ARRIVÉE DU PREMIER ÉVÊQUE A L'ASSOMPTION
pays d'origine. Mais Irala rappela Vergara peu après à rAssomplion et la nouvelle colonie fut abandonnée l'année suivante.
Nous revenons dans notre récit à l'arrivée d'Espagne de la nouvelle expédition dont la venue avait été annoncée au gouverneur Irala par des Indiens à son retour de La Guayra. Elle était composée de trois navires, sous la conduite du procureur royal Martin Orué, un des compagnons de Nunez Cabeza de Vaca, lors de son retour en Europe. Il avait reçu mission de Cabrera de veiller sur le prisonnier. Entre autres immigrants, il amenait le premier évêque : Pedro Fernandez de la Terre, avec son cortège de prêtres ^^, Par une imitation présomptueuse du Christ, celui-ci entra à l'Assomption le. jour des Rameaux 1555. Irala le reçut solennellement, des larmes de joie dans les yeux et lui baisa la main. Oioié appointait en outre à Irala sa confirmation par le roi de gouverneur de la colonie. Le lendemain, Irala réunit tous les officiers, soldats et principaux habitants de l'Assomption et leur annonça ces grandes nouvelles.
Le premier acte d'Irala, après avoir reçu sa nomination officielle, fut d'organiser régulièrement le régime intérieur delà colonie. Il distribua les Indiens soumis dans quatre cents encoïtiiendas •* et en donna une ou plusieurs à chaque officier, suivant son rang, opération dans laquelle il réussit difficilement à siitislaire tout le monde. Il rédigea un règlement précis, d'après lequel les maîtres devaient régler leurs rapports avec leurs subordonnés elqui leur prescrivait un traitement humain. 11 institua de nouvelles écoles pour les enfants de ces gens et s'efforça avant tout de léglemenler les relations des gens de couleur et des blancs, de façon à empêcher tout acte d'oppression de la part des derniers et à organiser la société mélangée, dont se composait la colonie, d'une manière satisfaisante et équitabh» pour tous. Irala piilies meilleures mesures pour atteindre ce résultat.
Après avoir ainsi réglé les affaires intérieures de la colonie, Irala tourna de nouveau ses regards en dehors. Il était surtout préoccupé par l'idée de fonder un nouvel établissement sur la rive orientale du Rio-Paranâ, afin d'établir une communication
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plus prompte et plus commode avec la mère patrie. Il y envoya donc une nouvelle expédition, sous les ordres de son second beaufils, Pedro de Segura, et lui prescrivit en même temps de s'emparer des derniers échappés de la révolte d'Abreu et de les mettre hors d'état de nuire. Ils habitaient dans les forêts entre le Rio- Paraguay et le Rio-Paranâ et enlevaient toute sécurité aux communications avec l'Assomption. Ségura trouva le reste des individus de la colonie d'Ontivères en grande agitation. Commandés par un certain Nicolas Colman, d'origine anglaise, ils lui refusèrent le passage du fleuve et l'attaquèrent même de nuit dans son cainp, en sorte qu'il se vit forcé de retourner à l'Assomption. Quoique très-mécontent de cet insuccès dans son plan, Ii*ala ne put pas envoyer une seconde expédition. Il donna ordre à Segura de se rendre à l'embouchure de la Plata, avec des dépêches pour le roi. Elles devaient être emportées par un navire arrivé d'Espagne depuis peu, sous la conduite de Estevan de Vergara et qui se disposait à partir. Segura revint promptementà l'Assomption, ramenant avec lui plusieurs cavaliers, entre autres D. Geronymo Acosta et ses deux filles. L'une de celles-ci avait épousé Philipp de Caceres et venait avec lui au Rio de la IHata. On n'a pas oublié cet oflicier, qui était régidor sous Cabeza de Vaca et avait été un des principaux auteui^ de sa chute. 11 avait atteint son but de punir son ancien chef et il revenait maintenant sur le théâtre de ses premières actions.
Irala s'eflorça d'installer aussi bien que possible dans la colonie les gentilshommes nouvellement arrivés et reprit son projet de coloniser la province de La Guayra, au delà du Rio-Paranâ. Il confia cette opération à Nuflo de Chaves, dont il avait reconnu l'énergie, et lui recommanda avec instance de châtier les révoltés. Celui-ci justifia entièrement cette confiance, rétablit promptement Tordre dans l'établissement et assujettit tous les Indiens de la famille Guarani. Il s'avança loin à l'est, jusque sur le territoire poilugais, où il remporta une chaude bataille sur les Tupis et revint avec un succès complet et pouvant annoncer qu'il avait rendu la tranquillité et solidement fondé la colonie de La Guayra.
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Cette heureuse réussite détermina Irala à toujours tenir ses hommes occupés à de nouvelles expéditions analogues, aiin qu'ils fussent toujours prêts à être mobilisés. Il en prépara deux et donna le commandement de Tune à Ruy Diaz Melgarejo et de la seconde de nouveau à Nuflo de Chaves. il envoya la première à Test dans la Guayra, la seconde au noid dans la région de Xcrayes.
Lorsque Melgarejo fut arrivé à Ontiveres, il ne trouva pas convenable Tendroit où Ton avait placé la ville. Il décida de la reporter plus au nord, à l'embouchure du Rio-Pequiri dans le Rio- Paranâ et y fonda, en 1557, une ville qu'il appela Ciudad-Real. Mais cet endroit n'était pas mieux approprié pour en faire un centre de population. Les habitants furent tous attaqués des fièvres intermittentes, causées par l'atmosphère, tenue constamment humide par les deux fleuves. Beaucoup y moururent et les autres abandonnèrent la place. Elle se dépeupla de plus en plus, jusqu'à ce qu'enfin les derniers habitants furent transportés par Al. Rig. de Guzman, dans sa nouvelle ville de Xeres.
Nuflo de Chaves avait été chargé de coloniser les Xarayes ; mais il lui parut plus important d'établir une communication avec le Pérou, où il avait déjà vécu. Peu après son départ de l'Assomption, il apprit la mort dlrala et ne se crut plus obligé d'obéir à ses instructions. Son expédition n'amena aucun résultat avantiigeux pour la colonie du Paraguay ; nous en renverrons donc le récit aux notes*'.
Ainsi ({ue nous venons do le dire, le gouverneur Domingo Martinez Irala mourut des suites d'un refroidissement, peu de temps après le départ de Nuflo de Chaves. Il s'était rendu au village indien Yta pour y presser les ouvritns occupés a confeclionner la charpente d'une chapelle. Il y fui pris d'une violente diarrhée, qui ne voulut point c*!'der aux moyens accoutumés. Le vii^ilhud, âgé de soixante-dix ans, s'aflaissa proinptemenl et se vit forcé de se faire nip|>orter à l'Assomption sur une litière. 11 mourut au bout de quelques jours, au commencement de l'année 1557. On ne connaît ni le jour de sa naissance ni celui de sa mort. Tout le monde
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