DÉPAHT DE CABEZA DE VACA
donna le gouvernement. Il y dépensa tout son avoir et se vit forcé, lorsqu'il revint de son poste, de laisser ses deux fils en gage à ses créanciers. Le gouvernement ne libéra qu'assez tard les enfants sur les instances du père qui demeura longtemps en prison pour dettes. Notre Alvaro Nunez était fils de l'aîné. Comme son grand-père, enflammé d'ardeur pour les expéditions maritimes, il accompagna avec le titre de payeur Panfilo de Narvacz, dans son voyage à la Floride, à la conquête de ce pays, au nom duquel se rattachaient des traditions fabuleuse. Mais il tomba, avec le reste de cette malheureuse expédition, entre les mains des Indiens, qui n'accordèrent la vie qu'à lui et à trois autres personnes, parmi lesquels son domestique noir. Alvaro Nunez sut, principalement par ses connaissances médicales, si bien se faire respecter de ces Indiens, qu'ils en firent leur Cacique et lui laissèrent la pleine liberté de ses mouvements. Il fonda là-dessus son plan pour échapper à cette prison princière. Accompagné de deux serviteurs, il partit à pied vers l'ouest, et après mille difficultés il arriva à Mexico, d'où il revint en Espagne. Dix années entières s'étaient écoulées pendant sa captivité chez les Indiens et son périlleux voyage.
En Espagne, il apprit l'issue de l'expédition de Mendoza, dont les tristes détails venaient d'être confirmés par Philippe de Caceres. Il se présenta pour y tenter une nouvelle entreprise à ses frais si la couronne voulait le laisser partir aux mômes conditions stipulées avec D. Pedro de Mendoza. On accepta ses offres cl nomma Alvaro Nunez Cabeza de Vaca Adelantado de l'expédition et gouverneur de la colonie.
Les préparatifs de toute sorte qu'une entreprise de cette nature exigeait , surtout à cette époque , retardèrent le départ jusqu'au 2 novembre 1510. A cette date , cinq navires avec quatre cents hommes et quarante-cinq chevaux sortirent du port de S. Lucar. On visita les Canaries , toucha aux lies du cap Vert et , retardé par les calmes plats de la zone équatoriale , on arriva assez tard au Brésil , dans le voisinage du cap Augustin (7" de L. S.). De là on continua la route le long de la côte jusqu'à Sa Catharina (28*