‹ Description physique de la République Argentine (volume 3)Chapitre 8 sur 583 · MORT DE SOLIS · texte numérisé non relu

MORT DE SOLIS

indigènes eux-mêmes. Ceux-ci manifestèrent un profond étonnement à l'approche du navire et commencèrent à brandir leurs armes d'un air menaçant. Solis interpréta ces menaces des sauvages Charmas , qui habitaient alors le rivage oriental , comme une invitation à débaïquer. 11 descendit dans son canot et alla impmdemment à terre avec peu d'hommes ; mais salué aussitôt par line décharge de flèches tirées d'un fourré voisin , il fut tué avec huit rie ses compagnons.il tomba, ainsi que son facteur Marquiua , le payeur Alarcon et six hommes de l'équipage. Les autres s'enfuirent vers le canot , abandonnant les cadavres sur le rivage où ils étaient étendus. Les indigènes se précipitèrent sans taider sur eux , leur coupèrent la tête et les entraînèrent avec eux. On fit feu du navire sur eux et les mit en fuite avec les projectiles*. Le théâtre de ces événements, arrivés en 1510 , n'est pas connu avec certitude. Cependant la plupart des écrivains le placent sur la côte du Banda oriental, en face de l'ile actuelle de Martin Garcia, par 34" \V de L. S. '.

L'équipage semble avoir été fortement troublé par la mort de son chef, et l'on se résolut à abandonner sur-le-champ un pays peuplé d'habitants aussi sauvages. Le navire sur lequel Solis s'éUiit avancé dans le fleuve retourna promptement auprès des deux autres et leur apprit le triste événement. Dans une assemblée générale , on décida de retourner en Espagne. Le premier pilote , Franz de lorres, fut nommé chef de l'expédition, et peu de jours après on s'éloigna du Rio de la Plata.

A peine étaient-ils rentrés dans l'Océan qu'un des petits navires se perdit avec tout son équipage. Les deux autres atteignirent heureusement la Bahia de los Innocentes , y prirent un chargement de cinq cent quinze quintaux trois arrobes et une livre de bois du Brésil , et , sans faire d'autre perte, ils rentrèrent en Espagne le 4 septembre 1516 avec soixante-six peaux de phoques qui avaient été tués auparavant aux îles de los Lobos.

Telle fut l'issue de la première expédition au Rio de la Plata , assez triste pour (»n détourner d'autres de semblables entreprises. Mais l'élan vers les aventures audacieuses était alors si grand en

s. CABOT EST NOMMÉ c PILOTO MAYOR

Espagne, que ces pronostics décourageants furent peu écoutés. On jetait des yeux d'envie sur les heureux qui revenaient de ces expéditions chargés de gloire et de trésors et l'on ne donnait qu'un coup d'œil distrait sur les infortunés, en beaucoup plus grand nombre, qui avaient déjà trouvé leur fin sur les mêmes routes. Une seconde et peu après une troisième grande expédition reproduisirent bientôt les mêmes avertissements , sans qu'on leur accordât plus d'attention.

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