‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 159 sur 303 · BLEU · texte numérisé non relu

BLEU

553. Lan, feuilles d'une plante marécageuse, qui s'emploient fraîches et avec lesquelles, sans mordant, on obtient un bleu clair solide.

Les feuilles de lan ou lan-hié proviennent d'une plante appelée lan-tsao qui, d'après le révérend P. Bridgman , serait une variété de Polygontim. Le lan, tel qu'il est ap porté du faubourg de Ilonan à Canton , et vendu aux teinturiers, se présente en touffes composées de deux ou trois tiges qui s'élèvent indépendantes du collet de la racine, à environ 50 centimètres de hauteur. C'est une plante herbacée , traçante , à rameaux opposés, et feuilles opposées, entières, penuiuerves, ramiales , d'un beau verd foncé, qui bleuit, lors de la dessicalion de la plante.

Ces indications ont fait supposer à M. Margueron , teinturier à Tours, qui luimême a fait de nombreux essais sur le polygonum tinctorium , que le lan devait être une plante non encore classée en botanique , car ses caractères indiquaient une espèce toute différente du polygonum.

Les missionnaires de Pékin ont présumé que c'est une persicairc (1) . Toutefois

(1) Les Mémoires sur les Chinois donnent sur les teintures du nord de la Chine différentes notions. Le volume IV traite particulièrement du carlhame et du jaune. Le volume 11 contient sur la préparation du petit indigo siao-lûn quelques renseignements intéressants.

il esl utile de savoir que le lan se cultive dans une grande étendue de terrain sur la rive droite du Tchou-Kiang, et principalement dans la partie du Honan, en face de Canton. Les feuilles s'achètent à fort bon marché. 1/4 ou 1/2 dollars, suivant qu'elles 6ûnt abondantes sur le marché. Ces feuilles ne peuvent servir que lorsqu'elles sont fraîches.

Cette plante est représentée à la planche 1 1 d'un album mentionné au n° 437 précédent.

Page 1