‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 157 sur 583 · CARACTÈRES DES RIVES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES RIVES

rapide rejette l'eau avec force contre les rives, on voit souvent de ces écroulements, mais seulement sur une petite échelle. Les tempêtes violentes qui de temps à autre se déchaînent sur le grand couinant en entraînent des surfaces plus grandes. Les bords supérieurs de ces rives escai^pées ont d'ordinaire une simple couche d'herbes pour revêtement. On y voii rarement des arbrisseaux, et dans les deux cas on distingue sans difficulté la terre grise de la période alluviale mélangée avec l'humus, du lehm gris jaune rougeûtre du diluvium. La première couche dépasse rarement 2 pieds d'épaisseur, la seconde en a ordinairement 30 à 40 et au delà. Dans le Paranâ inférieur il n'existe aucune espèce de buissons sur ces berges élevées ; mais dans la partie supérieure on en voit au contraire très-souvent.

Les bords plats des rives portent toujours une végétation fraîche, mais en général on n'y voit pas d'arbres élevés. Sur les îles de l'embouchure prédominent des saules arborescents vigoureux (Salix Humboldtiana Willd.). Les marais plats situés plus au nord ont une végétation mélangée qui se développe rarement en arbres vigoureux et consiste surtout en arbrisseaux de 15 à 20 pieds de haut, parmi lesquels un des plus remarquables est le seybo {Erythrina crista galli) avec ses belles grappes de fleurs rouges. Enire les plantes ligneuses élevées croissent partout des joncs et des herbes succulentes peu élevées, mais rarement pourvues de belles fleurs; les plus fréquentes et les plus jolies sont une espèce de Canna et une Sagittaria. Comme le fleuve submerge tous les ans ces marais î\ Tépoque des hautes eaux, il en entraîne beaucoup avec lui, creuse des canaux dans les parties basses, et forme ainsi des îles qui accompagnent ses rives en grand nombre. Celles-ci peuvent aussi avoir pour origine des bancs de sable qui se forment môme devant la rive escarpée lorsque la végétation s'y implante à l'époque des basses eaux, en leur donnant ainsi une plus grande solidité. Il est vrai que le fleuve détruit souvent de nouveau ces obstacles à son cours. Après la haute crue de 1858 j'ai vu en beaucoup d'endroits des rangées de grands arbres tous la tête tournée vers la terre et les racines pan-

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