LES FLEUVES DE PATAGONIE
Ces fleuves sont mal connus et n'ont pas tous été explorés à nouveau dans les temps récents. Non-seulement la région de leurs sources, mais encore tout leur cours inférieur se trouvent en possession des hordes indiennes, et les Européens ont pu, jusqu'ici, se fixer d'une façon stable et durable seulement à l'embouchure des plus grands. 11 n'est donc guère possible d'avoir des informations certiiines sur leurs sources et leurs cours. Ce que nous en savons repose sur d'anciennes relations et manque de bonnes gaianlios. Xos descriptions devront donc se borner à résumer brièvement ces informations, puiscjue nous n'avons eu aucune occasion de les contrôler par nous-méme.
I . Le Rio Coloi-ado, nommé par les Indiens Mugueleu Leufïi, sort près du. "35' de lat. S. du versant oriental des Cordillères par deux sources qui portent les noms de Rio Grande et de Rio de las Barrancas, et se léimissent sous 69" W longitude ouest de Greenwich. Le premier est le plus riche en eau ; il se forme de six petits ruisseaux qui viennent des environs du volcan Petroa jusqu'au Paso de las Dumas ".La source la i)lus élevée, qui coule du nord, s'appelle RioTordillo, nom qur porte aussi tout le cours supérieur de la rivièie, j)nis(|ue le Rio Tordillo reçoit de Test à Touest les cinq autres ruisseaux, le Rio del Cobre, le Rio Santa- Helena, le Rio de las Vncas, le Rio do las Penas et le Rio Valenzuelo. Ce dernier vient directement du volcim Petroa (^3675 mètres) et reçoit des aflluenls du Cerio Colorado (âiWi mètres).
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deux pics couverts de neige qui dominent ici la crête des Cordillères haute de 2250 mètres. Le Rio Grande formé par ces six sources est au point de jonction à 4630 mètres au-dessus du niveau de la mer, et a 20 mètres de large. Il coule entre des berjres escarpées nues, hautes de 8 mètres, et n'entretient aucune végétation près de son cours, mais alimente çà et là des prairies et do bons pacages. Après la jonction avec le Rio de las Barrancas, qui sort sous Sb*" 50' du Cerro del Campanario par trois sources, el comme le Rio Grande coule à Test-sud-est, le fleuve devient considérable, et les Indiens TajDpellentle Grand (Gobu-Luebù) .11 suit la même direction à travers les steppes dePatagonie, et rencontre les hauteurs de Ranca Mahuïda qui Tobligent à décrire un arc au nord jusqu'à ce qu'il les ait contournées sous le 37* de lat. S. H s'infléchit alors rapidement au sud-sud-est, plus loin au sud-est, direction avec laquelle il atteint l'océan Atlantique sous le 40* de lat. S., et y débouche par deux bras à côté d'un grand delta. Tout le cours inférieur est au pouvoir des Indiens ; aucun établissement n'y existe, pas même à l'embouchure . aussi est-il inconnu. Quelques postes militaires avaient été établis autrefois à Tembouchure, mais ils sont actuellement abandonnés.
2. Le Rio Negro ou Limay-Leufû des Indiens. Les sources do ce fleuve embrassent une étendue de terrain beaucoup plus grande que celles du précédent, et se développent de ^lO* :W lat. S. jusqu'à 41". Klles se rassemblent en deux branches principales, au nord le Rio Neucjuen, au sud le Rio Valcheta qui porte déjà aussi le nom de Rio Negro ou Limay, et est considéré comme la source principale du cours commun. Ils se réunissent sous 39* 10' en un courant unique qui fait d'abord un arc à Test, coule ensuite au sud-est à travers les plaines patagonnes, et débouche dans l'océan Atlantique à peu près sous il* 2'. Ajoutons que, assez près du milieu de son cours, le fleuve se divise en deuxbras qui entourent la grande île deChoelechel, et nous aurons fait connaître tout ce que nous en savons avec certitude. Son embouchure dans rOcéan est simple et large, mais obstruée par une grande barre que l'on peut franchir avec sécurité seulement p;ir les veni?
LE RIO CHUfiUT. 309
favorables du nord-est. A 5 milles au-dessus de l'embouchure se trouve le village d'El Carmen sur la rive septentrionale, et en l'ace sur la rive méridionale celui de Mercedes. Ce sontdeux assez pauvres établissements dont le territoire est limité à quelques milles dans les environs. La vallée de la rivière, qui est quelquefois assez lai^e, a des prairies et des bosquets de saules arborescents ; le reste du pays est une steppe inhospitalière comme nous l'avons décrit antérieurement '•. — Les deux sources coulent dans des goi^es profondes avec des parois escarpées, et ont un courant assez impétueux. Elles reçoivent leurs nombreux rùis-
seaux tributaires des Cordillères, dont ceux qui viennent du sud sont en commimication avec de grands lacs au pied des montagnes. Ces lacs ont déjà été décrits comme étant en relation avec les passes (p. 204-, notes 34et39). Lecours inférieur du RioNegro est navigable, et on peut le remonter jusqu'à l'île Choelechel avec de petits navires^ et au-dessus avec de grands canots seulement. Mais comme toutes ces contrées sont encore au pouvoir des Indiens, elles n'ont aucune valeur pour la colonisation. Cependant le Rio Negro est habité par la famille des Tehuclches, à laquelle appartiennent les PaUîgons connus pour leur taille de géant. Ces Tehuolchcs sont d'un naturel beaucoup plus paisible que les Puelches de l'ouest, qui ont le caractère des Araucaniens et sont réputés comme une rare sauvage et de mœurs belliqueuses. Le gouvernement argentin est toujours sur le pied de guerre avec les derniers, et en termes pacifiques avec les premiers, en leur payant simplement un tribut annuel de quelques têtes de bétail et de paquets de tabac. Les Tehuelches viennent à Buenos- Avres chercher ce tribut; on ne voit les autres face à face que dans leurs attaques contre les Européens. Les Ranqueles, qui habitent au sud de San-Luis et de Rio Cuarto, est celle de leurs tribus la plus au nord.
:l. Le Rio Chubut, appelé aussi Chupat, jaillit entre le 42" et le 4iV de lat. S. par plusieurs sources, dont la plus au nord conserve le même nom que la principale, et d'après les Indiens lire son origine de plusieurs petits lacs des Cordillères. En allant
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au sud viennent d'autres branches, comme le Rio Chulilau et \o Rio Chulilaucui, qui sont assez longs, mais peu riches en eau. Le dernier, en effet, se prolonge jusqu'au milieu du cours du Chubut et se réunit seulement alors à lui. Le courant terminal unique coule assez exactement au sud-est, avec de faibles sinuosités dans la plaine, et aboutit sous 4â°20' dans la Bahia Engado, qui forme un petit golfe sur le rivage de l'Atlantique au sud de la Bahia Xueva. L'embouchure est large de fiO mètres et encombrée de bancs de sable qui s'opposent à l'entrée des navires exigeant plus de 5 pieds de profondeur. On y a récemment établi uno colonie qui est encore dans sa période d'oiganisation. Le fleuve a des prairies dans sa vallée, et à 4 milles de son embouchure coupe une chaîne de coteaux qui le rétrécit. Au-dessus la vallée s'élargit, offre des bosquets de saules, et est limitée sur les doux côtés par des berges rapprochées du lleuve tantôt d'un côté tantôt de l'autre. Elles figurent un ravin ondulé que le fleuve inonde tous les ans en été lorsque les neiges des Cordillères fondent. Le fleuve n'a pas été exploré plus loin dans le pays, et no\is n'avons rien de plus à en dire''.
4. Le Rio Deseado ou Désiré, appelé aussi Rio Puerto, sort aussi d'un grand lac au pied des Cordillères, marqué sur d'anciennes cartes sous le nom de lagune Colu-Guapô. il se diri«ie versTocéan Atlantique presque directement à Test, et y débouilie sous 47" 45' par une large embouchure. Mais nous n'en savon> rien de plus.
5. On connaît mieux le Rio de Sîmta-Cruz qui tomb«* dans l'Océan aussi par une large embouchure, sous r^O^Hl'. Il a été exploré par l'expédition anglaise du Beugle sous le conmiandement de Fitzroy, et à laquelle Darwin prit part. C'est un cour> d'eau de j»eu de longueur, mais riche en eau, qui court à rOiv'an à peu près directement et sous un même degré de latilud»', mais en décrivant de nombreuses sinuosités. Il tire sa source dans les (Cordillères du lac de Capar ou Viedma. Sur toute l'étendue parcourue de \M) milles anglais jusqu'au pied des Cordillères, le fleuve a une laideur de âOO à 4(K) pas, et une profondeur ih'