‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 416 sur 583 · THÉORIE DE D'ORBIGNY · texte numérisé non relu

THÉORIE DE D'ORBIGNY

D'Orbigny a posé l'hypothèse qu'une mer générale couvrait toute la Pampa Argentine à la suite d'un cataclysme violent et instantané, probablement produit par un soulèvement dans les Cordillères, lequel élevait la surface du sol de la mer voisine et faisait déborder ses eaux. A rencontre de cette hypothèse, on peut dire avec raison que la formation diluvienne existe en Bolivie, d'après les observations de D. FoRBES, (Report an the géoL of South-Amer. 1861), à une hauteur de 4,800 mètres au-dessus de la mer, et dans la République Argentine jusqu'à 1,000 el 1 ,500 mètres, mais qu'elle manque en Patagonie, qui a seulement une élévation de 100-800 mètres dans ses diverses régions •*. Il faut donc admettre que' toutes les parties centrales de l'Amérique du Sud étaient encore submergées jusqu'à la hauteur indiquée, alors que la Patagonie se trouvait déjà émergée, quoiqu'il ne soit pas possible de concéder que la grande différence de niveau entre' les deux époques successives, la tertiaire supérieure et la diluvienne, soit expliquée par la seule action d'élération dans les Cordillères. Nous savons que pendant le dépôt de la formation diluvienne de grands animaux terrestres ont vécu sur le sol de TAmérique centrale, et non pas seulement dans le voisinage des Cordillères, mais aussi dans le terrain bas de la province de Buénos-Ayres, car les squelettes parfaits qui se trouvent ici enterrés, prouvent évidemment que les animaux vivaient sur son sol.

Cette observation démontre sûrement que le terrain de la province de Buénos-Ayres n'était pas submergé jusqu'à une hauteur de 1,000 ou 1,500 mètres, el de ce seul fait nous pouvons conclure que l'hypothèse d'un cataclysme n'est pas admissible et qu'elle ne saurait expliquer les phénomènes décrits dans notre exposé antérieur, tels que l'épaisseur générale de la formation, son dépôt et la présence de restes si nombreux d'animaux terrestres, en même temps que l'absence complète d'animaux marias.

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