‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 170 sur 303 · Ya-lan, cochenille · texte numérisé non relu

Ya-lan, cochenille

Celte cochenille, coccus cacti, est une des productions nouvellement introduites à Java. Elle est importée en Chine. Voir Nos 225 et 226 de la première partie.

La cochenille est employée en Chine pour teindre en cramoisi, amaranthe, etc.

Voici la manière de procéder à Canton :

lre opération. On commence, la veille au soir, à préparer un bain d'alun dans lequel on laisse mordancer les objels que l'on veut teindre , jusqu'au lendemain malin.

2e opération. On moud la cochenille dans une barquette de fonte appelée latsao, au moyen d'une petite roue pleine, en fonte, verticale, Iraversée par un axe sur lequel s'appuient les pieds de l'ouvrier, qui lui imprime ainsi un mouvement de course alternatif. Voir le N° ir>5 de l'Album de quincaillerie.

5e opération. La cochenille moulue esl jetée dans une chaudière d'eau de puits. On la fait chauffer jusqu'à l'ébullilion , el ou maintient le bouillon pendant une demi-heure. On y jelle une certaine quantité de dissolution de peitseu; alors les ouvriers plongent dans le bain les pièces décreusées, et les manœuvrent au lissoir pendant l'ébullition , en les agitant el en les développant continuellement. Cette dernière manœuvre dure cinq à six minutes.

4e opération. Les objets, ayant reçu le premier fonds de teinture, sont recueillis, rincés, égoullés et tordus. Le bain est enlevé de la chaudière el versé dans différentes terrines, où l'on ajoute de l'eau chaude el où l'on plonge les objels à leindie. On les manœuvre à la main , puis on les foule avec deux lissoirs, seuls d'à-

bord, el ensuite en les pressant sur une assielle de porcelaine. Quand ce pelil foulage est terminé, un maintient, avec cette assiette, les pièces au Tond de la terrine, el on les y laisse reposer et bien s'imbiber pendant une heure el quart. On ajoute une écuellée de jus de citron ; on manœuvre à la main, on rince, on égoulte el on lord les objets qui ne doivent recevoir qu'une couleur peu nourrie. Quant aux autres, ils tout également manoeuvres à la main, el ou ajoute, à leur bain, une nouvelle écuellée de suc de citron, puis on les laisse encore reposer pendant une heure et quart; ou les manœuvre ensuite, on les rince à deu\ fois dans une nouvelle eau, on les égoulte, on les lord et on les cheville. Lorsqu'on veut obtenir la couleur la plus riche, on verse une certaine quantité du premier bain de fond dans une chaudière de cuivre fermée par un couvercle de même métal cl placée sur un fourneau. On y plonge les objets pendant au moins deux heures et demie, en ayant soin, de temps en temps, de manœuvrer au lissoir, el l'on termine ce travail comme d'usage.

La cochenille de provenance d'Europe el d'Amérique coule, à Canton, 100 à 130 dollars le picnl.

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