‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 577 sur 583 · S82 COMME EPOQUE DU SOULÈVEMENT · texte numérisé non relu

S82 COMME EPOQUE DU SOULÈVEMENT

çonner qu'il a eu lieu pendant la formation tertiaire ioférieure. Je crois aussi que celte période de soulèvemeni se recommande par la faiblesse des couches sédimentair^ en comparaison avec la grande épaisseur des couches de la même époque au-dessous de Buénos-Ayres . Nous avons vu plus haut, page 250, que dans la perforation fâjie dans la ville même, les couches guaraniennes commencent à une profondeur de 112 mètres et descendent jusqu'à 290 mètres; la formation a ici, par conséquent, une épaisseur de 178 mètres, tandis que dans la sierra du Tandil la formation sédimentaire ne dépasse peut-être pas 30 mètres d'épaisseur, car elle est, dans les localités accessibles, beaucoup plus mince. Je crois que cette différence remarquable m'autorise à accepter, comme démontré, que le soulèvement des couches de la sierra du Tandil a eu lieu avant la fin du dépôt des couches guaraniennes, et que ces couches représentent seulement une partie du dépôt formé pendant toute la durée de l'époque tertiaire inférieure du pays.

Je ne parle plus de la marne diluvienne qui contourne toute la montagne, s'élevant aussi dans les petites vallées entre les arêtes et entre les chaînes, s'élevant même un peu sur les pentes les plus basses des arêtes; ayant ^ipliqué assez la nature de son dépôt dans le chapitre III. où j'ai parlé aussi, page 200, de l'étendue de la formation diluvienne au Sud, dont les confins aboutissent pn*> de celte montagne du Tandil, entre elle et la sierra >entana.

0 (151)*. La carte géognostique, qui accompagne ce livre, est dessinée par inoi-mftme, d'après mes propres éludes, avec l'aide, pour les détails de quelques parties du terrain, des deux cartes géognostiques, que l'ancien professeur de Minéralogie de l'Académie des Sciences Exactes de Cordova, M. le Dr. Alpr. Stelzner, avait déposées, avant son départ du pays, dans les mains du Ministre de l'Instruction Publique, M. le Dr. José C. Albar- RACiN. Le Ministre m'avait donné ces cartes pour les utiliser dans l'inténH de la connaissance du pays. J'ai publié l'une des deux dans le tome premier des Actes de ladite Académie de Cordova ( Buenos- Ayres, 1875); l'autre est malheureusement fondée sur une carte topographique assez inexacte, et ne pourrait être publiée telle que l'auteur l'a dessinée, sans occasionner certainement beaucoup d'erreurs. Pour faciliter la compa raison, j'ai adopté pour ma carte l'échelle employée dans la carte géognostique du centre de l'Europe, publiée en 1839, à Berlin, par M. le chevalier de Dechen , ancien Directeur en chef des Mines des provinces prussiennes du Rhin,

1 (152i. Mes publications géognostiques sur le terrain de la République Arî,'entine sont insérées : soit dans la Relation de mon Voyage [ Reise durch die La Plala Staaten. Halle, 1861. 2 tom. 8.), soit dans des essais séparés, tels que mon travail sur les pétrifications de Juntas, publié en collaboration avec le Professeur Giebel (Halle, i861 . 4. et Àhhaud. d. naturf. Gerellset. tom. VI). De cet essai j'ai extrait le passage reproduit ici dans le texte. Une description générale géognostique du pays sert aussi d'introduction à la liste des Mammifères fossiles argentins, publiée dans les Annales du Musée public de Buenos- Ayres (tome 1, pages 62, seq.) et inos différentes communications à la Société Géographique de Berlin, publiées dans le Zeilschr. f. allgem. Erdk, Neue Folge, depuis 1855, ou dans Pelermann's geogr. Mittheil., depuis 1861, déjà nommées dans le tome premier de cet ouvrage. Dans ces différentes publications, et principalement dans les Annales du Musée public de Buénos-Ayres, M. le Dr. Maack, pendant quelque temps attaché au Musée, a puisé les matériaux do son Geological Sketch of the ÀrgentiM Republik, dans les Proceed. of.

{') Les chiffres entre parenthèses indiquent la page du texte.

the Boston Society of nat, hist., XIII. 417. Ce jeune homme n'i pa» fait de voyage dans l'intérieur de la République Argeatine, sauf uae petite excursion à la côte, près de la Loheria Grande, en compagnie da pr^ parateur du Musée, pour chasser des phoques p jur nos collections, et ii avait acquis ici, dans ses conversations avec moi et mes publications qie je lui communiquai, les connaissances qui formaient le fond de son Geol^ gical S Ketch, sans avoir jamais étudié pratiquement la géologie argeotâf.

2 (158). Pour les détails ici donnés dans le texte, le lecteur peut coma)ter mon: Excursion au Rio Salado, dans le Zeitschr. fur allg, Erdk.,y,F, tome 15, page 237.— Puis la carte de la perforation pratiquée par M. Sori- DEAUX, à Buénos-Ayres, reproduite pi. XXI de TAtlas de la Conf. Arj. par Martin de Mousst. J'ai fait mes remarques explicatives sur cette prrforatien dans la môme Zeitschrift, tome 17, page 393, et avec plus df détails dans Petermann's geogr. Mitth. de l'année 1863, page 92.

3 (161). Voyez, sur ces grands dépôts des décombres, mes remarqBN dans mon Reise, etc., I, 220 et II, 213 et 223.

4 (162;. Les environs de la source chaude de Borbollan, près de Vndo::a, sont très-instructifs pour la composition du sol de la Parapi stérik occidentale. Dans cette localité, les anciennes eaux de la source oïl dans quelques points, lavé les alluvions sur les couches diluvieonei << démontrent clairement la composition des couches alluviennes pir d« petits cailloux et graviers et jusque par la finesse du sable. Voyez moi Voyage, toràe I, page 230.

5 (164). Dans la relation de mon excursion au rio Sal ado (voyez note ^ j'ai décrit ces dunes du ruisseau Siasco (1. 1., page 240).

6 (164). Des dunes centrales, fort distantes de la côte actuelle de lini^r. se trouvent aussi en différents points de la Patagonie. Darwi?; a «IkhI des dunes entre le rio Negro et rio Salado, s'étendant de l'Rst à rou« sur une grande surface [Voyage d'Histoire naturelle, tome I, page Ki. Jrla traduction allemande). Les dunes indiquées dans le texte, comme ivfLutdues dans la province de Buénos-Ayres, n'ont pas été examinées par \mmême; je m'appuie sur les observations de MM. Heusser et Claraz. in<crites dans leurs Essais pour servir h une descr. phys. et géogn. de la pru vince de Buénos-Ayres (Zurich. 1866-4).

7 (166). D'après les observations de MM. Heusser et Claraz. pttbli»^-> dans leurs Essais, etc., dans la note antérieure, il se trouve sur les einrpements du rio Paranâ des vestiges évidents des anciennes lignes da niveau au-dessus du niveau actuel du fleuve, quelques-unes en fonnr *• gradins, couvertes d'une végétation vigoureuse d'arbustes. Ces aolevi distinguent deux gradins l'un sur l'autre, l'inférieur à 5 mètres an-di»sus du niveau acluol, le supérieur est de 4 mètres plus haut. Aussi m/ les bords du rio Uruguay, et même sur ceux des petits ruisseaux JeU Pampa, ils croient avoir observé ce phénomène.

8 (170). J'ai fait une relation da squelette de la baleine, trouvé dans une île du rio Paranà, près de Las Conchoi, à la Société paléontologique de Buénos-Ayres, le 17 juillet 1866, où l'on troure les détails de cette découverte. Yoy. Àctas de la Soc, Paléont, page IX, dans les Annales du Musée public, tome I. Pour déterminer avec vraisemblance l'âge du dépôt qui renfermait le squelette, il est nécessaire de tenir compte de ce que dit Ltell sur l'âge du delta du Missisipi [Antiq. of men. page 43), parce que nous n'avons aucune raison de croire que ces lies du rio Paranâ soient plus modernes que celles du fleuve correspondant nord-américain. Le squelette que j'avais attribué auparavant à une espèce du genre Megaptera, appartient en réalité à une vraie baleine et Irès-probablement à la Balaena meridionalis. Il est important de noter que des ossements de baleines se trouvent aussi dans des conditions semblables, dans les couches supérieures diluviennes. Bravard a trouvé dans Ja baie de Bahia-Blanca deux squelettes semblables en place (voyez sa carte géogn.) et Heus.<)ER et Claraz citent d'autres exemples dans leurs Essais, page 111. Mais on trouve ces ossements d'animaux marins toujours très-près des anciennes côtes diluviennes, et non pas dans l'intérieur de la formation, où des restes d'animaux marins sont inconnus.

9 [172j. La collection que Bravard a déposée dans le Musée public, contient 53 espèces de coquilles et comme 20 échantillons de terrains; entre eux, deux avec des dents de Mylodon et Scelidotherium. Parmi les coquilles qui n'étaient pas déterminées, j'ai classé les suivantes :

Chemnitzia americana, d'Orbignt. Voyag. Mollusq.., fl. 53, f. 17-19.

Natica Isahellina, 1. !.. pi. 76, f. 12-13.

Trochus patachonictks, I. l., pi. 55, f. 1-4.

Buccinum globosum, 1. 1., pi. 61, f. 24. — Isabellei, 1. 1., pi. 61, f. 18-21.

Murex varians, 1. 1., pi. 62, f. 45.

Olivancillaria brasiliensis, 1. 1., tome III, pi. 4, f. 155. — auricularia, ibid. 156.

Oliva tehuelchana, 1. I. pi. 59., f. 7-12.

Voluta angulata, I. 1., pl. 60, f. 12. — Colocynthis, I. 1., pl. 60, f. 4-5.

Crepidula muricata. Lam.

Ostrea puelchana, d'Orbignt, Yoy. texte, tome III, pl. 4, f. 162.

Mytilus Rodriguezi, 1. 1., pl. 85, f. 11.

Mactra Isabellei, 1. 1. pl. 77, f. 25-26.

Solecurtus platensis, 1. 1., pl. 81, f. 23.

On trouve, il est vrai, des restes d'animaux marins aussi dans l'intérieur du pays, dans quelques rares endroits, et même dans des couches véritablement diluviennes; phénomène très-curieux, parce que des animaux semblables n'existent pas actuellement dans notre partie de l'Océan Atlantique. Il faut consulter sur cette observation le texte, page 29. Aussi, MM. UiussBR et Claraz font mention d'une trouvaille de coraux fouiles

RtP. ÀRO. — T. n. M.

près de la fabrîqae de gaz de Baénos-Ayres, dans la tosca da Rio,oàl.Si- Gum les avaient ramassés. Mais une seule découverte ne pett pu Nrrir de fondement suffisant à une théorie nouvelle.

10 (172). MM. Heusser et Claraz s'étonnent dans leurs Euait,fmtfli, que je n'aie rien dit, dans mon Voyage, sur les limites entre UfomtM diluvienne et tertiaire au Sud, quoique Darwin, auquel ils attnbseal ■ grand talent de divination, eût soupçotfiné ces limites dans les eimtt de San Luis. Cette surprise des deux auteurs est justifiée, quindoii' tache plus d'importance au talent divinatoire d'un auteur qu'à l'oliiem' lion directe d'un autre. Si les limites soupçonnées n'existent pis àm le lieu où Darwin les a cherchées, je ne pouvais pas les indiififf: h formation diluvienne ou pampéenne s'étend plus loin au Sud que hnêt suivie par moi, dans mon Voyage; elle dépasje encore la latitude di^. comme le prouvent les couches fossilifères dans les environs de Sa Luis, où Ton trouve les mêmes ossements de Megatherium, MfiloiH i Glyptodon qu'ici à Buénos-Ayres. Dans les environs de Mendoa k couche diluvienne a encore une épaisseur de 14 mètres, comme le pM* vent les puits artificiels dont je parle dans mon Voyage^ tome 1, p^^

11 (172). Que cette formation très-étendue corresponde au éHmim des anciens géognostes, tel qu'il se présente dans la plaine de YàJkat gne du Nord, sa nature locale et générale le prouve évidemmeoL l^r teur, qui est né sur le sol dudit diluvium et n'a pas vu, jusqu'à llf de 20 ans, d'autre couche terrestre, était très-surpris de voir toft fi* de Buénos-Ayres, à la harranca delRio, les berges affecter le mèfletfpect si longtemps observé par lui sur les c6tes de la Baltique, dassln environs de sa ville natale : Stralsund, Prendre ce même terrain deli^ nos-Ayres pour une couche tertiaire, parce que quelques-uns des w»mifères éteints ressemblent plus aux animaux de l'époque tertiaire, ■> semble d'une subtilité trop grande; nous connaissons aussi de répoqp* diluvienne de l'Europe plusieurs espèces éteintes, telles que le nismouth, le rhinocéros, l'hyène, l'ours des cavernes, etc. On trouve aossi ài espèces identiques aux espèces actuelles du pays, comme cela se prèsoii en Europe : le renard, la vizcacha, la prea me paraissent sembliblei t ceux vivant actuellement. Bravard a fait cette objection, que le Jfssioès serait toujours un animal tertiaire en Europe, pour prouver qte ^^ couches qui le contiennent dans la République Argentine appartiesacil à la même époque ; mais il a oublié, en s'exprimant ainsi, que le JNitodon de l'Amérique du Nord est véritablement diluvien et probiUi* ment encore plus moderne que notre Mastodonte argentin. Tout lemosà sait que les ossements de cet animal se trouvent dans les couches oii^ cageuses diluviennes ou même alluviennes de l'Amérique du Nord.

12 (174). MM. Heusser et Claraz prennent, dans leur Esmêû, etc. page 25, ces grains noirs pour grains de basalte ou pierre d'aaiaodt, il fondent leur opinion sur d'autres grains verts, réunis aux noiit. ^'i>

prennent pour olivine. — Il est vrai que Ton trouve quelques petits cônes de basalte dans l'intérieur des montagnes, par exemple, dans la sierra de Côrdova, et près celle de San Luis, mais je doute que leur présence soit assez fréquente pour permettre de déclarer que ces grains noirs soient les restes de roches basaltiques décomposées. Aussi, dans les montagnes du nord de la République, les basaltes sont inconnus ; ils se trou- ▼ent, accompagnés d'autres roches volcaniques noires, comme spilite on pierre d'amande, dans la sierra d'UspalIata, mais toujours en masses assez circonscrites et à peine suffisantes pour donner naissance à toutes les graines noires des couches diluviennes, — La grande variabilité du mélange de la marne diluvienne est prouvée, en outre, par une carte géognostique de la perforation faite pour le tunnel de Toma, publiée dans les Annales de la Société scientifique de Buénos-Àyres, tome 1, n* 5: on ▼oit clairement que c'est là un arrangement de substances casuellement mêlées, sans ordre et sans suite des différentes couches observées.

13 (176). Le manque de restes d'animaux marins dans la formation pampéenne a déjà embarrassé les auteurs antérieurs. D'Orbignt cherche à attribuer ce manque à des conditions locales, rappelant ce fait bien connu sur les côtes de France, que les huîtres meurent quand leurs couches sont couvertes par la vase. MM. Heusser et Claraz mettent en regard { Essais, page 128), une explication du de Verneuil sur le même phénomène dans l'Amérique du Nord; mais les deux observations n'expliquent pa,s le manque total et seulement un manque local. Partout, il faut chercher à ces phénomènes généraux des raisons générales aussi, et ne pas apporter une preuve sans valeur pour expliquer un fait, qui est si généralement répandu que celui en question. Les deux observateurs procèdent de même en plusieurs cas ; par exemple, dans leurs explications des cailloux trouvés çà et là dans les deux formations diluviennes et allu- Tiennes, qui ne sont pas d'une existence générale, mais aussi assez locale.

14 (177). L'état de conservation des morceaux décrits prouve assez clairement qu'ils ne sont pas à leur place originaire ; ils ont été sans doute transportés d'un autre endroit. Très-vraisemblablement, ils n'appartiennent pas à la formation diluvienne, et je doute aussi qu'ils proviennent d'une couche ailuvienne, parce que descorallines semblables ne sont pas connues dans les mers de nos côtes. Avec plus de raison on peut soupçonner qulls sont de l'époque tertiaire, et sont des débris d'un ancien bcuc de coraux, qui se formait plus loin de la côte de la baie marine, et occupait, dans ces temps, le lit du rio Paranâ, encore plus loin au Nord. Cependant, nous ne connaissons pas de corallines parmi les restes des animaux marins déposés dans notre couche tertiaire, et de toute manière leur présense dans le diluvium, à San Nicolas, est un fait curieux fort singulier.

15 ^178). Ces cailloux des roches volcaniques, que visent ces auteurs ( Sêiaiê, page S7), me semblent provenir de la Bande Orientale, où de

mélaphyres et des roches d'aimant se troavent entre Maldonado et Montevideo. Voyez mon Voyage, tome 1, page 77.

16 (178). Cette observation est faite par MM. Heusser et Clarai [Emis, page 27).

17 (181). J'avais expliqué déjà, 1865, dans la seconde livraisoo des Annales du Musée Publie de Btiénos-Àyres, mes vues sur le transport des matériaux de la formation diluvienne d'une distance assez considérable. Depuis, M. le Dr. A. Dœring a donné ces mêmes explications au regard de la formation chimique du terrain diluvien, et démontré que les matétériaux primitifs du dépôt, entre Côrdova et Rosario, sont fournis par les montagnes de la Sierra de Côrdova. Voyez Bulletin de rAcadémieéa Sciences Exactes, tome I, page 249.

18 (181). Sur les procédés de formation des sels épigénétiques. M. F. ScHicKENDANTZ a publié deux mémoires dans le Bulletin de rAcadémie. éa Sciences Exactes de Côrdova, tome I, page 240 et leur Actes, tomel. page 18. On peut consulter aussi les observations de Perchappe, commun quées par D'Orbignt (Voy. etc., tome L page 661], qui semblent proiver. que le sulfate de soude est plus répandu dans les couches diloviennes que le chlorure de soude. Il a trouvé tantôt 93 */o sulfate, avec 7 */• chlorure, tantôt 63 7o du premier et 37 de l'autre. D*aprés Schickendamtz, le sel de la saline au pied d'Ambato est du chlorure de soude presque pir. avec quelques traces de sulfate ; mais dans d'autres endroits le^ salfates dominent, principalement ceux de chaux et de magnésie. L'auteur cnit que ces deux derniers sont des produits épigénétiques, formés par linfluence de l'eau atmosphérique sur les trachytes des montagnes voisiofs Probablement à une influence semblable est due aussi la richesse dt>U marne diluvienne en sels de cette nature. — Considérant ces phénomènî?^ sous un point de vue général, il ne faut pas oublier que les salines appartiennent à l'époque alluvienne et sont, par conséquent, plus modernes qae les couches diluviennes, se formant encore actuellement sous nos yeoi. comme le prouve M. Schïckendantz par ses propres observations directes. Les sels des couches diluviennes sont, au contraire, préhistoriques et formés pendant la précipitation de ces mêmes couches. Mais l'origiDe àa sels, dans les deux dépôts, est la même, due à la décomposition des rocher des montagnes voisines. — Voyez aussi l'essai du Dr. M. Sieweet. «JâW le : La Plata-Monatsschrift: iher einige Minerai Wasser u. Heilquelh-

d.Arg. Hep. II' année, pages 161 et 177, seq.

19 (18S . Il est notoire que la crédulité des hommes, en général, ai»' mieux admettre l»^s miracles, qu'écouler les explications sensées Jesptf^ sonnes bien informées ; les doctrines superstitieuses de l'Église ciiiK^ lique font une loi aux laïques, aussi bien qu'aux prêtres, d'accepter foœ*' vérités les miracles. Par cette raison, je n'ai pas été surpris de iroï'^^ des ecclésiastiques qui ne voulaient pas croire que les grands oêseaati

de notre pays fussent dans leur état naturel, comme le prouve leur état

de conservation. Mais cette preuve d'ignorance n'est pas générale chez les

prêtres ; déjà le jésuite Falkner dit, dans sa description de Patagonie

(éd. de Angelis, dans sa coilect. des docum., etc., I, page 10) que la

grande cuirasse, que Ton nomme ici généralement caheza de giganU

(tête de géant), appartenait à un animal gigantesque, voisin de l'Arma-

dillo, et le décrit avec assez d'exactitude. D'un autre côté, nous trouvons la

preuve d'une ignorance complète de ces matières, même en Espagne, dans

un ordre du roi Charles III, dirigé au vice-roi de Buénos-Ayres, marquis

]>£ LoRETTO, daté du 2 septembre 178S, de lui envoyer un exemplaire xi-

YaLïïi (le Megatherium, dont le squelette fossile était arrivé à Madrid peu de

temps auparavant ; ou s'il n'était pas possible d'envoyer l'animal vivant,

tout au moins de l'envoyer empaillé. M. Man. Trelles a trouvé cet ordre,

original dans l'archive de Buenos- Ayres. Voyez Actas de la Sociedad Pa-

leontolôgica, pag. XXJX. Anales del Museo Pûbl. de Buenos Aires^ tome I.

20 (193). J'ai fait la connaissance de M. Bravard en 1858, à Paranâ, et ai vécu avec lui en excellentes relations, jusqu'à mon départ de cette ville. Je l'estimais beaucoup, à cause de ses connaissances et de sa grande activité. Son éducation n'en avait pas fait un homme de science, et ne le destinait pas à la spécialité à laquelle il se consacra plus tard ; il avait étudié l'architecture, et avait acquis, avec les connaissances nécessaires à l'exercice de sa profession, une main très-habile à dessiner et à faire les croquis scientifiques. Quant à ses connaissances géognostiques et paléontologiques, il les avait acquises principalement en collectionnant lés fossiles du terrain de sa ville natale: Issoire, en Auvergne, et il avait quitté sa patrie après le coup-d'état du 2 décembre 1851, à cause de ses opinions républicaines exaltées, pour continuer, dans les environs de Boénos-Ayres, ses recherches paléontologiques. Il visitait pour la même cause Paranà, et fut nommé, par le président Urquiza, Inspecteur général de mines et directeur du Musée national, fondé par lui-même. Le successeur d'URQUizA, président Derqui, envoya Bravard à San Juan, pour essayer des entreprises dans les mines de cette province ; mais il ne trouva pas la situation convenable pour réaliser les projets du président. Cette affaire, mal interprêtée, rendait sa position difficile auprès du gouvernement, et Bravard retardait pour cela son retour à Paranâ, prolongeant son séjour à Mendoza, où le tremblement déterre du 20 mars 1861 le surprit, et où il périt avec tant d'autres victimes moins illustres- Il possédait de très-précieuses connaissances, acquises par sa longue pratique de collectionneur, mais il penchait, comme beaucoup de savants autodidactes, vers des idées extravagantes, qu'il cultivait avec prédilection. Parmi ces idées, il faut ranger cette opinion émise par lui. que toute la couche diluvienne quaternaire est un dépôt de dunes ou de sable mouvant, et probablement aussi sa fameuse découverte de coques de larves de mouches dans les contours des squelettes déposés dans cette couche.

31 (195). Dans leurs Essais, etc, MM. Heusser et Clarax remarqpai que les larves des mouches, que Bratard croit avoir trouTèes, poinieM aussi vivre dans les cadavres flottants, pour réfuter l'opinion de Uitid opposée à celle de d'Orbignt et de Darwin, que ces messieurs iceeptal tout en admettant que la formation du dépôt diluvien est due à ïwàHoÊk la mer. Ils croient que ces cadavres flottants dans la mer, restaient mb longtemps dans cette situation, pour permettre aux larves de nâtnâèi se changer en mouches. Mais les cadavres, en ce cas. ne nagent pu yv eux-mêmes; ils flottaient seulement soutenus par les gaz formés km l'Intérieur du corps, et ces gaz venant à rompre Tenveloppe davetti après quelques jours de putréfaction, le cadavre devait descendra ai W de Teau entraînés par son propre poids. C'est une idée toat*à-tt fantastique de croire , que le cadavre d'un Megatherium, iTyMa. Glyptodon, etc., pouvait nager malgré le poids énormes de ses osscm* On voit bien, que des cadavres de baleines flottent dans la mer. wà seulement à cause de Ténorme quantité de graisse contenue danstefea de leur corps; et, du reste, jamais que quelques jours, jusqu'à la nf ture du ventre boursoufflé. Ces Gravigrades et ces Glyptodontes ne ^ valent jamais flotter, parce que leurs ossements et cuirasses sonttrofpisants, pour rester soutenus à la surface de Teau par des gaz iatenes. fitduits de la putréfaction.

32 (301) Comparez sur les résultats des perforations mon rapportas Petermann's geogr. Mitth., 1863, s. 93. On a exécuté trois perforitioii,li première, à Buénos-Ayres même, près de l'église La Piedad, partie bpii élevée de la ville, sans réussir ; les deux autres, dans le pays bas : Fae à Barracas, 13 mètres au-dessous de la perforation de La Piedad, TaiH. à la côte de Zamborombon, au Tuyû, à 1 mètre au-dessos de la iv Les deux puits ont donné de l'eau mauvaise et non potable. La y^ ration, à La Piedad, était descendue jusqu'à 380 mètres et ivt émdonnée quand la tarière toucha les rocs métamorphiques; Taatrf, alvracas, donnait dans 79 mètres une source ascendante, qui s'élevait 7 a^ très au-dessus du niveau de la rivière voisine Riachuelo et émètreiaidessus du sol. Les détails de la perforation au Tuyû ne sont pas cmms-

33 (203) De cette couche de sable, les puits à Buénos-Ayres lefoinit l'eau, qui a un mauvais goût, un peu salée ; c'est pourquoi Toa piéftfe l'eau des citernes ( algibes ). Les puits sont dans la ville d'une deur de 15 - 18 mètres. Dans cette même couche semble être l'eau des puits de toute la province et probablement de tout le pays. La perforation faite à Buenos- Ayres a prouvé que cette couche pfêi' v caractère très-fluide en bas ; on avait beaucoup de peine à foire eitrerki tuyaux pour la perforation du puits, à cause du mouvement di salle MM. Heusser et Claraz disent, dans leurs Essais, page 64, qa'û se p^ sente quelquefois de petits poissons dans les puits, récemment otmli dans la campagne; ils doivent sortir de cette couche et des soarees en amont. Je n'ai jamais fait la même expérience, et comme les

k mêmes n'ont pas vu ces prétendus poissons, nous tenons ce fait en réserve. On dit que la quantité en était considérable.

24 (204). D'après la carte géognostique de Bahia Blanca, publiée par Bravard, le premier gradin s'élève à 55 mètres au-dessus de la mer et 48 mètres au-dessus du sol du terrain bas de la côte. Si Ton admet, avec Darwin, huit gradins chacun de 27 mètres, le plus haut est de 580 mètres (1765 pieds) au-dessus de la mer, c'est-à-dire plus bas que l'élévation du terrain dans les environs de Mendoza et les territoires plus au Nord. Ces territoires ne pouvaient donc pas être si élevés à l'époque diluvienne, •apposant que la couche soit un dépôt marin, parce qpie, dans ce cas, les gnîdins de la Patagonie eussent été aussi submergés. Si Ton admet la formation de la couche diluvienne comme dépôt marin, le sol de la République devait être au moins 5-600 mètres plus bas, et cette différence du niveau ancien devait augmenter au Nord, parce que l'élévation actuelle est ici plus grande ; presque sept fois plus haut s'élève la formation en Bolivie. Nous ne croyons pas à la possibilité d'une différence si énorme entre le sol de nos jours et celui de l'époque diluvienne, et nous nous appuyons sur les raisons expliquées dans notre texte, pour rejeter la formation de la couche diluvienne comme produit marin.

25 (205). Il n'est pas prouvé que des valves de coquilles marines aient élé trouvées nulle part dans les couches diluviennes ; les coquilles que Ds LA Cruz a trouvés dans la plaine, entre les Cordillères et le fleuve 'l3iady-Leofu (écoulement de la lagune Behedero), ne peuvent rien prouver, car elles sont sans doute transportées par les fleuves des Cordillères à la place où le voyageur cité les a vues. Les indications de M. Martin de MoussT, répétées par MM. Heusser et Claraz, de l'existence de coquilles iMsiles, sur les bords du rio Desaguadero et rio Juramento, méritent encore moins de confiance. Une personne qui a pris les couches tertiaires du rio Paranâ pour des couches jifrassiques, comme l'a fait cet auteur, ne mérite pas que l'on recueille son observation.

26 (208). MM. Heusser et Claraz mentionnent dans leurs Essais, pages 26 et 121, l'existence des cailloux dans les dunes préhistoriques de rintérieur de la province de Buénos-Ayres; maïs ils parlent seulement d'an simple exemplaire et non d'une couche entière pleine de cailloux. Aossi, ne disent-ils pas que ces cailloux, simples et espacés entre eux, étaient dans la dune même, mais bien dans la lagune, au pied de la dune.

27 (209). MM. Heusser et Claraz émettent des opinions semblables dans leurs Essais, page 126. L'ouvrage était publié à Ztirich dès 1866, dans les Actes de la Société dHist. Nat. de la Suisse, mais je n'en ai pas eu connaissance en temps utile, alors que j^écrivais la deuxième livraison de mes Annales, etc. J'ai vu plus tard, dans les mains de mon ami, M. Manuel Kguia, un exemplaire que les auteurs lui avaient offert. Pour ma part, J9 n'ai jamais eu de relation avec ces deux messieurs, bien qu'ils aient

résidé à Buénos-Ayres, et même aajoard'hoi je ne les connus pas eiiesre personnellement.

28 (214). Je parle ici de la période glaciaire, on plutôt des teafi antérieurs et postérieurs à celte catastrophe , comme époque ff^^ ciale et postglaciale, sans entrer dans un examen détaillé de ces phéacH mènes dans ces régions, parce que. dans mon opinion, il ne me puatlpai possible de fournir de preuves évidentes de l'existence de prodoiti fbcials sur le sol argentin. Je crois donc utile d*appuyer ici mon opioioftèi quelques arguments démonstratifs de cette théorie, relativement à TAiièrique méridionale. Je déclare d'abord que je connais parfaitemeiit H observations de quelques auteurs favorables à cette théorie, telles qse celles de M. Pel. Strobel, qui prétend avoir vu des roches polies et dei éraflures diluviennes sur le Morro de San José, et d'autres de M. H. An- Lallehant sur les cavernes de la sierra de San Luis et leurs tntxm polies ( Voyez Àcta de VAcad. Nae. de Cienc. Exact. ^ tome I» page 1(6 D'après mes vues personnelles, les faits cités ne sauraient prouver ar^ évidence la présence antérieure de glaciers ; il est trés-possible qïïeJei eaux courantes, mêlées avec des graviers, produisent le même effet, ftj^ préfère accepter cette action de Teau, me basant surtout sur Fabsenoe è tous autres signes d'une action glaciale, que nulle part on ne trouve au ces régions. Accoutumé à voir, pendant ma jeunesse, les plaines de l'Allé magne du Nord, dans les environs de ma ville natale de Stralsand. n Poméranie antérieure, parsemées de millards de cailloux, déooaui^ par le peuple pierres de la campagne [Feldsteine), provenant comme woi le savons, des montagnes de la Scandinavie, et transportés pardpsfiaciers, pendant l'époque glaciale, je fus très-surpris de ne pas troavfrwi aspect semblable à la grande plaine aux environs de Buénos-Ams, et plus tard, aussi, de ne pas trouver, à l'entrée des vallées, dans le^cliaioa de montagnes occidentales du pays, de grandes accumulations de bloc4. n forme des moraines, qui ne devraient pas manquer, si les accumaUtioK de cailloux, décrites plus haut (page 162), fussent des dépôts de forcer glaciales. La disposition des cailloux, mêlés au sable fin. presque horizontale aux environs des montagnes, prouve évidemment que ces ài^ ont été faits par des eaux courantes; elle ne permet pas de croire, qne éa glaciers ont contribué à ces dépôts, s'il existe d'autre manière d'eipbquer le fait, ce qui me semble assez bien prouvé, en raison des dépôts u pied de nos montagnes. Même les accumulations de débris de ooacbei sans sable, connues sous le nom de merde roches { FeUenmeere \ ({ni i^ trouvent dans les environs de la chaîne des petites montagnes de la pampi au sud de Buenos- Ayres ( Voyez tome I, page 240 ), manquant, comme 1* dit Darwin {Voyage, tome I. page 125. Irad. ail.), à la sierra Ventm. ne prouvent pas l'existence de ci-devant glaciers; leur position irr^çi' lière indique assez clairement qu'il sont tombés çà et là du haut de U montagne, mais d'aucune manière qu'ils aient été accumulés par des fliciers. Par toutes ces raisons, je me vois forcé de déclarer, quil ii*exiiii

aucun motif plansible d'accepter, que, pendant la vie des grands animaux éteints sur notre sol, soit survenu un changement assez rapide de la température pour former des glaciers à cette époque ; le manque de blocs erratiques dans toute la pampa, à l'exception des parties les plus australes de la Patagonie, où Darwin les a trouvés {Voyage, tome I. pages 199 et 383), est un fait complètement en opposition avec cette hypothèse, et c'est assez pour la repousser. Si néanmoins j'ai désigné Tépoque des grands animaux éteints comme préglaciale, je Tai fait pour indiquer approximativement leur âge, et non pas pour déterminer un fait d'abaissement de la température, à cette époque, au-dessous de zéro, suffisante pour tuer lesdits animaux ; ils sont morts naturellement, sinon tous, au moins la plupart, même en admettant un état climatérique et physique du pays, différent de celui de l'époque actuelle.

Je saisis aussi cette occasion pour dire quelques mots en opposition avec la théorie d'AcASSiz, admettant des phénomènes glaciaires, non-seulement dans les environs de Montevideo, mais aussi dans ceux de Rio de Janeiro, régions où la base des cônes et les couples de roches de gneiss-granitique aboutit aux vagues de la mer. Il est vrai que l'on trouve ici des accumulations de grands blocs polis aux pieds des cônes actuels, même dans la baie, disposés en rangs semblables aux moraines des glaciers, comme je l'ai dit dans mon Voyage au Brésil, page 111. Mais la polissure de ces blocs s'explique beaucoup mieux par les mouvements des vagues, que par le frottement des masses glaciaires, la disposition eu lignes n'étant pas semblable à celle des blocs de moraines, mais plutôt une séparation des chaînes de roches en blocs, par suite de ruptures postérieures, ou par l'accumulation de blocs tombés du haut. Agassiz s'appuie principalement sur les différences matérielles de beaucoup de blocs entre eux, les comparant aux cônes voisins actuels, et il prend cette différence pour un argument en faveur de leur transport d'un lieu éloigné. Mais cette conclusion est prématurée ; je peux donner une autre explication du fait, qui me semble plus justifiée par mes propres expériences. C'est un caractère général du gneiss-granitique que sa substance matérielle soit trèsvariable, semblable à celle des gneiss stratifiés, et qu'il se modifie beaucoup par le mélange des matériaux constitutifs de roches même situées à une assez petite distance. J'en ai donné, dans mon Voyage, page 96, un exemple très-remarquable, en décrivant un grand cône, ouvert dans toute sa hauteur par des carrières, et composé de deux espèces très-différentes de minéraux, mêlés entre eux par grandes parties, s'étendant les uns dans les autres en ramifications entortillées sans ordre. La même observation a été faite par les naturalistes attachés à l'expédition de Fretcinet, et par PoHL, Hoffmann et Meten [Voyage autour du Monde, tome I, page 99). Si l'on admet que les anciennes parties supérieures des cônes actuels, dans les environs de Rio de Janeiro, étaient d'une composition différente des mêmes matériaux, l'énigme de la différence des bloc actuels à leur pied est bien expliquée. Il me semble que cette explication est d'autant

plus naturelle, que ces parties extérieures, à présent perdues, étaient lei plus anciennes, et très-vraisemblablement formées d'une autre manière que les plus intérieures, surtout si nous admettons la théorie métamorphique, qui influençait premièrement l'extérieur et plus tard rintérieor des roches en question.

39 (216). Les chevaux fossiles de la pampa ont été décrits demièremeat par moi dans un ouvrage spécial, publié à Buénos-A}rres (1875, fol., avec 8 planches] où je passe en revue, avec détails, les quatre espèces nommées dans le texte. Nous avons de l'une {Hippidium neogaeum), un squelette presque entier. Une autre monographie sur les Glyptodontes se troore dans le second tome des Anales, etc., accompagnée de figures exactes des huit espèces conservées dans le Musée public de Buénos-Ayres.

30 (239). Les documents publiés sur les deux perforations à Buénos- Ayres et à Barracas, se bornent à deux cartes avec les profils des couches et quelques courtes notes sur chacune, apposées sur les cartes mêmes. M. Martin de Mousst a donné une reproduction de ces deux cartes dans l'Atlas de son ouvrage, pi. XXL Ces deux profils présentent entre eax une différence, semblable à celle qui existe dés deux côtés des berges du rio Paranà, au port de la ville du môme nom, quoiqu'ils ne soient pas identiques à aucun point de cette dernière localité. Dans les deux puits la couche supérieure calcaire manque, et à sa place se présente l'argile plastique, avec quelques valves d'huîtres isolées. La couche sablonneuse, au-dessous de l'argile, présente la même différence d'épaisseur que la couche d'argile dans les deux puits, c'est-à-dire q'elle est plus épaisse à Buénos-Ayres qu'à Barracas. Aussi, leur caractère est diffèrent : à Bu^'nos- Ayres elle est partout la même, et à Barracas elle se change en petits bancs argileux, plus ou moins mêlés de chaux et de sable pur. En bas. le sable est très-mou, peu cohérent, et contient beaucoup d'eau, et de cette partie du sable sort le jet d'eau ascendant, qui s'élève jusquâ 4,30 mètres au-dessus du niveau supérieur du terrain, formant le pulls artésien. Le manque de la couche calcaire me semble prouver, que, pendant le dépôt de la formation tertiaire, ces deux lieux étaient beaucoup plus distants de l'ancienne côte que les environs de la ville Paranâ. quoi que toute l'épaisseur de la formation soit presque la même. Le dépôt moindre au-dessous de Barracas semble indiquer que ce terrain, depuis le corn mencement de la formation, n'était pas si bien exposé au courant qai formait le dépôt, que les endroits plus à l'intérieur du golfe, à Buénos- Ayres et à Paranâ.

31 (242). M. Martin de Moussy,. dans son Atlas de différentes localités de la plaine argentine et des côtes de la Patagonie, a aussi donné de> profils, pi. XXII, s'appuyant sur les descriptions de D'Orbigny et Darwh. Ils expliquent bien les différentes couches de formation tertiaire et diluvienne, et peuvent être considérés comme des documents auxiliaires de notre Traité.

32 (250). Pour les détails de cette perforation je dois renvoyer le lectear à mon essai déjà indiqué note 22, dans les Géograph. Mittheil, du Dr. Petermann (1864, page. 91) et sur le résulut définitif de l'entreprise à mes communications à la Société géogr. de Berlin fZeischr. f. allg, Erdk. N. Folg, tome 17, page 394. 1864;.

33 (254). Penda it les travaux de déblai du chemin de fer andien, on avait trouvé dans le terrain aux environs du rio Quinto quelques échantillons des pierres avec impressions de feuilles de plantes, les prenant pour l'indice du dépôt de lignite dans la plaine de la Pampa; et quelques temps après une Société anglaise avait fait des perforations pour chercher le lignite dans la profondeur. Mais on n'a rien trouvé en fait de combustible ; au contraire, après une perforation de 80 pieds (26 mètres environ] la sonde est entrée dans un grès dur d'une couleur rougeâtre, tout semblable au grès sans pétrifications qui se trouve si souvent au bord des montagnes de la Pampa, et qui semble appartenir à l'époque tertiaire inférieure. J'ai examiné l'échantillon principal, déposé dans le Musée Public; c'bst une pierre dure de gros grain, gris-rougeâtre, sans autre caractère, ne contenant pas de substance calcaire dans son mélange, comme semble être généralement la qualité du grès de ladite formation. Cependant, le lignite, que Ton cherchait en vain ici, on Ta trouvé dans la province de la Rioja, près du village Guandacol [voyez la carte géognostique) dans le ravin étroit du même nom, entre les montagnes voisines, où il forme un dépôt assez considérable. Les échantillons, montrés à moi, prouvent que la substance est un véritable lignite, assez noir, un peu luisant, pas très-mou, quelques parties se réduisant en poudre quand on le touche, et comme il parait d'une très-bonne qualité.

34 (255). Stelzner parle de ces grès rouges dans la relation de son voyage dans le Jahrbuch d. Miner. 1873, page 728, mais il ne voit pas en eux les équivalents de la formation guaranienne de d'Orbignt, et ne dit rien de leur âge. Je crois que les indications données dans le texte sont assez concluantes, pour permettre d'accepter mon opinion.

35 (257). Des notices plus détaillées sur les lieux où se trouve VAm" moniies communis sont contenues dans mon : Essai sur les pétrilications de Juntas (Halle, 1861. 4.) publié en collaboration avec le prof. Giebel; plus encore dans le Voyage au désert d'Àiacama par R. A. Philippi (Halle 1860. 4) et dans le Report on the Geology ofS. Amer, par D. For- BES [Proc. of the géol. Soc. vol. 17, n. 21 ; 1861. 8.) pag. 32, de la publication sépai'ée.

36 (266). Le rapport avec le terrain houiller se trouve dans une petite brochure dé}ii nommée tome 1, page 369, note 40. — Carbon de piedra Argentino, por Klappenbach y Garmendia. Buénos-Ayres, 1872. 4.

37 (268). Comparez sur l'existence des pierres de la formation paléozoique la communication de M. F. Schickenoautz dans Petermann géogr.

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4/J 'J^fï,, (.«'• IfH'.aUiAn, nhmmhtt dant le texte, sont sinipl«D«t*^ UfHiii^'t*M imr H. A, Stv,u.%t%, dans les mêmes Acia et Amala^ v» ihmmr Hitmit nnirt* tU*Uit\, Fer«onnellement, je n'ai vu qn'ane fv^o ^ i'kImU Um hAmi»pliAnr|ii<*» di? tra^ihyte, g'élevtnl brusquement de ii pi** k l'Md du ri ri Colorado, au nord du village d'Anapa (Voyez mon r^ftf Immim II. |»/tt(fi 9.'l.'l) l«A pif^rn* avait ici la môme apparence que dans j •iMiHi d'IlNpiillatii : unn niuHM! TchUpathique blanche, avec de nonibrrn lliiiliiii iifdrM d'unipliiholo, diiilribu6e régulièrement et sans une fraa^ diMimi^

Il (Vll\^< Voyc^i la doHcriplion microscopique de ce basalte dans H li'lii «lu /il .loud yVcir. df TicMc. ^xnct., tome I, page 143. par M. An-

^ 45 (293). Une description assez détaillée de ce même chemin, traversant ' là montagne d'Uspallata et touchant le Paramillo, a été donnée par Darwin * dans ses Geolog. Observ. on South-Amer., page 195. Comme il n'entre > pas dans le plan de mon ouvrage de reproduire toutes les observations ■ faîtes antérieurement, il me semble suffisant, d'indiquer au lecteur, où il 2 doit chercher des explications plus détaillées.

46 (294). Ma description géognostique de la partie des Cordillères, tra- ^ versée par moi, se trouve dans mon Voyage, tome II, pages 245, etsuiv.,

et aussi dans mes différents Essais dans les Geograph, Mittheil. du Dr.

' Petermaxn, 1860, page 369, et 1861, page 86. Les observations de Darwin ont été publiées par lui dans ses Geogn. Ohserv. on South-Àmerica,

'• page 175. Cette même partie des Cordillères a été visitée dernièrement par le Dr. Stelzner, qui a donné le résultat assez abrégé de ses observalions dans le Jahrbuch der Minerai^ etc., 1873. page 736 seq. M. P. Strobel, aussi, dans ce même Jahrbuch, 1875, page 56, a augmenté de quelques faits notre connaissance de la partie plus au Sud, aux environs du passage du Planchon.

47 (309). M. Stelzxer est de l'opinion que la partie des Cordillères, parcourue par le rio de los Patos, dont il a donné la description géognostique, reproduite par moi ici en extrait, forme un plateau aux environs d'Aconcagua, comme les Cordillères plus au Nord, dans la province de Catamarca, s'attachant, sous ce point de vue, principalement à la partie qui figure, dans ma carte géognostique, sous le nom de Cerro del Castano, Je me vois obligé de réfuter cette fausse hypothèse, contredite par mes propres observations de cette partie des Cordillères, et me fondant aussi sur la nouvelle carte géographique de la province de San Juan, publiée par H. ScHADE, en 1863. et revisée, en 1871, par les ordres du gouvernement provincial. J'ai vu, d'un sommet de la sierra d'Uspallata, audessus de l'estancia Los Manantiales, toute la montagne des Cordillères, entre l'Aconcagua et le Ligua, et j'ai trouvé cette partie en concordance avec ladite carte géographique, apparaissant comme un ensemble de chaînes, sortant du centre d'Aconcagua, principalement au Nord-Est et Est, sous la forme d*un fort massif, interrompu par des vallées étroites, mais profondes, égales à celle du rio de los Pains et aux petits ruisseaux, affluents de cette rivière. M. Stelzxer a passé cet ensemble de chaînes à sa partie la plus large, et semble avoir été égaré par la grande distance parcourue ; mais il dit {Jahrb., page 731), qu'il n'a jamais pu parvenir assez haut pour prendre une vue générale, et par conséquent il n'a pu se donner une idée exacte de la véritable disposition. Pour spécifier avec exactitude sa nature, il faut le désigner ainsi : Grand massif, interrompu par des vallées, se dirigeant radicalement du centre à la périphérie, et formant des ramifications radicales, crénelées de nouveau par des ravins latéraux très-nombreux, en jougs subordonnés. Sur leurs sommets, les jougs et les chaînes sont un peu aplanis, mais ils ne forment pas de pla-

teau ; lenrs sommets se présentent en arêtes arrondies, plus oa moins larges, en forme de bosses. A ce centre là se dresse rAconcagoa, qui n'est pas un cône éraptif, mais une partie très-élevée des couches sédimentaires, d'un grès rougeâtre, que Pissis met en parallèle avec la formition permienne (Voyez sa Geograf. fiaica de la Rep. de Ckile, pi. XI). Toutes ces chaînes et ces jougs s'unissent à une masse compacte, et en raison de cet arrangement, les deux chaînes principales des Cordillères se perdent aussi dans la vallée située entre eux, jusqu'ici bien indiquées par la vallée du rio de los Patos, au nord de TAconcagua, et au sud par les sources da rio de Mendoza, dont la principale vient du Tupungato, situé entre les deux chaînes, ici bien séparées. Le massif d'Aconcagua dérange la séparation des deux chaînes des Cordillères, et sa grande masse de couches élevées remplit complètement la vallée entre eux. Enfin, pour compléter U description géognostique de cette partie des Cordillères, je veux adjoindre que, d'après Pissis, existent encore des couches inférieures à la formation oolithique et au Lias, dans la vallée des Piuquenes, au côté sud dWconcagua, appartenant au système Permien et au Trias, dont les autres observateurs ne parlent pas. Voyez l'ouvrage cité plus haut, pages 58-65, pi. XI et XIIL

48 (315). On trouve une description orographique et géognostique de la sierra d'Uspallata, assez étendue, dans mon Voyage, tome I, page 213 etsuiv., et un abrégé préliminaire dans le Zeitschr f. allg. Erditunde, N. F. 4. Bd. p. i76, qui n'est pas complètement exact dans toutes ses parties et ne peut pas être étudié, sans recourir à la description postérîenre contenue dans mon Voyage.

49 (316). La hauteur de la station d'Uspallata, dans la vallée du même nom, est indiquée par différents auteurs assez inégalement. Dans mon Voyage, I, page 501, je l'ai fixée trop bas à 1520 mètres ; on lui donne généralement une hauteur de 2050-2070 mètres. Depuis, mon ami M. Pompée Moneta, a trouvé par ses propres mesures 1957 mètres, et il semble qu'entre 1960 et 2000 mètres se trouvera la vérité.

50 (317^. Dans ma description antérieure de la sierra d'Uspallata, donnée dans mon Voyage, tome I, page 285, j'ai admis seulement quatre chaînes parallèles, mais l'examen ultérieur de toute la sierra par mou ami, l'ingénieur P. Moneta m'a montré que j'avais confondu les deux premières lignes de la montagne, laissant s'ouvrir la vallée entre la première et la seconde ligne à Villa Vicencio, au lieu de le faire au ravin de CaàoU. C'est la vallée entre la troisième et deuxième ligne qui s'ouvre à Villa Vicencio, et le Paramillo forme partie de la quatrième et non pas de la troisième, comme je l'avais cru auparavant.

51 (322). Les propiétaires des mines, habitant k Mendoza, m'ont offert différents échantillons caractéristiques, que j*ai emportés à Halle, et les ai déposés dans le Musée minéralogique de TUniversité. Mon collèfiie de

cette époqae, M. le prof. Girard, m'a donné snr les échantillons déposés les avis suivants : Les mines de enivre, des puits à c6té du chemin à Uspallata, sont en partie des sulfuriques et en partie des oxides. Les sulfariques sont chalkosine [Cu ' S) au Panabase ; (2 (4 Cu * S + Sb. S ') + (4 Fe. S-f Sb. S^) les oxydes soit cuivre rouge (ziquéline) ou soit cuivre vert (malachite). Le cuivre rouge se trouve généralement comme cuivre natif, en petite quantité. On ne trouve pas de chalcopyrite. Le cuivre vert est exceptionnellement du véritable malachite, généralement du chrysocole. De cette substance on trouve souvent des quantités considérables, répandues dans la pierre matrice, un micaschite quarzeux, le perforant avec mille petites ramifications et s'étendant entre les feuilles ramenées de la matrice. A côté on trouve aussi galène, blende, mispickel, pyrite et barytine.

52 (346). Quoique les questions économiques et industrielles soient exclues de mon ouvrage, j'ai reproduit ces données d'un auteur instruit, parce qu'elles sont en relation intime avec les faits, qui répandent la lumière sur la structure géognostique de la montagne en question. Mon intention n'était pas de traiter ici les établissements industriels plus en détail ; je peux renvoyer le lecteur qui veut se renseigner sur l'état actuel des minières de la République Argentine, à l'ouvrage de J. Rickard, déjà cité tome 1, note 93. page 388 : Informe sobre los distrietos minérales etc, de la Repûbl, Argent. Buenos Aires 1869, 8, et principalement à un Mémoire de M. Em. Huniken sur ceux de la sierra Famatina dans le : Plata-Monatschr, 4' année (1876) pages 5, 34, 87, 103 et suiv. Ce mémoire s'étend aussi à la géognosie de la sierra Famatina, aux environs des mines et contient des indications précieuses, que j'ai reçues malheureusement trop tard, pour les prendre en considération dans mon ouvrage.

53 (347). Les communications les plus détaillées de M. Avé-Lallemant sur la sierra de San Luis se trouvent dans le : La Plata-Monatsschrift, et principalement dans le deuxième tome ou année 1874. N*' 9, 10. 11 et 12. Une description plus circonscrite, mais plus scientifique, du même auteur existe dans les : Acta de la Academia Nacional de Cietic. Exactas, tome 1, page 103 et suiv., accompagnée d'une carte géognostique, expliquant mieux que la description verbale antérieure leur configuration et constitution interne.

54 (349) Je regrette beaucoup de n'avoir pu recevoir aucun renseignement plus exact sur la découverte des ossements dans les grottes de la sierra de San Luis; mais je me propose de faire bientôt un voyage à ce même lieu, pour constater l'état des choses. J'ai reçu, il est vrai, les os d'un cheval fossile (Equus ArgentinusJ de la Canada Honda de la sierra, mais il appartient à une couche évidemment diluvienne, reposant sur le fond de la Canada, et ne me semble pas être de la même époque que les os du Guanaco, qui d'après toute la probabilité sont de l'époque des alluvions préhistoriques.

55 (353). Sar les mines d'or, daas la sierra de San Lois, M. Avi- Lallrhant a écrit plusieurs essais, qui se trouvent dans le joamaJ La PlaUi - Monatsschrift, Tannée, pages 126, 196, 205, 224, m II* année, page 6 et 148.

56 (365). Les résultats de mes propres études de la sierra de CôrdoTi sont communiqués dans mon Voyage, principalement dans le tome 11, page 69 et suivantes. Des recherches purement géognostiques ont été exécutées par les docteurs A. Stelzner et Brakebusch, professeurs de VAcad, Nat. de las Ciencias Exactas, h Côrdova, et publiées dans lear Àcta,, etc., tome I, page 1 et 42.

57 (368) M. le Dr. Siewert, ancien professeur de l'Acad. Nat. des sciences exactes à Côrdova, a examiné chimiquement ces excréments. Voyez La Plata-Monatsschrift, année III, page 5.

58 (374) Les observations de MM. Ch. Heusser et G. Claraz, oqI paru à Buénos-Ayres en 1864, sous le titre : Ensayos de un eonocimiento géognostico-fisico de laProvincia de Buenos Aires. I. La CoréHlera entre el Caho Corrientes y Tapalqué, 8, et dans les Denkschriften der sehweizerischennaturf. Gesellsch, tome XXI, sous le litre Beitràge sur geog%. und physical. Kentniss der Provinz Buenos Aires. ZUrich, 1864, 4. — Pour faire mieux comprendre ma description, je dois recommander l'inspection de la grande carte de la Province de Buénos-Ayres. publiée sous le titre de Registro gràfico de las propiedades ruraUs, par le département topographique en 1864.

59 (376). Le nom Volcan ne doit pas faire croire à un mouvemeot volcanique dans cette montagne; il est d'origine indienne et signifie dans cette langue : ouverture ; sens du mot abertura ou abra en linfoe espagnole. Entre ce mont Volcan et l'autre partie de la montagne avec le mont Paulino se trouve la première grande ouverture des arêtes, par lequel sort le ruisseau Arroyo Huncal.

60 (380). Les auteurs du mémoire sur la montagne dn Tandil insistent aussi, page 13, sur la différence du gisement de celle-ci et c«liii de système des chaînes de la Bande Orientale et du Brésil. Ces dernières ont la direction N.-N.-E. àS.-S.-O., et correspondent plus à la direction semblable des chaînes de montagnes centrales argentines, comme de la plupart de l'Amérique du Sud en général. Mon opinion est un peo différente ; je trouve que la direction de notre montagne est en boooe relation avec les branches internes des chaînes {cuchillasj de U Bande Orientale, qui dirigent, par leur orientation, le cours complu' tement parallèle de l'estuaire du Rio de la Plata.

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