INFLUENCE DES SAISONS
dans les jardins ouverts; c'est aussi le moment de la récolte du maïs dans la campagne. Les poires et les pommes viennent également dans ces deux mois : les poires en février, les pommes en mars ; mais elles ne sont, ni les unes ni les autres, aussi parfaites qu'en Europe. On a ici, il est vrai, de bonnes poires; mais elles viennent de la Bande Orientale; de même, les meilleures pommes viennent de l'intérieur, des environs de Cordova, où on les cultive avec plus de succès qu'ici. Après le mois de mars la végétation commence à se ralentir. Avril a déjà quelques journées assez froides ; mais en mai, la température s'abaisse plus sensiblement, et invite ainsi la végétation ï son sommeil régulier. A la fin de mai, les arbres ont perdu leurs feuilles, et bientôt l'aspect de l'hiver se montre partout ; seulement, les orangers qui se cultivent dans les cours des maisons conservent leurs feuilles et se décorent aussi agréablement avec leurs « pommes dorées v pendant l'hiver *.
Il m'a paru convenable, pour caractériser le climat de Buénos-Ayres, de jeter un regard sur ces phénomènes si remarquables de la végétation, et assez prononcés pour marquer les saisons. Le règne animal présente des phénomènes correspondants; j'ai parlé dans mon premier a^ ticle sur le climat argentin, cité plus haut, de quelques signes ostensibles qui se manifestent dans le changement de vêtement des animaux; je dirai seulement ici que les chauves-souris et les hirondelles disparaissent pendant l'hiver, comme tous les oiseaux qui vivent d'insectes; ils remontent alors au Nord, vers les régions plus tempérées (lu continent. Le printemps les ramène, et leur retour régulier n'a pas lieu avant la seconde moitié de septembre ou le commencement d'octobre ; il arrive cependant quelquefois, exceptionnellement, qu'on voit déjà quelques hirondelles vers la fin d'août ou dans le courant de septembre, mais elles disparaissent de nouveau avec les jow^