‹ Description nautique des côtes de l'AlgérieChapitre 33 sur 40 · ML · texte numérisé non relu

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nière dont il a été rongé par la mer. L'extrémité Est est formée par une langue de terre étroite sur laquelle on voit une tour carrée. Entre ces deux points, le fond est très-inégal : il y a des bancs de sable et de pierre où la mer brise souvent.

Au commencement de Tannée 1836, on a mis une garnison sur cette ile^ et fait un établissement militaire sur la rive droite et à Tembouchure de la Tafna. Depuis lors nos bâtiments ont visité fréquemment ces parages ; voici les renseignements qui nous ont été communiqués par M. Régnier, capitaine du bateau à vapeur le Brafier :

c On peut mouiller selon le vent au S., au S. E.' et au S. 0. de File, à la distance de 1 encablure Va; on y est par 15 et 18 brasses, fond de vase mêlée de sable et d*une assez bonne tenue ; cependant il est possible qu'on rencontre des roches au-dessous* ]Les bâtiments à voile doivent éviter de se mettre au S. à moins d^un très-beau temps. En ' général, on ne doit rester à ce mouillage qu'en été, et en,core alors ne faut-il pas le regarder comme sûr, si les vents d'O. et de N. 0. viennent à soufDer bon frais. Dans toutes les saisons, ces vents-là y rendent les communications dangereuses.

< L'ile est très-accore au S. E. et au S. 0. ; dans cette der^ nière partie, il y a un petit bassin naturel pour les bateaux, un débarcadère très-praticable avec les vents du N. à TE., auquel il faut renoncer cependant dès que les vents passent au N. O. et à rOuest. On peut alors se réfugier à la partie S. E.; mais on n'y est pas bien abrité, et les communications sont assez dilBciles, le terrain étant très-abrupt.

c Les vents de N. E„ dans la belle saison, soufflent assez régulièrement durant la journée ; aux mois de juillet et d*août , ces brises du large n'arrivent que fort tard auprès de Tile , quoique la boule s'y fasse sentir longtemps d'avance. A cette époque on a souvent des calmes pendant la nuit, et l'on remarque qu'un peu avant le jour il y a des brises de terre du S. E. au S« O., du ctté de la rivière , qui durent jusqu'à huit heures du matin.

c A rO. de la pointe de la tour carrée, où est aujourd'hui le fort Rapatel, on trouve une petite baie assez abritée des vents, et de la mer du N. E. pour y faire avec facilité des débarquements de troupes et de matériel, qui, avec les vents de N. 0.» deviennent impossibles. Au N. et à TE. de la tour, il w$te une seconde baie où l'on peut aborder lorsque ces derDJI^rs soufflent, mais ce n'est pas encore sans quelques diffioulté^* »

Entre Tile Areschqoul et le cap Oussa, la côte est haute et escarpée ; elle parait à pic presque partout et se creuse un peu vers le milieu. A peu de distance de la tour, à environ 1 mille vers l'E., on remarque un rocher pyramidal très-aigu, à peine éloigné de 1 encablure de la côte. A son pied , du même côté, il y a une petite crique avec une plage où les embarcations peuvent aborder; mais on débarque plus facilement à rO., entre les escarpements de la pointe sur laquelle elle est bâtie et Fembouchure de la Tafna.

En partant de nie et se dirigeant vers TO., en suivant la côte Ae près Jusqu'au cap Noé, on voit qu'elle a une direction assez uniforme, avec quelques dentelures, mais sans enfoncements remarquables ; qu'elle présente presque partout des murailles rocheuses, et que les terres s'élèvent de plus en plus. On voit aussi deux gros rochers ou îlots peu éloignés de la côte, et auprès desquels les barques du pays trouvent des abris, surtout auprès du second, qui est un peu allongé, et qui a quelques roches dans ses environs. Le premier se présente dans la plupart des positions sous la forme d'un cube. A 4 milles avant d'arriver au cap Noé , et à peu de distance du second îlot , on aperçoit une autre tour sur un mamelon voisin de la, mer.

Gap Noé. — Mont Noé.

Le cap Noé, quoique formé par des terres hautes et coupées à pic du côté de la mer, ne se distinguerait pas facilement, s'il n'avait auprès de lui la montagne de Noé, élevée de 930 mètres, si remarquable par son Sommet tronqué et aplati. A TE. de ce cap, il y a une petite anse avec une plage où les bateaux du pays peuvent se réfugier et se tirer à terre; on voit tout près du bord de la mer les ruines d'une ville qui occupait un grand espace; des murailles et des fortifications sont encore debout, mais il n'y a plus d'habitants ; il existe cependant quelques champs cultivés sur les hauteurs des environs. A l'O., la côte est encore escarpée : elle forme un léger enfoncement et se relève ensuite pour former le cap.Hone.

Mont SufQeh.

Lorsqu'on vient de TE., et qu'après avoir doublé les îles Habibas et le cap Fégalo, on commence à apercevoir le mont Noé, on voit à sa gauche une autre montagne aussi élevée et

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Vue prise a 8 luilLes au Sud 3** K«t du Cap Sioié y^yr* AirBoiichet-Rivièrc*, A\f/f fh/sst-.ti/.

presque semblable, quant à la forme carrée de son sommet ; c'est le mont Suffieh, qui, dans les autres directions , se présente avec des contours arrondis. On remarque <aussi que les terres sont de moyenne hauteur ou basses, à partir de Mers-el- Kébir jusqu'au cap Oussa, et qu'après celui-ci, en allant vers rO., elles s'élèvent dans le voisinage de la côte.

Le cap Hone.

Le cap Hone est difficile à reconnaître de loin ; il est formé par des terres plus basses que celles des environs vers l'intérieur; cependant, comme elles s'avancent beaucoup vers la mer et qu'elles se terminent par des falaises jaunâtres, on peut les distinguer à quelque distance. Lorsqu'on y arrive en venant de rO., et que cette partie delà côte est bien éclairée par le soleil, on aperçoit de bonne heure une maison carrée qui ressemble à une forteresse. Elle est bâtie à 2 milles Va au S. 0. du cap, sur une petite presqu*île formée par un rocher assez élevé et taillé à pic du côté du large. Il y a tout auprès de celle-ci un village, et plus loin, vers l'intérieur, à quelques milles, un amas considérable de maisons ou de ruines. C'est dans cet endroit que. quelques Maures placent encore, comme au temps de Shaw, les limites de la régence et de l'empire du Maroc; on sait néanmoins que ces lignes de démarcation ont souvent changé.

On peut mouiller à l'O.de ce rocher, devant une petite anse, qui, de loin, ressemble à un port profond; mais ce ne peut être que provisoirement et avec des vents de la partie de TEst. C'est Tanse de Djemma-el-Gazaouet, auprès de laquelle a été établi un dépôt d'approvisionnements pour l'armée. (Voir le plan levé par M. Lieussou, ingénieur hydrographe.)

Le cap Milonia.

Du cap Hone au cap Milonia, il y a 17 milles d'une côte assez remarquable; elle se creuse peu, mais presque uniformément ; les terres sont très-inégales, coupées par des montagnes, et se terminent à la mer par des falaises abruptes et presque toutes de couleur rouge. Le cap Milonia a des environs bas à rO. comme à l'E., ce qui le fait paraître isolé dans certaines positions, ou du moins détaché du côté de l'intérieur. On voit quelques cultures sur les versants des collines qui existent en-

tre ces deux caps ; mais elles sont plus nombreuses auprès du premier. Il y a au pied du second quelques roches ou ilôts. Au S., vers rintérieur, à la distance de 15 milles, il existe une montagne à deux sommets, séparés par une échancrure arrondie, qui se voient de fort loin ; celui de gauche, le plus élevé, a 1,390 mètres.

En quittant le cap Milonia et se dirigeant vers TO., on voit auprès de la mer des terres basses très^boisées, tandis que , vers Tintérieur, à une grande distance, elles sont au contraire fort hautes ; la côte forme d'abord un enfoncement, puis se relève en f»e dirigeant vers le cap Del-Agua, sans former de bien grandes sinuosités. La mer dans cet endroit change de couleur, ce qu il faut attribuer à son peu de profondeur, et plus encore à la présence des eaux limoneuses des deux rivières qui viennent s'y décharger. L'une d'elles est fort grande et porte le nom de Molouya; il est probable que c'est la plus occidentale 9 mais nous n'avons pas pu nous en assurer. Ce nom a été d'abord mal placé sur la carte générale ; il a été ensuite mis plus à rO>

Cette rivière est signalée daiis les vieilles cartes espagnoles conune facile à approcher pour y faire de l'eau; mais où recommande dj^ se tenir en garde contre les attaques des habitants de cette côte, qui sont très-méchants.

Le cap Del-Af^.

Le cap bel-Agua est à l'extrémité d'une terre basse très- Balllante vçrs le N., et dont le dessus parait uni quand on l'aperçoit de loin. Lorsqu'on vient dé l'E. ou de rO., on remarque qu'il a un petit mamelon, et qu'il est taillé à pic ; vu de face il est difficile à reconnaître ; mais on parvient à le distinguer si l'on fait attention qu'à gauche ou à l'E. il y a une plage d'une grande étendue, tandis qu'à l'O. c'est une suite de falaises rocailleuses présentant presque partout une coupe perpendiculaire. Les bateaux de la côte, particulièrement connus sous le nom de bateaux de Riffa ou de Riff^ viennent quelquefois se mettre. à Fabri de cette pointe quand il vente frais de rO. ou du N. O. On doit se tenir en garde contre eux, car ils sont presque toujours montés par des hommes entreprenants ; ils ont souvent attaqué les bâtiments que les calmes et les courants avaient conduits dans ces parages.

A ro. S. O. du cap Del-Agua; à une distance de 10 milles,

se trouve une montagne que nous avons appelée Pet/cfc, fort remarquable par la forme de son sommet, qui peut servir de point de reconnaissance. Elle a 798 mètres de hauteur. Nous éviterons les descriptions en renvoyant aux vues qui la repré* sentent.

Iles ZafarîBes.

Les lies ^afarines» au nombre de trois, sont situées au N. du cap Del-Agua, à 1 mille Va de distance ; elles sont petites et très-voisines Tune de l'autre. La plus à TO., qui a 135 mètres de hauteur, est la plus élevée. Elle est séparée de celle du milieu par un canal de Va de mille , à travers lequel on peut passer, mais en rangeant de plus près Tile du milieu ; car au N. ô'' E. de sa pointe Nord, il y a un haut-fond de roches où Ton ne trouve que 12 pieds d'eau, et qui n'en est éloigné que de 1 encablure Vs* Tout le reste des environs est sain.

L'ile du milieu a 41 mètres de hauteur; sa forme est presque ronde ; le petit canal qui la sépare de Tile la plus Est est profond et sans aucun danger. Celle-ci n'a pas Vs mille dans sa plus grande dimension; elle est très-découpée, fort étroite en cerlains endroits. Elle a plusieurs sommets cjui, de loin , ressemblent à autant d'ilôts , et dont le plus élevé peut avoir 40 mètres.

Ces îles offrant un mouillage assez sûr ; il faut se placer au S. de celle dû milieu , à 1 encablure , par 6 ou 7 brasses , ayant une amarre à terre et une ancre au large, vers le S. E. : le fond y est très-bon. On ne trouve de Teau sur aucune d'elles; cependant quelques cartes espagnoles marquent une aiguade à la partie Sud de la plus grande, dans un endroit où d'énormes rochers viennent aboutir à la mer. Leur sol granitique est recouvert d'une petite couche de terré végétale où l'on voit quelques plantes rabougries. On a essayé de les cultiver ; nous y avons vu le chaume d'un blé qui n'était pas très-ancien. L'ile du milieu était couverte d'un nombre prodigieux de petits escargots blancs qui avaient dévoré toutes les plantes vivantes. Sur la plus grande il y a beaucoup de figuiers de Barbarie. Les environs abondent en poissons et en coquillages. Les rochers qui sont exposés au N. sont couverts de moules d'une très-grosse espèce.

Le canal qui les sépare de la terre ferme est presque de 2 milles ; on peut y louvoyer sans crainte.

Notre séjour dans ces parages a été signalé par des calmes constants avec un ciel vaporeux et de fortes chaleurs, qui ont eu une grande influence sur la santé de l'équipage, car tout le monde a bord a été plus ou moins atteint de maux de gorge , de coliques et de migraines. Quelques auteurs anciens disent que les vents pénètrent rarement dans le fond du golfe où ces îles sont placées, et que les bâtiments marchands ont toujours craint d'y être entraînés par les courants, étant alors exposés aux attaques des embarcations de RifTa.

Nous voyons aussi sur les vieux plans des lies Zafarines, faits par les Espagnols, que les courants portent ordinairement àl'E., et qu'il faut atterrir plus à l'O. qu'elles ne sont.

POSraONS GÉOGRAPHIQUES

BBS PRINCIPAinL POINTS DE LA CÔTE DE l'aLGÉRIE» DÉTERMINÉES PENDANT LES

CAMPAGNES DU LotrCt.

N. B, Les signes O * in<liqaent les résultats obtenus par les obserTations du soleil et des étoiles; le signe A désigne les positions déduites de la construction.

NOMS DES LIEUX

Abuja (roche de la pointe)

Agua (cap del)

Alger (phare)

Areschqoul (île), point le plus élevé de Textrémité Nord...

Arzew (lieu des observations < )

Idem, le mflt du pavillon du. Fort.

Ashâq (roche peu élevée)

Berinshel (flot) *

Bone (minaret de l'hôpital) •

Idem (lieu des observations ' )

Bougaroni (pointe N. du cap)

Bougie (Goureya)

Gale Française (le moulin)

Gavallo (sommet conique du cap)

a, petit tlot près du cap Gavallo

GoUo (mosquée)

Collo(fle)

Golembi ou Paloinas (îlot)

Dellys (le marabout)

Dellys (roche N. 0.) ....«

Falcon (partie Est du cap)

Fégalo (sommet du cap)

Fer (îlot, cap de), lieu des observations à la partie Sud

Ferrât (petit sommet du cap).

LATITUDES N

LONGITUDES

* L« Itea dw obMrratioiif Mt laai^é lor tou W» plans particnlierf .

GÔTBS Di l'Algérie.

NOMS DES LIEUX

aftt««a

tàui iiiilii

Filfila ^roeher du cap) .

Fratelli (le grand).. . . . . . ^ • . »

Galite (île) (lieu des observations ^)

Idem, pic oriental

Garde (tour ruinée du cap de)

HabtbÂS (ftés), lieu de^s ^^i^vnliénb à la partie S. 0. ùé k

grande île ^ . . .

Idem, somïnèt de Ift ^nnte ite

Hagmiss (marabout du cap)

Hoftè (partit Nond da cap)

Itî {panie 1)1. D. du vap)

J4gelli <roG)ier è, lieu dès ébservations) SdMi ^n dios^ée) . . . . v

Aatasouria^ (s^nkmiet dé VH).

katifou {sèmnlèt Est d« tsp).,^ Mel>5-el4i'aftt (sommet du càp)^ « Mer^-el'Kébir <1e phare). . . , Milénia ^partie Nord tlu ibip). . .

Heélagaftem (le tot^

^èjgve {sommet \é phis étevé du tap)

^•è (ïàêoi).

I^eàbh <soiliimei pointu d'tiBè m<nitagne très-remarquable)..

PiflAn (^e)> lieu des obsetnHAio&s, à l'extrémité Ouest

ï>oiiite*8*è

BoM (piûrtte elearpée dv N. E. Hu cap)

Babunandre <dlm{^ qu N. %. du cap Gavallo).

Bckersckel {\t fort itt la presqu'île)

Serrât (matselon du cap) ^

SigU (winm^t Est du cop) .'

Sorelle (danger de h Gatite)...«

Srigina eu StoTa (île)

LATITUDES N

LONGITUDES

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