Entrée de la porte sud-est, Fong-Men, à Sou-Tchou
Ce tableau, de 3 inèires de largeur sur 5 de hauteur, a été gouache sur toile par M. James Voisin, de Saint-Étienne, d'après les croquis pris sur les lieux par M. Hedde ; il représente le canal qui conduit à Fong-Men, à travers la partie sud du faubourg-est de Sou-Tchou ; d'un côté des boutiques, corps-de-garde, cafés où l'on monte avec des échelles, et quai qui conduit à l'entrée de la ville; de l'autre, des fours à chaux, poteries, fabrique de jarres, théâtre populaire, etc., etc.
Ici des bateaux pour le transport du thé. On aperçoit sur les caisses le caractère teha qui désigne ce produit. Là des barques chargées de balles de soie, sur lesquelles on lit les caractères tsi-li, ta-lsan et yun-hwa , qualités principales des matières de Ou-Tchou, département du Tché-Kiang, qui les produit. Plus loin, une barque chargée de filaments de ma, dont le caractère se lit également sur l'enveloppe , d'autres bateaux contenant des porcelaines et autres marchandises.
M. Hedde, dans son costume chinois, tel qu'il l'avait lors de sa visite à Sou-Tchou, se trouve placé au premier plan, sous le pont de Sin-Tsao, dont le nom, en caractères rouges, se lit sur les pierres de granit qui le composent.
De chaque côté du canal sont des maisons, des pavillons et autres habitations dans lesquelles on aperçoit des métiers à tisser les étoffes et les rubans de soie; le yaou-ki, métier de ceinture , propre à fabriquer le tcheou ou foulard ; le kd-sztchi-ki, employé pour le tissage de cette étoffe espoulinée appelée kd-SZ, spéciale à la ville de Sou-Tchon ; le tsang-ki ou métier à banc pour tisser les rubans; les ta-pien-lchiki et les ta-lai-tchi-ki ou métiers à cordons et lacets, ces derniers, surtout, que l'on aperçoit en mouvement de tous côlés, jusque dans les bateaux et dans un grand nombre de maisons qui avoisinent la muraille de la cilé.
Les végétaux de la conlrée se trouvent représentés dans ce tableau. Parmi les principaux sont le mûrier king et le ma, l'arbre ko (broussenctia paptjrifera), l'arbre à cire (stillingia sebifera), le bananier (musa sinensis), les bambous, les saules, les luyas, les cyprès, les pins et autres qui croissent en même temps dans cette contrée, surnommée avec raison le paradis de la Chine.
Dans le lointain, les deux entrées de Sou-Tchou par Fong-Men ; celle du canal, sur laquelle est inscrit le nom de SOU-TCHOU, et celle des piétons, sur laquelle on lit Fong-Men. Au-dessus des remparts, on aperçoit les deux tours de Kai-lluen et Shoi-Ktvan, le grenier d'abondance de Fong-Lo-Tsan, et plus loin encore Pe-Tseu, la fameuse pagode du nord, à neuf étages.
Celte composition remarquable a élé fidèlement reproduite par M. ***, deSaint- Ëlienne, qui, seul, a reçu de M. Iledde l'autorisation de l'exécuter sur ruban broché à plusieurs navettes.
377 * Kou-Sou (Sou-Tchou) (1). Plan mathématique de
(1) Marco Polo est le premier européen qui ait fait connaître Sou-Tchou. Ce vénitien lui donne le nom de Sin-Gui, et la représente comme une très-grande ville, populeuse et possédant de brillantes industries, principalement de soie.
Les missionnaires envoyés auprès de Kang-Hi, par Louis XIV, donnent des dé-
la cité intérieure; 1/9M 5me ; latitude, 31° 13' nord; longitude, 118° 9' est.
Cette ville est, sans contredit, la plus grande cité du inonde. Sa surface représente à peu près un parallélogramme dont le plus grand côté, celui de l'est , est de 9,058 mètres, ei le plus petit, celui d'i sud, de 5,624. La superficie est donc d'environ 51 kilomètres carrés.
La population en est énorme. Le Toï-ttingy-tong-shi, ou Géographie universelle de la Chine, l'évalue, d'après un recensement fait en 1727, pour la partie inlramuros , à 3..335,584 habitants. Actuellement, elle est estimée à cinq millions d'âmes. Ce plan a été fait par ordre du gouverneur de la province, en 1744, sous l'empereur Kien-Long. Voici ce qu'il rapporte, d'après la légende traduite par le révérend M. Young, missionnaire à Amoy :
«Quoiqu'il y ait eu autrefois des plans de la cité, de ses faubourgs, de ses montagnes et de ses rivières, on ne peut s'y fier, parce qu'ils sont dressés d'après les anciennes méthodes, et, par conséquent, ils sont incomplets.
» Aussitôt après mon arrivée, j'examinai ces plans, et je les trouvai si défectueux, qu'il était impossible de s'y reconnaître. La carte que j'ai fait faire indique minutieusement toutes les fortifications, les rivières et les canaux qui sillonnent la cité, les temples et les établissements publics qui en font l'ornement, les rues innombrables, les terrasses et les parterres, le mélange confus des champs et des jardins.
» Toutes les fois que les affaires publiques m'eu laissaient le loisir, j'aimais à examiner tout ce que celte cité renferme de curieux et à noter soigneusement mes observations. Ayant donc rassemblé tous les matériaux nécessaires, j'ai fait faire, par un des meilleurs artistes, le plan de cette populeuse et antique cité, ainsi que celui des environs, ce qui a été exécuté de la manière la plus claire. Ainsi, eu jetant les yeux sur ce plan, on peut facilement saisir l'ensemble de la ville entière et avoir, par conséquent, une idée exacte de toutes les parties différentes qui la composent. »
Les ponts, qui facilitent la circulation dans celte ville canalisée, doivent être très-nombreux. La statistique du département {Sou-tchoufou-tchi), porte ce nombre à 1,149, savoir : ponts en pierre, 400 ; dits à balustrades rouges, 390; autres non dénommés, 539.
tails intéressants sur cette ville. Ils donnent à son enceinte une étendue de quatre lieues.
En 1G64, l'ambassade de Hoorn ; en 1793, lord Macarthney; en 1794, le chef hollandais Yam Braam ; enfin, eu 1816, lord Amserbt, traversèrent successivement Sou-Tchou, mais seulement le long des remparts qui séparent la cité intérieure de la ville ouest extérieure.
M. fledde est le premier européen de ce siècle qui ait pénétré dans cette ville et qui ait donné des détails circonstanciés sur son étendue, sa population, son commerce, ses arts et son industrie.