SUR QUELQUES PASSES DES CORDILLÈRES
qui vient avec la même direction, coulant à TEst, et tourne plas tard au Nord, sur le bord d'une plaine concave, ressemblant k un bassin, dans la forêt dense, aux pieds des Cordillères, où le terrain s'élève doucement à rOuest. Après quelque temps, on atteignait un ruisseau, coulant à l'Ouest, et cette direction prouvait que l'on avait dépassé la ligne séparative des deux versants des Cordillères. On se trouvait dans une vallée étroite, peu inclinée, couverte d'une magnifique végétation, accompaj^née, des deux côtés, de hautes montagnes, également couvertes de forêts. Suivant le lit du petit ruisseau, coulant à l'Ouest, et le traversant plusieurs fois, on entrait dans un terrain couvert de bois, où une élévation du fond formait une petite chaîne de dépôts de cailloux, que le ruisseau avait creusé par son lit profond, formant plusieurs chutes bruyantes, toujours coulant à l'Ouest. Enfin, la forêt cessait; les voyageurs, M. Musters et les Indiens qui l'accompagnaient, parvinrent à une colline d'environ 100 mètres de hauteur, d'où ils apercevaient une plaine allongée, d'une forme triangulaire, parcourue par plusieurs ruisseaux, s'anissant à une rivière plus grande, qui prenait sa route à l'Ouest, pour s'écouler sans doute dans l'Océan Atlantique. On s'arrêta longtemps à contempler cette vue magnifique et Ton retourna enfin, par le même chemin, au campement des Indiens, près de Weekel, d'où le groupe était parti pour chasser des taureaux sauvages, mais sans en avoir rencontré.
Cette narration prouve évidemment que l'endroit décrit est une passe très-basse, complètement ouverte, qui, d'après les indications données, doit se trouver à peu près sous le 43"* 35' L. S., presque vis-à-vis de l'extrémité sud de l'île Chiloé, où la carte du Chili des frères Black indique réellement une ouverture de la montagne, aboutissant au Nord avec le volcan Corcovado, et au Sud avec le mont Yanteles. La rivière indiquée sur cette carte, entre ces deux monts, doit être la même que le lieutenant Musters a vue de la colline, dont nous avons parlé auparavant.