‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 217 sur 583 · Salta · texte numérisé non relu

Salta

Semblable à la province précédente par sa nature, elle reste cependant beaucoup en arrière par son activité industrielle ela moins d'habitants malgré l'étendue quadruple de son territoire. Ceci provient de ce qu'une partie considérable de sa surface esl restée inhabitée. La région occidentale embrasse de grands districts déserts appartenant au système du Despoblado, et Test fait partie du GranChaco. On ne trouve de population, c'est-à-dire des colons d'origine européenne, que dans les environs de la capitale et près des routes principales qui traversent la province : principalement la partie de la route de Tucuman au Rio Salade, où la rivière a reçu le nom de Rio Juramento; une partie deb route du Chili et celle de Catamarca en Bolivie; en outre la région d'Oran sur le Rio Vermejo, où l'on trouve une végétation et un climat tropicaux. Le reste, et de beaucoup la plus grande partie de la province, est encore inculte.

Ses limites au sud sont les lignes déjà indiquées qui la séparent d<' Catamarca et de Tucuman ; une autre ligne, tirée de l'angle nordest du territoire de Tucuman à travers le Gran Chaco jusqu'au Rio Vermejo au-dessous d'Esquina Grande, forme la limite avec Santiago del Estero ; mais les deux provinces ne possèdent aucun établissement de ce côté. Salta seule a près de l'embouchure du Rio Grande Jujuy dans le Rio Vermejo la pauvre localité citée avec quelques champs cultivés alentour. A l'est la limite est indéterminée pour le moment, mais en fait elle se trouve sur le Rio Vermejo. Au nord elle conHne à Salta et Jujuy, et l'Arroyo d»' Santa-Cruz, qui se rend dans la vallée du Rio Perico, sert de ligne de démarcation. Celle-ci accompagne ensuite le Rio Livayen jusqu'à son embouchure dans le Rio de Jujuy, et contourne la Sierra Alumbre au sud. Au nord-ouest l'Arroyo de los Burw

PROVINCE DE JUJUY. 349

fiui coule de l'ouest à Test sur le plateau du Despoblado et s'y perd, forme la limite, et au nord-est le Rio de las Pied ras sépai*e da Jujuy la contrée où se trouve Oran.

Le recensement porte le chifl're des habitants à 88 933, dont 44 745 hommes et 44 488 femmes. La capitale, dont M. Moneta alixé la position sur sa carte, déjà plusieurs fois citée, par 6b^ Si' r ouest de Greenwich (67" 51' 16" de Paris) et 24» 47' 20" lat. S., a 11 ,716 habitants. Après elle il n'existe plus aucune autre localité importante, et le district d'Oran a seulement 4592 habitants. La région la plus peuplée, après les environs de la capitale, est la vallée du Rio de Santa-Maria et la partie inférieure du Rio de Calchaqui, dont San-Garlos est l'endroit le plus important. l)n y a planté la vigne avec succès et le vin de Cafayata qui vienl de cette contrée est la meilleure espèce de toute la république, autant du moins que j'ai pu connaître et goûter ses vins. Mais il doit être consommé frais ; avec l'âge il prend un goût amer et perd en finesse ce qu'il gagne en force. On ne fait de vin nulle paît ailleurs dans la province ; on cultive les céréales, élève du bétail et plante encore en petite quantité du tabac et de la canne à sucre, principalement dans le district d'Oran. Le bananier y croît et donne de bons fruits. On a essayé quelques plantations de café, mais jusqu'ici nous ignorons quel en a été le résultat. La moitié orientale de la province contient de bonnes forêts ; on y trouve en grande quantité des bois de travail qui donnent déjà lieu à un commerce considérable, bien que la difficulté du transport en amoindrisse la valeur. Les districts de l'ouest sont absolument dénués de végétation et prennent çà et là l'aspect du désert d'Atacama et du plateau des Cordillères. Les régions nord-est sont sujettes à des tremblements de terre qui y ont déjà causé des désastres considérables (voy. note 62).

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