LES CORDILLÈRES PRÈS DE L'ACONCÂGUA
Cordillères. Deux gorges étroites, celle du Rio de Guevas au sud et celle du Rio de los Patos au nord, séparent l'Aconcagua de la chaîne occidentale, qui passe à côté de lui à une faible distance. Il retombe lui-même avec des pentes très-escarpées du côté de ces gorges, mais envoie à Test de longs chaînons. Ceux-ci atteignent jusqu'à la vallée d'Uspallata et sont limités au bord de la plaine assez large de cette vallée par des sommets arrondis et isolés de porphyre. Un grand chaînon se détache du flanc oriental de l'Aconcagua, il prend une direction au nord et représente le prolongement de la chaîne orientale. Il est séparé de la chaîne occidentale, très-large en cet endroit, par une étroite vallée, dans laquelle le Rio de los Patos continue son cours au nord, et porte chez les indigènes le nom particulier de Cordillera de Tigre. Deux sommets puissants, qui atteignent jusqu'à la région des noiges éternelles (4800 et 4900 mètres), sortent de ce chaînon isolé et le désignent clairement comme le prolongement de la chaîne orientale. Ils sont en effet exactement sur la ligne de direction du Ccrro de la Plata et de ses compagnons. Ce sont les derniers sommets neigeux de cette chaîne orientale du côté du nord. Le Rio de los Patos contourne l'extrémité de co chaînon pour sortir des montagnes et se dirige au nord-ost, jusqu'à ce qu'il ait atteint le Rio de Gastauo, avec lequel il vient se réunir au Rio San-Juan. Le prolongement de la chaîne orientale est entre les deux rivières, il forme un groupe de montagnes coupées par de profondes vallées d'une élévation moyenne, mais assez larges. On lui donne le nom de Sierra de Castaîîo, et au nord un troisième prolongement de la même chaîne lui lait suite. Celui-ci est plus long et plus étroit et prend le nom de Sierra de las Lenas. 11 se prolonge au nord jusque près du grand plateau, dont il est séparé par la vallée du Rio Blanco. C'est là que les chaînes se confondent avec le plateau. Les trois chaînes isolées qui dans cette région constituent la chaîne orientale principale des Cordillères, c'est-àdire la Sierra de las Lenas, la Sierra de Caslano et la Cordillera de Tigre, sont très-rapprochées de la chaîne occidentale. Entre elles :1 n^existe qu'une vallée étroite, sans eatiaunord^ et dans laquelle
^208 SOMMET DE L\ CORDILLÈRE PRINCIPALE AU NCmD.
coulent au sud les deux branches, sources du Rio de Gastano. Ses richesses métal! urfiqut?s lui donnent cependant un grand intérêt et sont la source de l'activité qui règne dans la vallée, entre la Cordillère principale et les petites sierras non moins riches en minerais de la Cordillère latérale, dont nous avons déjà parlé à la pag.* 190, sous le nom de Sieri-a de Gualilan et Sierra Tontal.
Il nous reste encore à parler des passes qui traversent cette partie moyenne des Cordillères et à faire connaître les sommets les plus élevés de la chaîne occidentale au noi'd de l'Aconcagua jusqu'au Cerro de Polro.
Nous parlerons d*abord des sommets. Le plus proche de l'Aconcagua au nord est le Ligua, ou Mercedario d'après la carto de Pissis, déjà citée à la page :200. Des hauteurs de la Sierra d'L'spallata, il me paraissait comme un cône très-régulier, assez élancé et le sommet un peu émoussé. Il a le même aspect que beaucoup de volcans du désmt d'Atacama ou de la Bolivie, que tous les observateurs décrivent de la même fiiçon. Il est placé immédiatement au bord de la chaîne, comme le volcan de Côpiapô et le Cerro de Polro, et sa hauteur est plus grande. La carte de Pissis donne 0798 mèlres au Mercedario qui, d'après sa position sous le iH' de .lat S. correspond exactement avec notre Ligua, suivant la dénomination des anciennes cartes.
Un pou plus au nord (.M^ rî9'), on trouve sur les caries un pic de Chuapaou Cluiapri el plus au nord encore (31" de lat. S.)lepic de Limari. Tous deux man((uent sur la carte de Pissis el peut-élrc sont-ils un peu éloignés à l'est du la crête et n'ont pas été aperçus par lui. Mais toutes les ancii^nncs cartes indiquent avec précision le Liniari comm î le sommet le plus élevé de la contrée.
Après lui, au nord, vient le volcan de Coquimbo, sous It' 30" T)' de lat. S. Mais je ne trouve en ce point aucun sommet mai" (juanl sur les carhs que j'ai devant moi, et comme Meyen ne !•' cile(pr«in passant et hî qualifie de pelity son élévation doit rla' assez faible. Vient (Misuitt^ le Cerro Polro, déjà signalé (piigc li'-'^ souslei8 :U)'delat. S. '\
Quant aux passes des Cordillères, nous avons déjà parlé d'-
SOMMETS ET PASSES DESfCOllDlLLÈRES AU NORD. 209
deux plus septentrionales. La première est la passe de San-Francisco, que nous avons citée page 184 et décrite page 197. De Salla elle suit la vallée du Rio Guachipas, traverse le Gampo del Arcnal, soit au nord par la Laguna Blanca, soit au sud par Fiambala, et franchit le plateau des Cordillères pour arriver à Copiapô par la vallée de Paipote.
La seconde passe est celle que j'avais choisie par la Quebrada delaTroya, et dont j'ai donné une description détaillée. Elle conduit de Gatamarca et Tucuman à Copiapô.
La troisième passe porte le nom de Portillo de Corne Caballos et se trouve sous âS'* 9' lat. S. Sa route conduit de La Rioja à Copiapô, traverse la Sierra Famatina, s'élève par la gorge du Rio Jagué au plateau des Cordillères, en traversant la Quebrada Cortadera et la Quebrada de Pefion. En ce point elle se détourne au nord-ouest et rejoint la vallée du Rio Blanco à la cueva du même nom. Elle traverse le fleuve, s'élève sur le second plateau par le Rio Carnerito, et en atteint le bord au Portillo de Corne Caballos. Son altitude est d'environ 4080 mèties. La passe conduit àJorquera par la gorge du Rio Turbio,et à partir delà se confond avec mon itinéraire vers Copiapô. La route est roide et incom- , mode ; souvent on n'y trouve pas d'eau.
La quatrième passe s'appelle Pena Negra et se trouve sous 28' \i' lat. S. La route pail de San-Juan en remontant le Rio Blanco, nommé Rio Vermejo plus au sud, et traverse le plateau occidental des Cordillères sans toucher le plateau oriental. La passe est Irès-élevée (5585 mètres) et conduit dans la vallée du Kio Pulido, qui vient se jeter dans le Rio Copiapô à Juntas. On peut encore s'en servir en partant de La Rioja et en franchissant la Sierra Guandacol; mais alors il faut traverser aussi le plateau oriental des Cordillères, sur lequel on arrive par la difficile que- Ijmda du Rio Jagué Chico. On rejoint l'autre route à la Cueva de I^aslos Largos.
La cinquième passo conduit au bord des Cordillères dans la ^alléo (lu Rio Manflas, par le Portezuelo del Cerro de Potro, sous -^"30' lat. S. La route vient de San-Juan et se confond avec la
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