EXPÉDITION ITALMAGRO AU CHILI
poursuivit jusqu'à la fm avec une ténacité égale à l'irréflexion qu'il avait apportée à la commencer. Après avoir fait ses préparatifs, il partit de Cuzko avec cinq cents Espagnols et environ quinee mille Indiens, suivit la grande route des Incas, qui menait de k' Bolivie dans les provinces septentrionales de la République Argentine et est enciore aujourd'hui la principale voie de communication entreles deuxpaysr. Il arriva dans les localités actuelles de Tupiza, Jnjuy et Salta, dans la vallée du Rio Guachipas, qui coule du sud-ouest au nord-est, et en remoùta le cours jusqu'à l'cmbouehure du Rio de Sa Maria,; par 25*" 55' de L. S^ Il fut attaqué dans ce trajet par la nation belliqueuse des Calchaquis, qui lui tuèrent son cheval sous lui. Almagro demeura victorieux et poursuivit sa marche par la vallée du Rio Sa Maria, jusqu'à ce qu'il fut arrivé dans le désert absolument stérile du Campodei Arenal, au pied des Cordillères. Il franchit la montagne par la Quebrada de San Francisco (*) et atteignit le sommet des Cordillères près du Cen-o de San Francisco, traversa en suivant la môme direction à Touest jusqu'à la Quebrada de Juncal et descendit par la Quebrada de Faipote, pour venir déboucher dans la région de Côpiapô. Il fit halte quelque temps en cet endroit chez les Indiens, pour laisser ses gens se refaire de leurs fatigues, et expédia vers le sud un dïicier avec quelques hommes reconnaître le pays. Ils descendirent jusqu'au Rio Maule (35* 20' de L. S.) et Almagro les suivit jusqu'à Coquimbo (80* de L. S.). Les Indiens qui raccompagnaient ne voulurent pas s'avancer plus loin, parce qu'ils étaient arrivés aux limites du royaume des Incas et que les sauvages Araucaniens, qui habitaient plus loin au sud, étaient très-mal famés. L'officier revint et raconta que tout le pays au sud était désert et stérile et qu'on ne voyait aucune trace des métaux nobles chez les habitants. Les soldats demandèrent à rebrousser chemin et Almagro se vit torcé de revenir. Lui-même marcha en avant avec quelques compagnons et prit la route directe le long de la côte, par le désert d'Atacama ; mais la disette se lit sentir si vivement dans ce
(•) Voyez la carte du second volume de mon Reise durch die la Plata Staaten.