‹ Description monumentale de l'église Notre-Dame, ancienne cathédrale de LausanneChapitre 5 sur 20 · MA DE RECHEF ESTE PAR LA FLAMME RENDVE · texte numérisé non relu

MA DE RECHEF ESTE PAR LA FLAMME RENDVE

Cette cloche date de 1674. La dernière, dans la composition de laquelle on pense qu'il entre une certaine quantité d'argent, est sans aucune inscription (1).

Les cinq cloches que je viens de décrire servent à la fois dans les jours de grandes solennités. Les deux plus grosses se sonnent à la volée : la première pour la convocation des séances du Grand-Conseil, la seconde pour celle des assemblées électorales; la troisième est mise en branle tous les jours à midi ; enfin la dernière, qui à l'aube annonce le réveil et sonne la retraite à la chute du jour, sert encore dans les cas d'incendie hors de la ville.

Deux galeries devaient établir la communication entre les clochers de la façade; l'une d'elles couronne le portail principal , la seconde est en arrière-corps et à peu près à la hauteur du beffroi.

Les autres faces de l'église sont, tant dans la nef que dans une partie des bas côtés, terminées par une corniche à fleurons détachés du meilleur effet. La partie de la face des bas côtés qui joint les clochers occidentaux a été refaite par Ay-

(i) Cetle cloclie a trente pouces de diamètre, celle de trois heures a quatre pieds mi pouce, et celle de midi quatre pieds s^pt pouces.

torien Pellis, qui, dans ses Eléments de l'histoire de V ancienne ffehètie et du pays ât Vaud, rlil que la ville avait une chaudière pour armoiries.

FACES LATERALES. - t!

mon de Monlfaucon (1); celle qui est du côté du nord porte la date de 1509.

La face nord du transsept est simple ; mais celle du midi, flanquée de contreforts et se terminant par un gable à double égoût, est dune belle ordonnance. Au-dessus des trois fenêtres du triforium, dont l'archivolte est décorée de fleurons variés, on voit une rose qui a près de 27 pieds de diamètre, et dont les meneaux sont en partie couverts d'ornements sculptés. Au-dessus de cette rose s'élèvent deux étages de galeries formées, l'inférieure de onze arcades et la supérieure de cinq, de grandeur inégale dans cette dernière où elles se raccordent avec le rampant du fronton.

Vue des hauteurs, qui à l'orient dominent la ville, la partie postérieure de la cathédrale offre le plus bel aspect. Au centre une lanterne rectangulaire, établie sur les arcs doubleaux de la croisée, s'élève à près de cent vingt pieds audessus du sol de la nef; là elle se termine par une aiguille en charpente d'une forme élancée, dont la hauteur atteint presque celle du clocher occidental. A droite et à gauche de cette lanterne, deux clochers établis près des transsepts raccompagnent d'une manière très-heureuse (2). Des arcades

(i) Les travaux faits par cet évêque dans l'église, entrepris à la fin du XVe siècle, n'étaient point encore terminés en i5i3. Voy- Ruchat, ouvrage cité, note cxiv. L'évêque mourut le i5 août 1517. Jbid., p. 81.

(2) Ces deux clochers sont inachevés; c'est au pied de celui qui est au midi que se trouve la petite construction que l'on croit avoir été une chapelle dédiée à saint Maire, ancien évèque de Lausanne. Cette chapelle, qui offre des arcs plein cintre et des moulures indiquant une date antérieure à la construction du reste de l'église, me paraît avoir été postérieurement sous le vocable de saint Nicolas, dont on voit la figure sculptée et peinte près de l'ancienne porte, murée aujourd'hui, qui conduisait de la chapelle à l'église. On sait, qu'en 1370 la confrérie de Saint-Nicolas fut instituée à Lausanne, et que l'évêque

aériennes, s'élançant avec hardiesse des parties basses de l'église et venant butter chacun des angles supérieurs de l'apside, complètent cet ensemble admirable (1).

La lanterne ne conserve sa forme rectangulaire que jusqu'à une plate-forme élevée de 96 pieds au-dessus du sol de l'église , elle devient alors octogone, et chacun de ses pans est orné d'un grand fronton qui surmonte trois arcades reposant sur des colonnes. Une balustrade règne tout autour de la plate-forme dont je viens de parler, et des clochetons sont établis à chacun de ses angles (2). En 1825, le feu du ciel consuma entièrement l'aiguille qui surmontait la lanterne (3) ; celle qui existe aujourd'hui, exécutée sur les plans de M. l'architecte H. Perregaux, par MM. les frères Bohy, habiles charpentiers établis à Lausanne, fut terminée en 1827.

Outre l'entrée occidentale , quatre autres portes donnent accès dans l'église ; deux sont pratiquées dans les transsepts et les deux autres communiquent avec les collatéraux. Celle de ces dernières qui est au midi est précédée d'un porche établi sur un plan rectangulaire, et dont chaque face est percée d'une grande ogive que surmonte un fronton aigu. Une aiguille octogone s'élevant sur le point de rencontre des frontons termine ce petit monument.

accorda quarante jours d'indulgences à ceux qui, le jour de la fête du saint, assistaient à la messe célébrée dans sa chapelle. î'oy. Ruchat, ouvrage cilé, note xciii.

(i) Le système d'arcs rampants huilant les voûtes supérieures se retrouve dans les deux faces de la nef.

(a) Les clochetons actuels, postérieurs à la construction primitive, furent probablement rétablis en 1596, par les ordres de Rodolphe AViirstemberger, bailli de Lausanne, dont on voit les armoiries sur l'une des colonnes extérieures de la lanterne.

(3) Depuis celte époque les flèches des tours et des tourelles ont (•lé munies de paratonnerres, qui font espérer que le monument es» désormais à l'abri d'accidents pareils.

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