‹ Description hydrographique et historique des marais PontinsChapitre 87 sur 155 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Observations générales sur les relations qui existent entre Vétat actuel \ du sol des Marais Pantins ^ et les travaux de toute espèce qu'on y a exécutéS'

3o3. En parlant de l'effet des travaux exécutés dans les marais Pontins sur le sol de ces marais, il faut d*abord faire une classe à part des parlies de ce sol sur lesquelles, par la nature des choses, les travaux n'ont pu avoir aucun effet. Nous avons enuméré et décrit ces terrains,- ils consistent eu quelques marécages situés à rextrémité méridionale du sol Pontin, dans le voisinage de la mer, et qui, vu rabaissement de leur fond, ne peuvent pas être desséchés par écoulement. Leur surface est très-petite, par rapport à l'étendue générale des marais.

3o4- On a appliqué à d autres terrains bas, mais qui ne le sont pas autant que ceux dont nous venons de parler, des méthodes de bonification particulières qui ne se trouvent que roédiatemeut liées au système généra! de dessèchement. Ces terrains sont la Tenuta Pio et le Pantano d'Jnfemo. La Tenuta Pio a reçu une importante bonification par la construction de la botte qui fait écouler ses eaux au-dessous de la ligne Pio» et les conduit au Portatore di Radino par le Scolo Pio, {vojez les art. ia3 et a/|6). La plus grande partie de sa surface est en bon rapport; la partie la plus basse fournît de très-bons pâturages pendant l'été. Le Pantano d'Inferno est en colmates depuis vingt-quatre ans, au moyen des travaux exécutés pour y répandre les eaux de TAmazeno. Les progrès de ces colmates sont très-lents, mais cependant sensibles par le laps de temps; et le rehaus.semeut actuel du sol sera une circonstance très-favorable à sa bonification ultérieure, lorsque les projets relatifs aux lits de lUffente et de TAmazeno seront exécutés.

3o5. Considérant ensuite l'ensemble des terrains auxquels s'applique le système général de dessèchement qui est la combinaison du premier projet de Rapini avec les modifications successives qu'on a été obligé de lui faire subir, il est important de faire attention que l'état actuel du sol se compose, et des effets résultant de la mise à exécution de ce système, et de ceux qu'il faut nécessairement attribuer au défaut d'entretien, provenant, tant de l'interruption des travaux tenant à des circonstances qui ne dépendaient pas des propriétaires, que de la négligence de ces propriétaires. Nous avons remarqué que les environs de Tcrracine et la pres-

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que totalité de la partie droite cIca marais accusaient leur peu ôe soin tenir en <5lal les fosses d'écoulement dont le curemeiit esta leur charge- Les propriétaires des autres parties des marais sont moins sujets à ce reproche que ceux dont nous venons de parler, quoiqu'ils n'en soient pas exempts, à beaucoup près. ^M

D'un autre coté, l'entretien et le curage des canaux, des digues, et ér général les travaux, la garde et la police à la charge du gouverneTuenl ont été su.spendus ou abandonnés pendant plusieurs années, et on les a pas repris ave.c tous les moyens d'exécution nécessaires ; de là Toi struction des canaux ^ dans un sol où la végétation a une rapidité et ui force extraordinaires; leur altérissement; les dégradations et les ruptui des (ligues, causées tant par les bestiaux que par la force des eaux gèw dans leur cours ; les combustions de terrain , qu'une surveillance tn sévère et bien ewtendtie pourrait, sinon empêcher totalement, du moiiiT considérablement diminuer.

3oG. Il 11 est pas douteux que, sans toutes ces circonstances, l'état sol Pontin serait beaucoup moins fâcheux qu'il ne Test en ce moment; l'on ne se hasarde pas en disant cjue des maux qui l'affligent, il en faut attribuer au moins autant au itiantpje <renlrelien , de surveillance et de police, qu'aux imperfections du système de travaux adopté et suivi poui^ sa bonification. Cependant les imperfections de ce Aystéme, que noiil^| avons fait connaître avec détail dans les sections précédentes , sont tellc^T que, dans Ibyjjothêse même où les dépenses et les travaux de maintien, à la charge tant du gouvernement que des propriétaires, ne laisseraient | rien à désirer, on n'aurait jamais pu obtenir une boniflcation complète. L'idée séduisante d'un axe d'écoulement unique a été d'abord accueillie avec enthousiasme; et ce canal unique nu pas été creusé avec les diiH mensions nécessaires, non-seidement pour Ténorme quantité d'eau qu'o^^ y a jeté d'abonl, mais même pour celle qui y coule à-présent : les mauvais effets provenant de Tinsuffisance de ses dimensions , sont augmentés par le rehaussement inégal de hou fond, sur lequel se trouvent, eu qu ques endroits, des espèces de barrages (Voyez le profil planche a). La lign Pio devait donc, même après avoir été délivrée de la Nriifa,de la Tepia,etc., refuser les eaux riveraines; et lorsque ce refus a fait sentir la nécessité canaux auxiliaires lorigitiuliiiaux, sur-tout dans la partie gauclie qui est li plus large, on n'a accordé ou plutôt restitué à celte partie gauche que la seule fosse de la Schi.izza , trop étroite, tiop peu profonde, et qui a su tout l'éaûrme défaut de déboucher ses eaux à un puint trop élevé.

SECTION lïî. CHAPITRE II.

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Le projet , b(

tle faire de TUffei

il d'

lerne, tïe nure ae i uiieiite tin canal a enceinle, a été exécuté sans qu'on ait pris les précautions d art nécessaires pour connaître le terrain sur lequel on devait creuser ; ce fleuve est aiusi de- Tenu un ennemi dangereux des marais, et ce ne sera pas sans quehjue peine qu\jn parviendra à empêcher IVxIravasioa de ses eaux.

Le noiiveau canal de la Ninfa, qui se prolonge du coté droit de la voie Appia, sous les noms <le canal délia Mola^ Rio Francesco et Fiume Sisto^ n'est, comme nous lavons déjà observé, qu'une ébauche de can:d. Irrégularité cl insuffisance des dimensions transversales (hi lit , mauvaise construction , défaut de solidité des digues , et sur-tout débouché on ne peut pas plus fâcheux et vicieux dans le canal délie F'olte ^ qui lui-même, vu les sinuosités <le son cours et son peu de pente, aurait besoin de quelques redressements, telles sont les principales causes dos désastres que le Sisto peut occasionner dans la partie des marais, dominée ])ar ses eaux. I Les chances de ces désastres étaient augmentées par i'étubhssement du I barrage dont nous avons parlé (art. 214), et dont heureusement on ne fait plus usage.

Enfin le canal de la Botte , qui a produit d'heureux effets, et les travaux accessoires qu'on a exécutés dans la partie droite, laissent encore bien des choses à désirer.

307. Après avoir exposé ces vices, soit de conception, soit d'insuffisance dans Texéculion, inhérents au système de travaux primitivement adopté, et successivement modifié, qui opposent au succès complet de la bonificatiun Ponline des obstacles permanents, dont on ne peut pas se délivrer par de simples travaux d'entretien, nous devons ajouter que ces mêmes vices de projet et d'exécution, reconnus, tant par le raisonnement que par Texpérience, incompatibles avec une bonification parfaite , ont de plus mis quelques terrains dans un état pire que celui où ils étaient avant le commencement des travaux. C*est ce qui est arrivé aux champs de Sezze, qui s'écoulaient dans TCIfente par trois canaux principaux, et auxquels on n'a laissé qu'un débouché insuffisant, tant à cause du volume des eaux auxquelles il doit livrer passage, que par la tlifficulté qu'elles ont à s'y rendre des différents points de la surface dn sol qu'elles inondent. Les chan)ps de Piscinara , malgré le peu de colmate qu'ils ont acquis, ne profitent certainement pas autant à leurs propriétaires, depuis que les changements opérés dans le cours de la Tepia les ont rendus sujets à de grandes inondations annuelles, qu'ils le faisaient auparavant. Les méuies travaux par lesquels on complétera la bonification Poutine,

aa8 MARAIS PONTINS.

rendront avec usure aux champs dont nous venons de parler, leu

duits anciens.

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