LARGEUR DU FLEUVE
dantcs dans le fleuve qui les avait renverses ainsi. Lorsque la baisse des eaux arrive, ces arbres se dessèchent, leurs dernières racines encore fixées se pourrissent, et à la première nouvelle crue ils sont arrachés et entraînés par le courant, et vont contribuer à la formation de nouveaux bas-fonds. Ceci s'applique surtout aux entrelacements épais de plantes qui se forment dans les canaux entre les îles des marais, jusqu'à ce que les grandes eaux viennent les soulever et les entraîner, ce qui a lieu à chaque inondation importante. A Tépoque de la grande crue de 1858, j'ai vu plusieurs de ces îles flottantes descendre le fleuve, quelques-unes même étaient habitées. Un cerf était sur une des phiî: grandes, à moitié submergé, et paraissait nous regarder avec surprise en nous voyant passer avec le bateau à vapeur. Des animaux de proie, comme les onces {Felis unca), sont aussi entraînes sur ces îles. A l'époque de la môme crue plusieurs de ces animaux furent poussés à terre près de Rosario, et capturés^*.
La largeur du fleuve, on le comprend, varie autant que sa profondeur, surtout lorsque des îles le rétrécissent. Dans les endroils complètement libres, comme au-dessous de Diamante, où les deux rives restent longtemps plates, il a un mille géographique de large, mais c'est la plus grande largeur de tout son coui^. Dans rétendue de Paranii à Corrientes il ne dépasse nulle pari un demi-mille géographique, et est souvent plus étroit ; au-dessus de Corrientes jusqu'aux rapides il n'a plus cette largeur, elilse réélargit de nouveau seulement près de sa jonction avec le Paraguay. Au-dessous de Rosario il devient plus étroit à caust^ du grand nombre de sinuosités et d'îles de son cours. H se divise ensuite, à San-Pedro, en deux bras principaux qui divergent à l'est et au sud-est, et bientôt forment, par de nouvelles ramilications, un delta composé d'îles innombrables pai' lequel le Paranâ se jette dans l'estuaire de la Plati. La principale embouchure située au nord porte le nom de Paranâ Guazu, celle du sud celui de Parana de las Palmas. Les antres sont insignifianlos et en partie n'ont pas de noms particuliers. La première est le c mal le plus profond et le plus largo, !a seconde le plus étroit cl le moins