‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 218 sur 583 · Jujuy · texte numérisé non relu

Jujuy

Cette province est la moins importante de toutes, non par sa superficie, mais par le chiffre de sa population. Elle n'a que

350 SES UMJTES.

40 379 habitants, dont 20105 hommes et 20274 femmes; par conséquent 8000 de moins que La Rioja, dont la superficie esl d'un tiers plus grande. Ses limites au sud et à Test du côté de Salta sont déjà connues ; à l'ouest et au nord elle touche à la Bolivie et confine avec cette république dans la région déserte de Despoblado. On admet comme ligne de frontière le bord occidental du plateau de Puna> qui forme le centre du système du Despoblado et est désigné sur beaucoup de cartes sous le nom de Sierra Esmoraca. La ligne de démarcation suit l'Arroyo Quiacaqui coule de l'ouest à l'est dans la vallée entre le plateau de Despoblado et la Bolivie jusqu'à son confluent avec le Rio Sococho sous ^ In lat. S. En ce point elle franchit la chaîne de Yavi et arrive dans la vallée de l'Arroyo Porongal, qui se jette dans le Rio Vennejo principal sous 22* 20', et la limite court ensuite parallèlement au 22* jusqu'au Rio Paraguay. La plus grande partie de la moitié occidentale de la province est un territoire désert, stérile et aride qui rappelle le désert d'Atacama et se prolonge avec lui sans discontinuité. Ce plateau désert et inhospitalier, qui oscille entre 3500 et 3800 mètres au-dessus du niveau de la mer, n'a que de rares et pauvres ruisseaux alimentés par les neiges des soramols de la chaîne centrale du plateau et qui s'écoulent à Test. Tels sont l'Arroyo de Burros et l'Arroyo de las Doncellas qui vont se perdre dans des dépressions plates du sol entourées de petites prairies, et qui entretiennent de petits pacages près de leurs bords. Ces contrées sont en grande partie inhabitées, et ne sont fréquentées que par les Tropas qui se rendent de Salta, Jujuy ou Oran, par Atacama à la côte de l'océan Pacifique ou inversement, et qui y trouvent d'assez pauvres lieux de halte. La principale route allant en Bolivie franchit la crête de jonction entre ce grand plateau et celui plus petit de Yavi par la gorge de Humahuaca, près des sommets couverts de neige de Castillo et Jujuy. La passe, TAbra de la Cortadera, a une altitude de 3!)r)0 mètres. .Mais la moitié orientale de la province est un pays mieux favorisé, riche en petites rivières, qui coulent dans de belles vallées boisées et vont se réunir avec le Rio Grande de Jujuy ou de San-

SUPERFICIE DE LA RÉPUBLIQUE. 35i

Francisco, rameau méridional du Rio Vermejo. Ici commence la plaine duGran Chaco au delà de la Sierra Alumbre placée au sud du Rio San-Francisco. Ces contrées sont bien peuplées et possèdent une agriculture prospère et une industrie commençante. On trouve sur les flancs des ramifications du Despoblado de beaux pâturages analogues à ceux de la vallée de Taû et du Campo de Pucarà, et dans la plaine près du Rio San-Francisco on cultive le maïs et le tabac, ainsi que la canne à sucre et le riz qui y poussent bien. Les plateaux de Yavi sont habitées en grande partie paj' des descendants d'Indiens, qui chassent les anipaux et apportent sur les marchés des peaux de vicunas ou de chinchilla. Enfin, on élève des chevaux et des mulets dans le dislrictde Tumbava, et il s'en fait un commerce actif avec la Bolivie.

La capitale, Jujuy, est à peu près au milieu de la province, un peu plus rapprochée cependant de la frontière sud, dans une jolie vallée sur la rivière du même nom à H30 mètres au-dessus de la mer. M. Moneta a déterminé sa position géographique par 65'' 20' 39" ouest de Greenwich (67° 40' 46" ouest de Paris) et U" 10' 59" lat. S. Elle n'a que 3071 habitants et rien de remarquable à noter. Il n'existe pas dans la province d'autres localités qui vaillent la peine d'être mentionnées.

xvin

Page 1