‹ Description nautique des côtes de l'AlgérieChapitre 32 sur 40 · JO · texte numérisé non relu

JO

^^^i^î^^Mdà

Oran */// ,t'.i2'!(>.à S miUf.i'

J'^fjrCru*.

r.ui.

connue. M. Garnier, lieutenant de vaisseau, à qui nous devons beaucoup de bons renseignements sur ces parages, Ta remontée, en juin 1832, jusqu'à 1 mille; il a trouvé 3 pieds d'eau à la barre , et ensuite 10 et 12 pieds sur un fond de sable. Devant Tembouchure, il y a un petit écueil. Sur la rive gauche, la côte est formée par des rochers bas et s'avance vers le N. à la distance de Vs de mille, formant ainsi une pointe à Tabri de laquelle les caboteurs peuvent se mettre. Les Maures appellent ce petit mouillage Mers-Djedja. On remarque sur la pointe une assez grande quantité de ruines qui datent des Romains.

Dans cet endroit, les terres qui avoisinent la mer sont un peu plus élevées que dans le reste du fond du golfe. Leur as-^ pect est fort triste; elles continuent à être ainsi, mais en di'^ minuant peu à peu de hauteur jusqu'à la baie d'Arzew. A 4 milles */2 de la Magta, on rencontre, sur le haut des collines, à peu de distance du rivage, des ruines de la ville d'Arzew, qui n'est aujourd'hui composée que de quelques misérables cabanes. La côte est d'abord formée par des roches pendant 3 mil* les environ ; ensuite, elle ne présente que des plages jusqu'aux magasins de la baie d'Arzew. Avant d'y arriver, cependant, on trouve une petite île plate, un rocher nu, très- voisin de la plage, appelé, ile Tujisme.

Baie d'Arzew 1.

La baie d'Arzew offre un excellent mouillage pour toutes les saisons aux l)âtiments ordinaires du commerce, et, en général, à ceux qui sont au-dessous de la force des frégates, parce qu'ils peuvent mouiller en dedans de la ligne qui joint la pointe du fort aux terres hautes dô Schelef. Dans cette position, ils sont à l'abri de la mer que soulèvent les vents de N. et de N. E. Les grands navires mouillent en dehors de cette ligne par 6, 7 et 8 brasseis, fond de sable : ils y sont bien pendant la belle saison seulement.

Autrefois, les bâtiments marchands s'amarraient à terre sous les falaises qui sont entre les magasins et le fort, ce qui était

* A 100 mètres des roches découvertes de la pointe du Fort, et dans le prolongement de cette pointe, se trouve une tête de roche qui n'est recouverte que de 10 pieds d'eau, et sur laquelle a touché un bâtiment à vapeur -en rangeant cette pointe de trop près.

trèS'Commode pour les chargements ; aujourd'hui, cela n'est plus possible, cette partie étant comblée par la grande quantité de lest en pierres qu'on y a jetée.

Pendant une longue station faite dans cette baie, à bord du Loiret^ M. Bravais a observé que les vents d*E. au N. E. et au N. régnent presque constamment, du commencement du mois de mai à la fin du mois d'août. La nuit fi fait calme : les brises du large ne se lèvent que vers dix heures du matin; elles sont quelquefois très-fraîches vers deux heures après midi, et y amènent une forte houle. Les terres de l'E. sont alors cachées par un brouillard vaporeux. En hiver, les vents de 1*0. au N. 0. sont les plus fréquents ; ils fraîchissent souvent après le coucher du soleil et sont dans le maximum de leur force de dix heures à minuit : leurs rafales sont moins fortes ici qu'à Oran. Lorsque ces vents sont établis, le sommet du cap Ferrât se couvre d'une panne de nuages»

La corvette de charge la Lionne^ en février 1835, a essuyé un coup de vent de N. dans cet endroit ; ce bâtiment s'est bien tenu sur ses amarrçs, quoique tourmenté par une grosse houle ; celle-ci Contournait la roche de la pointe du fort et venait se briser sur la plage du blockhaus ; elle causait ensuite, dans la partie Nord de la baie, un ressac qui empêchait toute communication avec la terre. Plusieurs embarcations ont été chavirées auprès des magasins. M. de Gornulier, enseigne de vaisseau, nous a communiqué ces derniers renseignements.

Les habitants de cette province sont accoutumés, depuis un temps immémorial, au commerce des blés avec lés Européens. On trouve tout autour de la baie un grand nombre de silos qui servaient d'entrepôt à tous leurs graine. En 1831, il y eut plus de cent bâtiments ^ui vinrent y faire leur chargement.

On remarque, à peu de distance de la plage, un très-bel emplacement pour la fondation d'Une ville ; s'il n'y en a pas aujourd'hui, il faut l'attribuer uniquement au manque d'eau douce; car celle qu^on fait à l'aiguade n'est pas de bonne qualité. Cependant, les ruines romaines qu'on y a rencontrées font supposer qu'il y a eu un établissement; on y a trouvé même les restes d'un aqueduc qui conduisait jusqu'au bord de la mer les eaux d'une source située vers l'O. dans l'intérieur.

Ce qui existe aujourd'hui aux environs de cette baie se réduit à un fort, un magasin et quelques maisons ruinées.

Cap Carbon.

Lorsqu'on se rend à ce mouillage en venant de TO., ei, qu'on côtoie à petite distance, il faut avoir l'attention de donner du tour à ille ti'Ârzew, à cause d'une roche cachée sous Teau, située à 1 encablure à TE. 33*^ N. de cette île. Dans cet endroit, la côte est bien dentelée et remplie d'un grand nombre de débris de roches; elle présente le même aspect depuis la pointe d'Arzew jusqu'au cap Carbon* On vient quelquefois mouiller à TE. de celui-ci pour se mettre à l'abri des vents d'O. et de N. 0.; mais il faut aussi ne pas le ranger de trop près, parce qu'il y a une batture de roches qui s'avance au large, à un peu^plus de 100 toises. Ce cap est la partie la plus Nord de cette masse de terres qui forme le cap Ferrât; il a un mamelon arrondi assez élevé, mais qui , dans certaines positions, le fait paraître isolé, surtout lorsqu'on est au N. O. à une grande distance. On remarque à son pied quelques ro-* chers isolés.

Entre le cap Carbon et le cap Ferrât, M. Preud'homme de Borre, capitaine du Castor^ en juillet 1842, a vu, en dehors de la ligne qui joint ces deux caps, une roche sous l'eau dont le sommet atteignait presque le niveau de l'eau. Il a vu aussi de& roches à l'O. du cap Ferrât.

Cap Ferrât.

A 2 milles plus à l'O. est un autre cap plus élevé que le pre^ cèdent, composé de roches, présentant une surface raboteuse et des coupes abruptes, qui paraît se rattacher aux plus hauts sommets de l'intérieur, et qui porte le nom de cap Ferraty nom qui doit aussi convenir au groupe entier des montagnes interposées entre la baie d'Àrzew et la baie d'Oran, puisque ce sont elles qu'on distingue le mieux quand on est en mèr à une grande distance. Le sommet le plus élevé, qui a 626 mètres de hauteur, est appelé sommet du cap F errata et sert de point de reconnaissance aux bâtiments qui fréquentent ces parages.

Ertlre le cap Ferrât et la pointe Abuja la côte se creuse ; elle présente dans cet espace des accidents très-variés, des éboulements, des falaises coupées, avec des couleurs qui donnent un air triste à tout ce qui avoisine la ûier.

Côtes de l'Algérie. S

P«iBt« Aboi*.

La poÎDte Abuja est formée par un amas de roches escarf)ée8 , presque eutièrement dépourvues de végétatioD, et ressemble dans certaines positiODS au cap Ferrai ; elle est tèrmiaée comme lui par uii sommet pointu. Elle a auprès d'elle., à lâ distance dé 1 encablure Vi Vers le N., ïiri rocher pyramidal d'eùvîron 54 ittètres de liaiiteàr, ^i ? été appëU Aiquitte par tes Européens, et Seb'a -Pharaon (pouce de Pharaon) par Ic Maures. De loin; cette ai^îHé resSeinblé assez à us bâtiment à la voîle ; elle parait inaccessible ; ou voU quelques ruches ct-ochues à sou pied. Aii â. de là pointe Aîi/ifia, «il irouïe une petîié Tjàie dans làqdelle on ^'eut mouiHér iiTCC les véiits d'E. ; Aiais, «niand ifs sont frais, 5>n doit s'attendre & y recevoir de fortes ràr^es.

Hontâene du Lioai.

^ ' Après l'avoir doublée, on Voit la cAte se diriger au S. et pals an S* S. 0> jnscia'à la pointe Canastel, où elle forme une b^e assez grande, qui est peu fréquentée, si ce n'est par les barques du pays. On y mouille avec les vent£ d'Est. Là ou est au pied de la montagne des Lions ou de Sainl-Augusiia, remarquable par sa forme, sa hauteur et sou isolement ; c'est une des reconnaissances les plus utiles pour les atterrages de cette partie de la cdte. Lorsqu'on vient de l'O. , son sommet se présente comme une table inclinée vers le S. ; il occupe alors un espace assez long. Vue du N., elle a. encore spn sommet àplaii; iriais quand on est à l'Ë. du cap Ferrât, elle change totalement d'aspect et prend une forme conique. Sa hauteur est de 615 hiëtresjx'eSt Une inOnlagne inculte et d'un aspect sauVagf rès dé la côte, depuis le cap Carbon,

senible -;, on y remarque de grands mouve-

ments ( ute raiaise paraît régner d'une ma-

nière g' loiate Canastel, et continuer bien au

delà^ I luiière partie elle est souvent coupée

par de: ;st un peu aiï S. de Canastel qu'elle

est ie ï é s'avance en même temps vers l'O.;

elle fa i|n coude ou un angle saillant, qui

s'aperçw.v . .w .w directions. Sa pointe elle-même est

formée par un mamelon isolé, inoins haut que la falaise, avec un sommet arrondi et des flancs trés-hachés. Toutes ces terres ont des couleurs liès-variéés et sont presque entièrement dé-

pourvues de végétation. Elles diminâent progressivement de hauteur jusqu'auprès d'Oran.

Oran*.

Au fopd dp grand enfoncement qui existe à TO. du cap Ferrât) il y a deux plages de sable entre lesquelles se trouve la ville d'Oran, bâtie sur les bords inclinés d'un ravin où coule une source abondante. La partie qui est assise sur la rive gauche de ce ravin est mal percée et ruinée en quelques endroits t c^est l'ancienne ville , celle qu'habitaient les Espagnols et gui fut détruite par le tremblement de terre de 1790. Sur la rive dr<:)ite sont la citadelle et la nouvelle cité.

Les bâtiments de commerce» pendant la belle saison, mouillent devant Oran par 8, 6 et 4 brasses d'eau, fond de sable. Avec les vents de N. E. , ils y sont fort incommodés par la mer. Ce mouillage es.t défendu des vents d'O. et de N. O. par la pointe du fort Lamouna, formée par des terres qui s'élèvent rapidement vers l'intérieur et sur lesquelles oa a bâti » dans des endroits presque inaccessibles et voisins de la mer, deux forts, celui de San-Gr.egorio et celui de Santa-Cruz. Ce dernier, qui est le plus haut , peut être regardé comme imprenable ; il s'aperçoit à une grande distance en mer ; le petit mamelon rocailleux sur lequel il est construit fait, avec l'extrémité d'une crête de montagnes qui vient de l'O. , une embrasure fort remarquable, encore bien plus facile à distinguer quand on est très-loin au large.

Le débarcadère est entre le fort Lamouna et la ville ; il est peu praticable avec des vents de N. £. frais, même pendant la belle saison. Lorsque les embarcations y sont surprises par ^e mauvais temps de cette partie, elles ne peuvent plus retourner à Mers-el-Kébir, et alors on les enferme dans une grande grotte qu'on a creusée dans la montagne, et où la mer entre par une ouverture pratiquée exprès. On ferme celle-ci avec une vanne dès que les vagues deviennent trop grosses. On a fait aussi dans le même endroit d'autres grandes excavations qui servent de magasins ; la roche y est très-facile à travailler. Cependant ces vastes souterrains ne présentent pas une garantie suffisante ; car il y a eu plusieurs éboulements depuis l'année

* Voir le plan da port d*Oran levé, en 1844, par la commission nautique de rAli^érie.

1831 , ce que l'on doit attribuer à la grande largeur qu'on a voulu leur donner.

A la pointe du fort Lamouna , la côte tourne à l'O., puis se courbe en remontant vers le N. ; elle se joint enfin au fort de Mersrel-Kébir , qui s'avance comme un môle vers TE. et forme ainsi le meilleur abri qu'on puisse trouver sur tout le littoral de l'Algérie. C'est aussi le seul port où les grands bâtiments séjournent pendant l'hiver. En disposant une cinquantaine de vieux canons sur les roches qui sont au pied du fort, on pourrait en amarrer environ vingt pour le mauvais temps, tandis qu'on aurait de la peine à en affourcher huit ou dix dans la baie; dans ce dernier cas on devra toujours employer des chaines et de longues touéesou empenneler les ancres ; car il est difficile de résister aux violentes rafales qui sortent des gorges des montagnes environnantes, et contre lesquelles il faut se précautionner, même pendant l'été.

Lorsqu'on ne veut pas s'amarrer à terre, on mouille ordinairement de manière à fermer la pointe Abuja avec l'angle du «fort, afin d'être à l'abri de la mer du N. E. Les vents de cette partie pénètrent rarement au fond de la baie, où Ton éprouve une houle assez forte. Il arrive souvent qu'un bâtiment qui vient du large, avec des vents frais de N. E., trouve du calme auprès de Mers-el-Kébir et se voit obligé de rétablir les voiles dont il s'était débarrassé.

Quand il s'agit de prendre le mouillage avec des vents de la partie de l'Ouest bon frais, on ne doit pas perdre de temps à louvoyer , mais plutôt mouiller après avoir rangé de près la pointe du fort et l'avoir dépassée d'environ 3 encablures. Bien entendu qu'il faut serrer le vent afin de se mettre en dedans le plus possible, parce que le fond augmente très-rapidement à mesure qu'on s'éloigne vers l'Est. Si l'on mouillait trop près de la côte Sud, on serait alors dans la direction du ravin principal , et par cela même plus exposé que dans tout autre endroit aux rafales, qui sont d'une violence extrême, surtout en hiver.

Le 26 décembre 1830 , le brick le d'Assoi a essuyé sur cette rade un coup de vent d'O. ; le commandant Pujol dit ne pouvoir mieux faire, pour en donner une idée, que de le comparer aux ouragans des Antilles.

Pendant l'été il arrive souvent que la brise d'O. N. 0. est fraîche à Mers-el-Kébir, tandis qu'à Arzew, dans le même moment, on voit souffler la brise solaire du N. N. E.

.il"'"

^^aJ^^^^^ ^i^à^^j:-^^ s. \

Phare tir .Wrr.r <•/ hchù- tiu •''. .'i.t' (Kti - iniJ/r.r

<af> f'a/t-on an J'.T.i" A'.,i - mt/A'.r

tl'f .ffrrj- fi Acfit/'

Ih' P/ntif

S^U^JL ■• j'.ilSi.^

<hp • f///a/r

(fnt.r /fot

.Ho.rai/a

Jf//a6ihajau « C. tli'.O. à jo mUie^r

> .-ri .j>^MrV^-<Txi^:J!iy^.J\ '^

.rS%^ -r^^-^^ .^-?-.

/A'.r //nAi/w.r, tv xonimt-f ,fe /,7 />/h.,' t/mn^ir nu .r ti,'0, ,i ^ nn/fc^^

Jift"'

ttu \ O'fl'/:. ,i .; utr//f'.r

ùjfi

I r-\ /^~^ir •"»•

iUl.

t '. l'crritt C. J'ti/ton ( " I.nuHÀr

au \. 3/ "E. à lô niiUe.f

( '. I fù/iiA'

< '■ /«;'//<//" au A' .■>.» " A', â j^ mi/fr.r

J{io I fa/a/t>

A rextrémité orientale du fort , se trouve le phare , petite tour carrée peinte en blanc, dont le sommet n'est qu'à 28 mètres, au-dessus de la mer. On a le projet d'y établir un feu; en attendant, le commandant de la station y fait mettre des fanaux lorsque le soir on* a aperçu quelque navire au large.

Il existait autrefois sur la côte Ouest une grande citerne destinée à fournir Teau aux bâtiments ; aujourd'hui on n'a plus que la ressource de la citerne du fort, qui est à peine suffisante pour la garnison. On est donc obligé de la faire à Oran, ce qui n'est pas toujours aisé. En général, les communications entre Mers-el-Kébir et Oran ne se fontpas sans bien des contrariétés. D'abord , la distance à parcourir est à peu de chose près de 3 milles; si l'on y va avec des vents d'E. ou de N. E. un peu frais, on peut trouver l'abo^rdage pénible, et même y être retenu, la mer étant trop grosse pour revenir avec des embarcations : si Ton part au contraire avec des vents d'O., ils fraîchissent ordiùairement au milieu du jour, et soufflent par fortes rafales ; il est difficile d'être de retour à Mers-el-Kébir avant le coucher du soleil. Dans le cas où ces derniers sont plus modérés, on revient à l'aviron, en rangeant la côte de très-près jusqu'au point où l'on peut mettre à la voile et atteindre le, mouillage de la bordée.

La baie de l^IerS-el-Kébir est entourée de tous côtés par. des. terres élevées; celles du S., appelées mon/s Ramérah^ sont fort remarquables ; elles forment une chaîne d'une hauteur uniforme dirigée de TO. à TE. , se terminant par l'embrasure extraordinaire dont nous avons déjà parlé, et une inclinaison très-rapide jusqu'à la mer. Celles du N. , ou plutôt du N. 0., beaucoup moins élevées , sont tout à fait stériles , remplies de rochers, et se- terminent à la mer par des coupes verticales. Entre ces deux chaînes, il y a une vallée profonde, étroite et tortueuse, où les vents s'engouffrent et produisent ces allernations de force et d'accalmie que Ton éprouve quand ils soufflent de rOuest. Le voisinage de ces montagnes est aussi là cause des calmes et des folles brises qui régnent sur la rade pendant le beau temps, tandis que les 'vents sont bien établis au large, et qui rendent souvent les appareillages difficiles, surtout pour les grands bâtiments.

Pointe Nord. *

Au N. 55° 0. du phare, à la distance de ^j^ mille, il y a une grosse pointe coupée à pic, qui a été appelée pointe Nord. La

côte après elle tourne vers le S. 0.» présentant toujours à la mer une muraille de rochers pendant l'espace de plus de t niiUe ; elle change ensuite tout à coup d'aspect et de direction , re* monte au N. O. vers le cap Falcon , et forme une baie trèsgrande et très-ouverte, bordée de sable et de falaises, connue sous le nom de baie de Lai^Aguadas, ou le duc de Mortemart débarqua en 1732 pour la reprise d'Oran, Derrière elle les terres ne sont phis élevées.

Gap Falcon.

liO cap Falcon est bas, divisé en deux pointes peu éloignées Tune de l'autre , et faisant entre elles un petit creux au fond duquel il y a un peu de sable. La pointe la plus Nord et la plus Est a un mamelon plus élevé que le restant des terres, ce qui, de loin , le fait ressembler à une ile. Les deux pointes sont environnées de quelques roches où Qots peu écartés.

Qap Lindlèi.

A rO. du cap Falcon, il existe une autre baie, plus profonde que celle de Las^Aguadas, bordée comme elle de piages et de falaises qui augmentent insensiblement de hauteur à mesure qu'oQ s'approche du cap Undlès. Gelui-ci est formé par des terres hautes dont les arêtes se dirigent vers Tintérieur et vont rejoindre la chaîne qui finit à Mers-el-Kébir. Il est bordé de rochers qui font seulement le contour ou la ceinture du cap.

Ae Plane *.

Vts-à*vis le QÛlieu de cette grande baie qui sépare les deu^L caps dont nous venous de pai*ler , ^ moius de 4 miljies, il y a un liot bas qui porte le nom de tle Plane. C'est u^ rodier qui parait plat en effet, yu de toutes les directions ; mais, lorsqu'on est desâus, on le trouve très-inégal ; jiji offre qijtatre ou cinq' sonunets aplatie, distincts eiitre eux, de hauteurs à peu pr^s égales ; sa plu$ grande dimension est dirigée de TE. à TO. ; H est ^touré de beaucoup d'autres rochers séparés, surtout M côté de rO. ; mais on ne connaît aucun danger dans les envi*

« Au N. de cette tle, U y aurait, au dire deç pécheHrg de corail, deux plateaux de roches sur Tun desquels il n'y aurait que 12 pieds d'eau. Le plus au làrfe serait à 4 milles de distance de Tile.

rpQ»^. Ail miliisu de Xom ces débris xocaUleux , on remarque dedx petits {H)ri;3y Tuo à TE., Ifàutre à TO. S. O., dans lesquels le9})ate^!i.fîeayejajt se .réfugier. YersleN. E. , op vojt un assez gjraiid espace d^eau circulmre presque fçrmé et semblable à un bassin. Cette Uê sert de refuge à une quantité considérable depervi^ers» qui y font leurs nids. JMI, BoUe et Bravais, -qui y ati^rdèl^ent ei;i ^^tembre 1833, en prirent l;5p jeunes dans Veapucé d'une heui^*

Du cap Lindiès au cap Fégalo » la direction générale 4e 1^ côte est à peu de chose preslç S. ().; les terres sont de moyenne hauteur, assiez .unifqrn^es^ presque toujours appuyées sur des roches au bord dé la mer ; on y rem^que peu de çû)!tures.lié cap Sigàle» le p^jJAt lé plussaiUaut qui e^s^e en^re lesdeux/ést peu élevé; mais on le rçcjcwuaU d^ càes blanches inclinées ^ui le ^terminent^ et ^ùi forniént deux tâches remarquables» Tunè grande, triangulaire; l'autre, à droite de celle-ci, petite, ayant son extrémité supérieure arrondie. Il a auprès de lui quelques rochers détachés, un gros îlot à environ 1 mille dans FO. S. 0., et dans le N., à 1 mille Vs» trois roches basses, noirâtres, rapprochées et couvertes de moules. M. Bravais y a rencontré .un courant de 2^ 2 qui portait dans TË. N. E. Ces roches repondent au milieu de l'ouverture d'une baie assez profondé qui se trouve à TÉ. qu cap Sîgàle; ou reconnaît celle-ci à ïa plage qui la Éorde presque eutièrément et au l^eàu vallon de rintérieur qui vient y aboutir.

Sfti.Biil^ibiis.

Au ]!I.63^0.de.ce eap,àladistançe de. 6 milles,, sept lea^Ues Hsd)ibas, environnées d'un gnuid upiplire de roçj^es isolées çt toutes disposées dans une ^yirectiQQ générale du "^^ £* au S. (). La jptmdie ilejest à^rext^émitë S.: Û. :. c'est ^ussi de ce côté que les petites roches s'avancent le plus a^ large , c'est-à-dire à environ 1 mille. Elle est encore la plus élevée, son piton S;v ayant 118 mètres. Celle du N. E. est basse et occupe en surface environ le quart de la première. Dans Tintervalle qui les sépare, il y a deux gros îlots bien escarpés qui rendent le passage très«étroit, mais navigable cependant pour les embarcations; iiousy avons trouvé des courants très-forts. Lés îles

Habibas sont au reste d'un aspect fort triste » on n'y trouve pas d'eau ; elles ne peuvent orfrir d'abri sûr que pour des bâtiments légers, ou plut&t des bateaux ; le fond est presque partout mauvais, surtout pour les câbles. Néanmoins, si Ton était forcé de s'y réfugier avec des vents frais d'O., de N. 0. et de N. N. 0., il faudrait mouiller à Vs de mille au S. £. du milieu delà grande ile, par 15 à 17 brasses, sur un fond de gravier, vis-à-vis une petite crique où se mettent ordinairement les barques du pays qui font le cabotage ; on pourrait même s'en approcher assez pour mettre une amarre*à terre.

On passe entre ces ties et la côte :'nous n'y avons pas vu de danger, ni entendu dire qu'il y en eut.

À quelque distance au S. O. du cap Sigale, la côte a un léger enfoncement, au milieu duquel se trouve une presqu'île trèsélevée, de forme conique, ayant de chaque côté une petite baie garnie d'une plage de sable, ce qui la fait paraître plus avancée et plus isolée. La baie du S. 0. parait la plus grande et la plus profonde ; c'est là qu'est le port connu des Arabes sous le nom de Madagh.

Mésaïta.

En contiliuant vers le S. 0., la côte s'élève, elle devient escarpée et présente du côté du N. une muraille de fer inaccessible; on y remarque un mamelon, appelé Mésaïta^ situé tout auprès de la mer, de manière à être vu de presque toutes les directions ; sa hauteur de 386 mètres surpasse celle des points environnants. Au S. de sa position, à un peu plus de 1 mille dans l'intérieur, il y a un autre mamelon tout à fait semblable, qui ne s'aperçoit que lorsqu'on est un peu au large.

Les terres s'abaissent graduellement àl'O. de Mésaïta, mais elles sont toujours défendues vers la mer par des rpches abruptes. Avant d'arriver au capFégalo, on trouve deux petites baies ayant chacune une plage, qiii paraissent assez bonnes pour de petits bâtiments. Dané cet endroit, les terres voisines de la mer sont basses et paraissent correspondre à un vallon qui se prolonge dans Tintérieur.

Cap Fégalo.

Le cap Fégalo est lin des caps les plus avancés de la côte, il est très-escarpé, presque taillé à pic ; son sommet paraît arrondi

de quelque côté qu'on le regarde. Il est séparé des terres de rintérieur par une écbancrure qui contribue à lui donner une forme facile à reconnaître.Cependant, comme celles-ci sont plus élevées que lui , il en résulte que, lorsqu'on le voit de face, c'est-à-dire au S. E., il ne se détache plus, et Ton a de la peine à le distinguer. Quand on le range de près, on remarque à son pied des couches basaltiques ou trachitiques qui affectent toutes sortes de direction. A TO. de ce cap, à moins de */2 mille, il y a un petit îlot ou plutôt un rocher noir à peine élevé audessus de Teau, composé de plusieurs assises arrangées en tuyaux comme les basaltes; nous n'avons vu aucun danger apparent dans les environs. Lorsqu'on le double, on s'aperçoit que la côte tourne à angle droit ver^ le S. ; elle forme d'abord une petite rentrée après laquelle on trouve cinq petites îles si voisines de la côte qu'on ne peut les distinguer que lorsqu'on en est très-près. On nous a dit qu'un bâtiment de guerre anglais, ayant des avariées à réparer, était venu mouiller en cet endroit pour se mettre à l'abri des vents d'E.

Les terres qui appartiennent à ce cap et aux environs sont d'un aspect fort triste, surtout celles qui forment les falaises de rO. jusqu'au Rio-Salatp. Elles vont en diminuant progressivement, et présentent de distance en distance des éboulements et des coupures de couleurs diverses , qui annoncent la plus grande stérilité. Au-dessus de ces falaises on voit quelque peu de végétation vers l'intérieur, mais il n'y a aucune culture.

Depuis le cap Fégalo jusqu'au cap Del-Agua, auprès des îles Zafarines, il nous a été difficile de nous procurer autant de détails que dans nos explorations précédentes, parce que nous n'avons pu trouver un bateau à louer. Aussi remarquera-t-on sur les cartes que, dans cette partie des côtes, il y a moins de sondes. Nous avons cependant profité quelquefois des reconnaissances faites dans des embarcations par M. Garnier, qui a toujours mis le plus grand empressement à nous communiquer les documents intéressants qu'il a recueillis.

Le Rio-Salato est à peu près à é^ale distance du cap Fégalo et du mamelon Oussa ; il est barré à son embouchure comme presque toutes les rivières de la côte de Barbarie. Cette embouchure est à l'extrémité N. E. d'une petite baie dont la pointe S. 0. s'avance beaucoup plus que l'autre. On peut mouiller devant; à la distance de 1 mille, M. Garnier a trouvé 15 et 18 brasses, fond de sable fin , et à 2 encablures, 7 bras-

ses Va* Mais il ne faudrait pas y rester avec des vents d'O. ou de N. 0.9 i cause de la difficulté qu'on aurait à doubler le cap Fégalô. Sur la partie N. E., ily a un petit groupe d'habitations^ parmi lesquelles deux sont construites en pierre. A partir de ce point, les falaises de là côte paraissent s'abaisser en allant vers le S. ; il y a derrière elles de vastes plaines à travers lesquelles on voit au loin, comme autant d'iles» plusieurs sommets de montagnes en forme de pains de sucre. Ensuite elles tournent à TO., presque à angle droit, ppur aller rejoindre le cap Oussa, embrass^apt ainsi une espèce de baie au fond de laquelle nous avons cru recoxuiaitré les ençibouchures de deux rivières.

Le cap Ous^a tient à une montagne isolée, voisine de la mer, et qu'on distingue à d^ ^andes distances. Cependant, quand on la voit du large dans la direction du S. E., elle est moins saillante, parce qu'elle se projette sur les {erres éloignées de l'intérieur, et qu'elle est dominée par elies.

Ile Arescbqottl ou Harchgoan.

A rO. du cap Oussa, à la distance de 7 milles, se tropve l'ile Al*eschqoul ou Harcbgoun, située au N. d'une petite anse bordée d'une plage de sable, où se jette la Tafna, rivière de Tlemecen, Cette ile est plus haute à sa partie Nord qu'ià son extrémité Sud ; sa plus grande longueur est d'environ Va mille dans le sens du méridien. Son élévation au-dessus du niveau de la mer est d'environ 60 mètres. On mouille à l'E. ou à rO., selon le vent, par 15 ou 20 brs^sses, sur un assez bon fond, mais de manière à appareiller facilement à la première saute du vent. Les petits bâtiments jpourraient peut-être 3e mettre à l'abri des vents du N. en s'gmarrant très-près, à la partie Sud oii vont ordinairement les barques du pays. L'intervalle qui la sépare du continent est d^un peu plus de 1 mille ^ ; il n'y a pas dé danger apparent, on y passe en rangeait de plus près l'Ile que la côte. L'extrémité Ouest de l'anse où se jettela Tafna est terminée par une grosse pointe entourée d*un grand nombre de rochers noirs dont le plus gros est aussi le plus éloigné vers le large. On le remarque à cause de la ma-

< l»900iiiètre8y d'aprèsles mesures faites par les officiers du g[énie ; 2, IpO, mètres, sur un plan lithographie et publié en mai 1836.

fl<,o'--

^ifX>

Ii^ife^-.>

.y.'.Vx"

liik-

( ' Xh'

^Jk

/. Art\ri'hifiUif au I ''. iXt^/'j. «/ 3 ' » ffulfcr

.«>»fS»"

:.£l>l■ali:^m--

Kiithour/nu'f tif ht 'litfiui

au N. 64, ". K ii tfi /«///<•.*•

/{' Và/ha

■ —. i»«'fV V^V^ '

au I ^ /«< " /','. n lu oiif/i'.r

< 'fif> /lonc

8if,t'

Page 1