CHUTES DU PARANA
dont le niveau va se confondre avec celui du fleuve. Celte disposition me parait confirmer la loi de de Baer au sujet de l'action des eaux des fleuves sur leurs rives**.
Dans son parcours complet le Rio Paranâ a une longueur de 500 milles géographiques y compris ses sinuosités les plus grandes. Une moitié se trouve sur le Brésil, Tautre moitié en pays argentin. Il a une grande largeur, mais variable selon les lieux. Azara lui donne dans le tiers supérieur de la moitié argentine, à Candelaria, 933 varas (environ 2000 pieds), et après sa réunion avec le Paraguay, à Corrientes, 3500 varas (8600 pieds). Peu de temps après avoir atteint les limites du Paraguay et du Brésil le fleuve est coupé par des chutes et des rapides semblables ou encore plus forts que ceux qui empêchent la navigation dans sa moitié inférieure et qui rendent inaccessible la partie brésilienne en remontant depuis Tcmbouchure. Il perd ainsi la plus grande partie de son importance pour le Brésil. Cette interruption du chenal existe surtout près du 24* de lat. S. ; une autre chute se trouve cependant déjà plus haut sur le territoire brésilien sous 20*35'; elle est plus faible et mal connue. Azara qui l'a vue luimôme place la chute principale sous 24** 4' 27", et la nomme Salto de Conendiyu, du nom d'un cacique indien, ou Salto de Guayra, du nom de la province où elle se trouve. Avant le rétrécissement, le fleuve a une lieue de large, mais des rochers qui s'avancent des deux côtés le réduisent à 70 varas (à peine 200 pieds). Sa masse d'eau puissante doit passer par cette ouverture étroite, et s'y précipite avec une violence qui fait trembler le sol environnant. La chute n'est pas verticale mais inclinée sous un angle de 50°, et a seulement une difl'érence de 20 varas (54 pieds) du aiveau supérieur au niveau inférieur. L'eau écumante s'élève en une haute colonne de vapeurs que l'on aperçoit à plusieurs millesde distance, et dans laquelle se jouent les couleurs deTarcen-ciel pendant qu'elle change sans cesse de forme et retombe au loin en une pluie continue. On entend les mugissements du couï^nt à six lieues et on ne rencontre aucun animal et aucun oiseau près de la chute.