‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 39 sur 583 · IRALA EST CHOISI POUR GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

IRALA EST CHOISI POUR GOUVERNEUR

moment ; Cabeza de Vaca, peu de temps avant sa déposition, Tavait envoyé en expédition contre les Carios d'Acay encore insoumis, qui lui donnèrent beaucoup à faire. Schmidt faisait partie de l'expédition et en donne un récit détaillé. Irala partit avec trois cent cinquante soldats et arriva vers le soir près du théâtre de ses opérations. On demeura tranquille pendant la nuit, caché dans les fourrés, et attaqua les ennemis le lendemain à sept heures. Le combat fut sérieux, car les Espagnols y perdirent dix hommes. 11 fallut assiéger le village fortifié des Indiens, situé dans le voisinage du grand lac Ypacarai (aujourd'hui Aregua). Ce siège dura trois jours et on massacra tout, hommes, femmes et enfants. Beaucoup d'Espagnols furent blessés. Il fallut encore s'emparer d'un second village mieux fortifié, appelé Acaraiba, sur l'emplacement de Tobati actuel, au delà des hauteurs qui limitent le lac au nord-est. Irala y fit halte pour attendre des renforts de l'Assomption, où il avait envoyé ses blessés. Les Espagnols s'emparèrent du village et forcèrent le cacique Tabaré à la soumission. Alors Irala étant tombé malade, on dut rebrousser chemin. Il se fit porter en litière et ses soldats pillèrent tout ce qui se trouva sur leur roule. C'est à ce retour qu'il apprit les événements de l'Assomption, l'emprisonnement de Cabeza de Vaca et son élection^''. A son arrivée, Irala était encore malade et se tint éloigné de toutes les afiaircs. 11 blAma dans ses paroles la conduite des conjurés, mais ne fit rien contre eux et ne repoussa pas leur choix. Ilfit des appels à la tranquillité et à la concorde, et plus tard, lorsque les hostilités et les rixes continuèrent, il prit de rip:oureuses mesures pour en arrêter le cours. 11 se vit bicnlôt forer à une seconde expédition contre le cacique Tabaré. 11 remonta par oau le fleuve jusqu'à l'embouchure du Rio-Jeguy (à peu près sous le24"de L. S.), pour attaquer llieruquizaba, résidence du cacique. 11 s'empara de lui après un combat sérieux et l'obligea à se soumettre une seconde fois. Les Yapirus, qui vivaient en hostilités avec les tribus du nord et qui accompagnaient Irala, rapportèrent environ mille têtes coupées à leurs ennemis. On se contenta de tuer les hommes en laissant la vie aux femmes et aux enfants.

56 BONNE ADMINISTMTION DIRALA.

Après cette expédition, tous les membres de la nation des Carios se trouvèrent soumis et elle fut le dernier combat livré contre elle. Depuis lors, il n'éclata plus aucun soulèvement contre la domination espagnole dans cette contrée et la conquête du Paraguay peut être considérée comme achevée. On répartit les Indiens dans des villages surveillés (Réductions), dans lesquels on les tenait dans une demie (Milyos) ou dans une complète (Yanaconas) dépendance, suivant le degré de leur soumission. Ces villages furent attribués, soit au fisc, soit à certains officiers supérieurs, soit aussi à Téglise, qui en disposèrent comme de vassaux ou de serfs, suivant le sort réservé à chacun d'eux. Ces partages prirent le nom de repartimentos. Le revenu (encomiendas) de chaque lot appartenait à celui qui Tavait reçu, mais seulement à titre viager*^

Lorsqu' Irala fut revenu de cette seconde expédition et eut ainsi assui'c la tranquillité de la colonie au dehors, il s'appliqua sérieusement à son organisation intérieure. Il chercha d'abord à arranger les rivalités et hostilités qui duraient encore entre les officiers, et le 22 septembre 1545 il publia une ordonnance sévère pour y mettre fin par la force '^ Il y réglait aussi les rapports des soldats avec les Indiens. Depuis le commencement de Tannée 1546, un meilleur esprit régna dans la colonie et on commença à s'occuper des affaires autres que les expéditions guerrières. Le gouverneur donna surtout son attention à la construction de la ville et à l'établissement des villages et propriétés particulières dans les environs. Son but était de faire naître l'agriculture et l'élevage ëes bestiaux, industries encore inconnues, qui devaient fournir des lessources assurées à la colonie. 11 ne dépouilla cependant jamais entièrement la nature guerrière du conquérant. * Il pensait toujours à l'exécution du vieux projet de se frayer une route du Paraguay au Pérou et commença les préparatifs au commencement de l'année 1548. L'expédition se trouva prête en août. Irala la conduisit comme on avait fait des précédentes, mais avec plus de prudence. Il arriva jusqu'aux limites du territoire péruvien, mais n'en retira aucun autre bénéfice que d'être venu

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