NUAGES ET ORAGES
une exception très-rare et visible seulement les jours de pluie ou de décharges électriques.
Les jours de la seconde catégorie ne sont pas nombreux: au contraire, ils sont assez rares; j'ai noté dans mes journaux 19 jours avec décharges électriques, mais toutes ne se produisaient pas sur la ville ; dans plusieurs de ces journées, les orages passaient sur les montagnes voisines, à rOuest, les décharges se produisant dans leurs vallées, sans toucher Thorizon de Mendoza. Les forces électriqueîJ ne sont pas puissantes ici; les nuages obscurs s'accumuleni peu à peu, en se formant le plus souvent au Sud, et quelquefois au Nord, et marchant dans une direction opposée, avec le courant d'Equateur ou le courant polaire, pour venir se décharger dans le voisinage de la ville, mais assez souvent sans la toucher elle-même. J'ai vu, à Mendoza. cm éludiant avec attention le développement des orages, les mêmes phénomènes déjà décrits pour Buénos-Ayres, ei ne veux pas répéter ce que j'ai dit plus haut. Ils se forment rapidement, pendant des journées très-ohaudes, sans être annoncés par autre chose que l'accroissement de la pression atmosphérique, causé par ^accumulation éleolri- <|ue, et se déchargent bientôt, après une ou deux heures, accompagnés généralement des vents forts, correspondani aux Pamperos de Buénos-Ayres, qui viennent ici plus souvent du Sud que du Sud-Ouest.
Pour montrer plus clairement le caractère des orages d»' Mendoza, je donne ici la description particulière de lou^ ceux que j'ai observés moi-même.
Le premier orage que je vis après mon arrivée ï Mendoza, en mars 1837, eut lieu le T' septembre; il se forma à l'Ouest, à 1 heure et demie de l'après-midi, sur •<*> montagnes de la chaîne d^Uspallata, et ne toucha pas la ville. Le vent soufilait de Sud-Sud-Ouest, et assez fort. A 2 heures, des éclairs longs et nombreux descendaient pe^ ])endiculairement sur la vallée d^Uspallata, on voyait U
aie, qui tombait aussi sur la ville, tomber dans la même rection ; le vent prit pendant quelque temps une violence 3uragan, et le thermomètre descendit de 14° k 9°, à 4 heu- 5, au moment où le vent était le plus fort. Après 6 heu- Sy tout fut fîni.
Le second orage éclata le 21 septembre et annonça le intemps; il se dirigeait k Test de la ville, se formant u k peu, après un jour tout entier couvert de nuages scurs, surtout vers les montagnes. A 8 heures du matin, mmença une pluie faible qui ne dura pas 2 heures; mais 3 heures après-midi, une forte giboulée accompagnée : tonnerres se produisit k TEst; elle se renouvela encore le fois plus tard, dans la nuit, et continua aussi, avec lelques interruptions, pendant tout le lendemain, sans l'il se reproduisît du vent fort dans aucune direction. 3rès cette pluie, la végétation présenta les signes les plus lanifestes du printemps : les peupliers ouvrant leurs bourdons jusqu'alors fermés, malgré que les saules eussent éjk bourgeonné depuis quinze jours.
En octobre, j'ai observé un seul orage, le 3 de ce mois;
passa k TOuest, sur la chaîne des montagnes d^Uspalïla; en novembre, je n'en ai point observé, et en déembre aussi un seul, le 12 du mois; il vint du Nord, et e déchargea k 8 heures du soir, avec un fort vent du Nord ; nais il finit avant 10 heures.
Je compte en janvier 3 orages : les deux premiers éclaiVent à rOuest, sur les montagnes ; le troisième au Nord- !sl; le quatrième au Sud, le cinquième, qui fut le plus )rl, en même temps au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, mais ussi sans toucher la ville.
Le mois le plus riche en orages est février, durant leuel j'en ai observé 9 dans toutes les directions ; pendant î huitième, la foudre tomba sur toute la circonférence de I ville, depuis 6 heures jusqu'à 9 heures du soir. Le vent mfflait du Sud, mais sans violence, et la pluie qui tom-