QUANTITÉS DE PLUIES DU BASSIN
Pilcomayo, est soumis à un changement de niveau annuel. Ce changement est produit par les pluies violentes d'été qui tombent 5ur les régions orientales des provinces de Salto et de Jujuy. Elles déterminent une différence moyenne de 15 pieds entre le niveau le plus bas et le plus élevé. Ces pluies commencent avec assez de régularité à la fin du printemps, en octobre, et durent du mois de novembre jusqu'en mars. Elles ne tombent pas tous les jours, mais recommencent après de courtes pauses, de sorte que sous leur influence les rivières et ruisseaux de celte contrée se gonflent beaucoup et atteignent leur niveau le plus élevé dans le cours de l'été. Dans la partie météorologique de cet ouvrage, je donnerai plus de détails, en m'appuyant sur mes observations personnelles à Tucuman.®' Pour le moment, il suflît de dire que les pluies sont apportées par l'alizé humide du sud-est, dont la vapeur d'eau se condense sur les hauts sommets neigeux des montagnes voisines, et tombe sur les plaines et les vallées en avant de ces sommets. Les régions des provinces de Salta et de Gâtamarca placées à l'ouest ne reçoivent rien de ces pluies bienfaisantes. Le courant humide arrêté et rafraîchi par ces sommets se condense en eau, et ne peut plus atteindre jusqu'à ces régions situées à l'ouest. Telle est l'origine des districts stériles et presque déserls du Despoblado et du Gampo dol Arenal, ainsi que de la plaine située à l'ouest du système de l'Aconquija et qui, par sa position, est condamnée à une sécheresse permanente.
11 nous reste encore quelques détails à donner sur le cours inférieur du RioDulce. Jusqu'au-dessous de Santiago la rivière est limpide, roule des eaux claires et coule sur un lit de galets. A la suite des pluies violentes qui se déversent sur la région de ses sources, elle se gonfle tollementqu'elle inonde de larges surfaces et devient même menaçante pour la ville située dans un bas-fond sur la rive occidentale •^ Elle déplace son lit, mais devient si bas lorsque les pluies ne la gonflent plus, qu'on peut la traverser sans danger avec des chars lourdement chargés. J'ai passé ains; cette rivière le 2^ juillet 4859, une demi-lieue au-dessous de Santiago (voy. Reise II, p. H2).