RAPIDITÉ DU CHANGEMENT
Tucuman ; le plus régulièrement, la température ne s'élève pas au-dessus de 27 à 28° dans les premières, et audessus de 29 à 30° à Tucuman.
Quelque chose d'assez remarquable, c'est la grande rapidité avec laquelle la température passe d'un extrême à Tautre, à Tucuman ; on ne voit ni à Paranâ ni à Mendoza des changements semblables. J'ai déjà noté que le 20 août, à 6 heures du matin, avant le lever du soleil, le thermomètre marquant — 3°, s'était élevé le lendemain, dansl'aprè^ midi, à 19°. Un cas encore plus remarquable s'offrit à moi, le 16 septembre. Le thermomètre marquait, à 6 heures du matin, -f 2°, le vent soufflant du Sud-Est, malgré que deux jours avant il eût marqué, à 2 heures après-midi, 26°, 2, et la veille, à 7 heures du matin, 12°, avec le même vent de Sud-Est. Je n'ai jamais observé, ni à Mendoza ni à Buénos-Ayres, un semblable changement de + 26°, 2 ^ + 2°, en 48 heures ; la température passe plus rapidement d'un extrême k l'autre k Tucuman, que dan^ les autres localités où j'ai fait des observations. Je dois également noter que des températures aussi basses que + 2° le matin et +12° k midi, se produisent toujours quand le ciel est couvert de nuages; quand il est clair la température ne descend jamais si bas, Tinfluence du soleil faisant monter le thermomètre k 20-22^, même en hiver. Mais ces jours sombres ne sont pas rares en hiver, et l'on peut en observer plusieurs consécutifs, pendant la même saison, accompagnés de brouillards, comme cela a lieu k Mendoza. On est alors forcé de se couvrir chaudement, même dans les maisons, pour maintenir son corps k une température convenable; j'étais obligé, durant ces journées sombres et froides, pour me préserver de leur influence malfaisante, de fe^ mer les contrevents, et d'éclairer ma chambre avec une bougie.
En opposition k ceux-ci, se présentent les jours agréables du printemps, avec une température de 14* le matin.
AGRÉMENT DBS BELLBS JOURNÉES. 119
24® à midi et iS"* le soir; il n'y a rien de délicieux comme les belles journées d^octobre lorsque les orangers sont en fleurs, et répandent autour d'eux leur suave parfum. De splendides oiseaux-mouches, tels que le Trochilus Sparganurus (Tr. Sappho Less.) et le Trochilus Angeles Lbss. voltigent de fleur en fleur, dardant sur chacune leur langue filamenteuse, et brillent au soleil comme des rubis et des émeraudes. Ils ne sont pas rares dans les jardins du côté occidental de la ville, et visitent surtout les campagnes situées au pied des montagnes, où je les chassais chaque jour durant cette saison. Mais au bout de quinze jours, le plaisir cesse ; ainsi que des flocons de neige, les fleurs blanches des orangers couvrent le sol, et leur parfum n'enchante plus Tétranger; tout change bientôt pour faire place à des jours extrêmement chauds, qui commencent k la fin d^octobre et se prolongent jusqu'à la fin de mars, sauf quelques petites interruptions, incommodant autant par la chaleur que les jours sombres d'hiver par le froid.
Au reste, les saisons de Tucuman ressemblent k celles de Paranâ, Mendoza et Buénos-Ayres ; le printemps commence avec les signes manifestes du réveil de la végétation, dans les premiers jours de septembre; les pêchers sont les premiers en fleurs, les saules et les peupliers ouvrent leurs bourgeons; mais le mouvement général de la végétation ne se fait sentir qu'aux premières pluies, qui viennent à la fin de ce mois ou au commencement d'octobre. Alors la végétation marche très-vite ; les orangers fleurissent, et le blé grandit couvrant les champs de verdure. On le récolte à la fin de novembre et au commencement de décembre. En même temps mûrissent les melons et les pastèques, et un peu plus tard les courges ; les raisins viennent à la fin de décembre et au commencement de janvier; mais on ne les cultive pas beaucoup, parce que le sol est dur et peu convenable pour la vigne. Le maïs est mûr en mars et les oranges ne