TOMBEAUX
L'intérieur de la cathédrale renferme un assez grand nombre de monuments funéraires, parmi lesquels je ne mentionnerai que ceux qui présentent quelque intérêt sous le rapport de l'art, ou qui, par l'époque où ils ont été construits, peuvent se relier a l'histoire des fondateurs de l'église.
Le plus ancien de ces monuments se voit devant la chapelle apsidale; on croit qu'il recouvre les dépouilles mortelles de l'évêque Henri (l) qui posa, vers Tan 1000, la première pierre d'une église élevée sur l'emplacement de la cathédrale actuelle, et qui plus tard fut détruite par un incendie. Le prélat, sculpté en haut-relief et revêtu de ses habits sacerdotaux, tient la crosse épiscopale entre ses mains.
A l'extrémité méridionale du transsept est le tombeau d'un autre évêque : deux lions accroupis en supportent la table ; des murs crénelés et des tours sculptés aux pieds de la figure du prélat semblent indiquer qu'il fit de grandes constructions. Ce monument pourrait bien être celui de Jean de Cossonay qui, après l'incendie de 1235, réédifia la ville et l'église (2).
Le monument funéraire qui se voit près de la porte du même transsept est considéré comme étant celui de Félix V, mais on sait que ce pape, mort à Genève en 1451, fut enterré à Ripaille, dans un magnifique tombeau, brisé en 1536 par les troupes bernoises, et que ses restes, religieusement conservés, furent plus lard transportés à Turin et inhumés dans la métropole de Saint-Jean (3).
(i) Cet évèque mourut en loiy et fui enseveli au milieu de la nef de l'église qu'il avait bâlie. T'oy. Ruchat, ouvrage cité , p. Si.
(2) Voy. Pellis, Éléments de l'histoire de l'ancienne Hehétie et du Canton de Vaud^ tome II, p. 37 et 7!}.
(3) Voy, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique du diocèse de Genève, etc., de M. le curé Besson , p. 52.