DIFFÉRENCE ENTRE LES NIVEAUX EXTRÊMES
cours et de sa largeur considérable, surtout à l'époque des pluies où il submerge complètement la zone plate qui borde ses rives. J'ai eu occasion d'observer en 1858 une des crues les plus élevées qui aient été constatées depuis de nombreuses années, et je constatai que la différence entre le niveau le plus haut et le plus bas s'éleva à 18 pieds. Mais tout le monde m'assura que depuis 1827 on n'avait pas vu une crue aussi considérable, et qu'elles sont très-rares. D'ordinaire la différence entre les deux niveaux ne dépasse pas 12 pieds, et même ce chiffre n'est pas atteint tous les ans, mais se borne souvent à 9 ou 10 pieds. •
On comprend que la profondeur du chenal dépend du niveau du fleuve, et que par suite on ne peut donner aucune indication précise sur elle. Le chenal navigable principal est toujours placé plus près de la rive escarpée que de la rive plate, et il foiiiie un véritable canal que les grands navires ne peuvent pas quitter sans danger. Cependant les navires de guerre peuvent remonter jusqu'au Paraguay. J'ai vu moi-même passer près de moi une petite flottille de guerre des Américains du Nord durant mon séjour à ma quinta sur la rive du Parana. En dehors de ce canal le fleuve est en partie très-plat, et les navires qui ne le connaissent pas courent danger de toucher le fond ; aussi les grands navirt^ étrangers ne s'y aventurent jamais sans pilote. J'ai vu un navii-ede guerre du Paraguay échoué au milieu du fleuve sur un banc de sable (Reise^ I, p. 359). Les navires qui tirent 12 pieds et au delà peuvent remonter jusqu'au Paraguay, mais en se tenant uniquement dans le canal profond. Des bancs de sable se forment souvent en peu de temps et changent le chenal. Le fleuve dans ses fortes crues déracine de giands arbres sur ses rives, les entraîne plus ou moins loin, puis les laisse tomber au fond, et donne ainsi lieu à la formation de nouveaux bas-fonds.
En ce qui touche les rives du fleuve, nous avons déjà fait ressortir la distinction principale des berges élevées et des berges plates. Les premières sont toujours des talus esc<irpés entièrement nus, que le courant affouille souvent, faisant tomber ainsi le> parties supérieures. Sur les navires à. vapeur dont le mouvement