INTÉRIEUR
moins fers le transsept; cette diminution de largeur ne paraît avoir eu d'autre but que celui de l'effet perspectif.
L'intérieur de l'église est éclairé aujourd'hui par soixante et dix fenêtres, y compris la rose. Presque toutes celles de ces fenêtres qui datent de la construction primitive sont sans meneaux et ornées de colonnettes aux angles (1).
L'église entière est dallée, une partie de ce dallage est en grès, une autre en roche, le sanctuaire est garni en marbre noir ; cette dernière partie est élevée de 2 pieds 8 pouces audessus du sol, et comme on descend cinq marches du transsept au deambulatorium, ce dernier se trouve en contre-bas de l'arrière -chœur de 5 pieds 4 pouces.
Je dois parler maintenant de l'ordonnance intérieure de l'église. Le vestibule est orné d'un grand nombre de colonnes ; celles appliquées au pourtour des niches de l'entrée reposent sur des consoles et sont décorées d'une manière originale. Les anciennes statues qui sont dans ce vestibule paraissent y avoir été placées après coup ; celle de saint Sébastien, qui est à droite en entrant, faisait peut-être partie de la décoration de la façade.
Les huit travées de la nef ne doivent réellement être considérées que comme quatre travées divisées au centre par un pilier d'une grosseur toujours moindre que celle des piliers de la travée proprement dite; cette disposition est évidente près du chœur, où la clef de voûte est placée au centre de l'arc doubleau qui divise la dernière travée ; chacun des piliers principaux était formé de douze colonnes réunies, sauf vers la croisée où ce nombre est porté à seize., mais les piliers qui sont au milieu des vraies travées sont beaucoup plus légers et composés chacun de deux ou quatre colonnes
(i) La plupart de ces colonnettes ont perdu leurs chapiteaux et bases anciens, qui ont été remplacés par un chapiteau composite et une base attique.
monocylindriques isolées et d'inégal diamètre. Comme presque tous les arcs de l'église, les arches des travées sont ogivales,, au-dessus de ces arches s'élève un triforium, puis une galerie a claire- voie qui termine l'ordonnance de la nef (1). Une suite d'arcatures à trois et à quatre lobes, reposant sur des colonnettes , décore la partie des bas côtés qui est audessous des fenêtres (2).
Dans la hauteur des clochers transseptoriaux qui correspond au triforium on a pratiqué des chapelles élevées qui, peut-être, ainsi que cela a eu lieu dans quelques églises, ont été consacrées au culte des anges (3).
C'est encore à la hauteur du triforium, mais à l'entrée de la nef, que se voyaient jadis les statues des apôtres, en argent fin ; les douze bases sur lesquelles ces statues précieuses étaient placées existent encore.
La décoration des chapelles occidentales est très-simple (4) ;
(i) Sauf quelques variations, cette ordonnance se retrouve dans le iranssept et dans le sanctuaire. Dans celte dernière partie, de grosses colonnes monocylindriques séparent les arcades de l'apside ; dans le transsept nord le triforium offre dans les arcs une disposition particulière, ces arcs étant formés tantôt d'une, tantôt de deux ogives accolées; dans ces dernières le point de jonction reste suspendu sans appui. Du côté de l'occident, l'ordonnance de la nef a subi des altérations lors des travaux faits dans celle partie de l'église au commencement du XVIe siècle.
(2) Dans le deambulalorium ces arcades sont à plein cintre et disposées deux à deux, mais les colonnettes qui les séparaient ont été enlevées pour faciliter le placement des monuments funéraires qui sont au-dessous de plusieurs d'entre elles. Ce fut lors de cette suppression que les retombées centrales furent ornées de sculptures.
(3) On sait qu'un des autels de la cathédrale était sous le vocable de l'archange saint Michel. Voy. Du canton de Vaud et de la ville de Berne, p. 71, note.
(4) Une inscription, qui se lit sur la porte de celle de ces chapelles qui est du côté du nord, indique qu'elle ne fut rendue au culte qu'en i7/,8.