TOMBEAUX
On voit dans l'une des arcades qui séparent le sanctuaire du deambulatorium, un tombeau que surmonte un dais formé d'ogives trilobées, accompagnées de frontons et de pinacles; sur ce tombeau , qui doit être celui du chevalier Othon de Grandson , tué au XIVe siècle dans un combat judiciaire , se trouve la statue, en marbre blanc, représentant le chevalier armé de toutes pièces ; les mains de cette statue étant enlevées , on a pensé que cette mutilation avait eu lieu en suite de la coutume où Ton était, au moyen âge, de couper les mains aux accusés qui succombaient dans ces sortes d'épreuves, et que les quatre petites mains qui sont aux angles du carreau, sur lequel la tête repose, confirmaient ce fait; mais en examinant attentivement le monument, on voit que les mains ont été sculptées ; elles étaient jointes et leur attache est trèsvisible sur la poitrine ; il est assez probable qu'elles furent brisées par un accident postérieur à l'érection du tombeau (l).
Le dernier des anciens monuments que je citerai est celui de l'évêque Aymon de Montfaucon qui, ainsi que nous l'avons vu, fit exécuter des travaux considérables dans l'église. Ce monument se voit à l'entrée du deambulatorium, contre le chœur ; il est très-dégradé, le dais même qui le surmontait a disparu ; les armoiries du prélat, gravées près de la statue (2), conservent encore quelques traces du mastic colorié qui en indiquait autrefois les couleurs (3).
On ne lit aucune inscription sur les quatre monuments que
(i) On dit que ce tombeau, autrefois entouré de rideaux et près duquel une lampe brûlait continuellement, fut ouvert dans le XVIIIe siècle, et qu'on y trouva le squelette du chevalier couvert de son armure. Voy. Galerie (V antiquités suisses, p. 4-
(2) Celte statue est couchée, de même que celles des trois tombeaux qui précèdent.
(3) On sait que l'écu de l'évêque Aymon est éeartelé : au premier et au quatrième il est chargé d'une aiglelte que le tombeau indique de sabla becquée et membrée d'or; les deux autres quartiers sont euxmêmes écartelés d'hermine et de gueules.
je viens de décrire ; les tombeaux exécutés postérieurement sont en général de mauvais goût. Un seul d'entre eux, composé d'une urne et d'un cippe en marbre blanc de Carrare, est remarquable; le cippe repose sur un socle élevé sur trois degrés de marbre noir ; Apollon et d'autres figures se voient sur le pourtour du cippe, dont la base est ornée de guirlandes de fleurs. Ces sculptures sont d'une exécution soignée, de même que l'urne, dont un serpent, symbole de l'éternité, divise la panse en deux parties ; sur celle supérieure on voit le portrait en bas-relief de Henriette Canning, qui mourut en 1817, et pour qui ce monument, dû au ciseau du sculpteur Bartolini de Florence, fut érigé. Ce tombeau se trouve dans la chapelle qui est à la base du clocher transseptorial du nord.
Dans ce même côté du nord , et sur une table incrustée contre le mur du transsept, on lit l'inscription suivante :