LES QUATRE GROUPES DE PROVINCES
donnent d'assez bons résultats avec la vigne, fournissent à la boucherie de bons animaux engraissés sur les champs artificiels, et en font une grande exportation au Chili, enfin possèdent de riches raines de cuivre, d'argent et même d'or. Du nord au sud ce sont les provinces de Gatamarca, La Rioja, San-Juan et Mendoza.
3. Les trois provinces centrales de San-Luis, Santiago del Estero et de Gordova, doivent être considérées comme les moins favorisées par la nature; elles participent en effet de la stérilité de la région des Gordillères, sans être compensées par les autres avantages que possède cette région. Les Pampas stériles y prédominent et les pluies y sont rares, d'où l'agriculture n'y est possible le plus souvent que sur des champs arrosés artificiellement. Cependant San-Luis et Gordova ont déjà au sud des prairies naturelles, des pampas fertiles, mais malheureusement exposées aux incursions des Indiens du Sud, comme Santiago à ceux du nord. Gette dernière province, la plus chaude de l'intérieur, est propre à la culture du coton. Gordova et San-Luis possèdent de bonnes mines, et San-Luis des raines d'or qui promettent beaucoup.
4. Les quatre provinces orientales comprenant la région des pampas fertiles, reçoivent des pluies abondantes bien qu'en quantité variable suivant les années, sont propres surtout à l'élève du bétail, moins à l'agriculture, parce que les champs sont de peu d'étendue et en général très-maigres, à l'exception des bons terrains à froment que l'on trouve surtout dans les dépressions. Cependant le maïs restera dans tout le pays la culture la plus importante; en sa qualité de plante indigène il croît beaucoup mieux ici que les espèces de grains introduites de l'hémisphère oriental. La vigne ne réussit pas; en général tous les fruits comestibles viennent mieux dans Touest que dans l'est; les pommes de Gordova sont célèbres, les oranges de Santiago del Estero non moins. La province de Buenos- Ayres est le véritable pays du mouton; le bétail et les chevaux réussissent bien aussi dans les autres provinces.
324 LES QUATRE PROVINCES ORIEXTAl^S.
Ces quatre pro\iDces se divisent de nouveau en deux gi'oupi'S d'après la nature de leur sol :
I. Les provinces montueuses et boisées de Corrientes et d'Entrerios qui constituent la Mésopotamie argentine.
IL Les provinces des pampas de Santa-Fé et Buenos-Ayres, sans région montueuse et en grande partie aussi sans bois, avet* un tapis de verdure naturel propre à faire des pacages.
En faisant connaître les principales sources de production do chacune de ces quatre giandes divisions naturelles du territoire argentin, nous avons déjà dépassé les bornes de notre sujet qui doit se restreindre à une description physique. Nous avons cependant pensé que ces quelques indications sciaient utiles. Dans les détails nous devons exclure de notre exposition le point de vue économique; nous le laissons aux écrivains qui s'occupent d'études statistiques sur le pays, et nous renvoyons aux renseignements consignés avec zèle et sagacité par M. Martin de Moussy dans sa Description géographique et statistique de la confédération Argentine. Paris, 1860-1863, S vol. in-8. Nous éviterons à dessein de nous rencontrer avec cet ouvrage, dont le but est tout différent et qui a beaucoup de valeur dans son genre. Dans les paragraphes qui suivent sur chaque province nous nous occuperons uniquement de leurs limites, de leur population et de la position précise de leur capitale. Nous énumérerons ensuite les principales localités en y ajoutant quelques renseignements remarquables; mais nous n'entrerons pas dans des descriptions détaillées, et renverrons le lecteur à la description générale du pays, que nous venons de donner.
Les chiffres de la population sont empruntés au recensement que le gouvernement central a fait exécuter en 1869 et sur lequel on a imprimé un mpport circonstancié. Nos notices seront empruntées à ce rapport, et nous renvoyons à Touvi^ge original pour plus de détails •*.