‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 154 sur 583 · PÉRIODICITÉ DES CHANGEMENTS DE NIVEAU DU FLEUVE · texte numérisé non relu

PÉRIODICITÉ DES CHANGEMENTS DE NIVEAU DU FLEUVE

Immédiatement au-dessus du sallo, le fleuve forme en se divisant en deux bras une grande île longue de trente lieues, à Textrémité méridionale de laquelle s'ouvre le Rio Lgatimi, que les Brésiliens revendiquent comme limite avec le Paraguay. Il faut s'embarquer sur cette rivière pour arriver à la cascade, parce que des forêts épaisses et sans routes rendent impossible tout autre accès. La Sierra Maracay, qui traverse le Paraguay au nord dans sa longueur, envoie ici vers le Paranâ une ramification peu élevée, qui se prolonge de ce côté vers le Brésil et borde les rives du fleuve sur une longue étendue. Azara nous apprend qu'il coule ici par un canal étroit, de trente lieues de long, et que ce rétrécissement est la cause qui amène la hausse des eaux audessus de la chute. Immédiatement au-dessous de celle-ci le courant a seulement iiO varas (250 pieds) de large et à l'embouchure du Curitibail n'a encore que 443 varas (environ 1000 pieds), en sorte que les rapides se continuent jusque-là et que l'eau du fleuve s'y précipite avec une impétuosité qui rend impossible toute espèce de navigation sur toute cette étendue. Le Rio Curiliba aussi y prend part, car lui aussi, deux lieues avant sa réunion avec le Paranâ, a une chute de 631/3 varas de hauteur et de 1531 varas de longueur.

Le Rio Paranâ fait encore un second saut plus petit plus loin au sud, sous 27*27' 20', près de l'île Apipé (à peu près 56' *î ouest de Greenw^ich). Un banc de grès y traverse le courant audessous du niveau de l'eau et l'élève un peu; mais cet accidenl est sans importance et n'arrête pas la navigation. Le passage est dangereux seulement pour les navires d'un tirage considéiiible. Cabot, dans son voyage en amont du Paranâ, remonta jusqu'auprès de ces rapides et rebroussa chemin sur les avertissements des Indiens de ne pas essayer d'aller plus loin ^.

Les eaux du Rio Paranâ sont toujours assez troubles et n'ont pas la pureté de celles de l'Uruguay. Elles éprouvent une >'ariation périodique dans la hauteur de leur niveau, mais sans obéir à une régularité aussi précise que celles du Rio Paraguay , parce que les sources du Paranâ sont alimentées à la fois par les pluies

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