IRALA VA AU PÉROU
jusque là, car le vice-roi ne lui permit pas de pénétrer sur son territoire.
Dans cette expédition, Schmidt suivit encore son chef, qui parait lui avoir accordé une confiance particulière, sans doute en sa qualité de non Espagnol. Le récit qu'il nous donne de ce voyage, est très-circonstancié. Mais nous n'en donnerons qu'un court extrait, parce qu'il n'a qu'un rapport éloigné avec notre histoire. D'après Schmidt, Irala se mit en route avec ses soldats et de nombreux Indiens comme serviteurs et aides. Une moitié était embarquée, l'autre moitié, en partie montée à cheval, marchait à terre. On se dirigea ainsi vers le nord jusqu'au Pan de Azucar (iV 23' de L. S.), où on obliqua vers l'ouest, après avoir laissé 50 hommes à la garde des navires. Le voyage s'accomplit heureusement. On visita plusieurs peuplades indiennes, telles que les Abayas, Guanas. Maigenos, Carcocios, etc. Puis on traversa un grand fleuve, le Rio Guapay et atteignit enfin la frontière du Pérou. Alors Irala fit halte et envoya des messagers au vice-roi D. Pedro de la Gasca, pour l'informer de son arrivée. Mais celuici lui fit répondre qu'il ne pouvait pas entrer dans le pays avec ses gens, de crainte que la présence des nouveaux arrivés ne vînt rejeter dans des nouveaux troubles la colonie, à peine calmée à la suite de la chute de Gonzalo Pizarre. 11 lui commanda de retourner au Paraguay et d'y attendre ses ordres, qu'il lui ferait panenir en même temps que la nomination d'un nouveau gouverneur. Irala revint sur ses pas avec cette réponse assez décourageante et rentra à la fin de 1549 à l'Assomption, tout aussi mécontent que Cabeza de Vaca au retour de son inutile expédition.
Lorsqu'Irala fut arrivé à l'Assomption et voulut entrer dans la ville, il en trouva les portes fermées et s'aperçut que la colonie menaçait de se dissoudre. Des séditieux s'étaient emparés du gouvernement et repoussaient l'autorité d'irala, comme ils l'avaient déjà fait de celle de Cabeza de Vaca. Irala occupa toutes les avenues, tint la ville bloquée et lui coupa les vivres. Bientôt beaucoup de transfuges passèrent dans son camp et abandonne-