COURS INFÉRIEUR OU RIO SALADILLO
A environ dix lieues au sud de Santiago, le Rio Dulce atleintle bord de la steppe salée, et ses eaux se chargent de ^el. II cliangc alors de nom et n*est plus connu que sous celui de Rio Saladillo. Autrefois il n'entrait pas en contact avec le sol salé au même degré qu'il le fait aujourd'hui. En 4825, après une grosse crue, la rivière abandonna son ancien lit, situé plus à Test, plus près du Rio Salado, et passa par-dessus ses berges à l'ouest, inondant tout le bas-fond de la plaine situé de ce côté. Il se fragmenta en de larges bassins réunis par des canaux étroits, et depuis lors conserva cette nouvelle disposition, abandonnant son ancien lit sur une étendue de plus de vingt-cinq lieues. Cette étendue se trouve entre les 28' et 29* degré de lat. S., à côté des villages indiens de Lorcto, Atamisqui et ^Salavina, qui, privés de l'eau de la rivière, devinrent encore plus misérables qu'auparavant. La région environnante, comme je l'ai dit, est un prolongement du désert salé central, et comme lui est seulement à 400 pieds audessus du niveau de la mer. Au-dessous de cette étendue la rivière rentre de nouveau dans un lit unique, et forme un cours d'eau fermé et indépendant, avec des rives assez basses. Elle ne roule plus de cailloux, et est bordée de plantes halophiles (une Salicomia) qui couvrent quelquefois ses berges plates sur de larges surfaces. Je l'ai traversée dans cette région à la Posta del Monte. En cet endroit le Saladillo s'infléchit plus à l'est et atteint un autre bas-fond, où l'on retrouve des traces d'un ancien litqui le conduisait probablement jusqu'au Salado. Actuellement la rivière ne suit plus cet ancien bras oriental , mais va se perdre dans un grand marais, dont le milieu est occupé par une nappe d'eau ouverte, la lagune Porongos. Avec la faible inclinaison du sol dans cette contrée, son eau s'écoule très-lentement et perd beaucoup par l'évaporation ; le tronc principal lui-même se divise en [)lusieurs bras parallèles qui rampent lentement avec des contouis plus ou moins sinueux dans la plaine et sillonnent le territoire de la nation des Abipones ^* jadis célèbres, aujourd'hui disparus. Mais ce tciTain n'en retire aucun bénéfice à cause du sel contenu dans ses eaux. En dehors de quelques petits poste:?,