DE GARAY EST MASSACRÉ PAR DES INDIENS
De Garay fut arraché à ces travaux d'installation par une révolte à Sa Fé, où les métis s'étaient soulevés contre les Espagnols de sang pur. Ils étaient appuyés par une partie de la population de . la province voisine de Gordova, qui se croyait offensée par la décision, citée plus haut, rendue en audience royale à Charcas et attribuant Sa Fé au gouvernement du Paraguay. Leur projet était de s'emparer du pays. Mais De Garay, qui se rendit promptement à Sa Fé, comprima la révolte et revint à Buenos- Ayres avec des renforts, pour augmenter le nombre des habitants. Dans le même but, il se décida à y transporter la colonie de San Salvador, placée dans un endroit défavorable. Il en amena tous les habitants à Buenos-Ayres, organisa l'administration de la colonie et choisit pour son premier alcade Rodrigo Ortiz Zarate, parent du gouverneur défunt. Il lui confia ensuite la direction de la jeune ville. Il se remit lui-même en route en 1584 et remonta le fleuve pour affermir par sa présence personnelle la situation des affaires à Sa Fé et à l'Assomption. Suivant son habitude, il passait les nuits à terre et non sur le fleuve. Il était ainsi descendu à Punta Gorda, endroit où commence la berge élevée sur la rive nord, dans le voisinage de la petite ville actuelle de Diamantc. Il y fut massacré dans la nuit, pendant son sommeil, avec trente-neuf de ses comparons, parles Minuanos encore insoumis et habitants primitifs (l'Entrerios. Ils n'appartenaient pas aux tribus Guaranis et avaient quelque parenté avec les Charmas. Le reste de son escorte se rendit à Sa Fé et ensuite à l'Assomption, où elle annonça le triste événement.
Avec la mort de De Garay, la colonie perdit le dernier homme actif et zélé pour son bien. 11 ne se trouva plus personne d'une grande capacité pour en prendre la direction et travailler avec désintéressement à son véritable progrès. Ici, comme dans toutes les autres colonies de l'Amérique du Sud, l'ambition et l'intérêt personnel devinrent les principaux moteurs des Espagnols. Juan de Terres Vera y Aragon, qui, d'après le testament de Zarate, se considérait comme gouverneur, était encore au Péiou et y discutait avec le vice-roi sur ses prétendus droits. Il réussit à la un
8i FOiN DATION DE CORRIENTES;
à se faire reconnaître et envoya en avant à TÂssomption son neveu Juan de Terres Navarette, avec le titre de lieutenant général . Lui-même y arriva vers la fin de Tannée 1587, trois ans après k mort de De Garay. L'unique acte d'importance que. nous avons à rapporter comme fait durable de son administration, est la fondation de la ville de Corrientes, commencée le S avril 1588, audessous du confluent du Paraguay avec le Paranà, et coHtinuée sous la dîi'ection de son neveu le lieutenant généi*al ^' . Peu de temps après, découragé par les nombreuses et constantes tracasseries que lui suscitaient les premiers arrivés des habitants du pays et plus pai*ticulièrement les officiers supérieurs, il se décida à se démettre de son emploi de gouverneur et à retourner en Çspagne ^* .
Nous terminons ici notre histoire de la découverte et du commencement de la colonisation du pays du Rio de la Plataet de ses deuxaflluents, le Rio ParanaetleRio Paraguay. Nous consacreroB^ le chapitre suivant à Thistoire de la colonisation du pays intérieur de la République Argentine actuelle, jusqu'à la même époque où nous venons de nous arrêter, et nous nous contenterons de quelques considérations succinctes sur les temps postérieui*s pour compléter notre partie historique' '.