‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 510 sur 583 · LES TRACHYTES · texte numérisé non relu

LES TRACHYTES

quarz qui acompagnent le feldspath sont plus rares e me semblaient manquer complètement dans beaucoup d morceaux.

Les trachytes ont la même apparence orographique que les porphyres, et leurs chaînes s'entremêlent sans ordre fixe avec celles du porphyre. Examinant ensemble les deux sortes de pierres, sous le point de vue de la quantité relative, les trachytes me semblaient dominer, parce que leurs chaînes sont plus nombreuses que celles de porphyre. La substance des pierres trachytiques a toujours une couleur trèsfoncée presque noire et une texture poreuse; la masse noire ressemble au perlite et contient quelquefois des taches vitreuses plus claires, blanchâtres, qui donnent à la pâle une couleur grise ; tous ces caractères indiquent une éruption rapide de la masse et leur refroidissement instantané après en être sortis. On y trouve dedans aussi des débris de la pierre environnante sédimentaire, observation qui prouve d'un autre côté un soulèvement très-violent et soudain ; mais jamais, ni les trachytes ni les porphyres n'ont disloqué les couches sédimentaires; les deux roches éruptives sont déposées sur le plan tout horizontal de la surface du plateau, comme si elles sortaient d'une fente produite entre les couches sédimentaires, déjà élevées auparavant, sans les interrompre autrement. Au reste, on ne voit jamais d'indice d'un mouvement en pente sur ces roches éruptives; elles paraissent s'être élevées à Tétat mou, demi-fluide, plutôt que véritablement liquide.

Quant k la constitution chimique du trachyte, je ne puis rien ajouter k ce que j'ai dit déjà (tome I, page 36G, note iW.) n'ayant pas actuellement mes échantillons, restés avec mes collections à Halle, où ils sont déposés dans le Musée zikh logique de l'Université. Si je compare mes propres observations avec la description des différentes espèces de Irachyle de rexcellenl Manuel de Géognosie de M. E. J. >'alïa», il me semble que ce que dit cet auteur sur le trachyte

CONES GRANDS ISOLÉS. 301

demi-vitreux (tome I, page 624), est lout-à-fait applicable aux pierres de même nature trouvées par moi sur le plateau des Cordillères. Celles-ci appartiennent très-probablement au groupe des augit-andesites sans quarz, qui forment aussi, d'après les recherches de M. G. Rose, les grands cônes éruptifs bien connus des Andes de Quito.

De semblables cônes gigantesques, dont les sommets s'élèvent jusqu'à la région des neiges perpétuelles, se trouvent aussi sur ce plateau Argentin ; j'ai parlé, dans le premier tome de cet ouvrage, de quatre cônes existants, dont deux me sont connus. L'un est le Cerro Bonete (tome I, page 193). Ce n'est pas un cône simple, mais un groupe de cinq cônes unis, tous cinq couverts de neige, sauf un quart de leur hauteur, prise de leur base au sommet. D'après la couleur de cette partie basilaire, leur trachyte doit être différent de l'autre, car la base n'était pas si noire que le trachyte plus foncé des autres petits cônes, mais semblable au vieux cuir ; leur forme était régulièrement conique et non pas semblable à une coupe convexe, sans excavation au sommet et sans point oblique, qui caractérise beaucoup d'autres cônes Andiens. L'un des cinq cônes était plus haut que les autres quatre, successivement un peu plus bas, quoique assez hauts pour être couverts de neige. L'autre cône trachytique que j'ai vu est le Volcan de Copiapô (tome I, page 197). C'est un cône isolé, plus étroit, mais moins élevé, quoique son sommet soit aussi couvert de neige. J'ai passé tout auprès, à la distance d'une lieue à une lieue et demie, et à une distance de 4-5 lieues des cônes du Cerro Bonete. La surface de ce cône se présentait plus irrégulière, interrompue par de larges fissures perpendiculaires, et la substance de la pierre d'une couleur jaune-grisâtre assez claire. Le sommet est simple comme les autres, ni excavé, ni obliquement tronqué. Je n'ai pas vu les deux autres grands cônes du plateau ; l'un est le Cerro de San Francisco (tome I, page 198),

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