‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 129 sur 303 · Nun-sang-shou, pourrette, ou jeune mûrier · texte numérisé non relu

Nun-sang-shou, pourrette, ou jeune mûrier

10. Tsé-sang-hip, feuilles de mûrier détachées de la tige principale.

11. Kié-sang-lseu, mûriers, ou fruits du mûrier. Le dessin représente deux tiges principales, garnies de leurs feuilles et de plusieurs fruits à différents âges, depuis la couleur vert clair jusqu'au carmin foncé.

12. Lao-sang-shou-teou , vieille souche de mûrier : on aperçoit les rejetons qui ont été coupés ei ceux qui naissent et commencent à se garnir de feuilles.

ho9. Instruments pour la cueillette des feuilles et pour la taille des mûriers.

1° Sang-tsien. Dans les provinces du Tché-Kiang et dans celles où l'on a apporté des perfectionnements aux instruments de sériciculture , on fait usage de ciseaux sécateurs qu'on emploie, soit pour la cueillette des feuilles, soit pour la taille de^ mûriers.

2° Sang-keou. Quand les mûriers sont trop élevés, on se sert d'une serpe sang-keou , à lame recourbée et tranchante, d'une longueur de 5 à 6 tsun (20 centimètres environ) , emmanchée d'un bois de 2 tchi 8 tsun de longueur (1 mètre environ).

3° Sang-kun. Quand les branches sont trop fortes, on fait usage, pour les couper, d'une scie d'un tchi de longueur (37 centimètres).

Chacun de ces instruments est du prix de 2 maces (1 1/2 franc). On les fabrique à Tong-Yang, du district et déparlement de Kia-Shing, où l'on fabrique les meilleurs outils de ce genre , propres à la production de la soie.

4° Sang-li, panier en bambou , employé à Shunli pour la cueillette des feuilles. Ce modèle est d'un 10e de grandeur naturelle.

5° Sang-lung , panier élevé en bambou pour la cueillette des feuilles ; on s'en sert particulièrement dans le midi de la Chine.

6° Sang-Ma , hache-feuille. Cet appareil est en forme de V. La main gauche fournil les feuilles que l'on coupe en abaissant la lame avec la main droite. Cet instrument n'est en usage que dans le nord de la Chine. Ce procédé est très-expéditif.

7° Sang-lao , couteau ordinaire employé pour les

feuilles de mûrier à donner aux. jeunes vers. Ce modèle est d'un 10e de grandeur naturelle.

8° Tsié-sang-tao , couteau à greffer.

Ce couteau en fer est long de 5 tsun (1G i/2 centimètres environ).

D'après les ouvrages qui traitent de la culture des mûriers, on connaît en Chine six sortes de greffes, savoir :

1° Greffe en fente , pi-tsié-fa ou shin-tsié ;

2° Greffe sur racine, ken-tsié;

3° Greffe sur écorce, pi-tsié ;

4° Greffe sur branches, tchi-tsié ;

5° Greffe en écusson , yé-mien-tsié ;

6° Greffe en flûte , ta-tsié.

La greffe d'échange , houan-tsié , n'est pas coin prise dans cette nomenclature ; elle s'applique à l'opération par laquelle on greffe le mûrier sur l'arbre ko.

La forme du couteau à greffer est la même que celle du hache-feuille employé dans toute la Chine.

440. Instruments propres à détruire les insectes nuisibles à la végétation des mûriers.

1° Kwa-sangpa. Il arrive souvent que les fissures de l'écorce des mûriers donnent asile à un grand nombre d'insectes appelés sang-nieou , qui mangent l'épiderme et y pratiquent des nids où leurs œufs éclosent. On se sert, pour les détruire, d'un ràcloir dans le genre du dessin exécuté par M. H.

2° Pen-tong. Souvent les insectes destructeurs s'enfoncent si avant dans l'intérieur de l'arbre, qu'il n'est plus possible de les en extraire avec le ràcloir. Alors on emploie une espèce de seringue, avec laquelle on injecte de l'huile de l'arbre toung (bignonia

tomentosa) ; ce qui fait périr l'insecle. Voira cet égard le résumé des principaux irailés chinois, traduits par M. Stanislas Julien.

D'autres insectes, espèces de vers appelés hiangha—djong à Tso-pou-pan, percent l'arbre jusqu'à la moelle. On les détruit au moyen d'un fil d'archal recourbé, qui sert à saisir l'insecte et à le retirer.

Renvoi aux planches du Eull-Ya qui décrivent les insectes destructeurs des mûriers , notamment le lang-sTiv-sang et le tien-nieou , ce dernier à longues anthènes et au corps tacheté de mouches blanches.

541, Sang-hic, herbier.

On donne généralement le nom de kia-sang aux mûriers cultivés.

Voici les principaux échantillons recueillis par M. Hedde :

1. Sang , mûrier de Macao. Fruits rougeàlres , feuilles minces et effilées, légèrement dentées, du jardin de Sha-Lan-Tsai, échantillons obtenus par les soins de M. Combelle, missionnaire lazariste.

2. Sang, mûriers de Macao à fruits noirs oblongs, feuilles minces et effilées, légèrement dentées, du jardin de St-Joseph , échantillons obtenus parles soins de M. Libois , procureur-général des missions étrangères.

3. Sang, mûrier de Macao, à fruits noirs et gros, feuilles fortement dentées, de l'île Verte; échantillons obtenus par les soins de Mgr Matta.

4. Sang, mûrier de Macao à fruits noirs et feuilles moyennes, du jardin de M. William.

5. Sang, mûrier de Canton, à feuilles minces, lancéolées et légèrement dentées, cueillies dans une

excursion faite par MM. hier, Hedde el autres étrangers, autour des murailles, à l'ouest de Canton.

On donne, dans le pays, différents noms à ce mu rier, tels que celui de tche-sany , mûrier à feuilles aiguës; tché-sang , mûrier à graines, etc.

G. Sany, mûrier d'Amoy , à feuilles rondes, plis sées et épaisses , cueillies dans le jardin du consul anglais, gérant, M. Sulivan.

7. Sany, mûrier de Ko-Lony-Sou, mêmes caractères que le précédent, feuilles cueillies près de l'Indi goterie.

8. Sany, mûriers de Tchio-Bay , mêmes caractères, feuilles cueillies près de la Citadelle.

9. Sany, mûrier de Tchany-TcJteou, mêmes caractères , feuilles cueillies sur la colline appelée Kai-Ktvan-S/ian, qui domine la ville.

10. Sany, mûrier de Larn-Po-Taï, mêmes caractères, feuilles cueillies sur les rochers au-dessus du cimetière.

Ces mûriers sont quelquefois appelés kin-sang el hwang-sany , parce que les feuilles sont couvertes d'une pellicule jaunâtre; mais leur caractère général, c'est qu'elles sont rondes, plissées , et que les liges sont plus nombreuses que dans les autres variétés. La ressemblance de ces cinq échantillons, pris dans différentes localités, a fait supposera M. Hcdde que le Fokien était la patrie naturelle de cette espèce, ou variété, connue sous le nom de Multicaule.

11. King , mûrier à feuilles fortes el d'un a pect métallique, cueillies au bas et au sommet de la tour de Ning-Po.

12. King, mûrier à feuilles fortes el même aspect que le précédent, cueillies sur la colline appelée pat les Anglais : Cameronian-Hill , à Chusan.

13. Kiny, mûrier aux mêmes caractères, feuilles cueillies à Mon-Zi, habitation de Mgr de Bezy, près de Shang-Haï.

Voir le n° 409 précédent, à l'article mûrier de Ting- Haï.

14. Lou , mûrier à feuilles rondes et minces, cueillies à Sio-TVan-Dam près de Sou-Tchou , dans le jardin du Kong-Sou et par les soins du Père Languillat.

15. Lou, mûrier aux mêmes caractères , feuilles cueillies dans une pépinière dans l'intérieur de Sou-Tchou, par le prêtre chinois Sem.

16. Lou, mûrier aux mêmes caractères , feuilles cueillies à la porte de la magnanerie de Sin-So- Tchio, faubourg Est de Sou-Tchou.

Les auteurs chinois, qui ont traité des mûriers, distinguent plusieurs variétés. Des deux types de mûriers , appelés lou et Jcing , ont été produits le iiao- ■sang, né de boutures, Xcpé-sang, mûrier blanc, le tsé-tang-sang , mûrier à branches roses, et le toeneul-ting-sang ou le mûrier à peau noire. Le tir-sang est un produit spécial des boutures du mûrier lou.

La poussée de la feuille est énorme, surtout dans le midi de la Chine. Un éducateur de Lak-Lao disait a M. Hedde que, dans l'étendue d'un mau, il semait un sliing de graines. Il en obtenait 10,000 pourretles qui se réduisaient au nombre de 8,000. Après six à sept mois, la récolle annuelle était de 17 piculs de feuilles, qui donnaient 8 à 10 cattis de soie filée. Ce dernier produit, surtout, paraîtra extraordinaire; mais il sera donné plus tard d'autres exemples de ia facilité qui existe en Chine dans la production de la soie; ils seront mentionnes dans les mémoires des sériciculteurs et des éducateurs du Kwang-Tong,

du Fokien, du Tché-Kiang et du Kiang-Sou, qui seront publiés prochainement.

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