GRANDE DÉFAITE DES INDIENS
habitaient les peuplades Guaranis, qui avaient leurs principales résidences sur les îles entre les nombreux bras du Rio Paranà et vivaient depuis longtemps en relations amicales avec les Espagnols, sans leur être assujettis ; au sud et à l'ouest, les Querandis, peuple très-sauvage et belliqueux, qui dirigea les attaques contre D. Pedro de Mendoza et détruisit son premier établissement. Depuis lors, les Querandis ne s'étaient trouvés qu'accidentellement en contact avec les Espagnols. Appréciant avec netteté cette situation, De Garay, dans la distribution des bénéfices, dirigea d'abord ses regards vers le nord et donna à ses compagnons toute la côte du Rio de la Plata,. jusqu'à l'embouchure du Rio de Lujan. Il en constitua quatre-vingts encomiendas de diverses étendues, qui embrassaient le territoire actuel des villages de Belgrano, San Isidro, San Fernando et Las Couchas. La moitié nord de ces terrains était alors assez boisée et fut désignée par le nom de Grande-Forêt (Monte- Grande j comme dit le peuple, au lieu de Selva-Grande ; cette dénomination pour les forêts devint générale dans tout le pays). Les Indiens qui vivaient sur ces terrains furent attribués aux propriétaires des bénéfices {encomiendas) y et de leur mélange avec les Espagnols sortit la population particulière a cette région, les Gauchos. Mais les Querandis n'étaient pas si soumis. Ils virent avec peine s'élever les nouveaux élablissemenls sur leur sol et causèrent des difficultés aux Espagnols par leui"s incursions. Devenus possesseurs de chevaux, ils se rendaient beaucoup plus terribles'*. Ces attaques contre de petites troujves isolées d'Espagnols devenant plus fréquentes. De Garay se résolut d'anéantir les Querandis d'une seule fois. Il réunit ses soldat"^ en aussi grand nombre que possible et marcha avec sa petite armée au sud-ouest contre l'ennemi. Il les rencontra dans le voisinage d'une lagune de laquelle sort un ruisseau, leRiachuelo, et leur infligea une défaite si complète, (fuc la contrée porte encore aujourd'hui le nom de Laj^una du Carnage (Ldguna de la Atatanza). Depuis cette correction, les Indiens se retirèrent des environs de Huenos-Ayres plus au sud et ne vinrent plus j^èner les Espagnols dans l'occupation de la contrée.