Tien-tching, indigo pâteux
La plante qui fournit l'indigo pâteux, près de Shang-hai est, d'après M. Fortune, nu isalis indogotica. La plante, suivant ce voyageur, est un demi-arbrisseau portant de jolies fleurs ; ses feuilles radicales sont à demi-lancéolées, portées sur de longs pédoucules, aiguës, légèrement dentées et assez charnues. Celles de la partie supérieure, près des (leurs, sont linéaires ; la tige esl décombanle. Sa hauteur est d'environ 43 centimètres. Elle est divisée à sa base en plusieurs rameaux de 20 centimètres environ , qui portent çà et là de petites touffes de feuilles comme celles de la tige principale. Les Heurs très-petites sont jaunes. Les siliques noires , entièrement unies, d'environ 12 millimètres de longueur, sur 4 dans la plus grande largeur sont oblongues , obtuses à chaque extrémité, légèrement comprimées vers le milieu.
La matière colorante esl extraite, à peu prés, comme l'on opère pour l'indigo ordinaire. La culture a lieu dans des terrains humides. La coupe des plantes rasterre a lieu vers le mois de juin. On les fait macérer dans de grandes cuves pleines d'eau. On transvase le liquide, et puis, après y avoir mélangé un lait de chaux, on l'agite cl on le décante.
La matière est alors à l'état de pâte et non solidifiée. Elle coûte , à Shang-Haï , 80 cash le catti. La première qualité vient de Pe-hoii-hicn, de la province du Kwang-si. La teinture en pièces de 10 corids de longueur, sur deux de largeur, coûte 1 mace.
Le lien-tching produit un bleu médiocre, pas si riche que nos indigos ordinaires. On s'en sert pour teindre, en vert, avec le wei-hwa , mais la teinture la plus remarquable est le noir bleuté qui s'obtient, d'abord avec !e lien-tching , en donnant deux l.ains successifs de ce colorant, puis un troisième bain de keou-hwa.
Pour les noirs de deuxième qualité, on donue un seul bain lie lien-tching, puis un bain de keou-lma.
Le tien-lching sèche au bout de quelques jours , si l'on n'a pas soin de le tenir dans un état permanent d'humidité. Quand il est sec , il perd son efficacité et ne donne plus qu'une couleur noirâtre.
Le lien-tching coûte, à Chusan, 16 piastres le picul.