‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 180 sur 583 · RIP. ARC. — I · texte numérisé non relu

RIP. ARC. — I

490 LE HIO SEGUiNDO ET LE HIO TEUCEllO.

cascade, ensuite San-Antonio, Cosquin, Rosario, et atteint le village de San-Roque. Il rencontre dans ce village le bras méridional plus court (|ui sort par cinq petits ruisseaux de la Sierra Achala située en face, tandis que la branche nord recueille les affluents qui viennent de son côté. Une fois hors delà montagne, la rivière décrit un arc peu étendu, se tourne ensuite un peu au sud, puis aussitôt à l'est, passe à Cordova avec une direclioii légèrement au nord, et coule à Test dans la plaine où elle va se perdre dans un marais situé au sud de la lagune Porongos, el nommé Mar Chiquilo.

2. Le Rio Segundo se forme des nombreux petits ruisseaux qui descendent soit de la Sierra Achala dans le prolongement de la Punilla, soit de la pente orientale de la Sierra del Campo ou Chica, comme on la nomme dans cette région. Les premiers se déversent dans la branche principale du Rio Segundo, ei tirenl leurs noms des localités qu'ils traversent : del Portreroet de lus Realcs pour le plus au nord et lo plus au sud, et entre eux le Rio Medio. Le cours réuni de ces ruisseaux coupe la Sierra del Campe, et une fois dans la plaine reçoit, du nord, le Rio Anisacate sur le bras latéral duquel se trouve la belle estancia Alta Gracia, du sud, le Rio de los Molinos. Le Rio Segundo traverse ensuite la plaine à Test, en décrivant un arc très-fort au nord-est, se rapprochant ainsi très-près du I»io Primero. Il'coule parallèlement à ce dernier à l'est-nord-est et se perd également dans un marais, la lagune de Chipeon, au sud de la précédente, avec laquelle elle est reliée par un faible canal.

3. Le Rio Tercero est le plus grand des cours d'eau de ce système, et le seul d'entre eux qui se déverse dans le Rio Parana. Il lire sou origine de nombreux ruisseaux, tels que le Rio de los Siiuces. le Rio Qniyinso, le Rio Manzano, le Rio Durazno, le Rio S;mla- Rosa, le Rio Sauce, enti-e les deux chaînes de la Sierra Cordova, au sud du précédent, sous 32" 10 à >M)', el leurs cour8 réunis traversent la chaîne orientale sous le nom de Rio Grande. Audessous du village de San-Augustin il fuit une cascade, puis ensuite à sa sortie de la montagne traverse le village de Sallo,au

LE RIO CARGÂRANAL. 291

delà duquel il prend son nom de Rio Tercero. Près de ce village il reçoit un affluent du nord, et se dirige ensuite à peu près directemcnt à l'est avec une légère inclinaison au sud jusqu'au-dessous de Frayle Muerto (San-Geronymo). En cet endroit le Rio Tercero s'infléchit au sud, pour se retourner ensuite au nord-est en décrivant un grand arc, et avec cette direction il vient rejoindre le Rio Paranà, dans lequel il se jette sous le nom de Rio Carcaraflal à l'extrémité des hauteurs qui bordent la berge occidentale. Dans celte partie inférieure, il reçoit le prolongement du Rio Quarto, sous le nom de Rio Saladillo, près d'une misérable localité du même nom. C'est à partir de cette jonction que la rivière prend le nom de Carcaranal. Au-dcssons du Saladillo elle reçoit encore un second affluent du nord, l'Arroyo de las Torlugas, qui trace les limites entre les provinces de Santa-Fé et de Cordova. Ce tributaire sort des bas-fonds marécageux où se perdent le Primero et le Segundo, et constitue ainsi leur déversoir dans le Rio Tercero. C^lui-ci roule une assez grande quantité d'eau, est profond, difficile à passer à cause du fond vaseux (Voy. ReisCy II, p. 45) et bordé de berges élevées et escarpées qui le rétrécissent. Le Carcaranal aussi a des rives élevées, et on pourra bientôt le traverse!' sur un beau pont, ce qui n'était pas toujours possible auparavant. Celte partie inférieure de la rivière est navigable pour les petits bateaux, et a été parcourue de bonne heure par des yachts non pontés jusqu'au Saladillo. Mais depuis que le chemin de fer de Ilosario à Coidova est construit, il a absorbé tout le transport des marchandises en sa qualité de moyen de transit plus rapide, plus commode et moins coûteux. Cette partie inférieure, depuis l'embouchure du Saladillo et même nu-dessus, roule de l'eau salée et ne peut s'utiliser pour les cultures qui y manquent totalement. A Tenibouchure même du Carcaranal, où Cabot avait construit sou fort de San-Espiritus, il n'existe aucun éUiblissement, et il faut descendre plus au sud, le lonjr du Rio Parana, pour rencontrer le beau couvent de San-Lorenzo, avec les ([uelques maisons des habitants du village situé en dehors de ses murs. Mais la partie supérieure du Rio Tercero, entre le Saladillo et Villa Nueva, est une

29i LE RIO CUARTO.

jolie contrée, bien peuplée, avec de belles forêts qui accompagnent la rivière jusqu'au pied de la sierra, dans le voisinage de laquelle elles s'étendent jusque dans les bassins du Rio Segundo et du Rio Primcro. Cette contrée a pris un grand essor aujourd'hui qu'elle est traversée par le chemin de fer qui suit la rivière depuis la courbe au-dessous de Fi-ayle Muerto jusqu'à Villa Maria, en face de Villa Nueva. H traverse la rivière à quelques milles de Rosario,plus loin l'Arroyo de las Tortugas, rejoint le Rio Tercero au-dessus du Saladillo, pour le quitter de nouveau à Villa Maria, court en ligne droite à Cordova, et traverse au village de Pilar le Rio Segundo qui en cet endroit a un lit assez large. A Villa Maria est l'embranchement de Rio Cuarto, qui plus tard doit être prolongé jusqu'à San-Luis, San-Juan et Mendoza. Pour le moment on travaille au prolongement de Cordova à Tucuman et à la frontière de Bolivie '^

4. Le Rio Cuarto sort par plusieurs ruisseaux de l'extrémité de la Sierra Achala, des contrées au nord de la petite ville d'Achiras (ReisCy 1, p. 153). Le plus au nord de ces ruisseaux, nommé Arroyo de las Barrancas, naît très-près des sources du Rio Tercero; le plus au sud prend le nom de Arroyo de Piedra Blanca. Ils se réunissent tous près d'Achiras, et constituent un cours d'eau d'un débit médiocre, mais dont le lit large décrit de nombreuses sinuosités et se dirige à l'est-sud-est, où je l'ai traversé dans la petite ville de Rio Cuarto. La rivière y charrie encore des cailloux roulés qui disparaissent plus loin de la sierra. Son débit d'eau s'affaiblit bientôt et les établissements voisins l'utilisent. Plus loin elle se perd, comme le Rio Saladillo, dans une série de marécagos au delà desquels le courant ne se prolonge qu'après les pluies violentes. Le bas-fond dans lequel elle aboutit décrit un arc prononcé au nord-est et la contraint à l'y suivre, ce qui ne se réalise que lors des fortes eaux. Elle rejoint alors le Rio Tercero au village de Saladillo. Mais cette partie inférieure de son lit, qui se trouve dans une contrée» déserte, sans végétation et salée, est ordinairement à sec. Dans mon voyage, lorsque je traversai son lit, je n) trouvai que des flaques isolées {Reise^ l,p. 140).

LE RIO QUINTO. î293

5. Le Rio Quinto ne descend plus de la Sierra de Cordova,mais de la Sierra de San-Liiis, à Textrémité orientale de laquelle il naît dans la gorge profonde du nom de Canada Honda qui sépare au sud le massif principal de la montagne des chaînes latérales et de leurs contreforts. Les mines d'or de Garolina sont situées à l'extrémité supérieure de cette gorge, au-dessus des sources du Rio Quinto. La rivière se dirige d'abord au sud, mais se détourne bientôt au sud-sud-est et plus taid au sud-est. Dans son cours supérieur où je l'ai traversée, on trouve des cailloux roulés semés dans un large lit qu'elle sillonne en serpentant, divisée en plusieurs petits bras, ce qui prouve qu'ellepeutdevenirimpétueuseàcertains moments dans les fortes crues. Plus loin, au sud, elle pénètre dans les plaines sans fin des Pampas, et tombe dans une dépression semblable à celle du Rio Cuarto, mais plus grande. Elle y forme un marécage allongé, avec des lacs, des dunes de sable et de jolis bois qui s'étendent au sud et qui feraient de cette canada un excellent district de colonisation si les menaces perpétuelles d'attaque des Indiens des Pampas n'y mettaient obstacle. En continuant son cours au sud-est, la rivière va enfin se perdre dans la lagune Amargo ou Juncal, sous 34" 50' lat. S. et Gi" de long, ouest de Greenwich. La dépression se prolonge cependant encore plus à l'est, avec des marais et de petits lacs semés çà et là. Sous la lorme d'une contrée humide appelée Banados par les indigènes, elle s'étend parallèlement au Si' de lat. S. jusqu'à la limite de la province Je Buenos-Ayrcs, où elle reparaît avec de nouveaux lacs et forme le point d'origine du Rio Salado, que l'on pourrait considérer comme le prolongement du Rio Quinto.

Outre ces cinq grandes rivières, la Sierra Cordova et ses annexes donnent encore nais^^ance à une quantité de petits ruisseaux qui ont tous le même caractère, à savoir d'être pauvres en eau et de se perdre dans la plaine après un cours peu long. Nous indiqueions ici sculoment leurs noms en y ajoutant leur origine et leur direction, qui l'une et l'autre les rattachent au système hydrographique central. Nous les pailagerons, d'après leur direction principale, en ruisseaux du nord, de l'ouest et du sud.

^i RIVIÈRES VENANT DU NORD.

Au nord il en coule deux qui prennent leur source sur le versant nord-ouest de la Sieria de Cordova.

Le premier est TArroyo de Cruz del Eje, véritable sj^tème de petits ruisseaux qui sortent des gorges à Textréniité de la Sierra Achala. Ils se réunissent en un cours unique qui traverse lo village dont il porte le nom.

Le second coule au nord en sortant de la large vallée cntro la Sierra Achala et la Sierra Serrezuela. Il tire son nom du village de San-Carlos qui est au milieu de la vallée, à Textrémité supérieure du ruisseau.

Les petites rivières qui prennent leur origine entre la Sierra de Cordova et celle de San-Luis se dirigent à Touest et au nordouest. La plus importante est une rivière peu longue près de l'extrémité supérieure de la Sierra de San-Luis, et qui se forme de deux branches dont celle du nord s'appelle Rio San-Pedro, celle du sud Rio Conlare. Elles se réunissent à leur sortie dans la plaine et s'y terminent sans prolonger plus loin leur cours. Le Rio San-l*edro reçoit l'Arroyo de San-Lorenzo et celui de Mina Clavero. Olui-ci sort de la Sierm Serrezuela, l'autre de la Sierra Achala, et après de lui une soiu*ce theimale qui est utilisée pour les bains. Le Rio Conlare lire son eau aussi bien de la Sierra Achala que de la Sierra de San-Luis; il reçoit de cette dernière les ruisseaux de Piedra Elança et Uyaba, de la première ceux de Rena, Dolores et Santa-Rosa.

Plus loin à l'ouest la Sierra de Sîin-Luis envoie au nord-est, dans la plaine, deux petits ruisseaux qui s'y perdent bientôt, Ipui^ eaux étant absoibées par l'évnporation et les infiltrations dans 1^' sol poreux des steppes salées avoisinantes. Olui du nord emprunte son nom au village de Quinez, celui du sud, un peu plus fort, au village de San- Francisco.

Les ruisseaux qui descendent des montagnes centrales en se dirigeant au sud sont plus nombreux.

Nous citerons d'abord l'Arroyo de Chorillos, près duquel se trouve la ville de San-Luis et qui, dans les années pluvieuses, arrive jusqu'à la lagune Bevedero.

Page 1