‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 547 sur 583 · RICHESSE DES PILONS · texte numérisé non relu

RICHESSE DES PILONS

Dans le lieu nommé La Meœicanay se trouve la riche mine : La Verdiona, qui donne une bonne production d'or. Les pierres des filons, qui contiennent les métaux, donnent généralement 70 onces d'or et 80 marcs d'argent, par tonne de quarz aurifère. On travaille sur les deux côtés, supérieur et inférieur, de la même veine du filon, et Ton trouve principalement, dans la partie supérieure, une couche de 20 centimètres d'épaisseur des métaux les plus riches. Entre ces deux côtés subsiste un espace de 8-9 mètres d'épaisseur. Dans ce même terrain de la montagne, trois autres mines d'or sont aussi en exploitation : La Compagnie, San Pedro et Las Merceditas, la dernière a été ouverte tout récemment. La mine San Pedro donne de bons résultats. Encore à Touest de San Pedro, dans la même montagne, on exploite la mine : El Espino, qui m'a été indiquée •omme la plus riche après celle de Santo Domingo. Au pied du même terrain se trouve aussi une autre mine nommée *: El Socabon^ où l'on travaille avec grande activité. De cet endroit sortent tous les filons que nous avons indiqués antérieurement; plusieurs autres encore se prolongent à peu de distance, couverts jusqu'à présent par les décombres superposés. Autrefois on travaillait ici des riches mines d'or et d'argent, à présent tout à fait épuisées, qui semblent avoir appartenu à des ramifications des filons actuellement en exploitation. Tous les filons qui croisent le terrain, aux environs du Socabon, contiennent de Tor et de l'argent en différente proportion. Jusqu'à présent, les mines en activité n^ont pas touché la pierre dure de la montagne et néanmoins on trouve toujours des endroits aurifères de quelque étendue.

Dans un mont voisin, nommé : El Oro, se travaillent trois mines, avec 1-2 puits, mais elles ne donnent à présent qu'un profit k peu près nul. Cependant au commencement de leur exploitation elles ont produit 4 à 6 mille onces d'or.

344 DIFnCDLTÉS DU TRAVAIL.

Les mines du Cerro Negro, de La Caldera, d^Àmpailao et du TigrCy offrent pour leur exploitation cet inconyénieDt, que dans les mois de décembre, janvier et février, elles sont inondées par les eaux provenant des pluies. Les couches de la montagne, où se trouvent ces mines, sont presque en position perpendiculaire, et très-généralement déchirées k rintérieur par des grandes dislocations, produites par les porphyres voisins. L'eau entre avec facilité entre les couches feuillées plus ou moins ouvertes à la surface de la montagne et descend en si grande quantité dans Tintérieur des couches que les puits sont bientôt inondés, et Teau se transforme plus tard en glace, en raison de l'altitude de la montagne, si elle n'est immédiatement épuisée et conduite hors de la mine.

Cet inconvénient pour l'exploitation est heureusement un peu contrebalancé par la configuration générale très-conique et très-aiguê du mont, qui permet de faire avec facilité des galeries horizontales, que les mineurs espagnols nomment socabones, qui donnent leur nom au terrain entier qui les contient. De cette manière, Peau sort facilement pendant Télé et la direction des filons ascendants permet de les travailler de bas en haut, et rend plus facile rexploilati«^n.

Ce système est le seul que Ton puisse pratiquer avt'o profit dans les mines de cette nature ; c'est aussi celui généralement accepté par les mineurs, principalement dans la riche mine de Santo Domingo.

Je n'ai pas vu un nombre assez considérable de mines pour formuler un jugement exact sur leur richesse. La mine de Santo Domingo, que j'ai visitée personnellement, a, çà et là, des parties très-riches en argent, et d'autn?> que l'on m'a dit pouvoir donner un minéral de 8, 10 ou tout au plus 15 marcs, quantités qui prouvent assez clairement qu'elles ne sont pas très-riches. Il en existe d'autres à présent abandonnées, k cause de la difficulté du travail, qui étaient plus riches. Une tradition générale rap"

CROTàNCE D'UNE DIMINUTION DE PROFIT. 345

porte que Santo Domingo, El Espino, La Viuda, La Caldera et le Tigre ont produit de très-grands bénéfices au temps de leur première exploitation, mais k présent les trois dernières sont complètement abandonnées. Les mines actuellement en activité me semblent prouver la vérité de cette tradition. Mais on ne doit pas oublier que dans les temps passés le travail était plus facile, à cause de la petite profondeur dans laquelle on travaillait. La journée des ouvriers était aussi moins élevée et la valeur des métaux précieux beaucoup plus grande. Enfin, on n'exploitait pas régulièrement toute la mine, mais seulement les points les plus riches du filon, laissant inutilisés les autres. Toutes ces raisons me font croire que la différence de la richesse des mines entre le temps présent et le temps passé est une illusion; que les mines ont conservé en général leurs caractères propres, et que seules les circonstances, des différences dans le mode d'exploitation, et principalement l'augmentation des difficultés par les obstacles naturels, ont donné naissance à cette croyance générale que les mines ont perdu leur valeur. 11 est presque impossible de se faire sur cette question une idée saine et positive, k cause du manque de documents écrits des temps antérieurs qui pourraient contrôler les relations verbales et les traditions. Dans ce cas, il ne reste d'autre manière de vérifier la tradition que d'examiner les mines mêmes, au moins l'une ou l'autre de celles que l'on dit les plus riches, à une profondeur plus grande, pour se convaincre de l'état de leurs pierres et connaître avec exactitude leur richesse en métaux précieux. On sait que généralement avec la profondeur augmentent les filons de métaux précieux, et si une mine a été très-riche dans sa partie supérieure, il est à supposer que très-probablement elle contiendra les mêmes richesses dans sa partie plus profonde.

Si nous observons les mines d'or, nous ne pouvons pas

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