ainsi itl>ai»sc& au-de^sou» des autres Urraixi»

Le territoire de Piperno a encore, le long de la rive gauche de TUffente, une lisière qui n*est qu^à-peu-près à la bailleur des grandes eaux de ce fleuve; et même la partie de celte lisière qui longe 1.1 Macchia de Fossa Nova, et qu'on croirait devoir être la plus élevée, n'est qu'à la hauteur des eaux moyennes.

294. En remontant TUffente du côté de sa rive gauche, on trouve le Pantano ou marais qui renferme les eaux du Lago de' Gricilli^ du Logo del Vescovo^ du Lagod'Occhio a Terra; ce Pantano a à-peu-piès un demimètre deau, en temps de sécheresse, dans les parties les plus basses, qui sont élevées de 4° environ au-dessus du niveau de la mer. Nous avons parlé ( art. 'xil\ ) des travaux exécutés par Bapini pour jeter d;ms ces marais les eaux du torrent de Ceriara et les colmater; nous ferons voir, quand il en sera temps, pourquoi ces travaux n'ont pas eu de succès, et nous indiquerons ceux qu'on pourrait leur substituer : d'un autre côté, le sort de ces mêmes marais dépend beaucoup du parti qu'on prendra

^Relativement à TUffente.

^^ C'est vis-à-vis le lac d'Occhio a Terra, placé à- peu -près dans la direction de la fosse milliaire n^ i\% , que se trouve la partie du nouveau lit de ruffeivle dont la digue s'e.st affaissée, et où Ton a successivement construit les digues en retraite ou coronelle^ dont nous avons parlé (art. r43 et 23o); riuoiidation occasionnée par les eaux s'étend, en eau basse, à l'ouest, jusqu'au lac Manello, situé sur le bord de la fosse milliaire 49* à environ 1000™ du nouveau lit de l'Uffente, et au sud, jusqu'à la fosse milliaire 5o. Eu grandes eaux, elle va au-delà du lac Manello jusqu'à ruffente Veccliio.

tNous avons rem;irqué, dans nos dernières visites de TUffente, trois points de la grande coronella où s'étaient faits les principaux afTaissements. Le premier de ces points était à-peu-près au milieu de la partie qui les environnent , pour avoir ^t^ trop x6i enclos de digues , qui ne leur ont pAS permis de participer à l'exliaussemcnt général du sol. Le plus remarquable de ces exemples f|ne nous connaissions, est celui de la Presa Bentivogiio ^ vaste terriloire <|ui renferme Zrlo, Giaciano lïarucliolb, situé dans Tungle furmé pur le Tartaro et le Castagnaio â leur point de réunion. Unebolie, ou aquéiliic à siphon en maçonnerie, qui faisait passer les eaux de ce territoire sous le lit du Tari»ro pour les conduire a un canal de décharge, et de-tâ au Pô, s'étant trouvée fortement dégradée, sa réparation a é'é impossible, et Ton acte obligé d'en conniirr une nouvelle à côté de Tancicnne. C'est un iaconvcoicot grave aUaché à ce genre de ustruclion.

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lao MAR.MS PONTÎNS.

de digne de gSS" de longueur, silut^e le long de Tancien lit de TCffente (voj-ez l'art. a3o). Le deuxième et le troisième étaient snr la partie de digue de 786™ de longueur, faisant la continuation de la précédente. La crête de la digue, nu deuxième de ces points, n'était élevée nu-dessus des bas-ses eaux que d'environ o"4; ^^ '^" avait établi extérieurement autour de re même point une petite coronellaf qui n empêchait pas Texlra» vasion «le l'eau.

Les aduissements qui ont eu lieu près de la fosse milliaire 48, ne sohI pas les seuls qu^oa ait remarqués dans la partie haute du lit de TUffente. La compressihilité du sol s'est manifestée en d'autres endroits, et particulièrement dans la direction de la fosse milliaire 4^1 ^^r 1^ Twe gauche de l'ancien lit de l'Uffente, à 3000" eu amont du centre de la grande coronella. Là un bâtiment, servant de logement au garde, a fait céder, ' par son poid<i, le terrain de ses fondations, et tt*est enfoncé de 0^4 (i)^|

295. Les torrents de Valle Tinca , de Ceriara, de Case Nove , n'ont^^ point d'embouchure régulière dans TUffente; on peut tirer, des terres charriées par ces torrents, un parti que nous indiquerons quand il en ser temps. Nous exposerons aussi divers projets rel.itifs au Brivolco , au FoW Venerco et au Fosso Basciano; ces torrents, trop abandonnés à euxmêmes, sont nuiâibles par les causes mêmes dont ou pourrait obtenir deft effets utiles.

296. Nous avons déjà parlé de l'état fâcheux dans lequel se trouve le surplus de la partie gauche des marais par le peu de largeur de la Schiazza, par la mauvaise position de son embouchure et par la supprev sion du canal de la Sclcclla : l'aspect de cette partie est vraiment affli*

(t) Yoîcî un exemple mnarqiialile d'affaÎMfmenl sur U sqI de$ marais PoiUini. En 17SG, une portion de terrain sV»t affaiisOf dans la plaine située au-dessous et près de Scrmonetii, sur le clirmin HpII' Irio, entre le Fosso di Scrmonetta et la Ninfa, et a formé im \astp puil» qu'on appelle fOhico. Lorsque nous avons visité ce pnils, le i\ juin iHi i , sa furnie ^talt àpenprês OTdle, le grand axe étant dcSo», et le petit ave de ïo*"; la surfare du sol était de 4» au-drssus de la surfnrr de IVan, dont la hauteur varie peu dans te cours de l'aniiée. Nonf s*avons pas pu prendre des sondes de fond , nViaiU pus munis de ce qui était nécessaire pont celte opération; maïs on nous a dit qu'un rcli|;ieui, qui avait fait ces sondes, «vait irouté la profondeur moyenne d'environ lo™.

La coupe du terrain pn^scnte, à la Mirface, une eouelie de (erre \égélale de o^^S d*épais- •eur, sons laquelle se trouve un stratum de jard et caillou qui va jusqu'à IVau , ntatîèrvi entraînées dans la [»iaine par la Tepîa et le FosiO di St-rnionelta , et superposées à la matière tourbcUK et com|)rc&âible qui a cédé 3ou> son poids.

SECTION III. CHAPITRE I. an

gcant; elle est marécageuse et couverte de roseaux , comme si elle n'avait jamais participé à la bonification générale. Heureusement les remèdes à un mal aussi grave sont faciles et sûrs. Les mêmes remèdes délivreront aussi le territoire de Sezzc, situé à Tcxtrémité septentrionale de cette partie gauche, des eaux qui l'inondent, et qui n'ont, pour s'écouler par des canaux mal combinés, que le dêboucbé de la Selcella. Nous croyons que ce territoire de Sezze , ainsi obstrué par suite des travaux de Rapini^ est dans un étnl pire que celui où il se trouvait en 1777^^

297. Entre le terrain dont nous venons de parler et les montagnes, le sol a été élevé et bonifié par les alluvions que les torrents entraînent de ces montagnes; à Toucï)! du même terrain et le long de la voie Appia, se trouve 1.1 vaste Tenuta di S. Leonardo en bon état de culture. Cette Temita est bornée à Test par la Cavata et la Cavatella. En remontant ces cannux au-dessus de leur réunion, ou trouve d'abord la Tenuta del Vescovo, dont l'état est satisfaisant; mais il resie beaucoup à désirer, relativement à l'état des lisières de terrain qtii bordent la Cavatella et la Cavata, au-tlessoiis du Fiume Coperlo, et à une étendue de terre beaucoup plus considérable, traversée par la Cavata, et comprise entre le FiumeCoperto et les points où le Fosso di Sermonetta commence à s'étendre irrégulièrement et à divaguer dans la campagne. Les environs des sources de la Cavatella sont très-marécageux; il en est de même, de l'autre côté de la Cavata, des environs d'un monticule appelé Montecchio, La partie de cette étendue de terrain située à la rive gauche de la Cavata n'est pas difficile à bonifier, et la bonification de la partie située à lu rive droite sera un des réstdtats de l'exécution des projets que nous proposerons pour délivrer la ligne Pio des eaux du Fosso di Sermonetta. ^ 398. Le territoire de Sermonetta, traversé par le nouveau canal de la Hllinfa, et borné à l'ouest par la voie Appia et par les traces irrégulières ^que suivent les eaux du bassin de la Tepia, est sujet, dans la partie , qui avoisine Tre Ponti, au débordement des eaux de la Ninfa, par suite du peu de soin ou de précaution qu'on a mis à l'établissement de ce canal. Ce débordement a lieu, lors des crues, du côté de la rive droite, dans la partie du lit où coulait autrefois le torrent de Fugasemenle, et où Ton a laissé une ouverture pour continuer à recevoir les eaux auxquelles ce torrent donnait Técoulement; c'est par cette ouverture que s'échappent les eaux de la Ninfa, lorsqu'elles atteignent une certaine hauteur : ces eaux se répandent entre le canal et la Via de' Federici, vont couvrir la voie Appia depuis le pont de Tor tre Ponti jusqu'à la

MARAIS POÎfTINS.

poste f et passent sur fa droite de la route. Les travaux à faire pour ^ venir dorénavant ces inondations, seront compris dans les projets appU^ cables à 1 étendue entière du cours de la Nînfa et du Fiume Sisto. ^|

399. La partie droite des marais Pontins est en général, à lexception des terrains voisins de la mer, dont nous avons parlé plusieurs fois, dans un état beaucoup moins fâcheux que la partie gauche. Le point du débouché du canal de la Botte dans la ligne Pio est, à la vérité, comme nous lavons fait connaître, un peu trop élevé; mais il ne résulte d*in* convénients bien graves de celte position que dans les circonstances rares des crues extraordinaires : Taspcct marécageux qu'offre cette partie droite des marais en plusieurs points de son étendue, disparaîtrait ou du moins changerait considérablement, si les propriétaires avaient soin de tenir en bon état les fosses milliaires dont l'entretien est à leur charge. Sa bonification pourra, d'ailleurs, être complétée par des travaux que nous indiquerons, et dont les principaux concernent le canal Sisto. 11 faudra de plus supprimer déiinitivement^ sur ce canal, tous les établissements qu^on avait faits pour élever ses eaux, et pour obtenir la chute du moulin de Mesa, laquelle, eu égard au barrage, était plus nuisible qu'utile.

3oo. Ce que nous venons de dire de la partie droite des marais ne s'applique pas aux champs de Piscinara , et en général à Tétendue de campagne qui, sur la rive droite du canal Sisto , est sujette aux inondations causées par les eaux de la Tepia , du torrent de Cisterna , etc. Nous ajouterons les détails suivants à ce que nous avons déjà dit de ces inondations. Dans les crues ordinaires, la partie inondée sur la rive gauche des Congi unie s écarte peu de la ligne du Circondario ou du périmètre des marais emphytéotiques; elle occupe alors 7 k 800 hectares.

Dans les grandes crues, l'inondalion s'étend au-delà des contribuants de première classe; mais elle ne va jamais jusqu'aux limites des terrains contribuants de deuxième classe, vers S. Carlo, et couvre une surface de 1000 à 1100 hectares. {

Il y a, lors de ces grande» crues, environ a mètres d'eau sur la campagne, dans les parties les pins basses. Cette masse deau forme, jusqu'aux environs du pont de S. Fentola une large nappe, ou es|>èce de lac dans lequel le mouvement est presque insensible , qui se rétrécit ensuite au-dessous du pont de S. Fecitala; et Tcau entre par tous les points de la rive droite, non diguée, dans la lif^ne de canal dont les diverses parties sont désignées par les noms canal délia Mola, Rio Francesco , et Fiume SUto

Les inondations commencent en octoEire, et durent^ avec quelques intennittences, jusqu'au printemps de 1 année suivante; cVst du moins ce qui a lieu le plus ordiuairemeut. Mais on a des exemples de f6rtes

^inondations arrivées à d*autres époques de Tannée.

PP 3oi. Les champs de Piscinara n'en fournissent pas moins, année commtine, pcn<lant les saisons sèches, de bons et riches pâturages, qui^ môme, ont «Hé améliorés par le séjour des eaux. On se rappelle que certaines parties basses de ces pâturages, dans lesquelles ou peut maintenant cundttire les troupeaux, conservaient l'eau, il y a vingt ou vingtcinq ans, pendant toute Tannée, et que les troupeaux n'y paissaient pas. Nous couchions de quelques données, que la hauteur annuelle moyenne des colmates, dans les ciianips de Piscinara , est environ la moitié de celle

I des colmates du Pantano d^lnferno, c'est-à-dire de o*oi5. Cette différence tient à des circonstances locales que nous exposerons ci-a|>rès.

3o2. Tous les maux résultant de Tétat du sol des marais Pontins, que nous venons de décrire, peuvent être corrigés ou prévenus par la main des hommes et par des travaux fTart : il eu est d'autres, autant et peut-être plus funestes, dont nous avons déjà dit un mot, et qui ne seront prévenus que par une surveillance et des moyens de police Lien entendus et rigoureuse'raent suivis; nous voulons parler des combustions de terrain, dont on a des exemples malheureusement trop fréquents. Ces combustions sont le plus souvent les suites de la négligence des iiabitants , Iorsqu*ils font du feu dans leurs champs, ou qu'ils en brûlent le chaume pour mettre à nu la surface sur laquelle ils doivent répandre de nouvelles semences: par-fois elles sont des résultats de Iiaine et de vengeance, et Ton cite quelques exemples de coups de foudre qui les ont produites. Elles ont eu lieu aux époques des grandes sécheresses, dans des sols tourbeux recouverts d'un stratum de débris de végétaux dont la décomposition n'est pas consommée. Ce stratum brûle avec une fumée très-épaisse, et Tiucendie s'étend jusqu'à ce qu'il rencontre un canal ou un fossé plein d'eau, dont le fond soit à-peu -près au niveau de celui de la couche en combustion. La profondeur de cette couche brùiée peut aller jtisqu'à un mètre, et sa cavité ainsi formée se remplit d'eau et n'est plus propre ni à la culture ni au pâturage. Cependant, par suite des dépositions de limon et des décompositions de plantes, il se forme, d'abord, dans le fond de cette cavité une couche àliumus, qui fournit im pâturage <lans les grandes sécheresses; et les attéri.ssemeuts se continuant, ce terrain excavé finit par être rendu à la culture , et devient même plus fertile

2a4 MARAIS PONTINS.

qu'il n'était auparavant : mais cette jouissance na lieu qu'au bout de

plusieurs années.

Il n'y a pas eu de terrain brùlé pendant la présente année (i8ri); et Tétat de ceux que la combustion avait enlevés à la culture, en faisait monter la quantité, en 1810, à ao63 hectares. Cet état sera joint au tableau cadastral des diverses cultures des marais Pontins, que nous donnerons dans le chapitre où il sera question de l'agriculture de cet marais.

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