‹ Description méthodique des produits divers recueillis dans un voyage en ChineChapitre 169 sur 303 · TEINTURE DES SOIES EN ROSE CERISE ET PONCEAU PAR LE HONG-HWA · texte numérisé non relu

TEINTURE DES SOIES EN ROSE CERISE ET PONCEAU PAR LE HONG-HWA

La lre opération consiste à briser les tableltes de hong-hwa dans les mains , et à les humecter d'une dissolution légère de kien-shoui. Elle s'opère dans un baquet de bois et dure environ 2 minutes

La 2e opération consiste à introduire le Hong-hwa pulvérulent et humecté de km-shoui , dans un sac appelé icha-taïe, à l'y étendre d'une manière régulière, et à replier le sac en trois parties égales que l'on place sur la lable du pfessoii qui est manœuvré, environ pendant deux minutes, et dont l'eau, chargée de principes colorants du hong-hwa, découle dans une terrine placée à lerre.

Ces deux opérations sont réitérées de la même manière et pendant le même temps, cinq fois chacune et sans interruption. La proportion du kien-shoui employée dans ce travail est de 1/2 parlie de kien-shoui pour 5 parties de hong-hwa.

La 5e parlie du travail consiste dans la préparation du bain de hong-hwa; à cet effet , on verse dans une terrine contenant 25 parties de hong-hwa liquide, 5 parties de jus de citron que l'on brasse vivement à l'aide d'un lissoir pendant cinq minutes, on laisse ensuite déposer et l'on décante. Celte opération entière dure plus d'une heure.

5e Partie du travail. Après la 5e expression du hong-hwa sous le pressoir, ou enlève les résidus et on les réunit dans un panier en bambou, tressé à claires voies, et servant de tamis. Ce panier est placé sur deux petits supports reposant sur un égouloir, en plan incliné ; on verse sur les résidus de l'eau froide qui traverse toute la masse des résidus, s'y charge des parties colorantes qui y restent, s'écoule par le conduit de l'égouloir et est recueillie dans uue terrine. Cette opération est réitérée à l'infini jusqu'à ce que l'on juge que les résidus ont été complètement épuisés, el, vers le milieu de l'opération, on reverse dans le pauier sans discontinuité, au Inr el à mesure de l'écoulement, les eaux déjà recueillies , afin de les charger davantage du principe colorant. Cette partie du travail dure plus d'une heure el demie.

4e Quand le hong-hwa liquide, avec addition de suc de citron, est décanté, on y verse une grande lasse à Ihé de kien-shui, el l'on brasse vivement en agita ■■ t le liquide avec un lissoir. Celle opération dure 2 minutes

6e Opération. Elle consiste à rincer, à l'eau froide, les soies el soieries préalablement décreusées, et à les frapper avec une balle de bois.

7e Opération. On dispose sur les dalles autant de terrines qu'il y a de parties de soie à teindre, on les remplit à moitié du liquide froid provenant de l'épuisement des résidus; on y met les objets à teindre , el en même temps on y verse un petit seau d'eau bouillante, dans laquelle on a mélangé 4 écuellées de jus de citron; aussitôt après, on manœuvre à la main plusieurs fois, el on laisse reposer pendant 10 minutes , pour que l'imbibilion soit complète. On manœuvre de nouveau; on recueille l'objet quia ainsi reçu le premier fonds de teinture, on le laisse égoultcr quelques instants, et puis on le tord au billot. Quand on ne veut teindre qu'eu couleurs claires, il suffll de passer les objets à ce bain, et de les monter à la nuance désirée dans un bain analogue ou liquide d'épuisement. Mais quand on veut obtenir des couleurs riches, vives et nourries, on continue le travail ainsi qu'il suit:

8e Opération . On met dans une terrine une certaine quantité de hong-hwa décanté et préparé, que l'on mélange avec un seau d'eau bouillante dans laquelle on a versédeux écuellées de jus de citron. Les objets à leindre sonl plongés dans ce bain, et après y avoir baigné peu d'instants, on les manœuvre plusieurs fois à la main. On les laisse repoter, et on les manœuvre ensuite vivement au lissoir. Durant ce travail, on ajoute continuellement de petits seaux d'eau bouillante mélangée d'une ou deux écuellées de jus de cilrou , suivant lu nuance que l'on veut obtenir. Quand ou veut monter la couleur à la leinle la plus riche, il faut passer à un nouveau bain du liquide décanté et préparé, dans lequel on verse deux coupes de jus de citron, sans eau bouillante, puis vivement manœuvrer. On recueille la pièce, on la rince à l'eau froide, on la laisse égoutler, on la tord et on la bat contre le billot.

D'après ces opérations, il est évident que tout ou partie de la maliére jaune du hong-hwa a élé séparée, à l'avance, par des lavages.

9e Opération. On étend les objets teints sur des perches, el on les fait sécher sur un étandage placé au faite de la maison et à l'abri du soleil.

Les résidus du hong-hwa que l'on a épuisés, autant que possible, sonl réunis dans une grande jarre où l'on verse également les vieux bains de teinture inutiles. Ou utilise les principes colorants qui y restent, pour la teinture de ces papiers rouges

dont les Cliiuois foui un si grand usage pour cartes dt visite, ornements et pratiques religieuses.

Après avoir expliqué ce qui se rapporte au carlhame employé à Canton et dans les principales villes manufacturières en soieries du littoral de la Chine, il est nécessaire d'ajouter que l'on connaît, dans celte contrée, une aulre subslance qui se vend en poudre, et qui porte, comme le carlhame en tablettes, le nom de houghwa.

Voici l'extrait d'une lellre écrite, en 1847, des montagnes du Yun-nun à M. Hcdde, par le père Cliauveau, des missions étrangères:

« Le ho>ig-hwa est un produit végétal qui est une des principales richesses du Ssc-lcltuen el du Yun-nan. La plante vient à la hauteur d'un mètre, ses feuilles sont longues et larges , ses fleurs moitié blanches el moitié rouges. La lige a tout au plus 12 millimètres de diamètre; elle est irès-délicale, elle demande une température égale, el est trisannuelle. Elle produit , à l'extrémité de sa tige, une petite boule rouge où se trouve le principe colorant. Le hong-hwa ne se vend pas en tablettes comme à Canton, mais en poudre , elc. , elc. »

Page 1